‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 37 sur 198 · FOI H ES · texte numérisé non relu

FOI H ES

émané de T.ouis le Gros. Knfin, l'abbé T.ebœui fixe à 1109 la ddte de son étabiisïemcnl.

Quoi quMI en soit, ce marché se tenait nrinuellement près de Saint-Denis, entre ce bourg et le vill.igc de la Ciiapelle. Sa dénomination dérivait des mots indichtm forum ^ par lesquels on désignait plusieurs foires, ïl ooniniençnit <iii mois de juin , le Jour de la léte de saint Barnabé; sa durée, nui priniitivf ment était de trois jours, rut |)ortée successivement à huit et à quinze.

L'évéque de Paris en faisait l'ouverture avei*. grande solennité. Ce droit de bénédiction , et la somme de dix livres prisis qui en était le prix , devenaient fréquemment mi sujet de vives et longues querelles entre le prélat et l'abbé. Le premier alléguait la coutume suivie depuis longtemps par ses prédécesseurs; le second, peu content de s.i jiiridirtion sur les marchands et ses droit-* considérables sur leurs étalages , prétendait ne partager avec personne les prérogatives à exercer dans ^a seigneurie.

Bénis soit par l'un, soit par l'rmtre, Jes Parisiens gagnaient d'ailleurs des indulgences, s'ils se rendaient au landit avec un c(rur v nu' ment dévot. Mais toutes choses (lé£!;énér:int vu se transformant peu à peu , le pèlerinage ne tarda pas à devenir uiie pure partie de plaisir, où te peuple selaissait aller à une joie bruyante.

Un poète du treizième siècle, que Ton croit être le même que l'auteur du IHetUmnalredês rttes de ^afis^ a laissé une description en vers de la foire du iMiidit i il nous donne le nom des métiers qui venaient y étaler , et le dénombrement de toutes les /bires de cette époque. Cette pièce est un document curieux fjui nous apprend parfaitement l'état de la classe marchande , et des divers métiers les plus achalandés du temps.

D'après ses données, les produits qu'on apportait dans la plaine de Snitit- Denis consistaient eu tapisseries , eu merceries, en paretiemins, en vieux habits . en lingeries , en fourrures; on y vendait aussi diverses étoffes , des cuirs, des chaudrons, des souliers, des instruments aratoires, des oofiîret, du chanvre , des ustensiles de ménage en

étnin ; il s'y trouvait des changeurs, det orfèvres , des drapiers , des épiciers , des regrattiers, des taverniers, des marchands de vin et de bière , des maquignons , des femmes folles de leur corps , etc.

De nos jours , oii le commerce étale dans ses magasins de si brillantes produrlions, on se figure difficilement ce qu'étaient les grandes foires du moyen âge. Ces é))oquesde jouis.sances, de surprises , de vives émotions , étaient attendues avec impatience; marchands étrangers et bourgeois, écoliers, baladins, courtisanes, Clous, tous accouraient avec empressement au rendezvous anuiiel ils s'étaient longtemps pré^ parés ; c était une diversion singulière a la vie simple et monotone de l'année.

La grave université elle-même se rendait proressioniiellenient au landit „ dont elle augmenta pins d'une fois le tumulic et les excès avec son cortège indiscipliné d'ecoiiers et de professeurs, lie recteur , aecompagné de quatre parcheminiers jurés, venait chaque année y lever son f/^'o/Y sur tout le pan befnin expose eu vente, et faire en même temps la proTîsion nécessaire à tous' les collèges; il était même défendu à tous les marchands , sous des peines tressevei es , d'exercer leur commerce avant que l'université en eiH ainsi prélevé sa part.

Le matin du premier jour, les écoliers se rasseinbl;iient sur la place Sainte- Geneviève , au plus haut de la montagne , la plupart montés sur des chevaux, et armes de b.itons et d'épées ; plus ou inoins richement équipes et vêtus suivant les moyens de chacun.

De là, rangés en bon ordre sous ta conduite de leurs régents , et diyisés en nations, avec tambours et bannières, ils traversaient fièrement toute la ville et se rendaient avec de grandes acclamations au lieu où se tenait le landiL Pendant que le recteur allait dans les boutiques des iiarcheminiers, et visitait même les maisons de Saint Denis, pour confisquer le parchemin qu^on aurait pa y introduire en îraiide , cette jeunesse turbulente couvrait la plaine, se répandait en bandes joyeuses chez les taverniers, et tourmentait les marebands et les bourgeois ; jde leur cdté les régents

FKAJSC£.

P01il£S

trouvaient leur compte à Saint-Denis, où le ch;ij)itrp était dans l'tisaiîc de leur offrir du vin a boire , en forme de remercinient, pour leur visite. Ce jourlà «tait d'ailleurs pour les nlkaîtres le plus beau de l'année, car c'était celui que If's écoliers choisissaient pour leur payer solennellement leurs honoraires.

Kn 1836, le champ du Landit, couvert de marchandises, devmt le théâtre d'un vaste incendie. C'était grande pitié à voir , disent les chroniques de France: plusieursmarchands qui étaient fort ricnes se retirèrent pauvres. Vinrent ensuite les gtierres intérieures du règne de Charles VII, qui onpci lièrent les marchands de venir au rendez- vous accoutumé. Le landit fut interrompu de 1426 h 1443. En cette dernière année, se reiiouvelèn-nt les débats de l'évérpie et de Tabbè sur la bénédiction. Le journal des boui^eois de Paris rapporte qu'à la fin l'évéque se retira furtivement à line extrémité du chan»p de la foire , et la (it bénir par un simple maître en théologie. Il ne dit pas lequel des contendants obtint le prix de u cérémonie. Ces vaines queielles , jointes aux troubles qu'entraînait chaque année la féte, et contre lesquels les ordonnances du roi sévissaient toujours en vain, la firent transporter, en 1444, dans le bourg même de Saint- Denis, et Ton ordonna au recteur de ne se faire accompagner à l'avenir ()ue d*unjionibre liuiitt' d'écoliers. D'ailleurs, le pa-

fitT devint bit^ntot plus commun, quand imprimerie se popularisa , et le parebemin, toujours coûteux, fut chaque jour moins emjilové. Cette procrssion de l'universitf n'était donc plus qu'une vaioe formalité. Dans le sei^ietne sièdbt iwtinm , et pendaai les guerm ei»

viles, de sévères défenses fureat-ftiCei aux écoliers d'y revenir en troupes; il n'y eut plus de proccnsioiis, plusderassemblemeiits avec taMbonrs et baoniè»

res ; seulement maîtres et éootiera eon* tinuèrentde fêter rhaque année, comme un jour de vacmces , le lundi après la Saint- Barnabe. Aujourd'hui encore, il se tient, le 1 1 juin, a Saint-Denis, une foire considérable, oij il se vend plus de 90,000 moutons. Ce inarché a gardé le nom de Landit,

ifnetqosi foires plus

OQ moins célèbres : celles de SahU^Lo'

zare, de Saint- Laurent, de Saînt-Gerviain, des Jambons, et de Saint-Ovide.

La foire de Saint- Lazare , de SaitU' Ladre , liit d'abord accordée par Louis VI à la maladrerie ou lé()roserifMle Saint- Lazare. Elle durait alors huit jours, et se tenait hors de l'enceinte de la ville, sur le territoire de ce prieuré, le long du chenu'n de Paris à Saint-Denis. Louis le Jeune y ajouta huit autre.s j urs. Mais Philippe-Auguste la réunit à son domaine, et la transféra dans le urnnd marché des Champeaux ou des Halles , vaste enclos couvert de hangars et ceint de murs à grandes portes. Non-seulement les marchands y venaient par intérêt, mais |)lusieurs métiers s'y ren* daient par oblit^ation. En effet, pour augmenter les revenus du roi, qui percevait un droit sur les étaux et les Auekes, les changeurs, les pelletiers, les marchands de soie, les ciriers , les selliers, et même les bouchers, étaient contraints de fermer leurs boutiques et ou- ▼roirs pendant toute la durée de la foire, et de n'étaler qu'aux halles et aux • environs, dans des limites déterminées.

C'était une servitude réelle ; aussi certaines professions , les bouchers surtout, préféraient s'arranger avec le roi, et lui payer line somme d'arj;ent i)0tir ne pas la subir. D autres métiers , qui trouvaient au marché même une compensation suffisante pour leur déplacement et pour riin|n)t qu'on exigeait d'eux, ne demandaient pas une pareille* composition , rt fermaient leurs maisons pour grossir le iioiiÉifs des étalagistes des lialles.

Le roi affermait souvent le produit de la foire Saint-Lazare ; alors le fermier pereevait \n droits d'usage ; de plus, fl exerçait la justice sur le terrajn de la foire, tenant ses plaids quatre fois par jour. « C'est assavoir, dit un mantBcrit du treizième siècle (') , à huit heures du matin , à douze heures » au premier < op de vespres a Saint- Eustace, et aux chandelles allumans. » Quiconque faisait défaut à son ajournement .

devait une amende de 17 sous et demi à son profit. Au fermier appartenaient

(*) Cité dans le Livre des métiers d'Étienne , édit. de M* Depping , 1837, p. 439, "

Digitizeci by Gopgle

tu

FOIEBS

« tous les ex|)1oîeiE de Justice ,

tant conOscations, comme autres amendes advenues durant et ès fins d'icelle foire, jusqu'à 60 sous parisis et au-desfloubz. » On appelait de sa sentence aa prévôt de Paris. Enfin, durant 15 à 18 ours, ce fermier était en quelque sorte e roi des halles.

Pendant cette quinzaine , on portait dans Tenceiiite des halles le poids du roi, c'est-à-dire, les balances et les |K>itls déposés dnns une maison de la rue des Lombards, où on l'employait à constater, moyennant un impôtd'usage, le poids légal des marchandises (*).

En échange de la foire qui avait été transférée aux Champeaux , Philippe- Auguste fit dohattofi aux lazaristèe d une antre foire qui ne devait être que d'un jour , et se tenir le 1 1 août, le lendemain de la féte du samt. Dès que le soleil était oeuché , les sergents de la douzaine du roi au Châtelet avaient l'usage de venir fendre sur les loges et de tout mettre en pièces. Philippe de Valois eut beau défendre ces viotences, les nriéines excès se perpétuèrent longtemps, par la faute du prévôt de Paris. L'ancien emplacement du marché était une plaine de 36 ar^nts , s'étendant depuis le faubourg Saint-Laurent , près de l'église de ee nom, jusqu'nn Bourget. Dans la suite, la durée de la foire fut pn)longee. Elle eut huit et même ouinze jours jusqu'en 1616. Les prêtres de la Mission, successeurs des lazaristes, obtinrent en 1661 des lettres qui les confirmèrent dans la possession du marche de Saint -Laurent, et les autorlBèrent à le transporter dans un enclos de cinq arpents, ceint de nxirs, et situé entre Saint-Lnzare et les Récollets (■*). Ils y firent construire,

1)ar une amélioration toute nouvelle, des oges et des boutiques fermées, et percer des rues bordées d'arbres. La foire conimenca alors le 28 juin, pour linir avec le dernier jour de seplemhre. Le Châtelet, ayant a sa tête le lieutenant général de police , venait en corps en

(•) Au quatorzième siècle, le poids du roi •e trouva en la possession de quelques bourgeois par suite d une de ces coucesitioiis faites par les souverains dans des nioiDenU de pénurie ou de faiblesse. Ibid., p. xxxviii. (**) Ce lieu s'appelle encore ï Enclos dê la

faire Touverture, et pÉ^ndre possesskni

de la justice haute, moyenne et basse.

Ces messieurs allaient dîner ensuite chez les missionnaires, qui, dit-on, leur faisaient foire une excellente chère.

L'enceinte était franche pour toutes sortes de marchands et de marchandises. Colletet fit, en 1666, une description en vers burlesques de la foire Saint- Laurent. Il nous la représente peuplée de marchands de jouets, de pâtisseries, de limonades, d'ustensiles de ménage ; fréquentée par une foule de filous ; offrant au public des théâtres de marionnettes , des cabarets . et surtont force baladins. Malgré tant d'attraits, les prêtres de la Mission virent leur établissement délaissé , puis fermé en 1775. Ils ne se rebutèrent pas , et redoublèrent de soins pour attirer les marchands, les adieteurs et les oisifs. Us rouvrirent leur foire en 1778 ; oii y trouva des cafés , des salles de billard , une retfoufe chinoise f avec toute espèce de jeux nouveaux, des salons et bâtiments chinois ^ une salle où se jouaient des pièces du genre poissard ; d'autres où les acteurs des boulevards et l'Opéra • Comique étaient obligées de venir donner des représentations , etc. , etc.

Quoique la nouveauté y attirât d'abord la foule , et que cette foire fût dotée de franebises pareilles à celles dont se prévalait la foire de Saint-Germain, elle fut peu à peu abandonnée, peutêtre à cause de son éloîgnement du centre de la capitale et de l'embellissement des boulevards , et ou la supprima définitivement en 1789. Aujourd'hui, sur son emplacement , s*élève un bâtiment en pierres de taille où se tient un mxt^ ché perpétuel.

Les religieux de Saint-Germain des Prés jouissaient, dès les lemps les plus recules, du droit de foire. Mais au douzième et au treizième siècle , les rois réussirent à se taire céder, de gré ou de force, par l'abbé, les revenus de cette fête de l'industrie et du commerce, qui, tous les ans, commençait qumze jours après Pâques , pour se* prolonger pendant trois semaines dans le Bourg de Saint-Germain.

Après cette cession, la foire fut transférée , du territoire de Tabba^^e , aux balles.

Chiiellement éprouvés pendant kê guerres civiles des règnes de Charles VI et de Charles VII, les religieux demandèrent à Louis XI l'autorisation d'étâblir de nouveau dans leur faubourg uat foire franche. Le roi leur accorda ce droit par lettres patentes du iDois de mars 1482. Aorès <le longs débats avea tes religieux oe Saint-Denis , qui erai* gaaie^t pour leur Landit une ooqjîurw renée redoutable, la durée de ce marché fut d'abord fixée à huit Jours, mais prolongée ensuite considérablement. Ouverte le % février, la foire se continuait pendant tout le carnaval, et ne finissait que la veille du dimanche des Rameaux.

Cette grande réunion, tres protitable fux moines et abbés de Saiot-Germaitt des f'rés, était, d'un autre côté, assez préjudiciable à la morale publique. Le 7 février 169ô, lorsqu'elle fut rouverte pour la premièie fois après les calamités de la ligue, « on disoit que le roi s'y trouveroit, mais il n'y alla point. Le duc de Guise et Vitrv coururent les rues avec dix mille insolences. » Cest V2^ toile qui parle, k Le 10 février, cOQti* nue-i-il , le duc de Nemours et le comte d'Auvergne allèrent à la foire Saint- Germain , où ils commirent de nombreuses ÎDSolenees : un avocat y fut biea battu par les gens du comte d'Auvergne. Le roy s'y rendit quelques jours après, marchancia plusieurs bijoux d'un Cprand prix', n^aeneta rien, si ce n*est un drageoir d'argent mathématicien , où étoient gravés les douze signes du Il ie donna à son tils César. »

-« Peadaet la foire de SaintrGermaitt (le cejtte année (1605) , dit le noéme autçor, où le roy alloit ordinairement se pourmenef , se commirent à Paris des meurtres et excès infinis , procédants àu$ détMKiclies de la foire, dans laquelle les pages , laquais , écoliers et soldats des gardes firent des insolences non acçoutumées, se battant dedans et dehors mune en petites batailles rangées, sans qu*on y pilt ou voulût donner ordre.... Les débauches qui sont assez communes en matière de foire furent ettraerdmaiFesenicelle, laquelle, néan»

moins, on prolongea Ji»gu*ea cailaie prenant. »

La foire Saint-Germain renfermait 0lusyi$uci académisi de jeux , où le roi,

E2. vttifttt nk

Im frfiMes , les seigneurs venaient rit* quer leur fortune ou celle des autres, et contre lesquelles le parlement lança des arrêts inutiles. On ^ trouvait aussi des salles de danse , véritables marchéi ' de débauche. La foire étant franche^ on permettait non-seulement aux forains , aux étrangers , d'y étaler , mais encore les marchands qui D*étsiefit pas mattres pouvaient y venir sans erainte d'être inquiétés pnr les jurés de la ville.

boutiques étaient occupées par des merciers, des orfèvres, des lingères, des confiseurs, des cabaretiers, etc. Ce fut là que s'établit le premier café public (voyez Cafe); enfin des théâtres forains (voyez l'article suivant), des curiosités de toute espèce, rendaient cette foire très-animée.

A côte du marché , oii l'on vendait « de toutes choses , excepté des Livres H des ^firmês, » se trouvait un enclos extérieur, ou préau très-vaste, pour les toiles, les draps, les carrosses, etc., et un champ crotté ou champ de Joire, pour la vente des bestiaux.

Les 14Ù fauches , ou logis des mar»

chands, construites d'abord en 1486, puis rétablies {*), par ordre du cardmal Briçonnet, en 1511, occupaient le terrain où s'élève aujourd'hui le marché Saint-Germain , et s'étendaient jusqu'à l'extrémité de la rue de Toyrnon, et aux environs du Luxembourg et de Saint-Sulpiee. EUesformaientneufrdes, qui se coupaient à angle droit , et se trouvaient abritées par une charpente immense, construction justement admirée pour sa hardiesse. Au bout d*iim des halles était une chapelle où l'on disait tous les jours la messe pendant la durée de la foire. I..es rues se distinguaient par les noms des métiers dont on y trouvait les étalages.

Tout cela disparut dans la nuit du 16 au 17 mars 1762, par suite d'un affreux incendie qui répandit Talarme dans tout le quartier. L'année suivante, oti reconstruisit 100 loges ; niais il s'en fallut bien que cette foire fût aussi brillante que l'ancienne. La magnifique ebarpenle ne fat pas rétablie; seule-

(*) Elles se composaienl d'un rez-de-chaussée et d'uœ chambre ou (i«tit magaun au-

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ment quelques-unes des rues furent abritées par des vitraux, et durent alors resseuibier un peu aux brillants passages que nous prétendons avoir inven* tés.

T/étnblissement des £:al pries du Palais-Kov.il nuisit be.mrotip a la prospérité de la foire Saint- Germain.

L'année 1789 fut la dernière où le lieutenant de police, assisté des officiers du Châtelet, des syndics de In foire et des gardes -marchands, vint le 3 février, h 10 heures du matin , crier à haute voix devant une foule joyeuse , entre deux fanfares retentisâdates i Messieurs, ouvrez vos loges!

C'est probablement aux redevances de viande de porc, payées en certaines occasions au clergé de Paris (voy. t. V du Dictionnaire . p. 250) , qu'il faut rapporter l'origine de la foire aux jambons , qui appartenait à révéché et au chapitre de ^otrl>-^^lme. De temps Im* mémorial, ce marche, où les forains et les charcutiers de la ville étaient (paiement reçus , se tenait chaque année le jeudi, et, depuis 1G84, le mardi de la semai ne sainte au parvis de Notre-Dame. Depuis plusieurs années, il a été transféré au quai des Augustins « près du Pont^ffeuf. Il est à remarquer que tandid (fue les autres foires disparaissent peu à ^eu, ou vont toujours diminuant, celle-ci voit s*aocrottre tous les ans son importance et sa prosnérité.

J.<i foire (hi Temple y où l'on vendait principalemt'nl de la mercerie , des fourrures, etc., ouvrait le jour de Saint- Simon et Saint-Jude, et appartenait au grand prieur de France.

Plus récente que toutes ces foires, celle oui était placée sous le patron:ige ' de samt Ovide se tint d'abord place Vendôme, ensuite place Louis XV. Le pape ayant doimé en 1665, au duc de Cr('(^ui , un corps de saint Ovide , ce gentilhomme en fit présent aux capud* nés de la place Vendôme. Depuis, ces rplifzieiisos rélebrèrent In fête du saint et exposèrent ses reliques, que visitèrent chaque année un grand nombre de fidèles. Plusieurs marchands , attirés par l'affluence, étalèrent leurs man hnmJises devant l'église. En 1 76 <, nrieoi tluniiance de police les obligeu a s'établir sm: la plaoe Veadôme, où on leur construisit

de petites baraques de charpente. Cette foire s'ouvrait le 31 aoiîl, et durait un mois. De nombreux amateurs s'y rendaient le soir, et y restaient jusqu'à minuit.

Cette foire fut transférée , au mois de juillet 1771, sur la place Louis XV; mais elle n'y resta pas longtemps; le feu prit aux baraques et les consuma entièrement dans la nuit du 22 au 23 septembre 1777. l^es directeurs de spectacles, Audinot, JNicolet et les autres, donnèrent plusieurs représentations au bâiéfice des incendiés, et ce fut le premier exemple d'un bienfait de cette nature. Après ce desastre, le marché Saint- Ovide lut supprimé, et l'on s'occupa de rétablir celui de Saint-Laurent, dont nous avons parlé plus haut.

Si de la capitale nous passons aux provinces, nous trouvons les foires de Champagne en téte des marches les plus fameux du royaume. Ces foires étaient plus ancieimes que le comté même; car il en est fait mention des i au 437, dans une lettre de Sidoine ApoU linaire à saint Loup. Elles se perpétuèrent toujours florissantes sans que personne gênât leurs transactions. Une ordonnance de Philippe le Bel est le titre royal le plus ancien qui les concerne (*), et cette ordonnance se mêlant de réj^ler l'intérêt qu'on y payait, devint fatale à leur prospérité.

Ces institutions étaient fort productives pour les comtes du pays, quoique les droits n'en fussent pas reserves à eux seuls, et se partageassent entre un grand nombre de personnes nobles ou ccclé* siastiques. En 1296, par exemple , elles rapportaient au comte : celle de mai , à Provins, laquelle s'ouvrait le mardi avant TAscelfision, 1,;I25 liv. iSs. 1 d.; celle de Saint-Ayonl, dans la même ville, ouverte le 16 se(ilcmhre, jour de l'Exaltation de la Croix, 1,554 liv.; celle de Saint-Jean , à Troyes, 1 ,375 liv. 18 s.; celle de Saint-lUnii, dans la mlifte ville, 1,396 liv. 8s. 4 d ; cclie di^Laanv, • 1,813 h v. 7 s. 8 d.i celle de Bar, 1,1401. 13 s. 5 d. (**).

<' Il était facile d'obtenir, dit M. Bourquelot dans son Histoire de Provins ^

(*) Grosley, Épbémérides, p. ioa-104.

(**) M, Opoix , Bblotre de Pravins, p. X91.

FOIRES

roiRÊs

des sommes considérables en tffitant, même à bas prix , les- différentes marchandises qui se fabricjunient dans le pays ou qu'on apportait du dehors; mais les comtes de Cliampagne, tout en cherchant à tirer le plus d'argent possible des marchands, s'attachaient en même temps a ne pas les éloigner pour rayenir par la privation d*an droit légitime , et réclamaient avec chaleur contre tout acte commis à ieur préjudice.

« Un jour, des changeurs de Vezelai, venant aux foires de Provins, forent dévalisés sur le chemin du roi, entre Sens et Bray, par Gnrin , fils de Solo , vicomte de Sens; aussitôt le comte Thibaut le Grand écrivit h Pabbé de Saint-Denis, Suger.à qui Louis VII avait remis le îiouvernement de sori royaume,

1)our lui faire connaître le dommage et 'aflront qu'ii a reçu , et lui demander justice. II faut, dii-il , que vous ordonniez à Salo , qui est sous votre main , de rendre sans délai ce qui a été enlevé aux changeurs; car je ne laisserai pas sans vengeance une injure qui ne tend à rien moins qu'à la destruction de mes foires ( 11 18 ) (*). »

■ Provins surtout méritait la sollicitude des comtes; la réputation de ses foires était universelle (**). Outre la toile, les draps, etc., il s'y vendait du fer, des feutres, des cuirs dont le commerce y est seul resté florissant , des poteries, de la cire, puis des produits exotiques, tels que poivre du Brésil, citrons, gingembre, caruielle, girolle, anis, alun, fourrures et beaucoup d'autres.

« Les villes de commerce de In France et de l'étr'ani^er envoyaient a ses foires leurs nombreux marchands; les Italiens, versés bien avant nous dans la science de la banque, faisaient, dès le treizième siècle , le commerce d'arpent aux foires de Champagne, et introduisaient par cette voie, dans le royaume, les coutumes commerciales de leur pays.

Tandis que les juifs viennent aux loires

(*) Dom Bouquet , Script, rer. jrnnc. , t. XV, p. 5o3 , donne le texte de cette lettre. ('") Elles avaient été fondées, saivant les

uns, par Pej)in, père de Cliarlemajjtte ; suivant une opinion beiuicoup plus juAUHable, par le comte Thibaut III.

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