‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 34 sur 198 · X. VIU. 10* HpraifO». (DiCT. BNCYCI^, BTC · texte numérisé non relu

X. VIU. 10* HpraifO». (DiCT. BNCYCI^, BTC

I4è rwMT

ae mêler à la guerre de la succession

d'Autriche. Los sollicitations de l'électeur de B.iviere , les intrigues des deux Belié-lsie, les cris de la noblesse, remportèrent sur ses répugnances. Pour la seconde fois , il fit manquer la guerre ; alors il pt)t;una d'infructueuses et maladroites négociations avec l'Authclie (*), et entrava par ses instructions les opérations de nos généraux. On n*en continua pas moins à se battre.

Mais au milieu de nos revors, Fleury mourut « le 29 janxier 174U, âgé de 99 ans et 6 mois(**). On attribue à Maurepas l'épitaphe suivante, qui peint ass^z bien l'égoïsme et Tambition de ce ministre :

Ci-git . qat loin du faste et de l'éclat, Se hnriiiiiit au pouvoir topréoM, n'ayant véot ^nt pour lai;MéiM»

llovmt pour I* bio* da l'Blat.

, Au gouvernenoent du vieux^ prêtre

succéda celui des maîtresses. Ajoutons que telle était In probile sévère du ministre, qu'a sa mort sa succession se trouva à peine celle d'un bourgeois médiocrement riche, et qu'elle n'aurait pas suffi à Id moitié de la dépense du mausolée que Louis XV lui fit élever.

Quoique le cardinal ait été membre de rAcadémte française , de celle des insrriptioiis et de celle des sciences, on ne connaît de lui aucun ouvrage.

Fleuby (Claude), né en 1640, a Paris ^ mort dans la même Tille en 1733, membre de TAcadémie française et

(*) Dans une lettre étriie par lui an général aulricliî«ii Kœnigseck, il s*excuMitde

la guerre eutn prise , il avouait qu^oii l'avait entranié au dt^la de ses inesnre.s: « iVivi\ dos « gens, disait-iLsa\enl roinbien jWété u|>|>o>ié « aux ré^lutionsquenoiisavoDS prises, et que « j'ai l'té forcé eu quelque sorte d'y con.'ienlir.- La reiue de Hongrie |)Our toute réponse, fil publier 11 lettre. Cette publication âêconiidera le niinis|èr« français, refroidit nos alliés, enhardit nos ennemis Alors le ciuditïal écrivit une seconde lettre daus laquelle il &e plaignit au général autrichien d*uQ pareil procédé, ajotitant « qu'il ne lui écrira plus désormais ce qu'il pense. » Celte seconde lettra lui iil encore plus de tort que la prenièra. Il les fit désavouer toutes les deux.

(**) Pour le flaiter et adoucir les terreurs de son âge, ob avait soin depuis loii;;teu)ps de grossir les gazettes d'exemples de ceuieuaires.

FLEUaT

f trieur d'Ârcenteuil, embrassa d'abord a carrière du barreau , se fit recevoir avocat au parlement en 1G58, et exerça pendant neuf ans cette profession ; puis, cédant à Tascendant de ses sentiments religieux , il se décida à entrer i!;iiis l'état ecclésiastique. 11 ven;iit de recevoir la prêtrise, lorsuii en 1672 il lut nommé précei>leur des fils du prince de (^onti ; il le fut ensuite d'un (Ils naturel du roi, du comte de Vermandois , qui mourut en 1683, avant que sou éducation eut été achevée. Après avoir récompensé les soins de Fleury par une rifihe abb.iye, Louis XIV lui donna Ufie nouvelle preuve de son estime, en le char-, geaiil de coopérer comme sous-precepteur à Téducation des enfants de France, confiée à l'auteur du Télcmaque. L'abbé Flein V, successeur de la Bruyère à l' Académie française en IGUO, se montra le digne associé de Fénelon dans cette tâche si difGcile, et quand elle fut terminée, il se retir:i de hi cour, comblé des faveurs de Louis XIV. Il y fut rappelé en 1716 pour devenir le confesseur du jeu ne' roi ; il remplit avec discrétion cette fonction delicnte , et s'en démit en 1722 à <'ausp de .son ^rand âge.

L'abbe Fleury était doué d'un esprit excellent, cultivé par un travail infini, d'une science profonde , d'une modestie rare et d'un cœur plein de droiture. On lui doit uu grand nombre d'ouvrages estimés ; nous citerons seulement :

Mœurs des Israélites , Paris , 1681 , in-12; Mœura dcH c/t/rtîpns , 1682, in- 12 : ces deux ouvrages ont été souvent réimprimés ensemble ; InstttU' tion au droit ecciésicuitique , Paris, 1687, 2 vol. in-12; la traduction latine de V /\xpf)si/}on de la doctrine de l'Église culhoUque , de Bossuet , revue par ce prélat , Anvers , 1678 , in-12; Histoire ecclésiastique, Paris, 1691 et années suivantes, 20 vol. in-4**, allant jusqu'en là 14. Cette dernière cravre de Fleury est, entre toutes, la plus belle, la plus connue et la plus utile. Il y avait trn\aillé plus de trente ans. On sait que la franchise de l'historien a fait mettre son livre à l'index. L*abbé Émery a publié , en 1807 , Nouveaux Opusciiff s de Fleury, 1 vol .in-12. 11 existe en outre, dans la bibliothèque de Cambrai i uue Histoire de France

L'UNIVERS

FLEURT FEi

naniiscrîtp, que Fleury avait eomposéo pour les enfants de France.

Fleuby ( Joly de ). Voyez Joly dk Fleury.

Fleury CJoseph-Alexandre Bénabd dit) , l'un des meilleurs romédiens dont la scène fran<^^iise conserve le souvenir^ naquit à Lunévjlie en 1750. Il était fils de deux sujets de la troupe comique attachée n la cour du roi viiisier de Lorraine. Il vint, à râge de vin^it-deux ans, débuter à la comédie française dans TÊgisthe de Mérope, Mais la tragédie ne convenait ps à ses moyens ; il réussit mieux dans les Fausses infidélités.

Toutefois, son admission ne fut décidée que six ans après, lorsque, appelé à jouer devant la cour à Versailles, il eut gagné les suffrages de Marie - Antoinette. Molé jouait alors les prenners rèles; mais Fleury se plaça également hors li^ne par des créations dues à une profonde intelligence que secondait un travail assidu; il fut surtout inimitable dans ces petits-mattres impertinents, ces roués de la bonne société, ces élégants persifleurs dont les auteurs du Chevalier à la mode, de V Homme à bonnes fortunes^ du Cercle , de Turcaret, de \ École des bourgeois, lui avaient trace les portraits. Aussi obtint-il nonseulement les bravos du théâtre, mais aussi des succès de salon (ne parlons

5 as de ceux du boudoir ) ; il fit école ans le grand monde.

Quelques rôles d'un genre très - op-

£osé à sa spécialité attestèrent d'ailleurs i flexibilité de son talent. On sait que dans le rôle de Frédéric II des Deux Pages, le prince Henri applaudit le premier à la reproduction parfaite de l'allure et de la physionomie du héros.

Les sympathies de l'acteur favori de raristocratie n'étaient pas pour la révolution. Il fut incarcéré avec plusieurs de ses camarades. JNeanmoins, la liberté loi fut rendue avant le 9 thermidor.

Lui seul pouvait consoler le public de la perte de Molé. Il porta en effet presqu'à lui seul pendant longtemps ie poids du grand répertoire, et joua à son tour le Misanthrope, le Méchant^ le Philosophe marié, etc., etc. Une foule de pièces nouvelles lui durent en^ Or une grande partie de leurs succès.

(G£. FLIRCSTIfiRS 147

De fréquents accès de goutte le déterminèrent, en 1818, à quitter la sceue; il mourut en 1822. Les six volumes de fUmOfres ^u'on a publiés sous son nom ne sont point le fruit de ses élucubralions.

Fledby-sub-Loibe , bourg de l'ancien Orléanais , longtemps célèbre par sa belle abbaye, et la première de l'ordre de Saint-Benoît qui ait été établie en France, et où , suivant la tradition, les reliques de ee saint furent transportées vers 653. Les Normands ravai^e* rent ce monastère en 861 et en 806 ; il fut rétabli deux ans après et fortifié en 953. Philippe r*^ y fut enseveli en 1 148. Il ne reste plus aujourd'hui de cette somptueuse al)baye qu'une église remarquable dont certaines parties remontent au neuvième siècle, d'autres au onzième. Sa bibliothèque était, au moyen âge, une des plus riches de la France. Les protestnnts , {jui la pillèrent pendant les guenes de religion du seizième siècle, y prirent un grand nombre de manoscnts précieux , entre autres le célèbre manuscrit de !*hèdre , qui , racheté

Plus tard par Pierre Pithou , servit à impression de la première édition de cet auteur. On sait que ce manuscrit est aujourd'hui le seul qui contienne toutes les œuvres du fabuliste romain.

Ce qui restait de livres à l'abbaye de Fleury iiireiit transportés à Orléans , et ils ne forment pas la partie la moins précieuse de la bibliothèque de cette ville.

Fleutes. Voyez Bassins geogba-

PHIQUBS.

Flibustiers. — Ces terribles aventuriers, qui, pendant près d'un demisiècle, régnèrent en despotes sur les mers des Caraïbes et dans le golfe du Mexique, et firent trembler les Espagnols dans les Indes occidentales, formaient des bandes d'hommes de races diverses : Français, Anglais, Hollandais, Portugais', etc. Mais nos compatriotes en avaient composé le noyau primitif, s'y trouvaient en majorité, et ils fournirent les soldats et les chefs les plus intrépides.

Les flibustiers commencèrent à paraître vers 1630. Les troubles auxquels la France était alors en proie , laissaient sans protectioii des mtUiets de ooloQS

146 PLlBUSTlEftS L'UNIVERS. PUBOSTIBRS

transportés au delà des mers; ceux-ci

se voyant abandonnés, émigrèrent pour la plupart et se réfugièrent a Saint-Domingue , où ils firent le métier de boucaniers. ( Voyez ce mot. ) Mais bientôt la chasse devenant moins productive et la poursuite des Espagnols plus acharnée, il fallut chercher un autre genre de vie. Quelques-uns entreprirent des défrichements et des essais de culture; mais le plus grand nombre changea d'élément et se lau^ dans TOcéan pour faire la flibuste,

\\s s'établirent d'abord en confrérie sous le nom de Frères de la Côte, mettant leurs biens en commun , et ne reconnaissant entre eux d'autre supériorité que celle de l'adresse, de la force et du courage. Subdivises vu petites compagnies de trente a cinquante hommes, lis voguaient nuit et jour dans de grandes barques découvertes, rœil toujours fixé sur l'horizon . Apercevaient-ils une voile, ils se préparaient à sauter à Taboniage , à piller les richesses que le hasard fSusoît tomlier entre leurs mains; et, si le navire était espagnol, malheur à lui , car les frètes lui livraient un combat à outrance. Sans consulter leurs propres forces ni celles de ces odieux ennemis, ils s'élançaient et taillaient en pièces l'équipage, ou bien ils se faisaient tuer jusqu'au dernier. Il semblait que la Providence les eUt fait surgir pour venger les crimes des Pizarre, des Almagro et des Bovadilla. Aussi les Espagnols les avaient-ils surnommés les démons de la mer,

Après une expédition on faisait le partage du butin ; tous juraient qu'ils n'en avaient rien détourné, et celui qui était convaincu de parjure ( le cas se présenta très-rarement) était abandonné comme un infâme sur une côte déserte. Puis on se retirait dans des rades inhabitées, peu connues ; on y cachait les

i)rises , on y enterrait les doublons , es piastres et les dollars, quand on n'afait pas eu Foccasion de les dissiper en orgies ; celles-ci ne finissaient d'ailleurs qu'avec l'abondance. Ces hommes , naguère enrichis par l'Océan , allaient alors tenter de nouveaux hasards pour conquérir d'autres trésors de-tines à être dissipés dans de nouveaux excès.

A mesure que les expéditions réussis-

saient, les flibustiers agrandissaient leurs barques et allaient recruter des boucaniers, des marrons, des déserteurs à Cuba ou a Saint-DomiiTgue , et quaod les embarcations regorgeaient djiom* mes, elles essaimaUfU de nottveaui matelotages.

En 1G37, Louis XIII nomma gouverneur de la Martinique le capitaine Dupnrquet 'voyez ce mot), que les flibustiers avaient choisi pour chef, et . trois ans après, des marins venus de Normandie pour s'enrôler dans la confrérie, fdnderent Saint-Domingue; car

*la renommée des pirates français, les richesses qu'ils amassaient, avaient en- , gagé bon nombre de leurs compatriotes a Tes rejoindre : les Dieppois surtout furent empressés d'aller taire la pêche aux Espagnols. Indépendanmieiit des associations de trente à quarante hommes qui sortaient fréquemment du port de Dieppe sur des loucres ou brigantins, armés de quatre canons, chargés en guise de lik-ts, de haches , de pistolets, d'arquebuses et de poudre , ou compta bientôt dans la ville jusqu'à sept grandes sociétés armant des navires pour la /Jihu.^fr.

Parmi les flibustiers dieppois , plusieurs se sont illustrés par des traits de bravoure presque fabuleux. On cite entre autres les Dupré ^ les Bod tans , les Thomas /Muglois. Un des pius célèbres est Pierre Legrand. Voict comment cetbommedébuti dans la carrière.':

devenu possesseur, lui vingt-neuvième, d'un bateau armé de quatre mauvais canons , il rencontra près du cap Tiburon, à la pointe occidentale de Saint-Domini^ue , un galion espagnol avec pavillon de vice-amiral. La proie était magnifique, mais le bâtiment était défendu par 64 canons et 850 hommes d'éguipage. Legrand n'en propose pas moins d'attaquer; l'avis est adopte à l'unanimité. Legrand fait force de voiles et de rames , court au galion qui n'a fait aucune disposition pour éviter un si faible ennemi, l'aborde , fait couler à fond sa barque , et saute à bord de l'Espagnol. Cette audace dé.-^espérée

■ étouroit le capitaine du galion ; l'équipage, stupéfait, songe à peine à se défendre ; et Legrand , maître de ce bâtiment qui portait plusieurs uiiliions ,

VUMMTIBM FRANGE. nimwms f4i

lafme ane pante des prbonnîers lur le

rivage , nVmroenant avec lui que le capitaine et les officiers, et s'en retourne fièrement à Dieppe pour y faire admirer sa prise et jouir de ses immenses profits.

Une autre fois, cinquante flilxi'^tirrs s'aventurent avec un frêle canot d.ins la mer du Sud, arrivent jusqu'en Californie, s'engagent dans les eaux de la mer du Nord, accomplissent, malgré des vents contraires, une traversée de deux mille lieues ; puis , changeant de direction au cap de Magellan , filent vers le Pérou, prennent terre au port d'Yaucka, y capturent nn bâtiment de guerre chargé aussi de plusieurs millions, et se remettent en mer^ possesseurs d'un vaisseau de preArier rang.

Les flibustiers français ne sr rendirent pas seulement terribles sur mer; ils étendirent leurs ravages sur le continent, et attaquèrent les plus belles

Kossessions espagnoles. Réunis au nomre de plusieurs centaines, sous le commandement des Anglais Mansfield et Morgan j ils prirent et pillèrent successivement l*tle Sainte- Catherine, les villes de Port - nn - Prince, de Porto- Bel lo, de Maracaïbo, de Panama (*). A la

(*) Voici la règle qu'ils suivaient potir lo partage du butin : « Celtii qui ôtera le pa- « fillon €»uieaii dNine forteresse , aara , outre •«M part, ônqnanto piastres; relui qui fera " un prisonnier, lors'iiron voudra avoir des «« nouvelles de I eniuini, ouire son loi, cent «• piastres. Les grenadiers auront , poiir cIm- « que grenado qu'ils jrttrront dans un fort, «cinq piastres, outre leur part. Celui qui

• aura perdu les deux jambes recevra quinze «cents piastres, ou quiqze esclaves, s'il y en « a , au choix de l'estropié ; ceitti rjui aura « perdu les deux bras , dix-huit cents pias- «nm, on dix-bnit esclives; celui qui aura «perdu une jambe, sans distinction de la « droite ou de la gauche, cinq cents piastres, " ou six esclaves; celui qui aura perdu une « main ou nn bras, sans distinction du droit " ou dti c^nuche, cinq CfuU piastres, ou six

• esclaves. Pour la perte d'un œil , cent pias-

• très, ou un esdave; pour la perte de deux

• yeux , deux raille piastres , ou vingt escla-

• Tes. Pour la perte d'nn doipt , cent pias- « très y ou un esclave. En cas d'une partie ou •.d*nn roembré estropiés de manière qne la

• per.>onnr ne puisse pas s'en nidcr, elle re- « œna la même récompense que s'ils avaient

même époque s'illttstrafent les flibuf-

tiers français Monbars, dit VExtermû nateur; Pierre-Franc, de Dunkerque; Nauy dit VOlonnais, parce qu'il était né aux sables d'Olonnes.

Nau avait quitté sa patrie en 1660; , il dut bientôt à son éclatante bravoure ' le commandement d'un matelotage , et à ses nombreux succès le surnom de Fléau des Espagnols, Ruiné par un naufrage , il eut recours au gouverneur de la Tortue , qui lui fournit un autre bâtiment. Ses expéditions, quoique toujottfv marquées par des traits d une audace inouïe, ne furent pas toutes heureuses; mais son habileté le sativait des plus grands dangers ; et ses ennemis, après l'avoir cru mort, le revotaient bientôt , plus terrible que jamais. Sa ' valeur héroïque n'était égalée que par son atroce cruauté.

En 1666, il se joignit à Mic/iel le Basque^ son compatriote, et arma six vaisseaux montés de quatre cents hommes. Ces aventuriers firent sur les Espagnols des prises considérables dans les mers des Antilles, et enlevèrent plusieurs villes , forteresses et bourgades.

Enfin, en 1607, l'Olonnais croisant devant Carlhai^ène . après avoir été abandonné dune partie des siens, eut le malheur de débarquer aux ties Barou ; et il y fut surpris par une troupe d'Indiens, qui remportèrent dans les bois pour le rôtir et le dévorer.

En 1688, douze cents flibustiers, dont un des principaux chefs était le Français Grandmont y se portèrent siir la Vera- Cruz , la surprirent de nuit , et y firent un horrible carnage et un buUn'de plus de huit millions. L'amiée suivante, Grandmont entreprit deux expéditions non moins importantes; il pilla et ran-

{;onna Carthagène, puis attaqua, prit et ifieendia Campéche et sa lortsiesse.

D'inutiles boucheries, de révoltants désordres, d'affreuses dévastations , et parfois de sanglantes querelles pour le partage du butin, signalaient ces expé* ditioos^ Ce iiit l'indiseipline decssteufHi

« été emportés. En cas que quelqu'un soit « blessé de manière à être nhlii;é de porter « kl canule, il aura cinq cents piastres, on • cinq esefarves è son cboix. Touieaces récîmi* «• peuscs doivent être prises sur la totalité du it butin, avant qu'on fasse aucun partage. »

vusmusM L*UNiV£RS. mwmiMi

de mer, plutôt que le climat et les ton* pétes, qui fit avorter le projet qu*ila au* raient pu concevoir de fonder un nouvel empire au Pérou.

Ils n'exécutèrent plus rien de remar« ifuable juaqu'en I600, époque à laquelle |p gouverneur de Saint-Domingue réunit environ mille d'entre eux , pour entreprendre une attacjue contre San- Yago de I08 Cavalleroa. S étant emparés de la Tille, lia la traitèrent comme à leur ordinaire. Les églises seules furent tau* vées des ûammes.

L'année luivanta , le célèbre MmOeuh band débarqua avec ses lioiiiinea aur la côte de Guinée. Après l'avoir ravagée dans une grande étendue, et avoir pris et détruit le tort de Sierra-Leone , de crainte que les Anglaia ne vinssent s'y établir, il convoya ses prises les plus riches dans les ports de France, en s'emparaot sur sa route de plusieurs bâtiments de guerre. Dans une nouveilo croisière aux mêmes parages, il captura nn grand nombre de navires hollandais et anglais. Un de ces derniers ayant pria len et sauté en l*aîr au moment où le pirate Tabordait, Montauband, échappé à la mort parmi racle , se trouva au milieu de la mer entouré de débris et d'un petit nombre d'hommes de son équipage. Il réusait ce()endant à attein« dre une chaloupe avec seize de ses coinpagnons, et il gagna le cap Corse, après être resté trois jours sans vivres. Il tioorOt en 1700, et laissa une relation ^s-curieiise de cette campagne.

En 1697, Louis XIV permit l'armement dans i)os ports de plusieurs corsaires, qui , protégés par dix bâtimeots, partirent pour aller prendre et piller Carthagène (voyez ce mot), capitale du nouveau royaume espagnol de Grenade.

Seize cents flibustiers f^urent appelés par Pointia à contribuer à l'entreprise. Ce furent eux qui dccidèrent le succès.

A peine la brèche était-elle entamée , qu'ils s'y précipitèrent et gravirent tous les oovrages. Cependant, après la prise de la ville, au moment d en venir au partage, le baron de Poinlis refusa d'allouer à ces utiles auxiliaires la même part qu'à ses troupes. En vain son collègue Dueaase lui fit des remontrances, le menaça de se plaindre à la cour; Tamiral peraiata dans sa résolution.

Les Ilibustiera révisèrent slors de se

rembarquer avec l'expédition; ils restèrent à Carthagène qu'ils pillèrent de nouveau, et où ils commirent les plus borribles excès (*).

Ce rude coup porté à la monarchie espagnole fut la dernière entreprise dans laquelle les Démons de la mer se signalèrent.

Cette singulière aaaociation, qui, par ses exploits, humilia les ennemis du nom français, et accomplit aux Indes ce que l'Angleterre, la i^rance et la Uoltende avaient tenté irainement, aurait subjugué l'Amérique, si elle avait en l'esprit de conquête comme elle avait celui de brigandage. Mais, à la fin du dix - septième siècle , diverses causes amenèrent la ruine de sa puissance épliémère. Des désastres continuels frappèrent les flibustiers dans leurs expéditions; la séparation des Anglais et des Français, qui, d'abord enrôlés ensemble dans ces bandes, devinrent ennemis aprè-s l'avènement du prince d'Orange au trône d Angleterre, avait d'ailleurs préparé leur décadence ; après ledii-septième siècle, on vit disparaître peu à peu ces héros sans patrie, ces troupes sans approvisionnements. La plupart des flibustiers avaient péri ; d'autres, épuisés de fatigue, s'étaient retirés dans leurs foyers. l,a confrérie était complètement dissoute (*•).

L'origine du nom sous lequel sont connus Tes Frères de la côte est assez obscure: suivant les uns ^ Jlibustiêr vient de l'angl ais ./7?/6oa^, en français Jlibot ( petit bAtinient de 80 à 100 tonneaux ; flûte ou vaisseau rond , sans au-

(*) Saint-Simon, t. II , ch. 3; la Hode , liv. LU, p. aao; Limiers, liv. xii, p. 63&.

(**) «Le demifr de celte milice flibnstière, m que nous ayons vu a Dieppe, dit rauteiir des m Mémoires chronologiques , était le sieur Sé- « vaiilt , mon très-àgé eu 1743. Il élait surit nommé ùs Véra-Cutz, parce qu'ils'étMl dis* « tingué près de cette ville dîm lUWeiqpé» « diliuii périlleuse. «

On peut consniter lor les fllbittâeni l'Histoire des aventuriers flibustiere qui te sont signalés dans les Indes, par /Exmfiin, 1775, 4. vol. in-ia; i'Hiiituire des flibustien (en illeinand) , par Arehehbolt t fHiatcNre de Saint - Doroingue ( en anglais ) , |>ar Bryan Sdwwdaj les yojpagia du P. Uuuckvoift « «le»

MDOAiB frauce. miMuintOiiao ut

eune^camire), parce que les premiéra aventuriers français faisaient leurs courses sur des fiibots pris aux Anglais. D'nutres le font dériver d'un autre mot anglais, /ree booter (franc butineur), d*où frwuaer qui se disait quelquefois, de même queflibufier.

Flîpabt (Jean-Jacques), graveur, né à Paris en 1733, mort dans la même ville en 1783, fut élève de Laurent Cars, et membre de T Académie de peintufe.

Cet artiste hnhilp a lieaucoup sjravé d'après Creuze , entre autres , le Paralyfique .seriH par ses enfants; P Accordée de village, etc. ; on estime encore de

• lui: la Sainte famille, d'après Jules Romain ; f 'énus et Enée ; Jdam et Ève, d'après Watoire; Aolre-Seigtieur à la Piscine, d'après Dietri€ht , etc.

Son frère, Cnarles-François Flt- PART , mort n Paris en 177.3, a gravé plusieurs estampes d'après Fragonard et autres peintres modernes.

. Flockllières (la ), ancienne seigneurie du haut Poitou (aujourd'hin' du département de la Vendée) , érigée en marquisat, en 1616, en faveur oc Jacques de Maillé, oncle du maréchal de Maillé-Brézé, puis rentrée dans l;i maison de Granges-Surgères , qui Tavait possédée avant les de Maillé.

Flodoabd ou Fbodoabd naquit à Epernai en 893; fut disciple de Remi d' Auxerre ,et devint rhanoii>e de Reims, et ensuite titulaire de plusieurs béoéGces. Aussi laborieux qu*estimé pour la pureté de ses mœurs, il a laissé une Clirnnfr/iie {*) et une Histoire de TÉ' alise de Heims. Sa chronique commence a Tannée 919, et finit en 966. Pithou et Duchesne Tout publiée : elle ne contient exactement que ce qu'il a pu voir et discuter par lui-même; aussi y trouvet-on un choix si judi« ieux des événenfents intéressants et mémorables, soit

*de France, soit des pays voisins, qu*on ne peut guère puiser à une meilleure suurce. Sou histoire, fruit d'immenses recherches, écrite en un latin correct, élégant même, eu égard au temps où vivait l'auteur, comprend toute la suite historique des événements eoncernant lV|;lise de Reiras, depuis sa fondation

(*) Chronieon nrum Ini» tironoos guttm

jusqu*en §49. lA meîlleoii édition d« ( et ouvrage est celle de Golvener, fii-8%

Douai, 1617.

On a encore de Flodoard les f^ies des saints de la Palestine, d'Antioche et d^tta^, en vers; VffUMre de» po»

triarckes , apôtres et souverains pontifes jmqu" a Léon FII: on conservait cette histoire en manuscrit, chez les earmes déchaussés, à Ulle, avee des dissertations et des notes du P. Honoré de Sainte-Marie.

M. Guizot a donné la traduction des deux principaux ouvrages de Flodoard dans sa Collection d9mémolre$rehi0 à l'histoire de France,

Florac, petite ville de l'ancien Gévaudan (Languedoc) , qui avait autrefois le titre de baronnie, et qui est aujourd'hui l'un des chef-lieux de sous-préfec ttire du département de la Lozère. Elle possède un tribunal de première instance, une société d*agriculture. On y compte environ 2,200 habitants. Aux environs est le village de Grisac, patrie d'Urbain V, élu pape en 1362.

Floraux ( jeux). — Trois périodes se présentent dans l'histoire de cette institution, fondée à Toulouse dans les premières nFinées du qiintor/.ième S'ècle, sous le nom de Collège du gai scavoir, ' trois périodes bien distinctes. La première embrasse les temps antérieurs à Clémence Lsaure, r'est-à dire, de 1323 à la fm du quatorzième siècle. I. 'institution, enrichie par les libéralités de cette fnii me célèbre , prend alors le nom de Jeux floraux. Enfin, elle est érigée par Louis XIV en acadén^ie, et c'est alors que commence la troisième période.

. Suivnnl i\î. de Sismondi , ce fut à l'occasion de l'entrée que fit à Toulouse, au mois de février 1324, Cliades IV, accompagné de la reine sa femme, du roi Jean de Bohême, son beau-frère, et de Sanche d'Arapon, roi de Majorque, que les Toulousains imaginèrent pour la première fois d'ouvrir dans leur ville un roncours de poésie en lan^^ue provençale. Sept bourf»eois de Totdouse, qui se faisaient appeler les sept trobadors de Tolosa, invitèrent alors les poètes de leur langue à venir présenter, le l**" mai, à Toulouse, une pièce de poésie sacrée I l'auteur des vers qui se-

nneitt jugés les meilleurs devant recevoir

pour récompense une violette et or et le titre (le docfeur dans la gale science.

La lettre circulaire en vers qui servit de pro^amme à ce premier concoors nous a été conservée ; en voici la traduction abrégée : « La très-gnie compagnie a des sept poètes de Toulouse aux «lo- « norables seigneurs , àmis et compa- « gnons qui possèdent la science d où « naît In jdie, le plaisir, le bon sens, le « mérite et la politesse, salut et vie « joyeuse. — Kos désirs les plus ardents « sont de nous réjouir en récitant nos « cluints poétiques... Puisque vous avez « le savoir en partage, et que vous pos- « sédez l'art de la gaie science, venez « iious faire connaître vos talents...

« Nous sept qui avons succédé au corps « des poètes qui sont passés, nous « avons à notre disposition un jardin « merveilleux et beau , où nous allons <t tous les dimanches lire des ouvrages « nouveaux, et en nous communiquant « nos lumières mutuelles, nous en cor- « rigeons les défauts.

«Pour accélérer les progrès de la « scienee , nous vous annonçons que le «< premier jour de mai procliain, nous « nous assemblerons dans ce charmant « verger. Rien n'égalera notre joie si « vous vous y rendez aussi. Ceux qui « nous remettront des ouvrages seront « honorablement accueillis, et Tauteur « du meilleur poème recevra, en signe « d*honneur, une violette d*or fin.

Oizpm que, prr Jri'\ t jiitjameflt At < I que la fara plus mnta, lio Kirem mu violet tn De fin aur, en senhal fl'onor.

« IVotis vous lirons, de notre côté, des « Diei't s de poésie que nous soumettrons « a votre critique, car nous nous fai- « sons gloire de nous rendre à la rai- « son... Nous^ vous requérons et sup- « plions de venir au jour âssigné, si « bien fournis de vers harmonieux que « le siècle en devienne plus gai. Ces let- « très ont été données au faubourg des « Augustines, dans notre ver<zer, au • pied d'un laurier, le mardi après la « féte de la Toussaint, l'an de rincar* 1 nation 183S.

Donadat «onm al rergirr Del dit toc, al pe d'un laurier.

Al li.irry r!o las An<;u.stinas De Ttiluza , nostras Tezinas,

Dimars,

Aprop la festa tle lois San*.

En l'an de raoeamaria

M e ccc « XX e très.

« Et afin que vous ajoutiez une foi en- « tière à nos promesses, nous avons « mis notre sceau à ces présentes, en « témoignage de vérité. »

E per que no dubtcuelt gt»

Que nous tei><;uesaen coveneBSt Kii aqut'stas lettras presens Uavem nostre sagel paosatt . Vn tcatimont à» wirtad.

Les poètes arrivèrent, en effet, en foule au jour désigné. T'n manuscrit qui nous a transmis les détails de cette cérémonie littéraire, nous a conservé le nom des sept troubadours ciinrgés de ' juger les concurrents, et celui fin poëte y/rnaud / idal de Casfehwudari/y qui remporta le prix. Les capitouls, invités à la féte, décidèrent que dorénavant la violette d*or serait fournie par la ville.

L'année suivante, un chancelier fut placé à la tête du collège de la gaie science, dont les sept premiers mem* bres reçurent le nom de mainfeneurs.

Bientôt "enfin les conrurrents devinrent si nombreux, que l'on fut obligé d'instituer deux autres prix, féglantiiœ et le souet d'argent Ces prix étaient déjà décernés en 1355; car on voit dans la lettre où furent publiés les statuts des jeux, las leys damors, que le souci d'argent était donné à la meilleure danse, et Féglantine au meilleur ftenie on à la meilleure pastoweile»

E per may creUse lo déport D'aquella fnu, dam per dansa

Ab giy so per dar alegranza ,

Uiia flor de gauch d'arf^enl û; ,

E per ftirvenles altressi

E pnstorclas, e vcr;;ieras,

E autras d'aqursias iiianierM,

A cal qae la Tara plus fina

nonam d'argent Jior d'a/gitiM»a.

Souvent un petit ceîUet d'argent était

en outre décerné pour encourager les essais des jeunes poètes, et adjugé au meilleur sonnet, ou à quelque autre composition de peu d'étendue , et même, parfois, à celui qui avait le mieux déclamé une pièce composée par un autre.

D'après les statuts, le premier prix, celui de la violette, donnait droit au baceabntréat. Le concurrent qui rem-

f>ortait le prix des trois fleurs recevait e titre de docteur ou de rnaifre, et acquérait ainsi le droit de suffrage dans le

PUNIAVX Oms) IftS

collège. Les degrés du baccalauréat et du doctorat étaient conférés par lettres

écrites en vers, et l'on devait employer pour les demander la même forme de laiifjage.

Les juifs, les Sarrasins, les blasphémateurs, les excommuniés et les hommes de mauvaise vie étaient exclus du concours. Dans l'origine, les poêles de la province y étaient seuls admis; mais dans la suite il fut ouvert à tont le Midi, et enfin il le fut à toute la France.

Ce fut en i:î.3(î que les sept mainteneurs pulilierent la Poétique du gai sçavoir, rédigée par Guillaume Molinier, alors chancelier, et qui était déjà mainteneur en 1323.

Jean, roi d'Aragon, ayant reçu un exemplaire de cette poétique, envoya, en 1388 , des ambassadeurs à Charles VI, pour lui demander des poètes toulousains, qui allèrent en effet instituer la gaie science à Barcelone. Un pareil éta- Diis^ment se forma dans la suite à Tortose, sous le roi Martin.

A cette époqtie, les capitouls de Toulouse, menacés d'un siège, se trouvèrent fbroés de détruire le faubourg des Augustins, où étaient situés le palais et le jardin des sept mainteneiirs. Ceux-ci se retirèrent alors au Capitole , et depuis ils n'eurent plus que des assemblées annuelles , qui se tenaient dans les trois premiers jours de mai. Les prix consistaient toujours en trois lleurs, dont la dépense, suivant uu mandement de 1404, était réglée ainsi qu'il suit:

Iji malifrr de* trois fleurs 6 liv.» tS t. Sd«n.

l'n florin qu'on ■chetail pour les

dortr. I

Ufa^ S

Total 10 liv. i6 s. 3 dcn.

Cette féte des fleurs fut supprimée en 1<I84, sans qu'on sache positivement le motif de eette mesure; et l'institution allait périr, quand Clémence Isanre, (lotit quelques écrivains ont révoqué en doute l'existence, vint lui donner un nouvel éclat. Cette femme célèbre ayant rétabli le concours, distribua ellennéme et à ses frais, aux auteurs des meilleures nièces , des lleurs qu'on appela nouceiiesj parce qu'elles reniplacaiefit eelles que les capHmils avaient cessé de fournir; enûn, les fêtes du g^scavoir prirent le iiomde>èux>9biviur/Grâce

à ses largesses, les ileurs, qui n'étaient plus que d*argent dans les derniers

temps, durent être en vermeil et montées sur un pied de même métal , ou étaient gravées les armoiries de ia ville, le tout ayant une coudée de hauteur.

Cependant de graves abus Gnirent par s'introduire dans la céléhration des jeux lloraux. Vers la fin du dix-septième siècle, la plus grande partie du legs fait par Clémence Isaure se dissipait en festins. Un membre de l'Académie française, Laloubeie, visitant à cette époque Toulouse, sa ville natale, fut si scandalisé des orgies qui avaient ram»

placé la féte des lleurs, qu*il adressa à T-oms XIV' une requête, pour le prier de faire cesser ces désordres. Aussitôt le roi , par des lettres {Mitentes données à Fontainebleau au mois de septembre nî94, et eureiiistrées au parlement de Toulouse le 8 janvier 1695, érigea les jeux lloraux en académie.

A la téte de cette compagnie était placé un chancelier, et le nombre des mainteneiirs fut porté à trente-cinq, auxquels furent adjoints vingt maîtres, tous nommés par le rot. Ils devaient, dans leurs séances intérieures , s'occuper de travaux d'érudition et d'analyse littéraire; l'ouverture du concours pour les prix était fixée au mois de janvier ; un nouvelle fleur, du prix de quatre cents livres, devait récompenser l'auteur de la meilleure ode qui serait présentée; « et seront iesdites fleurs, disent «les lettres patentes, une amar^te « «for que nous instituons pour premier «prix; une violette y une égtantine {') «et un souci d'argent y qui sont les « prix ordinaires.» L'églantine était destinée au meilleur ouvrage en prose.

L'académie décida, en 174.'>, qu'elle serait aussi en or, et que celui qui l'aurait remportée trois fois obtielidrait des lettres de maitre és Jeux flormix. Le budget de l'académie était fixé à quatorze cents livres. Onze cents livres devaient être prélevées sur les revenus de la ville pour psrrer f adiat des fleurs ; trois cents livres étaient réservées pour les frais de l'académie et du banquet

(*) On sait que Tictorîn l'alire prit le surnom i^Églantiite^ pour avoir reçu cette fleur, à un conooun d« jsax.flenmx.

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qui suirait la distribution des prix. Le eonoours était ouvert aux personnes de

tout pays et de tout sexe, et n'était interdit qu'aux aculémiriens. T,ps femmes pouvaient acquérir ie grade de maîtresses; « maia, aisaient les statuts, elles ne « seront point admises en cette qualité «dans les assenil)lées des jeux, et n'y « auront ni rang, ni séance, a cause de a la pudeur de leur sexe. »

L'office de chancelier fiit supprimé en 1778; les sceaux furent alors confies à un secrétaire perpétuel , et la présidence attribuée à un mudéraleur, désigné tous les trots mots par le sort. Cette organisation subsiste encore aujourd'hui, ainsi que le cérémoninl de la distribution des prix, lequel n'a subi que très- peu de cnangîiNnents, lorsque les jeux floraux, supprimés en 1790, furent rétablis par Napoléon en 1806. La féle des fleurs, coinnie on appelle la séance annuelle de l'académie, a lieu tous les trois ans, le 8 mat, et elle se célèbre avec la plus grande solennité. Depuis 1696, racadémie des jeux lloraux a publié chaque année les pièces auxquelles elle a accordé des prix, et une analyse de ses travaux. Ce recueil se continue de Ui96 jusqu'à nos jours, sans autre interruption que pour tes années 1700 à 1708, et 1790 à 1806.

On peut consulter, pour plus de détails sur ce sujet, les ^îenioires de Caseneuve et de Catel dans son Histoire de Languedoc i le Traité de l'origine des jeux floraux y lettres patentes du roiy statuts, etc., par La loubère, Toulouse, 1715; les Mémoires pour sermr à l'histoire des Jeux Jloraux, par Poiterin Peltavi, Toulouse, 1815, et enfin les notices contenues dans le BecueU annuel de l'Académie.

Florence (relations de la France avec). Détruite par les barbares vers le milieu du cinquième siècle, Florence fut reconstruite parCharlcmni^ne à la prière du pape Léon III et des anciens habitants. L'empereur voulut, dit-on, qu elle fdt rebâtie sur le modèle de ÏLome , et qu'elle edt plus de grandeur et de ré|i;ijlarite rniVlIc n'en avait auparavant. Depuis cette époque jusqu'à la lin du dousième siècle, Florence, aussi bien que tout le reste de la Toscane , fut immédiatement seiumatd*aboffd à des préfets

Impériaux, puis à des marquis et à des comtes feudataires de l'Empire. Les relations qui eurent lieu entre la France et Florence, pendant cette première période de l'histoire de cette ville, appartî.ennent à Tbistoire de la Toscane 7?ous ne |)Ouvons parler ici que des relations qui s'établirent entre notre pays et Florence constituée en réuublique* Les luttes que pendant tout le moyen âge les différentes villes de ITtalie soutinrent les unes contre les autres, les toréèrent de reeljercher un appui à l'étranger. Tandis que les Sienuois , les Arétms et les Pisans, bien que républicains, favorisaient le parti des nobles et des empereurs, les Florentins, leurs ennemis se tournèrent du côté de la France. Les Guelfes venaient d*étre chassés de Florence, et Mansfeid y avait établi une garnison, lorsque Charles d'Anjou, aj)»

pelé par le pape , marcha à la conquête du royaume des deux Siciles. Les Florentins virent en lui un libérateur ; et, avant chassé lesGibelir,^ a[)rps la bataille de Grandella , où Manfred lut défait et tue, ils raopelèrent les Guelfes, et envoyèrent (femander au vainqueur un ca* pitaine et des troupes «'pour défendre le nouveau gouvernement et délivrer entièrement la répubhque de la faction vaincue. Charles saisit avec empressement Toccasion qui lui était offerte, et dirigea sur la ville le comte G. de Montfort avec 800 cavaliers français , «< c.ipitaine et soldats , dit un historien de Florence, aussi supérieurs à Guido Marcello et à ses Allemands, que la fortune de Charles le fut à celle de iManfred. » Comme la trouue française devait entrer à Florence le Jour de Pâques 1267 , la veille, les Gibelins quittèrent tous la ville.

Cette retraite assurait définitivement le triomphe de leurs adversaires ; ceux- , ci offrirent pour dix ans au prince français la seigneurie de Florence et de toutes h's villes qui lui obéissaient. Charles leur repondit d'abord : « ^u'il ne vou- « loit que le cœur et l*amitié des Flo- « rentins. et ne prétendoit à aucune ju-

ridietion sur eux. « Puis, pressé de nouveau d'accepter ces utlres, il y con-

(*) Toyes Tncàvs (rebitioiiS de laFrane» nvee la).

9iMxaet FRAKCE* tÊumaum, tu

Mtttife enfin , et promit d'moyer diaqoe année an lieotpnant qui, conjoinM-

mcnt avec quatorze bons - hommes , gouvernerait la cité. Peu après , il fut nommé par le pape lieutenant général d« la Toscane , et prêta aux Florentin! un utile appui dans leurs guerres contre Sienne, I.ucques et Pongibonzi. La défaite et le supplice de Conradin , en assurant son pouvoir en Italie, firent rechercher de plus en plus son alliance par la république. Aussi le contre-rx)up des vêpres siciliennes 8*y fit-il remarquer par l'apparition de mesures ayant pour objet d'empêcher le retour de î'af» ristocratie.

La guerre continuant entre les maisons d'Anjou et d'Aragon, pour la possession du royaume des I>eux-Sicile8, le pape, qui regardait les Français comme les pro»

tecteurs naturels des Guelfes, chercha, en 1300, à recruter en France de nouveaux champions pour la cause de TÉ-

glise. Il s'adressa d*aboTd à Robert 'Artois, qui nvait ncqfu's par sa victoire de Furnes une grande réputation militaire ; puis voyant que ce prince, h qui il avait accordé le droit de lever pendant trois ans des décimes sur le clergé de ses domaines, faisait naître des difficultés pour éluder l'exécution de ses promesses, il se tourna vers Charles de Valojs, frère de Philippe le Bel, et l'Invita à venir en Tlalie prendre le commandement des Guelfes et des soldats de TÉglise; tuî assurant comme récompense, d'une part, la main de Catherine, fille de Philippe de Courtenai , et avec elle la succession au titre d'empereur d'Orient; de l'autre, du secours pour l'aider à monter sur le trdne d'Occident, dont il voulait chasser Albert d'Autriche. En attendant, il le nommait vicaire impérial en Italie, comte de la Romagne, capitaine du patrimoine de Soint-Pierre, seigneur de la Marche d'Anc6ne, et enfin pacificateur de la Toscane. Il le char-

Seail en effet, avant tout, de soumettre ans cette contrée une faction qu*il redoutait. A cette époque , en effet , le parti guelfe s'était divisé en deux factions, les blancs et les noirs. Les premiers, tout-puissants à Florence et à Piltola, Paient sou|>çonnés défavoriser saerètement les Gibelins, et Boniface jugeait que leur triomphe pouvait devenir

écalement flinette m liintpidége et à

rînfluence française.

Charles de Valois ayant obtenu de son frère la permission d'accepier les offres du pape, entra en 1301 en Italie, avec 500 ehevaliers français environ. Il s'avança par la rivière de Gènes et par Lucques , en évitant de toucher au territoire florentin , et eut à Agnani , le 3 septembre, une entrevue avec le pape, qui , aux titres qu'il lui avait accordés précédemment, ajouta ceux de comte de Bertinoro et d'Emilie , et de duc de Spolète.

L'hiver de la même année , Charles

entra, à la téte de ses troupes, en Toscane, par les montagnes de Pistoia. Les exilés noirs de cette dernière ville , et les chefs du même parti à Lucques, vinrent se ranger sous ses drapeaux, et lui fournirent de l'argent pour payer ses soldats.

Les blanes de Florence l'admirent dans leur ville, après ou'il eut consenti

à une espèce de capitulation et juré de n'introduire dans leurs murs aucun exilé; mais à peine fut-il maître d'une porte, qu'il fit entrer à sa suite tous lei proscrits de la faction des noirs.

Les blancs furent alors emprisonnés, et leurs jnaisons pillées d'abord , puis hicendiées ; celle de Dante fut du nom* bre. Pendant cinq mois que le prince français passa à Florence, 600 [)ersonnes furent condamnées à l'exil. D'autres, au nombre desquels se trouvèrent aussi Dante et le père de Pétrarque, furent condamnés à des amendes trèsconsidérables. Enfin, le 4 avril 1302, Charles de Valois partit de Florence pour se rendre en Sicile, d*où il ne tarda guère à revenir en France , et fit cause conunune avec Philippe, dans la lutte soutenue par ce dernier contre la papauté.

Depuis cette époque jusqu'à la fin du

quinzième siècle , les relations entre la France et Florence ne furent pas fréouentes ; cependant elles n*avalent point été interrompues; les Florentins conservaient toujours une certaine affection pour notre pays ; plus d'une fois ils mirent des aveuturier.H français a la téte de leurs armées ou de leur republique.

Le I" août 1342, ils offrirent le titre de capitaine de Justice et celui de oom-

HMBNCE

L*UmV£ES.

PU>MBlfCB

mandant général del-armée, a Gauthier de Brienne, fils du prince auquel les •Catalans avaient enlevé, en 1312, le duché d'Athènes. Gauthier sut si bien gagner la faveur populaire, qu*aa mois de septembre 1342» il se fit déférer la souveraineté ;i vie, ce qu'on n'avnit jamais vu à Florence. 11 s'entoura alors d'un corps de troupes composé de Français et de Bourguignons , et exerça la plus odieuse tvr;i finie. ^Liis; l'nnnée suivante, une révolte de la noblesse, de la haute bourgeoisie et des fiens de métiers , le chassa de Florence (*).

Les Florentins étaient, en 1381, en négociation avec Charles III , roi de Naples, pour l'acquisition d'Arezzo, lorsque le célèbre Enguerrand de Coucy, se{)tièiue du nom , surprit cette ville et s'en empara. Louis d'Anjou , pour lequel il combattait , était mort depuis huit jours ; les Florentins conclurent aussitôt une ligue arec Pérouse, Lucques, Pisp et Sienne, et ils marchèrent sur Arezzo ; mais Coucy, qui depuis la mort de Louis ne songeait qu'à ramener son armée en France, leur vendit sa conquête , le 5 novembre» pour 40,000 florins d'or.

Dans la g:uerre que Florence et Bologne eurent a soutenir, en 1S90, contre Jean Galéas Visconti et ses âlllés, les Florentins prirent à leur solde Jean III, comte d'Armagnac, avec 15,000 chevaux quMl s'engagea à conduire de France en Lombaraie. Il y arriva en effet , au commencement du mois de juillet 1391, et reçut l'ordre d'éviter tout combat jusqu'à sa réunion avec Ilackwood, autre aventurier à la solde de In république. Le célèbre Jacques del Vernie, qui commandait les troupes de Galéas Visconti , s'était enfermé à Alexandrie. D*Armagnac , iigé alors de 28 ans, voulut, par une fanfaronnade de jeune homme et de chevalier, aller avec l'élite des chevaliers qui l'accompagnaient rompre des lances contre les portes de la ville. Del Verme, voyant leur petit nombre, fit imc sortie et les enveloppa. Pendant plusieurs heures , les

(•) Voyez Briknne. Le cardeur de laine Micnd de Lando , qui , lors de la révolte des €ioiD]ii en 127H, lut nommé gon&Iouier de justice , avait, pondant 5«jeiioesse,8mi dans

les armées frau^aiws.

chevaliers combattirent avec locoma^ du désespoir, mais enfin ils succombèrent. Le eointe d'Armagnae, pris et conduit à Alexandrie, y mourut de ses blessures. Le reste de son armée , attaqué par Jacques del Venue, fut saisi d*une terreur panique et mit bas les armes.

Les soldats lurent dépouilles et renvoyés en France , et les oincîers retenus prisonniers.

Fn I3î)n, In ctierre étant sur le point d'éclater encore une fois entre Florence et Galéas Visconti, la république envoya demander des secours à la France par un député nommé ÎMaso de Albizi. « La maison de France avait des intérêts plus immédiats en Italie , depuis

3ue la seigneurie de Gênes avait été ounée au roi, et que celle d*Asti avait passé au duc d'Orléans comme dot de Valentine Visconti. Charles VI consentit done à signer, le 29 septembre ] 396, une alliance défensive, par laquelle le roi et h république se garantissaient mutuellement l'intégrité de leurs États.

Les Florentins promettaient au roi, s'il était attaqué en Italie, une armée auxiliaire tlp 3,000 chevaux ; le roi , en retour, promettait d'envoyer à leur aide, en cas de besoin , une armée digne de porter ses étendards , et d*étre commandée par un prince du sang. Si les alliés étaient attaqués, et si, en se défendant, ils faisaient quelques conquêtes , celles de Lombardie devaient appartenir à la France, et celles de Toscane a In république (*). »

Cette alliance, dont les Florentins se montrèrent très-fiers, leur fut cependant peu utile; car la sanglante bataille de Nieopolis, où périt la fleur de la noblesse française, dégoilta pour longtemps celle-ci des expéditions lointaines ; et la guerre contre TAngleterre, qui sur* vint ensuite, occupa pendant un demisiècle toutes les pensées des Français.

Ils cberchèrent, lorsqu'ils furent sortis victorieux de cette longue lutte, a renouer leurs anciennes relations avec les puissances étrangères ; mais les historiens contiennent peu d'indications i,ur leurs rapports avec Florence à cette époque. On sait seulement qu'en 1465

(*) Sîsmondi, Histoire des républM|MS ilAltennes, 1826, t. XI , p. 366.

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