FONDS PUBLICS FRAJNGE. FONFRÈDE
d*une <fiialité infiniment supérienre à ceux que 1 ou obtenait par rancienne méthode du coulage à noyau; 4* le tournage et le ciselage. Quaod la pièce est forée, on en tourne la partie extérieure pour détruire les aspérités produites par le coulage, et lui donner une forme parfaitement arrondie.
On procède ensuite aux visites H aux épreuves de réception. Ces épreuves consistent à tirer la pièce dans des circonstances où elle peine plus que dans les circonstances ordinaires du tir.
Enfin, on inscrit sur la pière son nom, son poids, son numéro, le nom de la fonderie et la date de Tannée; après quoi , on la livre aux arsenaux.
I,a marine a aussi ses fonderies, qui sont dirigées par des officiers d'artillerie de marine , et où Ton détaHie auMÏ quelquefois des officiers d'artillerie de terre. Les pièces en fonte y sont fabriquées d'après des principes analogues à ceux qu'on suit pour les canons de bronze. Les établissements, au nombre de cinq, sont situés à Indret,Ruel, Nevers, Saint-Gervais, et aux grandes forces royales de ta Cbaussade.
Fonds publics. — On comprend, sons cette dénomination, tous les capitaux oui constituent la dette publique, e*est-Mire, tous fes capitaux emftrun* tés par rÉtat, et représentés ]);ir des titres ou effets pirh/ics. Ces dernières valeurs forment elUs- mêmes une espèce de marchandises dont le prix cotirant varie à Tinfini , selon les alternatives de hausse et de baisse que produit la situation quotidienne de la Bourse.
En 18.^6, on évaluait le chiffre de la dette en capital , ou le total des fonds publics, à 4 milliards 830 milUons environ.
Dans cette masse de capitaux empruntés , on comptait 4 milliards millions de fonds dits C07i<sf}fifps , qui étaient inscrits au grand-livre de la dette publique perpétuelle , et qu'il importe de ne pas conrondre avec les fonds fbttantSy provenant d'emprunts à termes. Sur la somnif» totale des fonds coNsfît'UéSy 2 milliards 947 millions rapportaient aux propriétaires de rm* tes iiLscrites, 5 pour cent d'intérêt; 22,800,000 fr. , 4 i pour cent ; 78 millious, 4 pour cent; et l miUiafd lâO
millions , 3 pour cent. Quant au r#ste des 4 milliards 830 millions , il se décomposait comme il suit : 197,4^,000 fK de fonds empruntés pour Texécution des canaux, les travaux des ports , etc. ; 225 millions de fonds déposés à titre de cautionnements par les receveurs, payeurs et autres agents comptables du gouvernemenf ou des communes; enfin , 270 millions de fonds qui avaient été empruntés à termes sur rémission de bons du trésor, et qui formaient le capital éventuel de la dette flottante.
(Vovpz les mots Af.iOTXGF, Rottrse, Cbbuit, Detie et Empruists PU- BLICS.)
ForvFRÈDE (Jenn-T^aptiste Boykr-).
Mefnl)re de la députation de la Gironde à la Convention nationale, Boyer- Fonîf^e fut , comme Duces son beaufrère et son ami de cœur, entraîné dans la chute du parti girondin, cet assemblage confus de royalistes déguisés et de républicains sincères , mais mcliuaal vers le fédéralisme ; voyez Gtrondttvs). Hâtons-nous de le dire, pour l'honneur de son caractère, Fonfrède ne fut pas du nombre de ceux qui , à l'exemple db Gensonné, de Guadet et de Vergniaud lui-m^me, se lai*;sèrent aveugler par les intrigues, et arborèrent tour a tour le drapeau de la monarchie constitutionnelle on rétendard de la république, suivant que le mobile de Tamblticm COa* seillait l'un ou l'autre.
Fonfrède fut toujours répobKcaiB; seulement son séjour dans les Provinces- Unies de Hollande, son attrichement excessif et quelque peu provincial pour la ville de Bordeaux, qui Tavait va nattre, les inimitiés contre les chefs de la Montagne et contre la commune de Paris, ne le disposaient que trop à faire cause commune avec le parti fédéraliste. En effet, il resta sans césse dédaigneux pour Brissot , qui , tout en se disant démocrate, pactisait avec la cour; sans cesse froid pour Roland , qui , tout en se croyant .répubiteatn, avait accepté les fonctions de ministre sous Louis XVI; . mais il ne sut pas résister aux prédications de Buzot, qui était le défenseur et le théoricien du fédéralisme , l'inspirateur et le roi (c'est l'expression de 1 époque) des partisans de ce système. £n MU mot , pour parler encore
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le langage du temps, et pour marquer la place de rhomme qui nous occupe , dans Tun des trois partis dont la réunion formait cfi qu on appelle anjourd^hui le narti de la Gironde, quoique 868 membres fussent loin d'appartenir tous à ce département , Fonfrède ne fut ni brîssotm, ni rolandin; il fut huznfiu f ce qui , comme on vient lie le voir, «ignhfie qu'il était républicain -fédéraliste. Son seul tort, mais, en révolution , ce tort se range au nombre des crimes, c'est de ne pas avoir bien compris la valeur du principe de Vunité et de VindicisibilUi, sans lequel la France aurait été vaincue et démembrée par la coalition des rois.
Boyer- Fonfrède naauit à Bordeaux, en 1766, d'une riche lamtlle de négociants. Le christianisme fit une forte iin[)rpssion sur sa jeime àme, cnr il voulut d'abord se consacrer aux ordres religieux , et devenir missionnaire ; sa pre* mière pensée fut de renoncer aux jouissances que la fortune lui réservait, pour entrer dans la re|)ubiique de TKglise. Il ne se doutait guère alors qu'il serait un des plus éloquents défenseurs de la démocratie française. Cependant des c;uises indépendantes de sa volonté l'i inp#chèrent de réaliser son projet , et il consentit à se livrer au négoce. Bientôt une autre passion , non moins forte que l'enthousiasme religieux , vint remuer son cœur; il s'éprit d'un violent amour pour une jeune personne, moins riche que lui sans doute, puisque sa famille s'opposa au mariage; li ne l'en épousa pas moins. Peu de tenips après, il alla s'établir en Hollande. Le spectacle des Provinces-Unies ne dut pas rester sans influence sur ses idées politiiiues : le jeune, le dévoue Fontrede y développa ses tendances républicaines; mais il y puisa aussi les premières notions du fédéralisme, système médiocrement dangereux dans un petit État que protège sa faiblesse ou sa neutralité , sans que , pour cela , il soit COm* patible avec la prospérité ou même avec l'existence d'une grande nation qui marche à la tête du monde civilisé.
A peine la révolution française eutelle éclaté, que Fonfrède revint à Bordeaux; inutile de dire s'il avait adopté avec chaleur les nouveaux principes qui
signalèrent notre régénération nationale. Il avait fait plus , il était JISjà ré-
publicain, républicain modéré cependant, et prêt à prendre parti pour la classe bourgeoise contre la classe populaire; pour la province contre la capitale; en un mot, répuUicain à la manière hollandaise, à la manière suisse, ou à la manière américaine, si l'on veut. Aussi , lors des élections du mois (le septembre 1792, le commerce de Bord taux le nomma député à la Convention nationale..
Kn débutant dans la carrière politique , Fonfrède avait un grand avantage sur ceux de ses collègues qui , comme Veri^ninud , Gensonné, Guadet, Ducos, avaient fait partie de l'Assemblée législative : il arrivait pur de tous précédents monarchiques. FJo(juent d'ailleurs, plein de courage, il aurait pu tirer un grand parti de cette heureuse circonstance, s il' avait eu des idées plus justes sur la nature du gouvernement qui po'.ivait convenir à une nation comme la France. Malheureusement, ses tendances fédéralistes, ses |> réjugés provinciaux, ses préférences excessives pour la bourgeoisie devaient l'éloigner des montagnards, sans lui permettri* , pas plus à lui qu*à Ducos, Bergoeing , Grangeneuve, et quelques autres de ses collègues, de dominer Vergniand , Gensonne et Guadet, qu'ils voyaient avec peine suivre le char de Brissot , de Dumouries et de Roland. Il arriva même le contraire: Gensonné, Guadet et Vergniaud, toutes 1^ fois qu'ils se virent trop compromis, se mirent à couvert derrière le républicanisme de Fonfrède, de Ducos, df Bergoeing, de Grangeneuve, et finirent par les détourner de leur véritable voie. Foulrcde surtout leur parut un excellent soldat»
bon ?) mettre en avant contre les montagnards.
Toutefois, dans le procès de Louis XVI, il vota avec la Montagne contre l'appel au peu[)le, pour la mort, et contre le sursis; Ducos en fit autant. Ce qui prouve que Fonfrède était réellement républicain , c'est que , s'il condamna Louis XVI, il ne ménagea pas non plus l'ambition du duc d'Orléans, que Marat semblait avoir pris sous sa protection toute spéciale. Dès le 25
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décembre, Fonfrède accusa Marat d'avoir proposé un dictateur. Venant de la bouche de Thoinme qui avait osé as- > flimer sur loi la responsabilité des massacres de septembre, cette proposition devait doublement révolter les républicains fédéralistes , lesquels ne voulaient ni mité dans le pouvoir exé^ entif, ni cruauté dans les moyens ré* Tolutîonnaires. Cette première accusation n^eut pas de suite; mais depuis, Fonfrède ne cessa point d'attaquer Ma> rat et de le couvrir de mépris.
Le 8 mars 1793, alors que In lutte de la Montagne et de la Gironde était déjà devenue systématique, Foulrcde s'eieva avec force contre Torganisation du tribunal révolutionnaire, proposée par Robert - Lindet et soutenue par Danton. Les jours suivants , il contribua puissamment à faire admettre un jury dans la composition de ce tribunal. Le 5 avril , il dénonça le jeune duc de Chartres comme complice de Dumouriez, et demanda qae le due d*Orléans, et tous tes Bourbons qui se trouvaient encore en France , fussent détenus comme otages , et répondissent sur leurs têtes ao salut des commissaires de la Convention, livrés à l'ennemi par Dumouriez. Chose bizarre! il n'y eut alors que Marat, le partisan avoué de la dictature y et le directeur des mussacres de septembre, pour élever la voix en faveur du duc d'Orléans, que ses liaisons avec un pareil homme avaient entièrement déconsidéré, et que Danton lui-même h*avait plus le courage de défendre. Aussi In proposition de Fonfrède fut-elle fortement appuyée, et immédiatement adoptée.
Le 1 S du même mois , Fonfrède attaqua Marat avec plus de véhémence que jamais , et le fit décréter d'accusation. Les giroudins croyaient avoir remporté une grande victoire : ils n'avaient commis qu'une grande faute.
Cette*. inviolabilité attaeliéei à la personne des représentants de la nation , Ils donnaient Texemple de Tenfreindre, et on allait bîentét retourner ce précé* dent contre eux-mêmes. D'ailleurs, quelque siui il le (ju'il filt, Marat était encore tres-populaire à cette époque ;d'un autre côte , le coup qui semblait n'atteindre que lui, portait plus haut; il
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menaçait la Montagne et la Commune de Paris. Voilà pourquoi l'acquittement de l'Jmi du peuple par le tribunal révolutionnaire fiit généralement regardé comme un événement d'une baute importance.
Le 15 , lorsqu'à leur tour 35 sections de Paris'vinrent demander l'exclusion
de 22 députés appartenant au côté droit, Fonfrède s'élnnrn h la tribune , et ne craignit pas de dire qu'il aurait tenu à honneur d'être inscrit sur la même liste. Puis , saisissant avec à -propos cette occasion pour faire retomber sur la Commune de Paris le reproche qu'elle adressait toujours aux girondins , il soutint que , présentée par une faible fraction du peuple français , rptte demande de proscription contre une partie de la représentation signalait une tendance réelle au fédéralisme. Enfin, il proposa le renvoi de la pétition aux assemblées primaires , oubliant qu'une telle mesure , deja déclarée pernicieuse dans plusieurs autres circonstances, aurait inévitablement amené la guerre civile. C'était un appel aux départements contre la ville de Paris.
INommc président de la Convention pour la première quinzaine de mai , il ne négliiiea aucune occasion de fairedes remontrances sévères aux orateurs des différentes sections , qui apportaient les plaintes de la capitale à l'assemblée.
Le 21 mai , jour de la création de la commission des rhiize , le parti de la Gironde, qui avait encore la majorité, se souvint du courage de Fonfrède. Le premier, il fut désif:;né pour faire partie de cette fameuse commission , entièrement composée de députés du coté droit, et instituée, sur la proposition de Barrère, pour rechercher les auteurs de la conspiration du 10 mars; à cette époaue, quelques maratisles avaient eu ridée de raire main basse sur les membres de la Convention les plus connus pour leur haiiie contre Paris. i\Iais Fonfrède ne tarda pas à s'apercevoir qu'on voulait rentraîiier trop loin , et que, sous une apparence de modératior) , la majorité de la commission des rlouze cachait des arrière-pensées de violence et de contre - révolution. Ce qui le prouve, c'est qu'il ne voulut donner ni son approbation ni son vote à Tarres*
tatton d'Ëëbert ét dë Ikiiilas, ordon-
née par ses collègiieâ, et que le 28 H prit la parole, à In tribune nationale , pour demander que les détenus fussent remis provisoirement eiî liberté. Lars des événements du 31 mai et du 2juin, qui ?'enver>èrent le parti de la Gironde, Foiifrede lut d'abord inscrit au nombre des proscrits par Bourdon (de l'Oise^ ; mais, qui Taurait cru ? Marat, son ennemi personnel , l'en fit rayer comme n'ayant pas signé l'arrestation d'Hébert et de Dumas^
Malheureusement, le zèleintampe&tif qu'il mnnifestn pour ceux de ses collègues qui n'avaient pas eu le même bonheur, attira de nouveau l'attention 'sur lui. Dès le 15 juillet, Billaud-Varennes, le f;rand pourvoyeur de l'érhafaud révolutionnaire, demanda sa mise en accusation. Elle fut prononcée le 3 octobre , à la demande de ce même Billaud-Vnrennes. et sur le rapport d' A mar. Fonfrede ayant demandé la parole, Albitte lui ferma la bouche par ces mots: '7^ parleras au tribunal révolutkm^ naire! Déclaré coupable d'avoir trempé dans l'insurrection de Hordeaux , il fut condamné à mort par ce tribunal, et il porta sa téte snr l*êchafïiud (8 1 octobnftH avec les éloquents amis qui avaient si mal dirigé sa jeune expénenee. Il n'avait que 27 ans.
Pour le talent oratoire , Bover-Fonfrède prenait place inunédfatement après Veriiniaud, Guadet et Gensonué.
FoNFBÈDE(Henri), tils du précédent, naquit à Bordeaux en 1788. Entré en 1830 dans la carrière d*écrivain i»oKtfqtie. il se fit au milieu de ses concitoyens l'organe des principes libéraux. Mais le journal qu'il avait créé ne tarda pas à être envHoppé dans la mine de la presse indépendante. Six ans aprè.^, Fonirède reparut sur la brèche, comme fondateur d'une autre feuille non moms hostile au pouvoir. Mais après la révolut^Dli dé luillet , il se montra aussi ahient pour la modération ()u'il l'avait été auparavant pour la cause populaire ; il refusa même constamment la députation, content de défendre avec autant d'habileté que de verve, soit à Bordeaux, soit à Paris, les doctrines du parti conservateur. 11 est mort eu 1840.
FONTAiire (Pierre de) on deB FMei$-
fiek. Ce çftind jarisconsuIte« qnî.flsoonda
puissa«nment Louis IX dans ses réformes judiciaires , était un sienlilhomme du Vermandois. Le roi , qui n courait fort souvent à ses lumières, le chargea de travailler à la rédaction des Établissements et de la première pragmatique. Ce fut lui qui composa, sous le titre de Consett à un yenHxhom pour le former d rendre justice , le premier traité de jurisprudence où l'autorité des lois romaines fut substituée aux pi'atiques barbares de la fitodalité. On a cru- aussi pouvoir lui attribuer un autre ouvrafçe bien précieux pour l'histoire des anriens usages de jurisprudence , le Livre de la reine.
Le Conseil ?L été inséré par du Cangs à la suite des Établissemepti» (Paris»
1668. in-fol.)
FoNTAi NE ( Pierre - François - Léonard ), arohiiecte. né en 176S, ne s'annonça pendant longtemps que comme le côllaoorateur de M. Percier. dans les constructionscommedaus la publication de divers traités et descriptions. A cette
f>ériode de ses travaux appartiennent 'arc de triomphe du Ciirrousel, les restaurations des Tuileries, de Compiègne, de la Malmaison , etc. Parmi les travaux qui ont pu faire jug^ du talent qu'il peut déployer lorsqu'il est abandormé à ses propres lumières , on doit citer ceux du Palais-Royal , deNeuilly^ d'Eu , de Fontainebleau , etc. M. Fontaine, qui avait été architecte des bâtiments impériaux , est aujourd'hui architecte des bâtiments de ia couninne.
Cest lui qui , ipar une condescendance qu'on ne saurait trop blâmer, a détruit la symétrie du palais des Tuileries en remplaçant par une lourde constructioa l'une des deux»él^ntes galeries, ouvrage de Philibert Delorme. Il a été élu à la quatrième classe de Tlnstitut^ le 9 mars 1811.
FONTAiNB DBS BsBTiivs (Alexis>, Savant géomètre , membre de l'Académie des sciences, né à Claveison (Dauphiné), en 1725, mort vers 1771, est le premier mathématicien qui se soit occupé de la théorie générale et des applications du calcul intégral. Ses mémoires ont été imprimés en un vol. in-4*', 1764. COQdorcet a écrit son iustoire.
FoiiTAXMBBLBAiJ(villeet château do).