VOIX
mal reçu du roi , auprès duquel Louise
de Savoie faisait tous ses efforts pour
f)erdre le frère de, la favorite. Du reste, es intrigues de la cour l'occupèrent jusqu'à ce que François r*" Je chargeât de mettre les frontières de Guienne à l'abri des invasions des F.spamiols. Il n'eut que le temps de s enleruier dans Ta Tille de Bayonne , contre laquelle les efforts des ennemis vinrent échouer (f) septembre ir)23\ Deux ans après, il repassa en Italie, et combattit a Pavie aux côtés du roi. En 1527, il fut encore chargé, sur la recommandation du roi d'Angleterre, de commander l'nrmée destinée à soustraire l'Italie nu jouii de Cliaries-Quint. Alexandrie capitula; Pavie fut prise d'assaut et cruellement traitée , en punition de la défaite naguère essuyée sous ses murs. Les ordres précis de François 1" et de Heuri Vlli empêchèrent ensuite Lautrec de suivre le plan qu'il s'était fait, et il marcha sur riaples après de funestes délais nécessités par la pénurie d'argent où le roi laissait son armée. Arrivé devant cette capitale, le mai 1528, il résolut de la réduire par le blocus, au lieu d'en presser le siège avec vigueur. Mais, pendant ce temps, une fièvre conta-
Î rieuse vint ravager son camp et lui en* ever In ninjeure partie de ses troupes. ISÎalade lui-même, il se faisait porter de
{)oste en poste, et opposait un courage nébranlaole au mal comme à fennemi.
Seul, il maintenait encore la confiance des soldats; mais il mourut dans la nuit du 16 au 16 aodt. £n 1556, le duc de Serra, neveu de Gonzalve de Cordoue, lui fit élever un tombeau magnifi(j^ue à Naples, dans l'église Sainte-Marie la !Nuova.
Thomas de Fo$x, dit le maréchal de
Lescun, passait pour un homme cruel
et extrêmement avare. Ses exactions contribuèrent, autant que les violences d'Odet de Foix, à soulever le Milanais en 1521. Après la perte de la bataille de la Bicoq'ie , les ennemis l'assiégèrent dans Crémone. Il n'v tint pas aussi longtemps qu'il le pouvait, et, eu rendant la place , il promit de faire évacuer toutes relies du Milanais où il y avait
Sarnisou française. Il reçut à In journée e Pavie, en 1525, un coup de leii dans le bas-ventre, dont il mourut sept jours
après, prisonnier de guerre à Milan.
André de /o/.r, seigneur de l'Es- PARRE, « fut, dit Brantôme, très-vaillant comme ses deux frères. 11 fut commandé de donner vers l'Espagne sur Navarre, à l'occasion des séditions qui survinrent à cause de la tyrannie de M. de Chièvres. Il donna de fait trèsbien (1521); mais à la fin, il fut tant battu et rebattu en un combat qui se fit , de tant de coups de masse sur sa salade, qu'il en perdit la vue, et puis mourut aussi malheureux que MM. de I^utrec et de Lescun. »
T,a duchesse de ChateM'Brtant, au sujet de laquelle les romanciers et même un certain nombre d'historiens ont donné une si belle carrière à leur imagination, naquit vers MT.j. Elle fut mariée, par Aune de Bretagne, à Jean de Laval -Montmorency, seigneur de Châteaubriant et gouverneur de Bretagne, connu par sa jalousie historique.
François I'*" adressa ses vœux à cette dame, qui était aussi distinguée par sa beauté que par son esprit et son rang; et, pendant quelque temps, la favorite fut avec ses frères à la tête de la faction de cour opposée à Louise de Savoie.
Celle-ci s'en vengea en appelant auprès d'elle mademoiselle d'Heilly, qui devint plus tard la duchesse d'Étampes.
Après la défaite de Pavie et la prise du roi , madame de Cbàteaubriant vit son règne fini , et elle fut contrainte de rentrer sous la domination de son époux. Varillas et Sauvai disent qu'alors M. de Qâteaubriant la tint six mois captive dans une chambre tendue de noir, et qu'au bout de ce temps, il lui fit ouvrir les veines et l'assassina. Il est démontré cependant qu'elle mourut seulement en 1537. Mais même à cette époque, le duc n'échappa point au soupçon d'avoir hâté par le poison la fin de sa femme. On coimnemja des poursuites, au'il étouffa par la protection du connétable de Montmorency, et cette protection il l'acbetn an prix de toute sa fortune. Le C(>niu'tal)le devint ainsi
Kropriétaire de la terre de Château* riant. On peut voir dans les Mémoires de ï'îeillevUle (liv. I , rhap. xxi et xxii) par quels indignes moyens il parvint à se l'approprier.
Une dernière branche de la famille
¥Ott . PtUNCE.
VOLARD
de Foix était connue sous le nofii de famille de Foix-Rabat. Les harons et comtes de Rabat, marquis de Foix, étaietit issus, suivant les uns, d'un bâtard de Gaston I", comte de Foix ; suivant d'autres, du inariaat' dv ce prince avec Ferdinande, fille de F( l'ilitinnfi , prinr-e de Alorée et de INégrcpont, et nièce du roi d'Aragon. La terre de Rabat, dans le comté de Foix, eut longteni;)s le titre de baronnie, et ne fut éri;j^"e en comté que sous la réiience ' d'Anne d'Autriche. Le dernier marquis de Foix était, au dix-huitième siècle, capitaine des cent-saisses du duc d'Orléans.
Foix (monnaie de), — La plus ancienne monneie que Ton connaisse de la ville de Foix remonte à Tépoque mérovingienne r rVst un triens sur lequel on litilim côte, autour d'une croix, bane- PEBTO , et de Pautre, autour d^une téte tournée à droite , castbo fvsii. Il faut ensuite descendre jusqu'au douzième siècle pour trouver une pièce frappée à Foix : c'est un denier de Roger 111, fabriqué à l'imitation de ceux de Toulouse. Oî! V voit, d'un côté, un astre avec la légende R. COMES, et de l'autre, une croix pommettée à chaque extrémité de trois besants, et dépassant le champ.
Autour, on lit le nom de la ville :
FVXII.
Jean de Graille, comte de Foix et de Bijs^orre, fit battre à Pamiers, vers
1420 , une monnaie appelée guishems.
Mais le roi fut mécontent de celtff entreprise, et ue la pardonna aut^conitede Foix qu'en considération de ses services. Cest a peu près tout ce (jut nous savons Fur I histoire monétaire de ce comté.
t oix (Louis de) , architecte parisien, florissait vers la fin du seizième sièele* Il eut part, avec les plus habiles artistes esfuvtïiiois et italiens, à la construction du palais et du monastère de l'Lscurial. On raconte qu'il avait su captiver l'amitié du malheureux infant don Carlos, (ils de IMiilippe II, mais L|u'il abusa indignement de sa eonliance. Lorsque l'infant Ot part à de Foix de son projet de s'enfuir dans les Pays-Bas, celui-ci le dénonça, et le prince fut arrêté. Le délateur fut cependant contrai lit de quitter l'Kspagne, après la nturt tragique de don Caries. De retour en France, il fut
T. 13* Uoraitm* (Dict. bi
chargé des travaux du port de Bayonne, boucha Tancien canal de l'Adour, et en creusa un nouveau en 1579. Ce fut encore lui qui bAtit, en L585, le fanal placé à l'embouchure de la Garonne, et qu'on appelle la tour de Cordouan. Les travaux de ce beau monument durèrent vinut-siv ans. On ignore Tépoque de la mort de Louis de Foix.
Fol appel. — Une peine particulière était établie, dans notre ancien droit, contre le plaideur qui , condamné par un premier tribunal, déférait sans juste motif ses griefs à un nouveau degré de juridiction. S'il ne réussissait pas dans son recours, il était dit avoir appelé J'ollement et sans cause, ce dont il était puni par la condamnation à une amende. Cette peine est encore pro* noncée aujourd'hui dans les mêmes circonstances, bien que l'appel ne soit plus considéré comme une voie extraordinaire. L'amende de fol appel est généralement réglée à dix francs. C'est , comme on le voit, le moins grave des avertissements donnés au plaideur obstiné, qui encourt en outre la coodamnatioîi on tous dépens.
FoLARD ( le chevalier Jean-Charles de) , habile tacticien et auteur d^^ divers écrits militaires, naquit a Avignon, le 13 février 1669, d'une famille noble, mais nombreuse et pauvre. 11 montra dès l'enfance un goût décidé pour les armes, et la lecture des Commentiires de César, qu'il reçut en prix à l'âge de quinze ans, développa, dit-on, à tel point cette inclinaliou précoce , qu'un beau jour de l'année suivante il s'échappa de la maison paternelle pour s'engager dans un régmient qui passait par Avignon. Arrêté sur la demande de son père , il s'évada denx ans après du couvent où il était enfermé, et s'enrôla comme cadet dans le régiment de Rerry. Sa naissance et sa conduite lui valurent bientôt une sous-lieutenance. Lors de sa première campagne (en 1688), il fut employé dans un corps de partisans, et eut ainsi une excellente occasion d étudier les principes de son art , dont ce genre de guerre est en quelque sorte le résumé.
Promu quelques années plus tard au grade de lieutenant , il se rendait a Naples avec son corps : pendant la mar-
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IM fOLAM» L'UNIVERS. I0LàRD
che, il s*d perçut que Tennemi imvalt tes vivres et ses munitions par mer, et imap:ina un moyen d'enlever le poste de la Mesola qui protégeait le débarquement des coDvoiÎB. Il remit à cet dtfet un plan au marquis de Guébriant, son colonel, qui Tenvoya a la cour. La cour l'approuva , mais le fit exécuter par un autre, et I auteur en demeura ignoré.
En 1702, le duc de Vendôme, instruit de cette injustice , fit donner à Folard le brevet de capitaine, le nomma son aide de camp, et ne le céda qu'avec regret, en ITOft, au grand prieur, son frère, qui allait commander en Lombardie. Folard, dans cette expédition, se distingua à la prise des postes de Kovère, d*Ostiglia, et principalement à la défense de la cassine de la Bouline. On récompensa ses services parla croix de Saint-Louis; mais son talent, sa franchise, et aussi son extrême amour*propre lui firent tant d^ennemis dans l'état^ major, qu'il tut contraint d'abandonner Tannée. Ketournaqt alors auprès du duc de Vendôme, il l'aida beaucoup par sa présence d'es^iitet ses conseils à la bataille deCassano , où d'ailleurs il reçut trois coups de feu. Ce tut a la suite ne cette bataille , remarquable par l'ineertitudedes résultats, et au milieu des soiiffrruiccs (fue ses blessures lui causaient, qu'il conçut son fameux système des colonnes et de l'ordre proloiid, système que , dès tors , il s'efforça de mettre en pratique, et dont ses écrits nesont guère que le développement. Vendôme, sur ces entrefaites, fut envoyé en Flandre ; Folard edt désiré l'y suivre, mais il resta en Italie , d'après le vœu du duc d'Orléans qui vint prendre le commandement des troupes. L'estmie que ce prince lui marquait» mais sui*tout les brusques boutades et la vanité de Folard lui suscitèrent encore de nombreux ennemis. Leurs insinuations fur^nt bieotdt cause qu'on lui donna l'or^ dre de s'enfermer dans Modène , dont les Im|>ériaux se préparaient à faire le siège, et où son bonueur et sa vie coururent les plus grands risqnes.
Grande Ait sa joie , après la capitulation, de pouvoir rejoindre en Flandre son protecteur. Il passa par Versailles et se présenta au roi , qui , outre un foti bon oecueil , lui accorda une pen-
aion de quatre cents livres. En Flandre,
le duc de Bourgogne, sous qui Vendôme commandait, agréa d'abord diverses entreprises que Folard lui proposa contre le bourg de Chaumont, l'Ile de Cadsant, la place de Leffin^ue, et qui réussirent à souhait; puis il refusa de tenir compte de ses conseils. Messieurs de Villars, deBoufflersctdeMontesquiou, à qui dans la même campagne Folard soumit des plans d'opérations, les rejetèrent aussi; non qu'ils fussent mauvais , l'événement le prouva à diverses reprises; mais l'indiscrétion de son zèle et l'extrême importanee qu'il attachait à la moindre de ses idées rendaient ses avis inacceptables.
A la bataille de Malplaquet, il fut blessé de nouveau et dangereusement.
Envoyé quelques mois après a M. de Guébriant, qui était menacé d'un siège dans la place d'Aire, il fut pris en route par les Autrichiens, mais rien ne put le décider à trahir ses instructions ni à passer au service de l'Empereur ; au contraire, il abusa le prince Eugène sur les opérations de l'armée francise.
Échan^ié au bout de mielques semaines, il obtint le commandement de la place de Bourbourg, dont il a conservé le titre et les honoraires jusqu'à sa mort.
Condaniné au repos par la paix de 1712 , il se mit à écrire ses Conunenlaires ; mais à la première occasion il quitta la plume pour reprendre l'epée ; ce fut en 1714, lors de la tentative des Turcs contre l'île de Malte. Folard alla offrir ses services au grand maître de l'Ordre, qui les accepta avec empressement; mais il s'abandonna comme de coutume à son caractère entier et présomptueux. Jaloux de voir une sou opinion ne prévalait nm exclusivement sur celle des autres officiers français, il quitta bientôt l'île.
Demeurer inactif ne lui fut pas longtemps possible. Le bruit des exploits de Charles XII retentissait alors dans toute l'Europe : il désira d'en être le témoin, et se rendit à Stockholm. Le roi de Suède raecueillit fort bien, l'ecouta co m plaisamment exposer son système de tactique, et le charsfea bientôt d'une mission délicate, c'était d'aller en France négocier lé rétablissement de Jacques III. Lorsque ce projet eoi