‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 52 sur 198 · FORTIA · texte numérisé non relu

FORTIA

Mais le roi ne la suivait qu'a un long întervaile; et à Tarrière-garde, la cohue des bagages et des valets était en grand .désordre, et' restait fort loin de la gau» che de Parmée qui la couvrait. Les confédérés devaient attaquer la colonne en téte , sur le flanc et en queue. Mais la furie française et la bravoure des Suisses réparèrent l'imprudence des généraux de Charles VllI. Le roi luimême , o le petit roi , qui , selon Tex- « pression de Comines , n'étoit plus « reconuaissable , tant il étoit grand, « ferme, audacieux, » déconcerta à coups d'épée les manduvres de Gonza?;iie.

Les stradiots, redoutable inilire alba- . naise , à la solde de Venise , s'étant jetés sur les bagages pour faire du butin , il accourut à l'arriere-garde, et se trouva en face de 15 à 16,000 hommes avec 8,000. Aussitôt, à la téte de sa noblesse, il se précipita sur cette armée. La mêlée dura à peine un quart d'iieure : l'ennemi, culbute, taillé en pièces, poursuivi jus*

2u*à son eamp, laissa pnis de 8,000 ommes sur le champ de bataille. Pendant ce temps, le corps d'armée char^^é d'attaquer Favant-gardc française tourna bride sans rompre une lance.

Comme les Italiens renversés dans le choc , à cause de la pesanteur de leur armure , étaient aussitôt tués à coups de hache, leur desastre fut épouvantable.

Les Français eux-m^es, qui n'avaient perdu que 200 hommes , .restèrent un moment comme étonnes de leur victoire, et hésitèrent à poursuivre leur marche, tant il leur semblait incroyable qu'une si puissante armée se fîAt à si peu de frais dissipée devant eux.

Cette belle journée pouvait donner la possession de lltalie; mais Giarles, jiressé de revenir en France, manqua cette fois encore h sa fortune.

FORTIÀ (famille de). — Cette maison, divisée en quatre branches, de Fortia- Chaillij d'Urban, de Montréal et de Piles, qui formèrent en Languedoc, en Touraine, en Provence, à Paris, dans 'le comtat Venaissin, diverses branches secondaires presque toutes éteintes aujourd'hui , est une des plus anciennes du royaume d'Aragon. Le nom de Kortia , qui est celui d'un château du Koussillon , est , dit-on , connu depuis la fin du dixième siècle. Plusieurs de

ces très-hauts seigneurs s'illustrèrent par leur valeur au service du roi d'Aragon. Sibylle de FoiixiA épousa , en 1881, don Pèdre Vf-, Isabelle et Èléonore furent mariées à Jacques II d'Aragon, dernier comte d'Urgel, et à Jean 1", roi de Castille.

Les seigneurs de PUeê descendaient de Paul de Fobtia , né à Carpentras en 1559(*), et qui prit ce nom d'une de ses terres pour se distinguer de ses frères. iSleve auprès du dued'Ëpernon, Piles gagna la faveur de IL nri III et de Henri IV, et obtint, en I^'IG, le gouvernement (lu Berri, et deux ans après celui de IMarseille. Il mourut^en 1631.

Patd II de PUet, son fils aîné, né à Aviirnon en 1600, fut attaché dès sou enfance à ï.ouisXIII, alors dauphin , qui conserva toujours pour lui une grande amitié. Louis XTV le protéjsea comme son prédécesseur, et, en 1660, lui donna la charge de gouverneur viguier de Marseille. Cet emploi est toujours resté depuis dans sa ramille, jusqu'en 1789. Paul II de Piles mourut en

Son frère Ludovic, qui porta le titre de baron de Baumes, n est guère connu que par des exploits de duelliste et une imprudente bravoure. L'uiie de ses victimes fut le fds de Malherbe, qu'il tua, en 1628, à Aix. Il parait inéme que ce fait ne se passa point suivant les lois du code de l'honneur. Les auteurs contemporains diserit tons que le lils du poète périt dans un duel; mais Tallemant des Réaux (tome I , p. 192) donne làndessus'de grands détails, desquels il ressort que de Piles aurait , à la suite d'une querelle, assassine ce jeune homme, avec l'aide de quelques amis. Ktalherbe, désolé de la mort de son fils, se vengea en répandant contre le meurtrier et sa famille les bruits les plus injurieux. R II alla même exprès au siège de la Rochelle demander Justioe au roi , dont n'ayant pas eu tonte la satisfaction qu'il espéroit, il disoit tout haut, dans la cour du logis où le roi logeoit qu'il vouloit demander le combat contre M. de Piles. Racan, qui y étoit, le

(*) Et non de Paul de Korlia,ué «n i633, comme le dit VMncyxlo^féJie des gens du monde, t,XI, p. 3oif.

FOETIA FRATiCË. fOKTinGATION âS3

voulut tirer à part pour lui 'dire qu'il

étoit ridicule, n IMi^e de soixante et treize ans, de se vouloir battre contre un homme de vingt-cinq. Mais Mallieriie, rinterrompant brusquement , lui dit :

« Cest pour cela que je le fois. Je ho- « sarde un sou contre une pistole. » Le boniioniine gagna à ce voyage la maladie dont il mourut à son retour à Paris. » L'auteur dont nous extrayons ce passage, Tallemant dos Réniix , dit aussi, dans le même chapitre : « Les Fortia pas- « sent pour être venus des Juifs. « Ce bruit, alors généralement répandu, avait sans doute été accrédité par une satire virulente de Philippe Desportes, et par des épi^ramnies de Jean de Baïf contre»François de Fortia , trésorier des parties casuelles sous Charles IX (*).

Ludovic périt en lf)46, à l'attaque dtô lies Sainte-iMnrgucrite.

Paul /// de FoBTiA, marquis de Piles, deuxième fds de Paul II, né à Baumes en IG33, fut chevalier de Malte et gouverneur des îles de Alnrseilie.

Alphonse y marquis de Forviile, cinquième (ils de Paul II, lui succéda dans la charge de gouverneur vi^uier de Marseille, après avoir occupé divers grades militaires, et mourut en 1708.

Louis-Jlphonse «/eFoBTiA, marquis de Piles, fils de Paul III, né en 1665, fut c;oiiverneur du château d'If, puis de Marseille, et mourut en 1729.

TowttttbU-Jipkonse, fils du précédent, né en 1714, fut gouverneur vîguier de Marseille, et mourut en 1801.

La terre de Baumes, dans le cointat Venaissin, avait été, en 1775, érigée en duché en sa fÎBveur par le pape Pie \l.

Le dernier rejeton de cette hrai che fut son petit-fils, yllphoyise- Toussaint- Josepli- André-Marie-Marseille , comte de Plies, auteur d'un grand nombre d'ouvrages de littérature et de politique fortement empreints de ses opinions royalistes (**). Il est mort en 1826.

Son oousin, Agricole'Joseph- François, etc., marquis de Fortia d'Ur- BAN , membre de l'Académie des ins-

(•) Ces pièces existent encore dans un iiiallttscrit de la Bibliothèque du roi , n" t. III, p. 3 ; et du fonds Colherl.

(**) Voyez lYiuitnéi alion de ces écrits diuis le siippléiiieul de la hiogr. uoiverKile de Mieliaud, U LXIY, p. 277.

criptioos et belles-îettres, descend de

Jean de Fortia , troisième du nom , né à Montpellier en 1477, seigneur d'Orthez en Languedoc , et dont le fils transmit à toute sa race la charge de vîguier d* Aviiznon, et fut naturalisé, airai que ses fieies, par Henri II. Le représentant actuel de cette famille, né en 17ô6, entré à l'Institut en 1830, a rendu par ses écrits de nombreux services à la littérature et à l'histoire. On lui doit, entre autres, une f ie de Crillon (3 vol. in-8*, 1825); ViiUtoire du Haynault, par Jacquet de Guyse, avec le latin eu répara (Paris, 1826 et années suivantes); une Ilisiolrc générale du Portugal (10 vol.in-8% 1828'I830); une nouvelle édition de ^ Art de vérifier les dates, etc.

FoBTlPiCATiON (art de la). — IS'ous avons exposé ailleurs (voyez t. V, p. 43) comment les nombreux châteaux forts (pji, au neuvième et au dixième siècle, couvraient d'une espèce de réseau toute l'étendue de la France, avaient été peu à peu détruits, ou transformés, quelques-uns de l'intérieur en forteresses, la plupart de ceux des frontières en places fortes. Nous indiquerons, pages 237- 238 dere volimie, l'origine, la nature et les dilïerentes destinations des forts, forteresses et citadelles, Enlin, à l'article Places fortes , nous montrerons quel a été, à partir de Louis XIV, car antérieurement on n'avait rien ou près-

30e rien tenté à cet égard , quel a été, isODS-nottt, sous ce roi , et quel est encore aujourd'hui le système de défense tendant à garantir notre territoire de rinvasion ctes armées étrangères.

Ici , nous allons , autant que le cadre de cet ouvrage le comporte, tracer un aperçu des modifications que diverses circonstances ont introduites dans la manière de fortifier les châteaux, les forteresses et les places. Ce qu'on va lire pourrait, à la rigueur, s'appliquer aussi bien au reste de rEuro()e qu'à la France; toutefois, nous aurons soin d'insister d'une façon spéciale sur les perfectionnements que cette branche de l'art militaire doit à plusieurs ingénieurs français , tels que Errard , Deville, Pagan!! \ auban et Cormontaingne.

Suivant Tltalien Monlécuculli , l'art de la fortification consiste tout entier à faire en sorte « qu'un petit nombre de

FORTICATION

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