X. Yiii. 12* Livraison, (Dict. ekcygl., etc
pour s*enrîchir par Tusure , les Italiens
s'y livrent à des opérations plus licites; le pape protège leurs aeles, et lorsqu'ils réclament auprès de lui pour quelque lésion de leurs intérêts , nous le voyons lancer aussitôt une menace d'excommunication contre ceux dont ils ont à se
Slaiudre {*). Aussi , sous l'égide ponticale, les Lombards, les Florentins, les marchands de Sienne et de Borne , fréquentèrent longtemps les foires de Provins. Puis c'étaient des Allemands, des Hollandais dont quelques rues de la ville conservent encore les noms ; des Flamands, qu'on trouve déjà inontionnés dans une charte de 1137. Enlin Aurillac , Toulouse , Cambrai , Reims , Troyes, Limoges, Bar*sur-Seine, Rouen, Châlons, Arras, entretenaient avec Provins de fréquentes relations de commerce, et chacune de ces villes avait dans la capitale de la Brie des magasins pour mettre en sûreté ses roarchaodiseï, des hôtels pour loger ses voyageurs, des halles pour étaler.
a Louis le Hutin , en établissant des droits sur tout ce qui pouvait s'acheter et se vendre, en interdisant tout traÔc avec les Flamands, les Génois . les Italiens et les Provençaux qui avaient Troyes pour entrepôt de leur commerce avec la Flandre, commence la ruine des foires de cette ville. Charles le Bel , Philippe de Valois, Charles VI, Henri VI, roi de France et d'Angleterre, et Charies VII, rendirent des ordonnances pour arrêter le mal. »
D'après une ordonnance rendue par Philippe de Valois, au mois de juillet 1844, tons les n^odants étrangers, même les mécréants, pouvaient amener en franchise leurs produits aux foires de Champagne. Toute garantie était donnée, tant à leurs personnes qu*à leurs biens; des inspecteurs parcouraient les étalages pour s'assurer s'il n'y avait pas de marchandises défectueuses; quarante notaires des foires écrivaient et scellaient les obligations contractées ; un tribunal particulier , celui des gardiens (les Joli es de Champagne , décidait sommairement et sans appel , avec
(*) En ia37 , Grégoire IX menaça en
pareil cas le comte dt Champagne d'une sentence d'interdiction couU'e ses châteaux de Provins et de Bar.
178 FOUI» UUmVERS. FOIESS
six oa huit anesseurs clioisis prmi les principaux marchands, toutes les causes nées pendant le marché. Entio , pour attfrer plus sûrement In ehalam» ûn dehors , les drapiers des dix*sept viUcs les plus industrieuses du rovaume ne pouvaient vendre leurs draps chez eux uu après les avoir exposés en veute aux wires de Champagne.
Charles VII chercha à relever ces foires en leur donnant, par une ordonnance du 19 juin 1445, deux franchises de dix jours, Ttine pour Hiiver, Taotre pour leté, en faveur de tous les forains qui s'y rendraient. Mais les foires de Ljroo, qu'il fonda en même tetnos (févrwr 1444 ) pour venir en aide a eecte
Srande ville, dépouillée par la guerre es deux tiers de ses habitants , et que Louis XI confirma en 1463 , firent une concurrence funeste aux foires de ChampagM, et achevèrent de leur enlever tout leur ancien éclat (*). Les tracasseries fisc:ile.s, jointes aux alarmes et aux pillages de la guerre intérieure, avaient d'ailleurs bâté leur chute. Pour leur rendre un peu de vie, il fallut abohr les marches de Lyon. En 1486, des quatre foires franchies de cette ville,
gkî duraient vingt jours chacune, deux rent tr.uisfcrées à Bourges et deux à Troyes (*'). Mais les foires de Champagne tombèrent dès que Lyoa eut obtenu de rouvrir les siennes. Au temps de leur prospérité, le crédit des négociants (le Troyes était si bien établi , qu'en diverses occasions des princes étran^rs les acceptèrent pour cauUon de sommes considérables qui leur étaient dues en vertu de traités conclus avec les rois de France. En considération de rmiportance du commerce de la Ciiaïupagne , les négociants nobles n*y dérogeaient pas. Les coutumes de la province distinguaient deux espèces de nobles :
le^ uns vivant nobiement, les autres mamshandement } mais toutes deux étaient également honorées.
Le commerce de Bourges n'nvait pas attendu, pour deveiûr florissant, la
par M. Bourqiielot; Provins et Parii, iSSg, t Itp* loi, 104, 410, 437.
Louis Xn en x5 10, et François P** en l$»x I éu fondèrent deux aoavclleftà Troyce.
translation de Tancienne foire de Lyon.
Cette ville avait des marchés très-fréquentés dès Tannée 1012. On y vendait alors beaucoup de draps et dn laines (*).
Le Midi possédait aussi des foires importantes; des hanses particulières y étaient établies entre Montpellier, Beaucaire(**) et les principales villes, oonmse entre Paris et les cité» commerçantes du Kord.
En 132:^ , une foire de huit jours fut instituée à Nîmes. Elle commençait le
lundi qui précède la mi-carême. Ce privilège demandé par les habitants prouve que leur commerce était alors florissant. Des négociants lombards et toscans, qui demeuraient à Montpellier, étaient en effet venus, sous Philippe le Hardi , s'établir à ISîmes, où le roi leur avait accordé des privilèges considérables. Philippe IV avait aussi encouragé le commerce de cette ville; c'était sous ce règne que les nei;()c i;ints nîinois avaient con^u le projet d uo canal pour Joindre leur ville a la Méditerranée.
Sous Charles VI , ils obtinrent encore les foires dites de Saînt-Micbel et de Saint-Bauzile (***).
Et il ne fendrait pas «roire que les grandes villes seules eussent ancienne* ment des marchés ré<iulièrp?iient établis. L histoire municipale des moindres villes du royaume présente, au moyen âge , des règlement^ précis sur la tenue des foires. Ainsi les re2;istres des délibérations du corjseil de Sisteron portaient que toute personne étrangère, hors les voleurs et les meurtriers, pourrait venir en sûreté dans la ville pendant les foires; qu'un local particulier était assigné à chaque sorte de marchandise et aux diverses espèces de bes-
(*) Dans le quinzième siècle , lors du mariage des personoesrieheg, on stipulait par. fois au contrat que ksluibitssenieiitaidteps
fins de hoiirges.
(••) Voyez la fin de cet article.
(**•) Lettres sur Nîmes et le MmU, piv Per* rot , t. I , p. 56 , 57 et 60. Entre autres îmmuuités accordées aux marduuds étrangers k Nimes, on remarque les dispenses de l'amende du péché de fornioiion. (Art. 6 des pri\ilcgcs des marchands ilalicu.s de Nîmes, confirmés par lettres patentes du mois de juillet x366.)
tensà FAANCË. MHUf 179
tbux ; que mIqI mi exposerait en Tente 1*' jtiiHet. Enfin , les habitants de la |wdes aDÏmaox malades serait puni de ia roisse étoient tenus de f tire le gaet confiscation et de cent livres d'amende; pendant la nuit, pour la sûreté été marque les marchands de la ville eux- diandises. »
mêmes abandonneraient leurs bouti- Quelques foires de cette même pro-
ques pour aller étaler au marché ooa- Tince , où se perpétuèrent si longtemps
mun , ptr;. f*). les vieilles traditions, olfraient (les par-
La/oire r//^ Prf», à Rouen , était très- ticularités non moins curieuses sous
fréquentée dès le quatorzième siècle; U'uutres rapports. L'auteur que nous
le prieur et les religieux de Notre-Dame venons de citer donne , par exemple ,
du Pré en faisaient i'oiivrrtiire montés une description intéressais^ de la mire
sur de f^rands chevaux. On y portait de Guingamp.
toutes les marchandises de la ville, et «Cette foire, dit -il, sous le nom
roB ne pouvait vendre et acheter que ^An^Avahu, ou Joire été pommes,
dans ses limites remonte , suivant un titre de 1490, dé-
Le marché de Noyal-Pontivy était posé dans l^>s archives du château de
un des |)lus fréquentés'do la Bretagne; Carnaba, à un teni|)s immémorial. Les
lee détails que nous rapporterons sur différents droits dus par les marchands
les anciennes coutumes de cette foire au titulaire de cette seigneurie sont sli-
donneront une idée assrz juste des rè- pulés dans un aveu rendu, en 1705, au
cles géfierales de ces in>titutif)r)s dans duché de Penthièvre. Voici les plus cu-
Pancienue France. Elle remontait a une rieux de ces droits : Ce seigneur en«
haute antiquité, et était franche et voyoit ii Guingamp, le 30 août de cliaque
exeinpte de tous droits (rentrée. « On année, un de ses officiers pour perce-
yobservoit, dit Oiiéc dans sou /)/tV/o/i- voir quatre deniers sur chaque pochée
na^e de la Bretagne ^ Plantes, 1779), de pommes qui se vendoit a la foire. Il
des coutumes singulières. Tout mar- prenoit le même jour possession des
chaddqui auroit osé vendre avant que portes de la ville, dodt les clefs res-
le receveur de la vicomté de Rohan ou toient entre ses mnin«: pendant dix-sept
autre conunis du vicomte eiU porté le jours. Pendant ce temps , il levoit une
gant-levé, auroit vu toutes ses mar- coutume sur toutes les marchandises
âiandises confisquées nu proBt du sei- étalées dans la ville. Les traiteurs et
gneur. Les marchands faisoient ensuite aubergistes lui dévoient un pâté haut
passer tous leurs chevaux en revue de- et lar£;e de deux pieds. Ils le lui por-
vant le vicomte ou son commis; et ce- toient en grande cérémonie le 14 sep-
kii-ri prenoit ceux qu*il vouloit au prix tembre. Quant au nom de cette foire,
fixé par son écuyer ou par son maître il venoit de l'usage où l*on étoit de jeter
d'hôtel. Si quelqu'un vendoit avant (|îip des pommes a ceux qui faisoient, au
ces lonnaliles lusstnt remplies, i ant- nom du seigneur, Touverture du mar-
mal vendu étoit eontisqué sur-le-champ dié. Ils étoient ainsi assaillis à la Mai-
au proOt du vicomte. Ce seigneur d» aon-Blanche d'abord, où ils commen-
Rohan tenoit à la f »ire ses plaids gêné- çoit ut leur cérémonie y puis à toutes les
raux, et y jugeoit toutes les causes portes de la ville. »
pendantes dans les cours ou sièges du C*était surtout dans les pays de mon-
ressort (ie Pontivr, de Corlai, de Lou- tagne que ces grands marchés exer-
déac et de Baud. Les différends qui çnient une salutaire influence, en faci-
s'élevoient entre les marchands étoient Titant tour à tour, sur chaque point,
jugés sur-le-champ, de préférence à l'écoulement des produits locaux. Aussi
tonte autre matière , depuis le commen- le VéFay suivait-il , à Tégard de ces ren-
cement jusqu'à la fin de la foire, qui dez vous commerciaux, des coutumes
ducoit plus de quinze jours, à partir du fort ancicnues, successivement régularisées par le roi Philippe eu la-lô (*) ; par
(*) Histoire muidâpaU de ^steron, par
M. delà Plane, 1840, p. a 8. O impositîo seu cousluma ordinala
(•*) Au.iol, Histoire de Rouen, duip* da super rchus rcndilis in civilate /inicii (mars
prieure de IMoU-e-Ilaue du Pré. Culte pièce se trouve, ainsi qu'une
les administrateurs consulaires du cheflieu de la province ; par des lettres de Chorles VlII, défendant d'arrêter qui que ce fiU pendant les foires du Puy, etc. Cotte ville avait en effet une foire fameuse qui se tenait à répo(]ue des Rogations, et dont les guerres civiles du seizième siècle atiienereiit la décadence. Au reste, les foires anciennes étaient établies moins suivant les besoins de la population , que suivant les hasards de la féodalité. Aujourd'hui encore , dans plusieurs provinces, tel canton n'en a pas assez , parce qu'il ne possédait qu'on fief subalterne; tandis que tel , autre en a beaucoup trop , parce qu'il dépendait d'un puissant seigneur.
• Parmi celles qui subsistent encore aujourd'hui avec éclat, nous devons mentionner surtout celle de Beaucaire, laquelle passe en effet pour l'une des principales de l'Europe. On ne sait pas a quelle époque elle fut instituée; mais, dès le commencement du treizième siècle, les comtes de Toulouse confirmèrent les franchises dont elle Jouissait déjà depuis longtemps, et ce fut Charles VI II qui en fixa définitivement la durée à six jours.
Auiourd'hui les marchands commencent a ouvrir le l*"" juillet. Le marché 8*anime vers le 15 ; mais , le 91 seulement , le préfet en proclame l'ouverture offirielle. On étale dans l'intérieur de la \ille et dans une vaste prairie hordée d'ormes et de platanes , et située le long du Rhône. Là s'élèvent des milliers de cabanes et dp tentes ; là se réunissent plus de 1U0,000 négociants de tous les pays, mais principalement d'Espagne , d'Italie et d Orient : on y fait chaque année pour plus de 25 millions d'affaires Ç*}. La variété infinie des costumes, la diversité des étalages et des enseignes de boutiques, présentent le coupcrœil le plus curieux.
antre Intitulée : Salvagardla pro c'n Ums Ânlàettûhiix , janv. i343 , dans le Sp'' \ol. de la Collection Decamps, lu&s. de laBibl. royale.
(*) Beaucaire est un centre oà aboutissent anjonKl litii le raiinl «lu I.anç^iiedoc el le cliemiu de 1er partant des mines de la Grand'- Gombii et passant par Alais et IVîmes. La ville se li-onve aussi sur le passage des bai^ ques qui renionient lt> Khôtu» , et des bateaux à vapeur de L)on e» de Marseille,
Un tribunal de douze membres , ét eonnu sous le nom de trihvnal de con»
servation , est chargé déjuger tous les procès survenus entre les marchands forains. Enfin, la foire se termine le 28 juillet à minnit. Mais , quoiqu'il s'y fasse encore annuellement pour plus de 25 millions d'alfaires , ella a perdu une grande partie de Timportance qu'elle avait autrefois.
En général ces grands marchés, reste des nécessites d'un commerce dans l'enfance , doivent tendre à se perdre peu à peu. Aujourd'hui que les communications deviennent partout plus faciles et plus fréquentes , les demandes plus rapprochées; aujourd'hui que les privilèges sont abolis pour ces marcliés comme pour beaucoup d'autres choses, que la liberti^ et la corcurrence commereialps répandent partout leurs bienfaits, les foires ne se soutiennent guère que par l'habitude. La foule y est attirée moins par le besoin d'acheter que par désœuvrement. Celles-là seules qui sont destituées à la vente de produits Spéciaux, Jouiront encore longtemps de leurs anciens avantages : telles sont les foires de Caen, pour les toiles et les chevaux de trait ; de la Chandeleure , à Alencon , pour les chevaux de selle ; de Guiorai, à Falaise (vov. Falatsb), pour les chevaux normands non vendus aux deux marchés précédents ; de Bordeaux, de Beaucaire , pour les produits industriels du Midi ; de la Bfartire , en Bretagne, pour les chevaux de cette province; le airons-nous encore?
la foire de Brée , près de Guingamp, pour les mariages ; celles de Normandie, de Bretagne , de Bourgogne, de Berri , de Krruicho-Cointé , etc., pour la location des domestiques, etc., etc. .Mais on ne verra plus ce qui s'est passé durant des siècles, longue privation des objets les plus essentiels , puis tout d'un coup inondation ries produits dont une extrême coneui rence entraînait la dépréciation.
La législation moderne s'est occupée des foires. La loi des 16 et 24 nodt 17Uû^ celles du 22 juillet 1791 et du 4 thermidor an m , le code pénal (article 479 ) , etc.,^ ont réglé la police des grands entrepots de ninrchandises.
louant à la création d'uue uouvelle foire
VOUES FRANCE. VOIEBS
OU d*àn marché , elle doit être autorisée par ordonnance royale , sur la requête des préfets et la décision des conseils d'arrondiiiseiuent et des conseils généraux.
Foire ( théâtre de In ). Ce spectacle, berceau de l'Opéra-Comique, tirait son nom des deux foires de Saint Germain et de Saiot*Laurent ( voypz Part, précédent ). Dès Tannée 1595, des comédiens de province avaient élevé un théAtre dans l'enclos du premier de ces marcbés ; les confrères de la Passion et les acteurs de \ hôtel de Bourgogne voulurent les en faire déguerpir ; mais ils n'en vinrent pas à bout, et les acteurs du llicàtre de la foire furent juridiquement maintenus dans leurs droits, à condition de payer à ces deux entreprises rivales une redevance annuelle de deux écus : ils ne se soutinrent cependant pas longtemps.
£n 16Ô0, Briœhé établit à la foire un théâtre de marionnettes. On y vit ensuite des animaux féroces, des géants, des nains, des singes, des sauteurs, des escamoteurs, des funambules, desani* maux savants. Les différentes troupes de sauteurs y jouèrent même quelques pièces, d'où a pu sortir Tidee du vaudeville en action : laCométHe des ehansons (1640;; rijjconsfoni vaincu y pastorale en chansons ( IfHJl ); la [Nouvelle comédie des chansons ( 1002 ) ; et les Forces de tamauret de la magie, roé* lange de danses, de sauts, de macnines et de bouffonneries ( 1678 ). Mais, en 1690, le directeur de l'un de ces spectacles forains ayant substitué à ces marionnettes une troupe déjeunes gens des deux sexes, les comédiens français, alléi^uant le priviléi^e exclusif (jui leur avait été accordé de parier français sur les planches, obtinrent la démolition de l'ambitieuse baraque.
Toutefois, après la clôture du théâtre italien, en 1697, on vit se relever les spectacles forains ; héritiers des dé* pouilles de ce théâtre, ils essayèrent de jouer des fragments de farces italiennes ; nouvelles réclan)ations des comédiens français. On défendit aux trois troupes foraines qui exerçaient en 1703, les comédies dialoj^uées : |)renant le jugement à la lettre, nos histrions, difuciles a décourager , se mirent alors à
représenter des scènes dialoguées, dont
chacune formait une action séparée. Ce genre de pièces fut encore atteint d'une prohibition en 1707, et malgré la protection du cardinal d'Estrées, abbé dé Saint-Germain, les pauvres locataires de ce prélat furent réduits aux monologues ; mais ils avaient pour éluder la d^enite et piquer la curîo^sité du public de curieuses ressources. Tantôt un personnage parlait seul sur la scène, et ses camarades lui répondaient par signes ; tantôt un autre répétait tout haut ce que son interlocuteur a?att feint de lui dire à l'oreille. Souvent on entendait venir de derrière les coulisses les réponses à l'acteur qui pariait sur la scène. Enfin, lassés de toutes ces tracasseries, deux des entrepreneurs achetèrent du directeur de rO(>éra la permission de chanter \ et 1rs autres passèrent une ▼ente simulée de leur théâtre à «feux suisses de la garde du duc d'Orléans^ Cet expédient nVmpécba pas que le menuisier de la Comédie-Française, escorté de la force armée , et s'autorisant d'un arrêt du parlement, ne conunençât, le 20 février 1709, à abattre leur salle:
opéralidn que l'arrivée d'un huissier , porteur d'un arrêt contradictoire du grand conseil, interrompit heureuse* ment assez à temps. Cette fois , on répara les dégâts; mais le même théâtre ayant été de nouveau démoli, les directeurs forains obtinrent 6,000 francs de dommages-intérêts de la Comédie-Française.
Pour se mettre désormais à l'abri de pareilles attaques, ils Jouèrent des pièces à la tfiuetie, entre autres : les PouS' sins de Léda, parodie des Ty?idarides, tragédie de Danchet. Dans ces parodies, les malms acteurs s'attachaient surtout à offrir la caricature des comédiens français. Enfin, condamnésde nouveau par un arrêt du conseil rri^tat, en 1710, les deux prête noms abandonné-^ rent Tentreprise, et les autres directeurs furent aussi réduits au silence par l'administration de l'Opéra.
U ne de ces troupes ayant admis parmi ses membres un ûls du fameux arlequin Dominique, obtint alors un peu plus d'indulgence. L'autre, pour mieux faire comprendre aux spectateurs la pantomime de ses personnages, imagina
t91 îromSS LUiaYERS. VOIX
lesé^riteaax. Les pièces par écrite aux, toit en prose, soit en vaudevilles, forent dès lors génér:«leinent adoptées par les sppctnrles forains, et s'y maintinrent depuis 1710 ou 1711 (peut-être même depuis 1706 ) jusqu en 1714. Ce fut sous cette forme que parurent en 1712 les premiers essais de Lesage et de ses collaborateurs (*).
Lesage peut être regardé comme le réformateur du théâtre de la foire, pour lequel il travailla vin«;t-six niis-. On lui attribue cent et nn opéras, divertissements , prologues , dont vingt-quatre composés par toi seol, et les autres en société avec Fuzelier, Dornevnl. Aiitreaii, T..iront , Piron et Froinaget La plupart eurent une vogue étonnante. Lesage est aussi le véritable fondateur de rôpéra- Comique. En effet, les deux troupes foraines qui existaient en 1713 s'élant associées, tout en restant distinctes, prirent chacune eu 1714 le titre ^'OpérthComiquej et ce titre leur fut confirmé Tannée suivante par rAcndéinie royale de musique, qui leur vendit une permission ensuite plus étendue.
Lorsqu'en 1763 rOpéra-Gomique se fut réuni à in Comédie-Ttalienne, il n'y eut plus de Théâtre de la foire proprement dit; mais Audmot et iNicolet, ainsi que tous les directeurs qui s*établirent depuis aux boulevards, furent astreints à donner des représentations aux foires de Saint-Laurent et de Saint- Germain. Ces spectacles , peu fréquentés dans les dernières années, cessèrent en 1788. Avant cette dernière é[)nqup , l'Écluse, directeur du théâtre appelé de-
{>uis f ariélés amusantes ^ avait obtenu e privilège de jouer ses parades à la foire Snint-Gerninin , avant de s'installer dans sa nouvelle salle hfitieen 1777. De n)éme les Italiens et les comédiens de Mûmiêur^ lorsqu'ils quittèrent les Tuileries en octobre 17S9, allèrent jouer • dans une des salles de la Foire, jusqu'à la lin de décembre 1790, époque où ils prirent possession du théâtre reydeau.
Deux spectacles s'établirent encore, en 1791, a la foire de Saint Germain, Tun sous le titre de Variétés comiques
(*) Arleqmn, baron aOemand, td est le titre de la premièro pièce qu'on attribue à ctt auteur. .
et lyriques, l'autre sou8celuiie7%éd#re dê la liberté : mais tous deux firent
banqueroute nu bout de quelques mois.
Le premier se releva cependant vers la fin de l'aimee, sous une autre direction, et s*intitala Thêà$ire nmtvew des Fa»
riétés; mais il n*obtint pas plus de succès, quoiqu'il ne joiiAt que les dimanches et létes. Quant au second, il reparut, en 1792, avec son ancien titre, mais il ne vécut pas pius longtemps. Des ac- . teurs ambulants, des comédiens de société, des apprentis artistes jouèrent encore plusieurs fois sur ces deux théâtres, pendant les dernières années du dix-hnitiènie siècle et les premières du dix-neuvieme, jusqu'à ce qu'enfin ces salles fussent démolies pour faire place à d'imposantes constructions.
Foix , Fuxiumy castrum Puxiense, L'oriî^ine de cette ville , aujourd'hui chet-lieu du département de l'Ariége, remonte à une très*haute antiquité:
quelques savants lui ont même donne pour fondateurs des colons phocéens , émigrés de Marseille des les premiers temps de leur arrivée sur les cotes des Gaules. La cité qu'ils auraient bâtie au pied des Pyrénées aurait reçu d'eux le nom de leur mère patrie, Phocée, d'où, par corruption , serait venu Fuxium.
Quoi qu'il en soit de cette origine ancienne, sur laqiie!le If savant M. Pumége a émis des doutes très-fondés , cette ville existait au moins au cinquième siècle de notre ère ; car, à cette époque, ses habitants sont mentionnés dans Thistoire comme meurtriers de l'évêque saint Volusien, dont les reliques furent ensuite déposées à Foix, dans une basilique dédiée à saint Nazaire.
L'ancien cli.lleau de Foix s'élève surun énorme rocher isolé , qui horne la ville à roue>t. Ce débris de la féodalité est formé de trois grandes tours gothiques m pierres de grès, et appartenant à diflereiites époques, l a plus petite a été lundee sur des substructious plus anciennes, et elle annonce, uar son anti* que [jlivsionomie, qu'elle date de l'époque la j^lus reculée; la seconde, celle dti milieu , serait l'ouvrage d'un des premiers comtes de Foix ; et la tour ronde, la plus remarquable des trois, aurait été fondée par Gaston Phœbiis. It ibitées par les comtes jusqu'au seizième
*m FRANCE. ItÊfA m
siècle, ces tours servaient à la fois de la basilique de Saint- Nazaire, fut W-
palais et de prison. Cette dernière des* eonstruite par Roçer II.
tination est Ils seule lent soit tes- Foix possède aujourd'hui un tribunal
lée. de première instance, une chambre con-
Foix et son château sont célèbres par suitative des manufactures, une société
les sièges qu'ils ont soatenos. Bn 1310, d'agriculture et des arts, un o(yilé||e eom-
ils résistèrent aux efforts de Simon de nranal, et Une bibliothèque publique de
Montfort et de rarrtièp rroisée contre 8,000 volumes. C'était, avant 1789,1e
les Albigeois; les habitants, armés seu- chef-lieu d'un comte et d'un gouverne-
lement de p erres, repoussèrent les as- ment militaire, d'une viguerie et d*une
Saillants après leur avoir tué beaucoup recette fjénérale du pays. On y compte
de monde. Au mois de juin 1272, Phi- aujourd'hui 4,900 hvibitants.
lippe le Hardi vint y assiéger Roger- Foix. (comté de). Le pays de Foix
Bernard, neuvième comte de Foix (voy. passe pour avoir été, dans les temps les
plus bas), et résolut de faire abattre le (dus reculés de notre histoire , occupé
rocher qui porte le fort; On commença par des colons phocéens. Les Romains
aussitôt cette œuvre difficile : de vnstes y dominèrent ensuite; sous les empe-
qUarticrs de pierre étaient déjà reuver- reurs . il se trouvait compris dans la
sés, et Te toclher commençaît à sur- première Lyonnaise. Plus tard, ii fit
pliomber d'un côté , lorsque le comte , partie du royaume des Goths , et tomba
eflfraré, demanda grâce. On voit encore enfin au pouvoir des Francs, pour obéir
sur les bords de l'.Arget quelques-uns ensuite successivement aux premiers
des blocs énormes détachés alors par les ducs d*Aqujtaine, aux Sarrasins, aux
assiégeants. comtes de Toulouse, et aux comtes de
Au seizième sicclc, h ville et le chA- Carcassonne. teau , pris et repris par les catholiques Le brave et pieux Roger, l'un de ces et les religiounaires, eurent beaucoup à derniers seigneurs, ayant fait le partage soufty^ir des violences des deux partis. de ses terres entre ses enfants, donna Foix a peu profité, pour son embellis- le pays de Foix , avec quelques autres ' sèment, des temps plus paisibles qui suî- territoires , au puîné, Bernard' Roger, Tirent. Elle est construite d'une ma- Cet événement est fixé à peu près à l'an nière fort irrégulière; ses rues sont lOIS. Les possessions de Bernard cométroites et tortueuses. Un pont à deux firenaient la plus grande partie du déarches sur l'Ariéce, con?;truit ou com- pnrteinent de l'Aricge et une portion de mencé, au douzième siècle, par Roger- celui de la Uaute-Garonne. Il y réunit Bernard le Gros, et achevé au quinzième encore le Bigorre, par son mariage avec par Gaston , fils de Jean et de Jeanne Gersende, fille du oomto de ce pays. De d'Albret, réunit les deux parties de la cette union naquirent trois fils , Berville. Au confluent de l'Arié-ge et de nard , Roger et Pierre, et deux filles, l'Arget s'élevait l'antii^ue abbave de dont l'une épousa don Raraire, roi d*A- Saint -Volusien de Foix, fondée par ragon, et FautreGarcias, roi de Navarre; Charlemagne. Ce monastère apparte- de sorte que la postérité des comtes de nait, avant la révolution, à douze cha- Carcassonne régnait à la fois sur les noines réguliers de la congrégation de deux versants des Pyrénées. Le comté Sainte-Geneviève, d avait un abbé com- de Foix , : divisé en haut et bas , était ineudataire, possédant, en pariage avec borné àl*est et au nord par le Langucle roi, la seigneurie de la ville, et tenant doc, au sud pir le Roussillon et les Pyle second rang aux états de ia province, rénées, à l'ouest par le Comminge. La Ce dignitaire était, dans Torigine, mai- limite commune des deux divisions du trede la ville, tandis que les comtes po9- pays était le Pas de la Barre, à une sédaient le château. Ce fut en 11G8 que derni-lieue au-dessus de Foix. Parmi l'abbe Pierre s'associa le comte en pa- les points les plus importants, il faut riage, pour Ja justice et le haut domaine citer, d'un côté : Foix, Tarascon, Ax, de Foix. Cette abbaye sert aujourd'hui les chdteaux de Castelpénent et de Lord'hdtel de préfecture. L'église parois- dat; de l'autre : Pamiers , Saverdun, siale à une seule Jief , et qui remplaça Mirepoix, Iiesat, le Mas d'Azil, Masè*
Feix
FOlX
fcs avec son château, résidence favorite
des comtes.
Tel fut le domaine que réunit lioger II , lils puîné de Bernard-Roger , a la mort de son père , vers 1098, et de son onrie, en lOôO. Ce fut lui qui lit ériger le pays de Foix en comté, et fixa le premier sa résidence dans le château de Foix , autour duquel s'étendait la ville soumise à la puissance de Tabbaye de Saint- Voiusien. Li^ trône des crilites (i'£:)pa^i)e commençait alors à chance»
ïet ; Roger profita de leurs revers pour consolider son pouvoir au pied de rim»
mense boulevard qui le protégeait contre eux, et où il se tenait comme la sentinelle avancée de l'Europe chrétieiuie.
U mourut en 1 064 < sans laisser d*enfants. Son frère Pierre lui succéda.-
Roger m , fils aîne de Pierre, posséda le comte de 1070 à 1125. Après de longs démêlés avec Ermengarde, sa cousine, à laquelle il disputait le comté de Carcassonne comme (ief masculin, il renonça à ses prétentions en 1095, ' qt}and la voix de Pierre Termite invita les chrétiens à tourner leurs armes con« tre les infidèles , et se hata d'aljpr figiirer parmi les priaces qui marchaient à la téte de la croisade. Un puissant motif stimulait sa pieté : le léii^at, puis le pape Pascal II l'avaient fra()|ic (l'excommunication, comme coupable de simonie, c'est-à-dire , de trafic et de vente de biens ecclésiastiques. L'anatbème était mérité ; cepetidnnt il ne restitua une partie de sa proie qu'en 1108, et partit
f)our la guerre sainte sans avoir reçu 'absolution. A son retour, il fonda ia ville (le Pamiers , dont le nom était un souvenir de rOrient, puis(|n'il rappelait celui d'Apamé , capitale de la seconde Syrie.
Roger mourut en 1121, après s'être,
)ar (le riches donations, ré(x»neilié avec Eglise. Il laissa quatre llis, dont faîné, Ro(jer If 'y porta le titre de comte de Foix, et fit revivre les prétentions de sa maison sur la seigneurie de (l irenssoune. Il posséda d'ailleurs Thentage paternel par indivis avec ses frères.
De 1141 à 1188, le comté fut gouverné par Roger-Bernard /' ', qui , en 1151, recomuit la suzeraineté du comte de Barcelone , quoique ses États fussent originairement dans la mouvance
des comtes de Toulouse. En 1167, Raymond V de Tnnlniise disposa en sa faveur de la ville de Carcassonne , du Carcassez, du Rasez, et de tous les biens de son vassal Roger, fils de Raymond-Trencavel , qu'il voulait punir de l'hommage qu'il avait rendu au roi d'Aragon. Recevant de toutes les mains , Roger-Bernard se laissa , en 118S , investir par Alphonse II , roi d'Aragon , du gouvernement du marquisat de Provence. Enfin, dès l'année 1168. il avait été appelé en paréage pour le naut domaine de la ville de Foix, par l*abbé de
Saint-\'olusien.
Son fils unique et successeur , Raymond-Roger ^ entreprenant et brave comme ses aïeux , passa pour ainsi dire sa vie entière sur son cheval de bataille. Il alla, en 1 100, faire ses premières armes en terre sainte, a ia suite de Philippe-Auguste. De retour en France, il guerroya sans succès contre les comtes de Comminize et d'ITrgel; puis il se lia d amitié avec l'hérétique Raymond VI de Toulouse , son suzerain , et cette union intime lui fit jouer un des principaux rôles dans l'épouvantable tragédie des Albigeois. En effet, en 1209, sur les aoeusations d*hér6s!e et d'Impiété formées par l'abbé de Saint-Anlonm de Pamiers contre le comte de Foix, dont la mère et la sœur pratiquaient ouvertement les nouvelles doctrines , Simon de Montfort entra sur son territoire.
Dans la première terreur qu'ins[iirait alors le massacre de Béziers , le comte Raymond-Roger n'osa pas tenir la campagne, et se retira dans la partie la plus maccessible de ses ï'tats , tandis que le clergé cathoiitjue de ses princiualcs villes s'empre.ssait autour du chef des croisés. Celui-ci fut reç^u sans combat dans Pamiers et dans A Ibi. Le château de Mirepoix lui fut aussi livré , et Montfort en investit Gui de Lévis, son maréchal, à la postérité duquel ce fief est demeuré, avec le titre de comté.
Raymond -Roger demanda enfin à traiter; ses propositions furent d'abord agréées; mais Montfort voyant arriver de nouveaux croisés, jeta bientôt le masque. Pendant qu'il recommençait les hostilités contre le comte de Toulouse, il déclara toute négociation rompue avec le comte de Foix , en Taocusant
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VOIX FRANCE. tùUi tu
d'avoir assassiné l'abbé d'Eaulnes, qui
avait été le négociateur du traité entre eux. C'était Simon lui-même qui avait commis ce crime.
En 1211, Raymond y I renouvela son alliance avec le comte de Foix qui , ainsi que son fils, lui fut un utile auxiliaire, surtout pendant les sièges de Lavaur et de Toulouse. Pour faire oublier son éctiec devant cette dernière ville, Simon de Montfort porta encorR ses ravages dans le pays de Foix, qu'il mit à feu et à sang. Pendant ce temps, le comte Raymond-Roger parut avec Ray* niond VI devant Casteinaudary , et y battit et dispersa à deux rrprisfs les chevaliers croisés (1212). Montfort se vengea comme l'année précédente , en reoommenrant à désoler les terres de ce redoutable ennemi.
Eti 1214, cependant, Raymond-Roger se réconcilia avec l'Église, de même que ses alliés> en faisant sa soumission au légat Pierre de Bénrvrnt , auquel il remit son chrUeau de Foix, comuie caution de sa sincérité. Ensuite il se rendit au eondle de Latran, pour demander la restitution de ses domaines usurpés par le chef de la croisade. On ne les lui rendit qu'à titre provisoire, et, dès l'année 1217, Montrort, qui se refusait aux restitutions ordonnées par le concile, déclara de nouveau la guerre à Raymood-Roger. Le château de Mont^renier , défendu par le fils de ce dernier , fat emporté après six semaines de résistance. Toutefois, pendant le siège de Toulouse et à la journée de Basiège , Raymond-Roger prit d'éclatantes revan- Cbes contre les croisés. En 1223, il fit en hiver le siéize de iMirepoix , dont il parvint ù se rendre maître. Mais les fatigues qu'il avait endurées pendant cette expédition , le menèrent au tombeau dans les premiers jours de mars ou d'avril.
8on fils et son successeur , Roger- Bernard Iff le Grand, s'était depuis longtemps , et à plusieurs reprises , signalé contre les croisés ; il ne se montra ni moins brave que son père, ni moins dévoué au comte de Toulouse.
Dès le printemps de ]2i>3, il s'allia avec le successeur de Rayuioud VI , pour chasser de l'Albigeois Amaury de Montfort qui , enfermé dans Caroassonne
dut traiter, le 14 janvier 1934, avec ces
deux seigneurs. Le jeune Trencavd^ vicomte de Béziers et de Carcassonne, placé sous la tutelle du comte de Foix, reprit alors possession de son patrimoine.
En 1226, quand Raymond VII vit s'avancer contre lui la formidable armée de Louis VIII, le comte de Foix, au- ^el il avait concédé de nouveaux fiefs, était soti unique allié; et tous deux furent excommuniés au concile de IVarbonne. Le comte de Toulouse avant ensuite aehefé son pardon de l'Église et dn roi par les plus honteuses concessions (1229), n'en prit pas moins l'engagement de tourner ses armes contre Roger -Bernard, et saisit sur lui, en qualité de suzerain , les terres de Foix, en deçà du Pas de In Barre. Mais , tout en lui faisant la guerre , il travailla et réussit à lui faire obtenir la paix à*des conditions pareilles à celles que luimèuie avait souscrites (10 juin). Roger- Bernard fut excommunié de nouveau en 1237, pour avoir refusé de répondre à une assignation des inquisiteurs, et n'obtint son absolution (ju'en 1240, après avoir comparu devant leur tribunal. Il mourut, l'année suivante, dans rabbaye de Bolbone, où il avait pris rhabit monastique.
Son fils, Rofjer IF^ fit hommage à Raymond VII pour la partie de ses domaines située en dera du Pas de la Barre, et au roi de rrance pour les terres du Carcassez. Arrivé au pouvoir dans un moment où une vaste ligue se formait contre le roi , dans les pays de la Langue d'Oc, il fut un des premiers à promettre son assistance au comte de Toulouse. Mais le combat de Taillebourg frappa cette ligue d'un coup mortel ; Roger, effra^^é, ne tarda pas à faire sa paix avec Louis IX , et déclara qu'il voulait dépendre immédiatement du roi de France. Raymond protesta contre le traité qui fut conclu sur cette base , non-seulement comme suzerain , mais comme propriétaire d'une partie du pavs de Foix , et somma , en 1245 , son infidèle allié de lui restituer ses domaines. Mais l'affaire en demeura là, parce que la force n'appuyait pas cette réclamation. En 11>51, Roger guerroya, sons succès, contre le roi d'Aragon , et,
en 1256, contre son beau -frère le comte d*lTrgel. Il mourut en 1265.
Roger-Bernard III, son fils, qui figura, comme Raymond-Roger, parmi les meilleurs poëies du treizième siècle, fut plus Usotiaé des muses que de la fortune; de concert avec Géraiid V , comte d' Armn?nac, son bean-frère, il brava à plusieurs reprises Philippe le Hardi , mil man ha contre lui avec une armée. Le roi d'Aragon et le vicomte de Béarn , beau-père de Roger-Bernard , vinrent à la renr, )ntre du roi de Franre , et, dans une conférence, on convint que le comte Tiendrait se remettre à la discrétion du monarque. Dès qu'il parut , on se saisit de sa persoimc , et il fut conduit à la tour de Carcassonne, pieds et poings liés. Il ne recouvra qu*eti 1273 sa liberté, ses États, et les bonnes grâces de son royal adversaire.
En 1280, il entra dans la ligue des seigneurs catalans contre Pierre d'Aragon , qui le retint aussi prisonnier. Dix ans après, il commença la guerre avec la niaibon d'Armagnac, au sujet de la vtcomtéoe Béarn, que Gaston VU, seigneur de ce pays, lui avait léguée; il mourut en 1S02, maître (ic la province eo litige , mais sans avoir pu en assurer la possession à son fils.
En héritant des domaines paternels, Gaston hérita de l.i querelle avec les Arma2;nac. Pour rétablir la paix entre les deux adversaires, il fallut successivement un arrêt de Philippe le fiel (130r , une sentence d'excommunication contre Gaston , et un arrêt du parlement de Paris , à la suite duquel ce comte fut emprisonné au Chfttelet.
Élargi au prix de quelques soumissions, il suivit, en 13l5, Louis X à la guerre de Flandre, et mourut au retour de cette expéditfon.
De son mariai;e avec Jeanne d'Artois était né Gaston II. Ce fut sous le rè^ne de celui ci (1329) que se terminèrent les différends des maisons de Foix et d*A.rmagnac. Gaston répondit ensuite, en vrai chevalier, à Pappel des Navarrais en lutte avec les Castillans, et il leur assura la victoire à la journée de Tudeia (ISM). Deux ans après, il rendit à la France . dans la guerre contre les Aniiliiis, d>minents services, que le roi recou)peasa par le don de la moitié de