FONTAINEBLEAU FIL
La belle forêt de Fontainebleau semble
un reste de ces immenses esporos boisés qui couvraient, dans rantiquité, le hoi entier des Gaules. Les premiers Capétiens venaient diercher le plaisir de la clias<;e dnns ces sni)vn£;es solitudes, voisines de leur résidence de Melun. Une première maison rovole y avait été construite dès le douzième siècle; c'était alors un rliAtel informe, un donjon servant de meutte (on muette), rendezvous des chasseurs. A son retour d 'une croisade infructueuse , Lonis VIT prit en affection cette retraite pnisible. et en augmenta les bâtiments. Il y construisit une cbauelle que Thomas Becket, archeirêque ae Cantorbéry, consacra sous jl'invocation de saint Saturnin , et qui sert encore de fondation à l'oratoire bâti françois ^^
âamt Louis-, qui tenait auelquefoil ses assises sous les chênes oe la forêt, ajouta aux constructions du manoir un pavillon qui porte son nom.
Anciennement, ces bois avaient porté le nom de férét de Bière, Les érudits sont fort en peine de trouver iVtymofotriedu nom qui a prévalu. Louis IX, disent quelques-uns, y perdit, pendant une chasse , un de ses lévriers favoris , qui répondait au nom de Bleau, et que Ton trouva enfin , après de longues recherches, auprès d'une source oIj il se désaltérait. T;ne fontaine ftit bétie en ce lieu, et appelée comme le chien. Peu à peu, le nom de la fontaine et celui du château se seraient confondus. Cette étymologie , quoique peu croyable* a été consacrée par les arts : le Primatice a reproduit l'anecdote dans une de ses fresques. Guillaume Philapder, d'un autre ôftté , fait venir Fontainebleau de la réunion des trois mots : Fontaine- B^ie^ Eau. Enfin Mahillon pense que le bourq; et une ancienne fontaine du voisinage s'appelaient d'abord bour;; et fontaine de Bleaud. Les désignations burguê et fons Bleaudi, Blandi ou Eblandi , employées dans des chartes du douzième siècle, doivent mettre un terme à toutes les incertitudes.
Charles IV fit dans le château de Fontainebleau de longs .séjours, et en répara ou augmenta les bâtiments. Charles V y établit une bibKotlièque assez considérable.
iCE. FONTAINEBLEAU M
Mais le T#ltable créateur des merveilles de ce palais fut François I"". Ce prince commença par régulariser les anciennes tiâtisses, en les revêtant d'une décoration à peu près nniforme. Bientdt, sans renoncer au vieux manoir de ses aïeux, il vouhit rngrandir et l'embellir, en le liant à un palais plus magnnique« plus digne de lui, en faisant de sa r^idence un musée des arts antiques et modernes. A sa voix, Léonard de Vinci, Andréa del Sarto, le Rosso, le Primatice et Benvenuto Cellini , réunissant leurs efforts à ceux de nos peintres, de nos arcbitP( tes , de nos sculpteurs français, travaillèrent à Tenvi à édifier et décorer les nouveaux bfltiments, avec leurs diverses salles, galeries et escaliers.
.Les lettres furent aussi conviées à prendre part à Tillustration de Fontainebleau ; la bibliothèque fondée par
Charles V fut augmentée de celle que les ducs d'Orléans avaient amassée au château de Blois , et reçut , d'ailleurs, un grand accroissement par les soiné du savant Guillaume Bndé ; enfin, on y vit rassemblés une grande quantité « de livres inconnus et papiers et instrumens de Tantiquité , que le roi avoit fait rechercher dans les rc:4ions étrangères, à ses dépens , par le L'rand voyageur Guillaume Postel et autres (*). »
Docereeau rapporte que l'affection de François V pour cette résidence « fut cau.se que plusieurs grands seigneurs y firent bAtir, chacun en son particulier.» — « Quelle constrnctîon , s'écrie Brantôme, est celle de Fontainebleau , que, d'un désert qu'il étoit, a été f lit la plus belle maison de la chrétienté ! Dé.sert l'appelle-je, car, avant ce roi, les autres l'appeloient ainsi, si bien qu'encore en la rhanil)re des comptes et ailleurs il se trouve force lettres ainsi datées :
Donné à nos déserts de Fontainebleau.
Ces déserts doncques , ce grand roi les a réduits à un bâtiment si riche , si beau, si spacieux, qu'il peut to^er tout un petit monde.
« Notre grand roi Henri IV a cent fois mieux depuis décoré et embelli
(•'i T'.rantoiiie. Cette hihliolhèque , transportée à Pari.<i en 1593, doit être considérée comme le vérimble noyati de la Bibliolhè^ royale. Vo^ Bisi.ioni&«ite.
i04 FOMTAIirBBLVAV L'UNIVERS. VOHTAIHCBLEAV
cette demeure, de telle sorte qu'elle est méconnoissable à celle de jadis Ce ii*e§t pas tout; il y a dans le bourg que le roi vouloit enfermer en ville , une trentaine de maisons, mais mioi, niaisons ! il faut dire trente palais faits à renvi pour complaire à leur roi. par des princes, cardinaux et grands seigneurs . . . uref, c'est un petit paradis en France ! »
Ainsi , chaque souverain qui a régné depuis François jusqu'à nos jours, a laissé à FontaÎDebleau des traces de son séjour , soit par des embellissements j soit par des souvenirs historiques.
Il arriva de la sorte , surtout après les constructions de Louis XIII et de Louis XÎV , que ce palais , composé d'une masse de bâtiments de toutes les époques, de tous les styles d*architeeture, offrit une irrégularité vraiment bizarre, quoiqu'il conservât un air de grandeur et de majesté.
Les tournois , les tîarroosels et les fêtes de la cour n'animèrent pas seuls ces royales demeures; la politique, aussi bien que la galanterie , « les choisit pour conlidentes de ses secrets. On montré le pavillon où se tint la fameuse conférence des phis illustres représentants des deux K-lises; le sombre corridor où Henri i\ eut le courage de faire arrêter son compagnon d'armes, son ami(Biron); le boudoir où madame de Maintenon dérida , en brodant de la tapisserie, du sort de l'Espagne... Icii on voit ta pierre teinte du sang da favori infidèle d'une reine jalouse (Christine de Suède) ; là, le théâtre où l'auteur du Devin du village obtint son premier succès; plus loin , la prison d'un souverain pontife. Mais regardez cette cour devant le château ; un jour elle aura été assez grande pour <:ontenir , avec son armée, le nouvel Alexandre, qui, naguère, se trouvait à l'étroit dans rn* nivers. Il descendra du haut de cet escalier, le front chargé de nuages, il embrassera le drapeau des adieux , et disparaîtra à travers les eris et les larmes de ses vieux soldats, pour aller mourir dans l'exil (**)..., puis régnera un pro-
(*) Il y dépensa a,444,85o livres. Naj>o< lëon, de 1 804 i 1 8 1 3, consacra aux réparatioiu du ( liàteaii la somme de 6,243,000 fronça»
('*) Voyex noire aiticle Aboxcatiom.
fond silence , et Fontainebleau ne sera plus qu'une vaste solitude »
La petite ville de Fontainebleau , chef-lieu de sous-préfecture du département de Seine-et-Marne , possède un tribunal de première instance , un colléf^e eommunal , une bibliothèque publique de 28,000 vol., et l'on y compte 8,500 hab. C'est la patrie de Dancourt.
Le château de Fontainebleau étant une des résidences que les rois ont le plus souvent habitées, adonné son nom a un grand nombre ô'édits et de fraîfés qui y ont été signés. Nous avons relaté les prenners dans un article spécial (**) ; nous nous contenterons de passer rapidement en revue les principanx parmi les seconds.
1661 . Alliance conclue entre la France et la Suède (34 sept.)
1712. Armistice entre, la Franee et l'Angleterre ( 1 9 août.)
1743. Traité d'alliance perpétuelle entre la France et l'Espagne (25 oct.)
1762. Prélinnnaires de ta paix entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et le Portugal (3 nov.)
" 1785. Alliance entre la France et ta Hollande (10 nov.)
1807. Le 27 octobre, TS\ipoIéon signa, à Fontainebleati , un traité entre la France et TEspagiie ; traité fait à l'insu des ministères des deoi pays , et dont les conventions avaient été arr^t('es seulement entre l'empereur et le {•rince de la Paix.
Des troupes firançaises, au nombre d'au moins 28,000 hommes , nourris et entretenus par Charles IV, devaient entrer immédiatement en Espagne, alin de coopérer, avec les troupes de ce royaume , à la conquête du Portugal.
Le roi d'I^trurie (voyez Boubbon , tableau généalogique) devait céder se^ États à iSapoléou, et recevoir en échange la province portugaise d^entre Douro et IMinho, et le titre de roi de la Lusitanie septentrionale. Les Algarve.s et l'Alenlejo devaient être donnés en souveraineté à Godoï. Gesdeax
[)rinces devaient être placés sous la laute protection de Charles IV, que
(*) Yatout, Souvenirs historiques dei résitfcnm royales. FonlaïnebleSU l. IV-
('•) Yoyea^T*.
»OMtÀlNE.i?AAlSÇAISE FRANGE. FOITTANBS M
Kapoléon aurait reconnu comme empereur des deux Amériques. Knlin, le reste du Portugal devait être tenu en réserve jusqa'à la paix générate. Un corps df. 40,000 Français devait se réunir à R.'ïvonne le 20 novembre, au plus tard, pour être prêt à passer en Espagne, et de la en Portugal, dans le cas où les Anglais menaceraientd'une attaque.
Le 10 octobre de la même année, la France et l'Autriche avaient conclu à Fontainebleau des conventions diplo*
matiques par lesquelles les limites fixées entre cette dernière puissnnce et le royaume d'Italie furent le Tlialweg et risonzo.
Le 11 novembre suivant, un traité passé entre la France et la Hollande concéda aux Hollandais plusieurs provinces situées snr la rive gaudie de ' l'Elbe.
Enfln , l'abdication de Napoléon fut signée à Fontainebleau , le 11 avril
F0NTAINE-FBA1IÇA.I8E (combat de).
Dans les premiers jours de juin 1.î;95, le connétable de Castiile avançait en Bourgogne avec une armée formidable ; Henri IV vint à Dijon, à la téte d'une fort petite troupe , comptant payer d'audace, et l'arrêter par une brillante escarmouche. Le baron d'Aussonville ayant poussé une reconnaissance jus-
au'à Fontaine-Française (5 juin), vint onner étourdiment au milieu des Espagnols. Biron voulut le dégager avec 300 chevaux ; mais, accablé par le nombre , il fut forcé de s*enfiiir vers le roî*
Îui était lui-même arrivé à Fontaine- "rançaise, et n'avait encore autour de lui que 300 gentilshommes et 60 ar- ({uebusiers à ebeval. Biron était blessé à la tête; beaucoup de serviteurs du roi étaient tombés. Mais Henri, payant de sa personne, et appelant à lui, d'une voix enrouée, ses compagnons d*armes, à mesure qu'ils arrivent , et les encourageant « a faire ce qu'ils lui voient faire, » se maintient dans la mêlée avec un péril extrême. Sur ces entrefaites, sa petite armée , qui était en marche, arrivait à la file pour le dégager. De leur c^té, les rangs des Espagnols grossissaient sans cesse, par l'arrivée de DOttveilw troupes. Ennn, le connétable,
dont le caractère était défiant, craignit
d'engager une action générale, et commanda là retraite. Le roi , qui disait après le succès: « Dans les autres oc- « casions , J*ai combattu pour la vic-
« toire , mais en celle-ci j ai combattu « pour la vie, » le roi , voulant dissimuler sa faiblesse, poursuivit l'ennemi jusqu'au bois de Saint-Seine. Le lendemain, les Espagnols, abandonnant leur avantage presque certain, décampèrent pour rentrer en Franche-Comté.
Fontainb-la-'Vâoannb , village du dép. de l'Oise, à 25 kil. de Reauvais, doit son nom à tine famille r/e? ff 'agan, qui en était propriétaire dès le douzième siècle, et sa part d'importance historique à un château fort , qui Joua un rôle considérable pendant les guerres du quinzième et du seizième siècle.
Dorant l'occupation anglaise, cette place incommodait les eii virons* d'Amiens , la Normandie et le Beauvaisis.
Les Anglais et les Bourguignons , oui n'avaient jamais pu l'enlever, résolurent, après la prise de Rouen, deGournay et de Gisors, de l'assiéger régulièrement. Ils l'attaquèrent en 1419 , au nombre de 3,000 hommes, commandés par les comtes d'Uuntington et de Ck>rnouailles. Les assiégés se défendirent * vaillamment, et, au bout de trois semaines*, ils obtinrent une capitulation avanta(i;euse.
Le fort de Fontaine fut pris, en 1589,
f)ar les ligueurs d'Amiens; Sans après, e sieur de Boufflers , bailli de Beauvais , s'y retira, et y soutînt* différentes attaques de la part des royalistes.
Réparé en 1678 , le château de Fontaine s'est conservé presque entier jus 4ju'à nos jours : c'est une construction élevée, tres-solide, en silex et gres, avec des meurtrières et deux tours à mâchicoulis. Il reste quelques-unes des trèspetites fenêtres des premiers temps, percées dans des murs de 7 pieds d'épaisseur. On voit encore une partie des fosses garnis d'une contrescarpe murai liée.
FOHTAinss (Louis de) naquit à Niort, en 1761. Il s'était fait connaître par quelques poésies trop pronees , et par ses articles dans le Modérateur , journal très-conforme à sa manière de penser, lonqu'eii l'an xii il fut nommé
«NS MMTâlin L'UNIVERS. |i«lltAIt«fii
membre de l'Institut (classe de ta littérature française ) et professeur à l'éeole centrale'des Quatre-Nations, et il y prononça des discours où il sernit diiiicile de reconnaître le président du Corps législatif sous rempu e. Lu 1795, la Convention lui adjugea une gratifia cation de 3,000 francs. Mais cette générosité ne put le ratlnelier aux idées républicaines, ni reui^èclijBr d'écrire avep |a Harpe et Tabbé de Vauxelles daiis le Mémorial. Compris dans la proscription du 18 fructidor, il n'échappa a la déportation qu'en se réfugiant à Londres, où il fat bien aeeueilli et par les émigrés fraiiçnis et par le pouvernement. Cependant, il revint en France après le 18 brumaire, et ne tarda pas à se faire assez remarquer de Bonap:>rte et de Lucien , pour qu'on le pliargeàt de prononcer l'éloge funèbre de Washington dans l'église des Invalides. Son discours, où il célébrait, <(U nom de la république , le fondateur de la liberté américaine, fixa sa réputation, et, depuis ce moment , il tint constanijneot le premier raug parmi la foule de concurrents qui chercbèrent à 6xer lee regards du maître par des éloges plus ou moins adroitement ménagés ; il de- • vint successivement membre du Corps législatif, commandant de la Légion d'honneur, et enfin président dn Corps législatif. C'est dans ce poste éminent
Î|u il développa si longtemps toutes les ormes de radulation sur les victoires, la gloire et le génie de Napoléon.
IVofnmé en 1808 comte et grand maître de l'université, on ievitensuite prendre place au sénat (5 février 1810.)
M. de Fontanes , comme on peut le penser , s'accommoda fort bien de la déchéance de Napoléon , qu'il vota le V avril 1814, et le 6 , au nom de l'université, il adressa au gouvernement provisoire son adhésion aux actes du sénat. Le 22. il harangua Munsieub, et le 3 mai Louis XYIII, répétant a peu près dans les mêmes termes ce qu'il avait déjà dit à Napoléon longtemps auparavant. Ses nombreux amis montrèrent alors une maladresse inconcevable, lorsqu'ils voulurent Tabsondrede ses panégyriqites officiels, et bientôt des ennemis puissants achevèrent de le perdre* La constitution de l'université lut
modifiée , et l'on remplaça le grand maître par un président du conseil royal.
Pendant les cent jours , Napoléon fit ' à IVl. de Fontanes des propositions auxquelles il répondit en quittant Paris.
Au retour nu roi , il fut nommé ministre d'État et membre du conseil privé. Du reste, il ne se fit point remarquer à la tribune politique, il appuya cependant le système ministénel de M. Decazes jusqu'en 1819, époque où il reprit ses habitudes du gouvernement impérial, et se réunit au parti aristocratique* Il mourut en I83f .
Comme poète et eomme prosateur , Fontanes montre beaucoup d'art , et fort peu de génie, et l'ouue peut guère lui reconnaître que du talent. Aussi lïapoléon , appréciant à sa manière les productions de cet écrivain , disait-il, en se frappant la poitrine : « Tout cela « est bien , mais il n'y a pas de ça. » Au reste, Fontanes lui-même, lorsqu'il fut parvenu au faîte des grandeurs , n'eût pas été fdehé qu'on oubliât ses droits au titre d'auteur.
Ses principaux ouvrages sont : Nou" velie traduction, {en vers) de l'Essai sur l homme, de Pope, Paris, 1783, 3'" édition , 1822 , in-8" ; le / erger , poème ; Poème sur Védit en favettr des noncoiholiques, 1789, in-8°; Poème séculaire, ou Chant pour la féUéroHon du 14 juillet 1790, etc.
FONTANKT. Voy. FONTENAY.
FONTANGES ( ÏVlarie - Angélique de Scoraille de Roussille , duchesse de Fontanges) naquit en 1661 , d'une ancieuue famille de Rouergue. On dit que, devinant sa merveilleuse beauté et connaissant les penchants voluptueux de Louis XIV, ses purenîs eurent l'indignité de la destiner dès son eniunce aux plaisirs de ce roi, et de l'élever en conséquence. Ce qui est certain , c'est (jue mademoiselle de Fontanges sembla n'être veuue à la cour que pour séduire le roi, et que personne ne porta plus l^èrement et plus audacieuscment qu'elle le titre de favorite. Elle arriva à Versailles, eu 1678, comme fille d'honneur de Madame. MademoiftsHe de la Vallière était depuis longteiBiiB retirée dans un cloître où elle pleurait $08 erreurs , et plus encore ramoiur du
P01ITAV6B8 PRÀBCE. fQNTAlAIIIB 907
monarque qu'elle avait si tendrement aimé ; madame de Montespan , enlevée à son mari , et plus ambitieuse qu'aimante, voyait diminuer une faveur que le volage monarque ne continuait guère au delà de quelques années; elle craignait madame de Maintenon, dentelle prévoyait la piiis^nnre, et, pour contrebalancer cette iullueiice naissante, elle se mit à vanter outre uicsui e la beauté de mademoiselle de Fontanges, para plusifurs fois de ses mnins relie qu'elle appelait une statue prorinciaff , et dut élre étonnée, de se voir un beau jour remplacée par une 611e que toute la cour disait sotte comme un panier.
Mademoiselle de Font anges accepta aans bonté et même sans étonnement la place de favorite, qui du reste semblait depuis longtemps une char^îe qu'on brîsrnait comme tant d'autres charges, et qui amenait avec elle le titre de duchesse. Rlle reçut à dix-sept ans ce titre, etlebrevetd*uiîe pension ae 100.000 écus par jnois comme choses toutes simples.
Courtisane par nature et par édiicntion, son effronterie , son insolence et sa |»rodigalité n'eurent pas de bornes , et
filus d'une/ois Louis XIV eut, dit-on, ieu de soupçonner même sa (idélité , faute impardonnable aux yeux de cet homme ^oTste et vain.
Quoi qu'il en soit, et peut-être à cause de ses défauts mêmes, Louis XIV aima trois ans mademoiselle de Fontanges , et , pendant ces trois années , elle fut la dispensatrice des grâces , et se vit mêlée aux affaires , qui, dans ce temps, devenaient toutes des intrigues. Elle blessa tout le monde par sa sotte vanité , depuis la reine qu'elle dédaignait de saluer , jusqu'aux derniers des courtisans, qu'elle traitait avec une insolence ridicule. « RCjprésentez-vous la, dit madaine de Séviané , précisément le contraire de madame de la Vallière, si honteuse d'être maîtresse , d'être mère, d'èire duchesse... »
Mademoiselle de Fontanges donna un fils au roi , et cet événement, qui semblait devoir consolider son crédit, devint le Si|:ual de sa chute. Sa beauté s*altéra à la suite de ses couches , elle se vit disfiraciée et se retira au monastère de Port-Royal, où devait se terminer sa courte vie. Au momeut de mou-
rir, elle soUicjta et obtint la grâce de voir le roi. On dft qu*en considérant cette jeune fille mourante, les yeux do monarque se baignèrent de pleurs , et que mademoiselle de Fontanges s'écria :
« Je meurs contente , puisque mes der- « niers regards ont vu pleurer mon roi.» Elle avait alors vingt ans; elle avait vu périr son fils, et elle mourut elle-inéine peu de jours après son entrevue avec le roi.
De vogues soupçons d'empoisonnement entourent cette mort que nécessitait, dit'OOf la raison d'État. Mademoiselle de Fontanges avait , dans les trois années que dura sa faveur, coûté environ 11.000,000 à la Franee. Que reste-t-il de cette courte et scandaleuse ftveor? Le nom d*un ajustement de tête, dont elle se servit par hasard un jour de chasse , et dont le grand roi daigna la complimenter. Quand nous voyons aujourd'hui le portrait de mademoiselle de Fontanges, il nous semble peu justifirr l'engouement de Louis XIV, et les louanges (jueses contemporains donnèrent à sa ligure; ce portrait est joli plutôt que beau, piquant, mais sans distinction, élégant, mais sans noblesse -, c'est le portrait d'une courtisane vulgaire, et rien de plus.
FoNtANiBU ( Gaspard Moïse de ) , savant du dix-huitième siècle qui a fait un précieux recueil de titres, formant 851 portel^illes conservés a la Bibliotnèqae dtt roi. Il a aussi laissé en manuscrit plusieurs grands ouvrages.
FoNTABABiE f bataille de ). — Fontarabie , ville espagnole située dans Tangle du golfe de Gascogne, sur la petite rivière de la Bidassoa, qui sépare la France de l'Espagne, a été fréquemment témoin des combats des troupes francises et des troupes espagnoles.
En 1638, le cardinal de Richelieu ayant résolu de diriger les forces du royaume vers les Pyrénées, crut que l'eipération la plus importante était la prne de Fontarabie. Elle fut confiée au prinrp de Condé et a Fscoubleau de Sourdis ( voyez ce mot ) , archevêque de Bordeaux , qui devait amener devant la place la flotte française. Ile prélat défit dans la rade de Galtari ( voyez ce mot ) une puissajate ilotte es^gnole qui s'ap-.
208 FONTARABIE LUNIVERS. tOMEXAI
procliait pour ravitailler la ville assiégée, après quoi il se présenta devant Fontarabie. Le succès paraissait assuré; malheureusement la mésintelligence, la jalousie de pouvoir entre les chefs, Tincapacité, la faiblesse, et aussi l;i trahison , ruinèrent ces espérances. Le duc de la Yaliette fut <$eiui dont le mauvais vouloir , nous dirons même l'infamie, amena surtout la défaite de Tarmée française; irrité de ce qu'on Tavait forcé de céder de son côté la conduite de Tassa ut à Parchevéque, ennemi per* soniiel de d'Épernon , son père, il se retira à une iieue de distance, et, de même que son collègue Saint-Simon, il refusa de porter du secours au prince qui lui en envoyait demander. Enfin , le soir il défila, sans avoir combattu, avec les fuyards des autres quartiers. Le quartier deM. de G ram mont abandonna aussi, sans avoir été attaqué, une redoute qu'on lui avait confiée. Diverses particularités auturisèieîit d'ailleurs à croire que les ennemis étaient bien ' avertis de tout ce qui se passait parmi les assiégeants. Aussi l'amiral de Castille ^ qui vint le 7 septembre attaquer les lignes des Français pendant qu'ils livraient un assaut , n*eur-il pas beaucoup de peine à les forcer. Deux mille hommes furent tues; cinq ou six cents furent feits prisonniers , et un grand nombre de drapeaux tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Dès le lendemam il n'y avait pas un seul Français sur le territoire d'Espagne {*).
(*) Correspondance de Henri de Sourdis, publiée daus la collection des Documents inédits sur l'fUétotre dé Firmee, Paris, iS3q, t. II, p. 57 et Buiv. Entre autres pièces ia- (ciessantes comprises dans c.v rerurîl , nous tiiuiiiirons pour la transcrire ici , la fieiation du sieur Cnaitvin , de ce qu^il a vu et appris dans Fontarahif étant prisonnier après la déroute : « Étant dans Foutarabie, prisouoier de i^uenne dans la chambre du gouverneur, le troisième jour de ma furise, des capitaines espagnols et irlandais regardant par la f't iièf re, virent des soldats portant des casaques et balandraos il j avoit des croix du Saint- Ksprit dessus. Qiiel(|ues autres prisonniers les coiisidéraat, disoient : Celle-ia est à M. le prince, cette autre k M. de Grammont, et ainsi des autre*. Quelqu'un demanda iH n'y en avoit point à M. de liavalettei un capi-
FoNTARABiE (priscs de). — La Fraucc ayant, par le traité de la quadruple alliance, déclaré la guerre à Philippe V, roi d'Espagne, le maréchal de Berwick^ chargé du commandement en chef de.
l'armée, entra immédiatement en campagne; le 27 mai 1719, il était devant Fontarabie, dont il entreprit le siège.
La ville capitula le If» juin.
— F>nl7y4, Moiu ev, général en, chef de l'armée des Pyrénées-Occidentales, ayant chassé les Kspa^nols de la vallée de Baslan dans h s derniers Jours de juillet, et tra\erst' la Bidassoa , profita de la victoire en enlevant, le 1*' août, la ville de Fontarabie, qui capitula à la première sommation. On y trouva d'im> menses mngasir.s; on s'empara de 2,000 prisonniers, de 2ôO pièces de canon, 5 drapeau.\ et 40.000 bou»bes et obus, liCS troupes s'étendirent ensuite sur toutes les routes de Biscaye et de Navarre.
Avant ce hardi coup de main, Fontarabie, quoique exposée par sa situa* tion à être attaquée chaque fois qu'une ariTîéo passait les Pyrénées, se glorifiait de n'avoir jamais eié prise, et les Espagnols lai donnaient le sumOkn de PU" celle,
FoNTENAi OU Fo>tt;>' AILLES (bataille de). — Loui.s le Débonnaire ne fut pas plutôt mort, que ses fils se disputèrent les vastes débris de son empire.
Fa force fut bientôt appelée à trancher leur querelle. Louis le Germanique et Charles le Chauve se trouvaient réunis par la double agression de Lothaire,
taine espagnol dit : « Non, ni lui, ni quelque « chose qui lui pût appartenir ne devoil étra « pris. » Coatiotiant dans leurs discours de la
déroule, et comme f]iu'If]u'un disoit qu'à point nommé la place avoil été secourue, le même dit :« Il falloit faire ou faillir ce jour- « là , car nous avimn r.vi-; que Ton de%oit « douner, à l'ej^trémité où étoil la place, U- « quelle n'eût point résisté. » Je lui dis alors : « L*oii vous pouvolt tromper dans ces «« avis. " Il me répoinlit (pi'ils venoieni de la part d'un des principaux ulficiers de l'armée. Ensuite se parlèrent tout A fait espagnol, • doni un Irlandais se mit en colère, et le voyant en cet état , jo parlai à celui auquel les capitaines qui m'avoient pris, n^vomit donné, lequel me dit .' « VoQS aves été tlH* lus, c'est ce qui nous fitehe. «
FRANCK
rONTElTAI
leur a!né. Le 21 juin 841 , les deux armées, masses énormes recrutées sur tous les points de Tempire franc, se trouvèrent en présence dans le voisinage d'Auxerre. Après quelques np<iociations inutiles, Lothaire, qui veuait, d'être rejoint par Pépin d'Aquitaine, rejeta tonte proposition d'accommodement, et Ton remit «au jugement de Dieu w la question de la prééminence de l'empire sur les royaumes.
Le 25 juin, vers Taurore, Louis et Charles sortirent de leur camp, établi près du village de Tlmri iJauriacus)^ à *28 kilomètres d'Auxerre; ils se mirent en bataille dans la plaine, et appuyèrent leur aile droite sur une hauteur nppelée la montagne des Jhuetfes^ voisnie du camp de Lothaire. L'empereur était logé à FontaneU/m, localité qui correspond probnblement , non pas nu vilingp de Fontenai en Puvsaye, mais a celui (Je FontenaiUes(*). Il passa l'Andrie, alors nommé le nà»wau des Burgondes, dé' ploya ses troupes en avant du village de Rretignelles (Brittœ)^ et l'immense bataille où devaient combattre deux armées de 150,000 hommes chacune , 8*engagea sur un front de deux lieues, le Ions du cours de T And rie.
Lotnaire, avec «ne valeur que ses ennemis eux*mémes ont célébrée, commandait au centre ses Francs d*Austrasie et de Neustrie. Ceux-ci , après une furieuse résistance , rompirent les lignes des Germains de Louis, qui formaient le centre de l'armée des deux f rères , et ils les eussent taillés en pièces, s'ils n*eussent été eux-mêmes pris en flanc tout à coup par Charles et par Warin, due de Toulouse, qui , avee ses miliees aquitaines, provençales et burgondes, avait culbuté au premier choc les Aquitains de Pépin, entre le mont des Alouettes et le village du Fay (Fagit^.
Pendant ce temps , l'aile gauche des deux frères , composée des JNeustriens de Charles , et commandée par Adel-
(*} Voyez, dans le recueil des opuscules Mitoriques de l'abbé Lebeuf, unedlnerl«o
tion intéressante sur le chanij» de bataille, de Fontanelum. L'auteur le place à quelques iioues au .sud-ouest d'Auxerre, le long d'une petite rivière afipelée TAndrie, qui se jette dans TYonne au-dessous de Goulùi^.
T. VIII- 14* livraism* (Dm, m
hard, le plus puissant de ses leudes, et par Tannaliste IVithard , qui a écrit la seule bonne histoire que nous ayons de cette époque tralheuren.se, était aUX
fjrises. vers l'étang de Druye, d'oii sort Andrie, avec la droite de Lothaire. La lutte fut très-opiniâtre en ce lieu ; enfin , les Francs de 1 empereur furent obligés de battre en retraite comme le centre et la gauche de leur armée. Des lors , la Tietoire des deux frères fut complète.
Avant midi, massacre, pilla^^, spoliation des morts, tout était fini; vainqueurs et vaincus étaient rentrés dans leurs camps ; il ne restait plus dans la plaine que des cadavres entassés par monceaux ou étendus à la file, et parmi eux les phis nobles et les plus braves de la race Irauke. Un auteur conteniporT . (le biographe des évdques de Ravenne) dit que plus de 40,000 hojnnies étnient tombés du côté de Lothaire et de Pépin. Charles et Louis en avaient probablement perdu 95 ou S0,000. Une foule d'éerivains anciens, crânes de la tristesse et de l'effroi qui s'étaient alors emparés de tous les cœurs, s'accordent à regarder cette bataille comme la j^Ius meurtrière que les Fïanks eussent jusque-là gagnée ou perdue.
J,e poète lotharien Anghelbert, quî avait vaillainmeut combattu pour l'empereur, et était demeuré » seul de beaucoup au premier front do bataille, »
s'écrie, dans un chant en latin barbare (*) : « Que la rosée et la pluie ne « rafratcbissent jamais les prairies où « sont tombés les forts expérimentés « aux batailles!... Que le Nora et le Midi, • rOrient et rOrx;ident plaignent ceux « qui sont morts à Fontenailles ! Maudit « soit ce jour ! ^u'il soit retranché du « cercle de l'année et rayé de toute mé- « moire; que le soleil lui refuse sa lu- « mière; que son crépuscule n'ait point 4id*aurore!... etc.»
Jamais, du reste, une si nffreuse boucherie ne fut si peu décisive. Lothaire se retira vers Aix-la-Chapelle. Louis et Charles se séparèrent sans le poursuivre ; et chacun , de son côté , persista dans la résolution d'accomplir ses desseins.
(') Publié par l'abbé Lebeuf , dans sa die* serlitiori précitée, et inséré dans les Historiens des Gaules, t YM, pb 3o4*
YCL., KSC.) 14
%io wovnMàfEMYmnéE LUNIVBRS. wornuAt wmwèmdèe,
Foif TENAILLES, aocienne seigneurie de Normandie (aujourd^hai du déparie'
ment du Calvados), érigée en marquisat en 1703, en faveur d'tin inenjbre de ia famille de Gouyn-de-Lkapizeaux,
FONTBif AT, ancienne seigneurie érigée en marquisat, en 1691, en faveur du (ils aîné de M. de BreteiiU, contr6leur général des tinances en 1657.
Une seconde terre du même nom fut érigée en marquisat, en en ftveur de François Duval.
Enfin , une troisième seigneurie de Fontenay fut érigée en comte en 1G59.
FONTENAY (Jean-Baptiste Blain de), célèbre peintre de fleurs et de fruits , membre de Tacadémie de peinture, né à C^en en 1654, mort à Paris en 1715.
FofiTBii4T EN Vendéb , appelée ausBi Fontenay le Comte, et, pendant la révolution, Fom i:\ay le Peuple, ville de l'ancien bas Poitou, Jadis siège d*on bailliage, d'une sénéchaussée, d'une juridiction consulaire, et chef-lieu d*é^ lection; aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la V endée, avec un tribunal de première instaiice êt un collège communal.
Cette ville doit son origine et son surnom à un cluUenu fondé par lt^s comtes de Poitiers, qui y faisaieiit Itxir résidence. Les événements militaires dont elle a été le théâtre se rnp()ortent surtout aux époques de nos troubles civils. En 1Ô68, Pluviant, chef d'un parti de protestants, vint Tassiéger, et les habitants se rendireut sous la promesse qu'ils auraient la vie sauve Mais cette capitulation fut indignement violée.
li^Bimemi massacra la garnison et une partie des bourgeois, et conduisit le commandant Haute-Combe à la Rochelle, oij il fut mis à murl. La JNoue assiégea encore Fontenay en 1570, et ce fut sous les murs de cette place que ce vnillant huguenot, surnommé Jiî^as de Fei y eut le bras fracassé d'un coup d'arauebuse. Ce fut a Soubise que la ville nt sa soumission.
Quatre ans après, les catholiques, commandés par le duc de Montpcnsier, la reprirent par traiiisou, et renchérirent encore sur les cruautés des protestants. Le roi de Navarre 8*en empara en 1587, à la télé de sa petite armée. Enfin, dans des tejiips plus modernes 9
Fontenay a vu plusieurs fois combattre sous ses mars les patriotes et les Vendéens (voyez- Tartide suivant). L'inscription
Folchroniai ingeniortun
qui décore à Fontenay une source abondante d'eau minérale, rappelle que cette ville fut le berceau de quelques personnages distingués : elle cite entre autres , avec orgueil, les noms de Barnabe Brisson , de Nicolas Rapin . poète latin , collaborateur de la satire Ménippée; du jurisconsulte André Tiraqueau , etc.
C'est a Fontenay qu*est mort, en 1590, le cardinal de iîourbon , dont la ligue avait tait un lantùme de roi, sous ie nom de Charles X.
La population actuelle de cette ville est de 8,000 habitants.
FONTEMAY EN VendÉE (bat.ii lies de).
— Maîtres de Xbouars, les Vendéens, commandés par d*Elbée, n'avaient plus, )our dégager le Bocage , qu'à détruire es brigades de Ch;ilbos et n.iynt , qui , fortes de 6,000 liumines, se maintenaient à la Châtaigneraye. Les insurgés les poussèrent jusqu*à Fontenay, et comme elles se rangeaient en bataille, ils les y attaquèrent le 16 mai 1793.
Après une canonnade très-vive qui dura près de trois heures, une charge de cavalerie faite à propos décida la victoire en faveur de Chalhos. D'KIbee reçut une blessure en combattant au premier rang; Tinfanterie catholique s'enfuit dans le Bocage, laissant quatie cents morts , des bagages , des munitions et vingt-quatre canons , parmi lesquels se trouva la fameuse Maii&Jwxnne , longue coulevrine de cuivre à laquelle les Vendéens aceordaient une vertu surnaturelle.
— Vaincue et dispersée, Tarmée vendéenne ne se rallia qu'aux environs de P.u thenay. Les chefs tinrent conseil à Chàlillon -sur-Sèvres. D'jKlbée insista pour une nouvelle attaquç;, celle-ci n'avait manque que par le défaut d'ensemble dans les mesures, parce que c'était la première affaire où l'on combattait en plaine; les républicains étaient en trop petit nombre pour résister à 40,000 hommes dès qu'ils seraient réunis. On partage l'avis de d'Elbée; on presse l'arrivée de J&oncbamp et de la JiLoGhfya-
fOHTBlTAT LPABATTVB PRANGE FOHTBITAT-MABBinL • SU
qqelin avec leurs divisions. La Cathelioière pareourt Im rangs povr iirfiner ie§ eompagnons d*armfl8, que les ftê^
très exaltent par la promesse des récompensps relestes. Le 25 mai, Chalbos se trouva encore à Fontenay, en présence de tonte rarmée vendéenne, forte de 2.Î.O00 hommes, rangée sur trois colonnes : Lesctire au centre, Bonchamp à la droite , la Rocbejaquelin à la gauche. Ces troupes manquaient d'artillerie et de munitions. Impatients de coml)i!ttrp, les Vendéens en demandèrent à leurs cliefs, qui, leur montrant les républicains rangés en bataille, se contentèrent de leur dire : En 9oUà. Le signal est donné; les royalistes se jettent sur les canons des républicains.
Ceux-ci se défendent d'abord vaillamment; mais UentM abandonnés par la cavalerie qui refuse de charger, et succombant sous le nombre , les volontaires se replient en désordre. La déroute des républicaioa est complète: quarantedeux pièces de canon , tous les bagages, la caisse militaire contenant vin^t millions en assignats, sont la proie du vainqueur. Bonclianip poursuit les fuyards ^8qu*à Niort. Cette journée malheureuse cortta aux vaincus environ 1,800 hommes tués , blessés ou prisonniers.
Les royalistes triomphants entrèrent aussitÂt dans Fontenay et y trouvèrent des richesses considérables. 3,000 républicains y furent faits prisonniers.
Fontenay l'Abattue, appelée aussi Ffioif TBNAY, bourç et ancienne baron* nie de Saintonge, a 8 kil. de Niort, à 20 kil. de Fontenay-Ie-Comte. C'était , au treizième siècle, une place forte défendue par une double muraille crénelée et de puissantes tours. En 1342, T.ouis TX, faisant la guerre au comte de la Marche, vint, avec toutes ses forces, investir Fontenay, où Geoffroy de Lusignan, bâtard du comte, commandlatt 400 chevaliers , soutenus par une nombreuse garnison. Le roi, accompagné de son frère Alphonse, comte de Poitiers , examinait les engins commencés depuis quinxe jours, quand la guette du donjon, reconnaissant Alphonse , le blessa au pied d'un carreau de son arbalète. Les soldats poussèrent alors des eris de fureur et de vengeanee ; et» aprèi une défonse ivn et m&at»
trière, la place se rendit. L'armée entièM demanda à grands cris la mort de Geoffrojr féit prisonnier avec 4t chev»>
liers, 80 sergents, « et autre menuaille. » « JNon , répondit le roi , le filz n'a peu « commestre tauite, obéissant ii son père; « ni aultres, à leur sire. » Il se contenta d'envoyer dans les prisons de Paris les principaux prisonniers , et lit proclamer la grâce du reste de la garnison. ' Mais la soldatesque , sans éœmUr stis ordres, passa tout au ûl de répée; et (sis édifices publics, à l'exception des églises, furent incendiés et démolis. Les fortifications subirent le même sort. La malheureuse cité prit alors le nom
?u'elle a conservé depuis , de Fm^lUmai^ Abattue ou la- Battue.
Fontenay l'Abattue fut, en 1714, érigée en duché-pairie, sous le nom de Rohan- Rohan , en faveur d'Hercule Mériadec de Rolian. C'est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département des Deux-Sèvres.
Fonthray-Mareuil (François du Val , marquis de) , âgé de 15 ans à la mort de Henri IV, fut élevé auprès du dauphin , comme enfant d'honneur , et eAtra ensuite dans la carrière diplomatique, où il se rendit célèbre. Ambassadeur de France à Rome, de 1641 à 1645, il revint, au mois de mai 1647, «NMïaper le mime poste, et fut un des agerits le^ plus actifs et les plus intelliizfnts ne Mazarin , pendant les troubles de I^iaples , qu'il devait exploiter pour donner à Louis XIV la cou* ronne des Deux-Siciles , ambitionnée par le duc de Guise.
Il a laissé des Mémoires importants publiés pour la première fois dans la première série de la collection des mémoires relatifs à V Histoire de France par Petitot , tomes L et LI. Ses récits révèlent un homme de beaucoup d'expérience et de jugement, un citoyen rempli d'intentions droites et sincères. La première partie retrace la fin du règne de Henri IV, et le règne de Louis XIU, jusqu'en 1624; la deuxième se compose de petits mémoires ou relations, parmi lesquelles on remarque le récit du siège de la Rochelle, où l'auteur, qtn' fut nonseulement diplomaiti, mais aussi maréchal des eamps et armées du roi, avait «ombatta en penoom. Le manuscrit
FONTESfELLE L'UNIVERS. . FONTENELLE
autographe de ces Mémoires» dont le piemier éditeur a été M. Monmerqué , 8e trouve déposé à la bibliothèqueroyale, sous le n'' 1947 , supp. fr.
On ignore la date de la mort de Fontenay.
FoNTENELLE (Bernard le Bouyer ou le Bouvier de) naquit, en 1657, à Rouen , d'un avocat et de Marthe Corneille, sœur de Tauteur du Cid. Ce fut en lfi77, dans le Mercure rédigé par Visé et par Thomas Corneille , que le Jeune écrivain ouvrit la plus grande carrière littéraire qa'ait peut-être fouroie un auteur français. Des poésies légères, quelques œuvres dramatiques plus que médiocres, et TiafortuDée tragédie d'^j»par , où
les «ifflefi prirent comaMnctoMott
tels furent ses coups d'essai. Les Dialogues des morts (1083) fiircnt son premier titre à la rencmniée , bien que , dans ce livre , le bel esprit l'emporte trop souvent sur le philosophe.
Trois ans après parurent les Entretiens sur la pluralité des mondes ; n le « premier exemple, dit Voltaire, de « l'art délicat de répandre des grâces « Jusque sur la philosophie. »
L'igonraiil l'entindit» le leTint l'idnin.
VHiitoire des oracles (1687) vint ensuite agiter le monde tlieologique et savant. L'auteur lui-même ne semblait cependant pas attacher grande importance à cet ouvrage tiré d'un épais et savant volume latin de Van-Daele. N'écrivant pas en Hollande, et n'aitiKint pas les querelles , il avait dit Uaas sa préface : « Je déclare que , sous le nom « d'Oracles , je ne prétends pas com- « prendre la maizie , dont il est indu- « bitable que le démon se mêle. »
Les Poésies pastorales furent publiées en 1688. Mais ce n*est pas là non plus , au milieu de ces vers prosaïques débités par des bc'r;.;ers beaux esprits, qu'il l'aut chercher la gloire de Fontenelle.
Fn 1601 le neveu de Corneille fut enfin admis à l'Académie franrnise , où les adversaires qu'il avait attaques dans la querelle des Anciens et des Modernes, et a leur téte Racine et Boileau, avaient fait quatre fois échouer sa candidature.
Nommé membre de TAcadémie des
sciences en 1691 , puis secrétaire de cette académie en 1G99 , Fontcnelle remplit cette place pendant 42 ans , donnant chaque année un volume de V Histoire de cette compa^înie. On a imprimé séparément les iJoges des académiciens , ouvrage dans lequel il a déployé toutes les ressources de son talent, toute la coquetterie de son esprit , pour mettre les vérités les plus abstraites à la portée de tous les lecteurs et instruire en amusant. Effleurant luimême toutes les sciences , sans acquérir dans aucune d*autre talent réel que celui d'exposer avec méthode et clarté les inventions d'autrui , il était exclusif vement académicien. Ses ceuvres complètes ont été publiées en 11 vol. in-12, Paris, 1758, 1766 ou 1767 ; en 8 vol. in-S" , Paris , Bastieo , 1790 ; et en â vol. in-8° , Paris , 1824-1825. La Géométrie de ^infini ne fait pas partie de ces recueils; elle a été imprimée en 1727, in-4'*; les OEuvrcs diverses, la Haye, Gosse, 1728-17:>1>, 3 vol. iu-lui., sont recherchées.
Le Xestor des écrivains (ninsi (ju'on l'appelait déjà plusieurs années avant sa mort) mourut en 1757, à l'âge de près de 100 ans. PIron , voyatit passer son convoi, s'écria : «Voilà la première fois « que !M, de Fontenelle sort de chez lui « pour ne pas aller dinereu ville ! » Un bon mot était une digne oraison funèbre pour un homme non moins célèbre par ses saillies spirituelles que par ses on vrn^es. Mais on eite malbeureusement de lui une foule de mots qui |)rouvent on triste ésoîsme : « Si je tenais toutes « les vérités dans ma main, disait-il , « je me garderais de l'ouvrir. « Quand on lui apprit la mort de son amie, madame de Tencin , il répondit : Eh bien j'irai dîner diec madame Geoffrin. »
FoMT.NTT.LF (Guiou-Edcr de). Ce brigand-gentilhomme de la basse Bretagne , qui à l'époque de la ligue acquit par ses crimes une affreuse célébrité , appartenait, dit-on, à l'illustre maison de Beaumauoir.On ne saurait reiracer toutes les atrocités par lesquelles il se rendit la terreur d'une malheureuse contrée déchirée entre trois prétendants : Mercœur, Philippe II et Henri IV. Sous le prétexte de uefendre la cause catholi-
FOUTBStLLE FRANCE* FOATENOl
que, il détroussait les passants, pillait, brûlait les villages, les châteaux, et même les villes, infestait la mer par ses pirateries , enlevait , avec une étonnante audace, les homnoes, les femmes, les enfants, proportionnait les rançons aux tourments qu'il avait l'habitude de faire souffrir à ses victimes , OU se complaisait à foire expirer les malheureux dans les plus hornbles tortures. « Dans une de ses courses , sur la cote de Léon , il déroba une petite elle de bonne famille, la conduisit dans son repaire , et Tépousa publiquement, quoiqu'elle nViU enrnrc que neuf ans.
Tontes les femmes du villafïe voisin avaient été violées ; cinq ou six mille paysans avaient péri par le fer ou le feu ; tous les propriétaires étaient obligés d'acheter de lui des sauvegardes qui souvent n'étaient qu'un piége. Un seigneur qui avait une belle femme et passait pour très-riclie , voit un jour son château investi-, les portes sont brisées; le brigand se présente : on parrotte le gentilhomme ; on le force de livrer tout ce qu'il a de précieux ; ensuite le sieur Fontenelle le poignarde et déshonore l'épouse sur le corps sanclant du mari. Ce n'était pas encore assez pour ce tigre altéré de sang : la dame du château avait une petite fllle, il fait attacher au cou de l'enfant un chat qui , devenu furieux, la déchire et la tue, tandis que le monstre s'enivre entre le père égorgé et la mère expirante (*). »
Le maréchal de Brissac, frouverneur de Bretagne pour le roi , envoya contre lui une petite colonne qui l'assiégea dans JDouarnenes sans pouvoir l'y réduire (1597). Après la pacification de la province, Henri IV eut la faiblesse de lui accorder son pardon , comme aux autres partisans du duc de Meroœur: bien plus, il le nomma gouverneur de son repaire de Douarnenez, où il s'était fortifié.
Ce scélérat eût pu jouir en paix des fruits de tant de crimes, si la famille d'une dame qu*il avait livrée à la brutalité de ses soldats pendant le sac do la ville de Pont-Croix n'eilt porté plainte au parlement de Paris. On allégua que ce crime n'étant pas un fait guerre, ne
n Dam, Histoire de Bretagne, t. m, 3ao et suiv.
pouvait être compris dans Tamnistie royale, et Henri permit au parlement de lui faire son procès. Il fut condamné à être rompu vif, et l'arrêt fut exécuté sur la place de Grève, te 27 septembre
Aujourd'hui encore le souvenir de Fontenelle se perpétue dans les chants populaires de la Bretagne.
FoNTENKLLES , Fontanellx ou de Finta neto abbafia. Nom d'une célèbre a!)l)aye d'hommes de l'ordre de Saint-Augustin, fondée en Poitou (diocèse de Lucon), au commencement du treizième siècle , par Guillaume de Mauléon et sa femme.
FoNTBNOi (bataille de). Le maréchal de Saxe vint, à la fin d'avril 1745, investir Xournay avec une armée de 80,000 hommes. Le duc de Cumberland, avec 00,000 Anglais, ilanovriens et Hollandais , marcha à la délivrance de cette place. Le roi et le dauphin étaient venus, de leur côté, rejoindre l'armée française; tout annonçait une bataille décisive.
Le maréchal laissa 30,000 hommes devant Tournay , et prit position dans une plaine trianjîulaire , ayant sa droite a Antoing et à T Escaut, son centre à Fontenoi , sa gaudie au bois de Barri.
Les deux villages étaient fortifiés et liés par des redoutes , et le seul espace qui restât ouvert entre Fontenoi et le bois était balayé par l'artillerie. Des ponts établis sur rEscaut devaient faciliter la retraite en cas de malheur.
Le duc de Cumberland avait sons lui le jeune prince de Waldeck et le vieux Koenigseck, avec quelques escadrons autrichiens. Le 1 1 mai , on commença , à six heures du matin , à se canonner; vers oeuf heures , les alliés se mirent en mouvement ; les Hollandais attaquèrent Antoing , les Anglais Fontenoi :
ces deux attaques échouèrent ; mais les derniers s'étendant sur leur droite, pénétrèrent, malgré 1 artillerie , entre Fontenoi et Bam-, en formant une colonne compacte de 20,000 hommes qm s'avança lentement , déborda le village et le bois, et rompit les deux premières lignes françaises formées «Tinftnterie (*).
(*) On connaît la manière courtoise dout
914 MHiTBvoi L^tVÉtiS. MmmLàmr
La troisième ligne, formée de ca- Français comptèrent 1,760 morts, et Talerie, essaya inutilement plusieurs 3,600'b!essé8 clans Tiiifanterie. La perte charges contra cette redoutable colonne de la cavalerie fut évaluée à 1,800 qui, par son feu roulant, faisait échouer hommes. Mais cette victoire, due à toutes les attaques partielles et mal di- une espèce de miracle, fit tomber Tourrigées de nos troupes. Quelques régi- nay , Gand, Bruges, Oudenarde , Den> HMnti dMofanterie vinrent encore , par dermonde , Ostende et Rieuporf . les ordres seuls de leurs commandants , Foatète ( Charles-Marie Févret de), affronter le danger; mais les Anglais né à Dijon, en 1710, conseiller au parmarcbaieut toujours serrés au travers lenient de cette ville depuis 1736, était étB morts et des blessés , et ils allaient arrière- petit - fils de Charles Févret, tourner Antoing. Alors le désordre se avocat au parlement de Dijon , auteur met dans toute l'armée française où il d'un savant Traité de Cabus ( 2 vol. ne restait que la maison du roi et qua- in-fol.), réfuté par ordre du cler^'c *) ; tre canons. On ne s'entendait plus ; tout d'une Histoire de la sédition arricée à le monde commandait , personne n'o- Dijon en 1680 , et de plusieurs autres béissait ; le maréchal de Saxe , malade, écrits en prose et en vers latins, mais toujours à cheval , se promenait Fontète , après s'être attaché , peniiu pas au milieu du feu , en'douuant dant une longue suite d'années, à rasdes ordres qu'on n'exécutait pas ou sembler une nombreuse collection d'où» qu'on exécutait mal. A Fontenoi on n*a- vrages et de morceaux tant imprimés vait plus de bouit ts; on ne répondait que manuscrits sur l'histoire de France, plus à ceux de l'ennemi qu'avec de la conçut le projet de donner au public poudre. Une loule d'officiers étaient une nou?e1îe édition de la BIbliothéquê tués. La bataille semblait perdue; si historique de la France^ daP, le J^oiv^;. les Hollandais eussent renouvelé leur C'est par les augmentations considéraattaque, il n'y avait plus de ressource: bles que ses travaux ont produites, que déjà le maréchal , songeant à préparer cet ouvrage important, après être sorti la retraite, donnait ordre d'évacué des mains de son premier auteur en un Antoin^. En c^tte extrémité, l'Irlan- seul vol. in-fol., I :in 1719 , est devenu du's Lally proposa de pointer les quatre un répertoire immense, qui forme aucanons de reserve sur le front de la co- jourd'hui 4 vol. in*fol., non compris lonne qui s'était arrêtée d*elle*méme, les tables, qui en composent un 5*. affaiblie et étonnée de son isolement au Fontète est mort directeur de Taeadé* milieu de l'armée française (*). Aussi- mie de Dijon, en 1772, sans avoir vu tôt toute la maison du roi s'eiunce sur la lia d'une si belle entreprise. Barbeau ses flancs; Tlnfanterie recommence ses des Bruyères, auquel il avait remis tout attaques en ordre; l'Irlandais entre le son travail dès 1764, a présidé à Tédi* premier dans les rangs ennemis , l'épée tion de cet ouvrage, à la main. Lu quelques minutes la co- Fonteybault, Fons Ehraldi. Dans lonne est ouverte de tous cùtés et re- les dernières années du onzième siècle, cute. Enfin, vivement poursuivie et ^ra- tandis qu*un ermite enthousiaste en> séc par l'artillerie, elle (juitte le champ traînait les prinr-es et les peuples à la de bataille , sans tumulte, sans confu- croisade, un zcle non moins ardent fiion. Les alliés perdirent 7,000 morts, suscita en Bretagne un saint predica- 2,000 prisonniers , et 40 canons. Les leur, dont la parole féconde ramena
les ennemis abordèrent les cardes françaises Christ une foulo de pécheurs, et
î^sX";^,esa;Sl2,.?^^^^^ «r^^^t de pécheresses Cet homme
qu'ils furent à cinquantr pa7de disfrn,of>. «tait Robert d ArbriSSCl. (Vovez Ab-
• Tirez , messieurs des gardes françaises, » BBISSEL.) Vers 1 année 1099, le mis-
crb milord Hay. « Messieurs, répondit k sionnaire se fixa dans le vallon désert
« comie d'Auieroche, tirei vous-mêmes, nous Fontevrault, sur les confins de P An-
^ ne tirons jamais les premiers.» Une dé- jOU et du PoitOU, et y foûda deUX mocharge terrible fut la réponse des Anglais.
(*) Un adroit courtisan, le duc de Riche- V) U nneilleure édition est «lie de Lvon,
lieu, t'appropria l'idée et U gloire du succès. X93d.
aaafèfes pour les nombreut prosélytes
des deux sexes accourus autour de lui.
Les prrdicntions de Robert opéraient chaque jour de nouvelles conversions.
Pascal 11 confirma, en 1106, l'ordre de Fontevrault» qui fut placé sous la protertion de la Vierge et de saint Jean rÉvangéliste. Une bulle de 1113 répéta cette confirmation d'une manière plus explicite , et , par une clause difllcite à justifier, il fut statué que, comme Jésus-Christ en mourant avait donné pour lils à sa mère le disciple bien - aimé, rabbesse et les religieuses auraient de même, dans le nouvel ordre, la suprématie sur les religieux , et seraient exemptes de la juridiction de révéaue.
Le pieux fondateur fut le premier a se soumettre à la supérieure , qui défait être toujours choisie parmi les fefnmes élevées dans le monde, « parce qu'une « vierge du cloitre , ne connaissant que « les âioses spirituelles et la contem- « plation . ne saurait gouverner les af- « laires extérieures , et se reconnaître « au milieu du tumulte du monde. »
Lorsque Robert mourut (1117), l'or^ dre avait déjà pris une extension considérable. La reine Bertrade (voyez ce mot) et la seconde femme d'Alain , duc de Bretagne, Esmangarde d'Anjou , sV étaient engagées , et Ton avait dû bfttir à Fontevrault trois couvents pour les religieuses , ordinairement plus nombreuses d'un tiers que les religieux : le grand Moutier, destiné à 300 vierges et veuves; la nuiison (Je Saint- Lazare , à 120 lépreuses et inlirmes, et celle de la Madeleine, aux pécheresses repenties.
Enfin, la piété des contemporains avait donné à Robert d'Arbrissel les moyens d'établir de nouveaux monastères de son ordre, dans diverses localités : ceux des Loges, de Chantenois , de TEncloftre, de la Pucé, de la Lande, deTuçon e t Atijou, (fOrsan dans le Berry, de la Madeleine d'Orléans sur laL.oife, delà haute Bruyère, dans le diocèse de Chartres, etc. On en compta bientôt jusqu'à trente dans la Bretagne seulement (*), et en 1145, les religieuses étaient au nombre de 5,000 (**). Elles se troovèrent même 900 dans le seul
(*) nam, Hist. de Rrrlai;ne, t.I, p. 3»I, ("j Suger, Epist. ad hug. U.
fCB. fOKTMVlAVLT llf
nooaslèn de Blessao , m dfoeése dt
Limoges. Néanmoins, en 1248, elles étaient rédm'tes en tout à 700 , et en 1360, à 500. Les couvents du même ordre se multiplièrent , non-seulement dans les diverses provinees du royaume»
mais aussi en Espagne et en Angleterre, et furent dotés de nombreux privilèges 'par les souverains pontifes (*).
Les religieux de Fontevrault, soumis d*abord à la rè^le de Saint-Benoît , se qualifiaient cependant de chanoines réguliers , et avaient embrassé celle de Samt-Augostin t lorsqu'ane réfbrme, sollicitée par Marie de Bretagne, vingtsixième nobesse, porta, en 14.59 , quelque remède au désordre. Mais cette tentatife n'ayant pas suffi à la piété de rabbesse, elle quitta le chef-lieu de Tor* dre , et se retira à la Madeleine d'Orléans. Là , elle forma une règle nouvelle et plus sévère, qui, approuvée par le pape , en 1475 , s'établit , malgré de nombreuses résistances, dans toutes les maisons de Tordre , sous le gouvernement d'Anne d'Orléans, sœur de Louis XII, et de Renée de Bourbon (U7fi- 1507). L'autorité de cette dernière abbesse , quelques instants ébranlée par les religieux qui, contrairement à leurs Statuts, ravalent forcée de se soumettre à leur surveillance, fîit rétablie par arrêt du ^îrand conseil en ! 520 , et confirmée trois ans après par Clément VII.
Les religieux cherchèrent encore à s'affranchir de la suprématie de Jeanne- Baptiste de Bourbon, fille de Heiiri TV, 32* abbesse. Mais , malgré une bulle d'Urbain VIII, un arrêt de Louis XIII.
du 8 octobre 1641, rétablit et confirma in rcforuip de 1475, basée sur les règles de Robert d'Arbrissel , de saiot Beuolt et de saint Augustin.
Il était passé eo usage que Ton envoyât à Fontevrault les filles de France pour y ^tre élevées dans leur jeunesse. L'abbi sse , comme nous venons de le voir, appartenait presque toujours, par des liens légitimes ou illégitimes , au
(*) On doit remarqiuT surtout le privilège par lequel, en ir45, Eugène III affranchi 1 les religieux et religieuses des épreuves de l'eau bouillante et de l'eau froide, dn for
chaud el des autres , ordonnant (urils ne justifieraient de leurs préleutions ^ue par voie des témoins. .
rONTOl LUI<I1V£RS FOKTBAILLES
sang royal. Ce puissant et riche institut (*) était divisé en 4 provinces:
France, Aquitaine, Auvergne et Bretagne. La première renferniait Ij» priflaréi, la seconde t4, la troisième 16, la quatrième 13 (**).
La royale abbaye de Fontevrault est, depuis 1804, transformée, comme Clairvaux , Gailion , le mont Saint - Michel , etc., en une maison centrale de détention. Des cinq églises qu'elle renfermait, il n'en reste plus qu'une, la plus grande de toutes , remarquable monument du douzième siècle, devenu prison comme tout le reste du monastère. On rapporte à la même époque la oonstruction de la tùwr d'Êvrawt, qui s'élève encore , dans la seconde cour, au milieu des bâtiments modernes , avec sa couleur antique et sa masse pyramidale. C'était autrefois, à ce que Ton croit, une chapelle sépulcrale, placée au milieu d'un riniPtière.
Du fameux ciwpfi're des mis où reposaient les PlauLagenets , ii ne subsiste plus que quatre statues mutilées, gisant dans une sorte de trou , voisin des nouveaux cachots. Ces statues sont celles de Heuri II d'Angleterre, d'Éléonore de Guîenne, sa femme , de Richard Cœur de Lion , et d'Elisabeth, femme de Jean sans Terre. T/église de l'abbaye posséda aussi, jusqu'à la fin du dix -huitième sièele, les restes de Jeanne d'Angleterre, sœur de Richard Cœur de Lion, le cœur de Henri III d'Angleterre , et les ossements de Robert d'Arbrissel.
Le bourg de Fontevrault , qui doit son origine et son accroissement à l'abbaye , est bâti dans le fond du vallon, au milieu d'un bois. Il renferme 1,500 bab. Situé à 12 kilde Saumur, il fait partie du département de Maineet-Loire.
FoNioi (affaire de). — Le maréchal Luckner, entrevoyant dans les disposi* tions des ennemis, en 1799, le projet
(*) Madame de Pardailland'Antin, urièrepptite-fille de madame de Monlespan , qui était , en 1789, aUbe&se de Fontevrault, lirait de ce bénéfice plus de loo^ooo livres de rentes. On comptait alors dans cette abbaje i5o femmes et 60 hommes.
Ç"*) Les constitutions de l'ordre de Fontevrault ont été imprimées i Paris en 1643.
de pénétrer en France entre Lon^wy et Thionville, vint camper à Fontoi, village du département de la Moselle, à proximité des deux places menacées.
22,000 Autrichiens se présentèrent, le 19 août, pour emporter ce camp bien retranché; ils en turent si vigoureusement repoussés par le feu de l'artillerie, qu'ils renoni^rent à leur entreprise.
Fo^TRAiLLES f Lotils d'Astnrac, vicomte de), qui joua un rôle important dans les intrigues de cour, sous le ministère de Bicnelieu, et nous en a laissé une relation curieuse, était un gentilhomme gascon d'une rare résolution et d'une grande habileté. 11 avait été, à la suite d*one querelle avec son beau»
frère, protégé par Cinq-Mars contre les ordres sévères du cardinal, et, dès lors, il s'était dévoué à la fortune du favori. A son dévouement, il joignit encore sa haine personnelle pour Richelieu , auquel il ne pardonnait pas do l'avoir plaisanté, un jour, sur sa laideur et ses diflormités corporelles. Aussi ce fut lui qui irrita le plus M. le Grand contre l'Éminentissime, et qui le poussa d'abord à recourir contre lui aux moyens extrêmes.
Le duc d'Orléans, au service duquel le vicomte de FontraiUes était attadié, s'étant associé aux conspirateurs, fit choix de lui pour aller en Espagne, en son nom , en celui de Cinq-Mars , et peot>étre aussi au nom de la reine, conclure un traité avec les ennetnis de l'État. Quand les chances de la conspiration commencèrent à diminuer, f ontrailles pressa en vain Monsieur et Cinq- Mars de se mettre en silrctc à Sedan.
"N'ayant pu les y décider, il prit la résolution de s'évader lui-même au plus vite, et dit à son imprudent ami:
« Pour vous , monsieur, vous serez en- « core d'assez belle taille auand on a vous aura ôté la téte de dessus les « épaules ; mais moi , je suis en vérité
trop petit pour cela. » Là-dessus, il s'enfuit en Angleterre, ne rentra en France qu'après la mort du cardinal , et mourut en 1G77. Sa Relation des choaes particulières de la cour pendant la faveur de M. de Cinq- Mars a été publiée avec les mémoires de INlontrésor. On la trouve aussi dans la deuxième série de la collection des Mémoires re-
FORBIH FRj
latifs à rhistoira de France, tome UV»
p. 409 et suiv.
FOB. — Dnns quelques provinces françaises, voisines des Pyrénées, en Bcarn surtout, ce mot est synonyme de cou* tnvip, privilège. Quelques localités du Bearn, telles qu Oloron, Morlas, les vallées d'Ossan et d'Aspe, avaient leurs fort particuliers. En 1306, Marguerite de Beam fît rédiger en an seul corps le for général de la province et les fors particuliers, ainsi que divers usggcs et rè{;lement8. Ce recueil fut corrigé et remis en meilleur ordre en 1551, avec le consentement des états du pays.
Forage. — Ou nommait ninsi un droit seigneurial sur ic. vin mis en vente, particulièrement sur te ▼In ^endu en détail.
FORATN. — Dans notre ancien droit, cette gualifîcatioo était souvent employée comme synonyme ^étranger; et Pon disait indinéremment forains ou
aubains (voyez ce mot). Les marchaTtds forains étaient des marchands étrangers on des marchands qui se rendaient a une foire; ït prév(ii fôrain n'étendait
sa juridiction que sur Ips personnes étrangères à la ville où il tennit son siège ; V officiai forain était délégué par révéqae hors du siège de révéché ; ta traite foraine rtnit Ip droit payé par certaines marchandises à l'entrée ou à la sortie du royaume. Dans les villes d'arrêt, les bourgeois avaient le privi» l^e de faire arrêter leurs dif^teurs fo^ rains. Au Châtelet de Paris, on appelait chambre foraine, tribunal forain, une juridiction sommaire établie pour connaître des demandes et contestalions se rapportant au commerce des lK>urgeois de Paris, avec des étrangers.' Ses séances se tenaient avant celles de la ctiambre civile , dans la même salle et par les mêmes juges.
FoBBiN, famille ancienne de Provence , dont plusieurs membres se sont fait un nom dans diverses carrières.
Palaméde de Fobbin, seigneur de Solies, président de la chambre des comptes, devint premier ministre du roi René d'Anjou , et employa son crédit à soutenir les intérêts de Louis XI, qui avait eu soin de le gagner par des présents. Charles d'Anjou, succe-^seur de René , s'abandonna aussi entièrement
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à la domination de Forbin, et se laissa
persuader par lui de nommer, par son testament, le roi de France son héritier universel. Après la mort du prince (1481) , le premier ministre prit possession de la Provence au nom de Louis XI, réduisit à Tobéissance les partisans de René II, assembla les états par lesquels il fit reconnaître la ▼alidite do testament de Charles et Pautorité du roi , et accomplit enfin la réunion de cette belle province à la France, dont elle était séparée depuis Içs temps des premiers Carlovingiens. Louis donna au seigneur de Forbin un pouvoir presque absolu sur ce nouveau domaine , en lui disant: « Tu m'as fait comte {de Pro- « veneé) , je te fais roi ; » paroles dont la maison de Forbin a fait sa .devise. Palamède mourut à Aix en Iâ08.
Un de ses descendants, Gaspard de FOBBiN , seigneur de Solies et de Saint- Gannat, député par la noblesse de Provence n Passemnlée des notables de Rouen , a laissé quelques mémoires manuscrits sur l'histoire de son pays (*).
Mais ce fut le marin Claude^ chevalier^ puis comte de Forbin., né, en Ifi.'jC, au village de Gardann^ , près d'Aix , qui illustra le plus le nom de sa famille. Il entra fort jeune dans ia marine , sous les auspices de son oncle, commandant line g;i!ere, rt fit sa première campagne à l'expédition de Messine (167â). Un an après, il se trouvait au si^e de Condé, dans la compagnie des mous* quetaires du bailli de Forbin , son parent, lieutenant général. Enfin, il rentra, comme enseigne, dans la marine, vers laquelle l'entratnait son caractère aventureux et bouillant; fit, sous d'Estrées, la campagne d'Amérique, et assista au bombardement d'Aller par Duquesne.
Après avoir ainsi fait son devoir sur mer, Forbin comprit qu'il fallait sonner aussi à faire sa cour à Versailles, A l'aide d'une protection ecclésiastique, il y obtint le grade de lieatcnant de
{*) Mémoire sur les troubles de Proveoee de 1578 à i588 , in-4*'; Mnnnire pour servir à lliist. de Provence .... de]mis le mois de mai t588 jusqu'au 16 nov. iSg?» ouvrage qui a beaucoup servi à César Nostradamus pour ta rédaction de son Histoire de Provence.
FOftBiir LtJinVERS.
FORBIR
vaisseau. Ensuite il partit pour Lisbonne avecTorcy, ambassadeur extraordinaire. En 1685, le chevalier fitt nommé major de la fameuse ambassade envoyée au roi de Siam(l685). Sa Majesté indienne le retint à son service» et lui donna le titre d*aiDiral et de généralissime; mais, d^dté de ces grandeurs au bout de deux ans, le marin français s'enfuit de Siam, et reprit, en 1688, son rang sur les cadres de l'armée navale. Quand la guerre eut éclaté entre l'Angleterre et la France, on lui conQa une frégate sur laquelle il ncrompagna Jean fiart , jusau'à ce que , s'etant bien battu comme lui, il lut, comme lui aussi , fait prisonnier et conduit à Plymouth.
Les deux braves ne tardèrent pas à l'échapper de leur prison. Forbin, nommé capitaine de vaisseau , demanda que
son ami absent eût aussi sa part de récompenses; et Jean Bart reçut le même
Êrade, la même gratification que Forin; plustard, ce fut le chevalier qui se chargea de mener Vours au milieu de la foule dorée de Versailles.
]\'ous n'entrerons pas dans le delaii de tous les exploits qui rendirent notre capitaine la terreur des Anglais et des Hollandais. ÎNous rappellerons seulement sa brillante croisière dans le golfe Adriatique , durant la guerre de la succession d'Espagne ; expédition difficile, où il se montra toujours plein d'activité et de résolution. Ce fut alors qu'av ec cinquante hommes d'équipage, embarqué sur ses chaloupes, il alla embraser un vaisseau anglais amarré dans le port de Venise, et destiné à combattre la division française. C'était une action digne des plus hardis flibustiers; car, avant de mettre le feu au bâtiment , il l'avait enlevé à l'abordage, le sabre au
{)oing. Le bombardement de Trieste et 'incendie de Lurano par Forbin adieférent de terrifier nos ennemis, au point que les capitaines vénitiens, après s'être recommandés à saint Marc, se souhaitaient entre eux qne Dieu les gardât du météore de la BolUna et du chevalier de Forbin!
L'habile marin fut employé, en 1703, 1704, 1706 et 1707, à chasser les corsaires algériens , et à désoler le commerce des Attglaia et des Hollandais,
u'il poursuivit jusque dans les mers
u Nord.
En 1708, ce fut lui que Louis XIV
choisit pour conduire Jacques III à Édimbourg. II ne put effectuer le débarquement , mais il sut du moins ramener sa flotte et le prétendant à Dunkerque, sans avoir perdu plus d'un vaisseau. Les conseillers du vieux roi rendirent le comte de l'orbin responaable de Tinsaccès de cette expédition ; et Louis XIV consentit, en 1710 , à la retraite que sollicitait cet homme, l'un des plus fermes soutiens de sa gloire.
Forbin, auquel ses nombreux services n'avaient pu faire franchir le grade de contre-amiral, passa le reste de ses jours dans une maison de campagne près de Marseille, où il mourut en
Ses Mémoires, publiés, en 1730, à Amsterdam (2 vol. in-lâ), ont été rédigés sur ses notes.
Louit - Mcoltu - PhiUppe •> Auguste , comte de Fobbin, directeur général des musées de Kranre , nnrjuit, en 1779, à la Roque ( liuuclies-du-Rhône). Après avoir servi comme simple soldat au siège de Toulon , il vint à Paris étudier la peinture, et fut admis dans l'atelier de David. Mais la conscription vint bientôt l'enlever à l'étude des arts , et lui faire reprendre les armes. Gepiendant, ayant peu de temps après obtenu son congé, il alla se fixer en Italie, où il trouva une protection spéciale auprès de quelques membres de la famille Bonaparte. Il ne revint à Paris qu'au moment du couronnement de Teuipereur, et fut nonimé chambellan de la princesse Pauline. Il reprit alors une troisième fois les armes, et fit quelques campagnes en Portugal , en Espagne et en Autriche, comme officier d'état-maior. Enfin , il ne quitta définitivement le service qu'après la pàii de Schœnbrunn. Abandonnant alors en même temps et son grade et ses fonctions de chambellan , il alla s'établir à Rome , où il se livra exclusivement à la pratique de son art.
Celte retraite, qui fut considérée comme une disgrâce, valut au comte de Forbin un brillant accueil de la part deia restauration. U fut en effet nommé, peu de temps après rétablissenient du
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nouveau gouvernement, membre de rinstitut et directeur des musées royaux. Il partagea dès lors son temps entre les soins de Tadministration et son talent qui lui valut des éloges et des critiques également mérités. 1! est mort en 1841. Il a publié plusieurs ouvra<;es : Chartes Banmore, Paris, ISIO, in-8*; Voyage dans le !rrrr?it, 1817 et 1818; Soui-enirs de la Sicile, 1823, in-S»; Ln mois à l enise, 1824-1825 « in -foi.
A une aatre braocbe de la même famille appartient le marquis de Fort^in DES IssABTS, né à Avignon vers 1771, et qui , ayant donné constamment des gages de son vif attachement à la cause royale , fit partie de la chambre de 18f 6« où il se fil remarquer par rexaltation de ses principes; reparut à la session de 1820; devint, après un duel avec Benjamin Constant , maréchal de camp et conseiller d'Ktat ; fut réélu dans son dé[)artenient , et entra , an mois de novembre 1827, à la chambre des pairs, d*où le fit sortir son refus de serment après la révolution de 1830.
î.es marquis de Janson forment encore une autre branche de la famille de Forbin.
Tou8S€tlnt de Forbin-Jansor fut
sncressivenient évêque de Digne, de Marseille et de Beauvais, puis envoyé par Louis XIV comme ambassadeur en Pologne. Sobieski, qui dut en partie à son crédit le trône de cette république, lui en marqua sa reconnaissance en le présentant pour le cardinalat. Ayant en effét obtenu cette dignité , il partît pour Rome , où il représenta la Frarice, en qualité d'ambassadeur, sous les pontificats d Innocent XII et de Oément XI.
Jjs marquis de Louville^ dans ses Mémoires (*) , ne le présente pas comme un politique habile. «Il avoit adopté, dit cet auteur, une singulière manière de sMnsinuer à la cour de Rome; c*étoit de répéter |)artout , et souvent en pleine tal)ie, devant ses valets, que le pape étoit un fripon, que les cardinaux étoient des marauds dont son souverain feroit bien de seroiier le joug, et d'autres propos diploaiatiqueâ de cette na* ture, »