‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 45 sur 198 · FRAPICË. FONDERIES DE CANONS · texte numérisé non relu

FRAPICË. FONDERIES DE CANONS

charges qui coûtèrent la vie au brave Laharpe, l'ennemi, informé du désastre de Liptay , plia pour se porter au delà du pont de Looi, OÙ rattenduit une nouvelle défnite.

FoNCEMAGNE ( Étiennc Lauréault de ) , né à Orléans en 1694 , mort a Paris en 1779, membre de T Académie franrnise et de celle des inscriptions et belles-lettres, et sous-gouverneur du duc de Chartres. li est connu dans le monde littéraire par des Lettres sur le Testament politique de Richelieu, et

f)ar plusieurs Mémoires insérés dans es recueils de l'Académie des inscriptions. Ces-travaux concernent presque tous riiistoire de France. L'aménité de Fonccmajine, son élocution facile et pure , son immense érudition , attiraient chez lui les personnages les plus distingués par leurs talents ou leur naissance; il les réunissnit à certains jours de la «emaine, tl cette petite académie était connue sous le nom de Conversation.

FoivDERTFS et FopîOF.rns. — L'art de jeter en tonte de grandes niasses métalliqiies n'a été perfectionné en France c^ue vers le commencement du dix-septieme siècle. Avant cette époque, les stntues étaient fondues hors du royaume. Mais, dès que Louvois fut pourvu de la snrintendanoe des bâtiments (1685) , il établit les fonderies de l'arsenal , et en donna l'inspection à Jean-Balthazar Keller, de Zurich , commiasaire général des fontes do royaume.

L'ancienne statue de Henri IV, à Pa»

ris» avait été fondue à plusieurs re-

Enses; celle de Louis XIV, élevée dans I même ville en 1699, fut fondue d'uo seul jet. Plus tard , les sculpteurs Girardon, Lemoine, etc., comme de DOS jours M. Soyer, se distinguèrent également dans Tart de couler les inetaux.

On verra dans l'article qui suit, que nos fonderies de canon arrivèrent tout aussi tard que les nrécédeates à leur perfection. Mais la londerie des cloches rut d'assez bonne heure eiercée par d'habiles artistes.

Tous les fondeurs en métaux pour les grands et petits ouvrages formaient, avant la révolution, une communauté qui afait des statuts dès le treizième

siècle. Leurs règlements furent renouvelés, augmentés et confirmés {)ar lettres patentes de Charles IX. Louis XIV y fit aussi quelques additions en 1691. Ils étaient placés sous le patronage de saint Éloi. Le brevet coûtait 30 livres; la maîtrise 1,200.

Quant aux fondeurs en caractères y ils Turent à la fois, fJnns les con>mencements de la typographie , graveurs , fondeurs et imprimeurs. Ils furent unis au corps des libraires par un édit de

Fonderies de caivons. — La fabrication des bouches à leu fut tellement négligée en France jusqu'au milieu du dix-huitième siècle, qu'on laissait au fondeur le soin de déterminer le calibre des pièces qu'il confectionnait. Ce fut seulement en 1732 que, grâce au zèle et au savoir du maréch:d de camp de Falliére, on adopta le systèiTie d'artillerie connu sous le nom de cet officier, qui établissait pour les canons une mesure fixe et invariable, et qui réduisait le nombre des calibres à cinq. Toutefois, ce ne fut qu'en 1709, af>rès (|ue le lieutenant général Gribeàuvul eut lait adopter le système qui a également portô son untn , système qui introduisit (le meilleures proportions dans les différents calibres des pièces, et qui en allégea considérablement le poids; ce ne fut, disons-nous, qu'en 1769 (lue les bouches à feu commencèrent à être fabriquées dans des établissements spéciaux, sous la surveillance d'agents du gouvernement. Depuis, mais surtout pendant les premières années de la république, la France a possédé un grand nombre de fonderies. Elle en a eu à Paris , Rouen , Indret , Douai , Metz, Strasbourg, Neuf - Rrisach , Besançon , au Creuzot , à Pont de-Vaux , Lyon , Valence, Avignon , Toulon , INarbo'nne, Toulouse , Perpignan , Bayonne , Montanbon, Ruel et Rochefort.

En 1793, pour résistera rKiirope coalisée contre la France , la Convention se vit obligée de pourvoir dans le pl.us bref délai a la f.nbricntion de six niille bouches à feu, dont nos nrniées, nos flottes et nos eûtes avuitnt besoin. Elle transforma en fonderies de canons tous les hauts-fourneaux dont elle put disposer, et divisa le territoire français eu

198 FONDERIES DE CANOHS L'IilNIVËiiS. FONDiUUfiS DE CANONS

Quatre grands arrondîssfments d'artillerie, dlins chacun desquels fut envoyé un représentant du peuple. Ën outre, d'après l'avis d*une commission de sa** vants. on sabstittia au moulage en terre jnsqu alors en usage, le niôu!;ige en sable qui permit d^augmenter beaucoup la rapidité de la fabricatiôn. A Paris tnén^e, quatre fonderi< s furent créées, et Ton y confectionna les modèles destines a obtenir les moules en s.ibic.

Puis, par un décret du 14 pluviôse an ii, le comité de salut public fit venir de tous les districts de In rppubltqiip dntis la capitale des ritoyeiis choisis p.irmi les meilleurs canoimiers de lu garde na* ttonale , pour qu'ils apprissent dans des cours révolutionnaires (que Monje, Hasseiifralz et Perrier firent en effet à la salle de^ éJecteurs)rart de confectionner la poudre et de fondre Ira canons.

Bnfin, un autre décret, de quelques jours postérieur m précédent , ordonna V Mouge, qui se hâta d'obéir, de rédiffer des instructions pratiques sur la fabrication des bouches à feu, pour que toutes les usines mises en activité suivissent une méthode, uniforme. Quant à ce qui est des matériaux, on em-

Sloya , comme chacun sait, les cloches es églises.

Actuellement, la fabrication des cations de bronze, les seuls qu'emploie rartillerie de terre, est distincte ûh celle des bouches à feu en fonte de ter que Ton emploie dans la marine. L*État n'a plus, pour la fabrication des canons de bronze , que les trois établissdiients de Douai , Toulouse et Strasbourg , sous le titre de fonderies royales. L'importance d'une fonderie dépend du nombre de bancs de forerie qu'elle possède. Les fonderies de Douai et de Toulouse en comptent chacune quatre, dont les moteurs sont, pour la première, une machine à vapeur; et, pour la seconde , une roue hydraulique; la fonderie de Strasbourg n'en cDmj)te que trois, qui sont mus par des manèges. Chaque banc peut donner par an cinquante touches à feu de divers calibres, lorsgue les travaux suivent une marche ordinaire; et soixante et quinsOi lorsqu'on les active davantage.

Les fonderies sont admmtstrées en ▼ertu d'un règlement cpii date d'octo-

bre 1838. Elles sont sous la surveillance' d'un inspecteur permanent d'artillerie, du grade de lieutenant-colonel , et peuvent être soumises à deux sortes a*admlnistration : la régie et rentreprise.

Dans le premier cas, les ofOciers et employés d artillerie dirigent la fabrication et administrent pour le compte du gou- Ternement; dans le second, un parti* culier s'engage à fabriquer les bouches à feu à ses risques et périls, en se conformant aux règlements, et moyennant une certaine somme pour chaque pièce reçue. Des officiers et employés d'artillerie sont également attaches à l'établissement, pour surveiller la fabrication et recevoir les produits.

Voici maintenant quelques détails sur les procédés en usage pour la confection des bouches à feu. Disons d'abord qu'on kB ooule pleines, c*est-à-dire, sans y hisser de vide intérieur. Cette mesure, adoptée dès 1744 par toutes les puissances de r£uro{>e, a remuiacé l aneienne méthode de coulage , dite coulage à noyau. L'opération, du re^te, se divise en quatre parties : 1" le moulage ou confection du moule. Ce moule s'exécute soit en sable, soit en terre; mais {généralement on n'emploie le sable que pour les moules des canons de fonte; la terre est préférée pour ceux des canons de bronze, parce que ce métal slndltre dans le sable, et qu'il en résulte des déchets considérables; 3° le coulage. On enterre le moule dans un icrand trou; et, par des rigoles, on y rait arriver soit la fonte, soit le bronze, après quMl a été mis en état de fusion au moyen d'un vaste fourneau à réverbère. Le bronze qii on emploie à cet usage contient cent parties de cuivre sur onze d'étain. Ces proportions sont fort importantes, et c'est d'elles que dépend la solidité de l'alliage; 3* le forage , qui consiste a pratiquer, avec des instruments en acier fort durs et fort tranrhnnts, le vide intérieur du canon, autrement dit Vàme. La pièce qu'il s'agit d évider est olacée sur un banc de forerie. Elle s^ivance horizontalement, portée sur une espèce de chariot, et présente la partie du métal qui doit être enlevée, a un foret qui tourne en place sur lui-même. L'eipérieoee a prouvé que ce procédé donne dea canons

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