FOUGÈRES
Pf^eUington, le prince Blilcher , S. M, Louis AP'JII, le comte de fJlacas, etc.^ 181Î), in-S" , ouvrage dépourvu de toute authenticité; 6" Le duc tPOtrante, mémoire éprit à L*** fî.intz), en janvier 1820, /?rtr (Fouché), Pnrîs,
1819, ir.-S''; 7" Portefeuille de Fouckéj lettre de Foueké à Napoléon , 1821 , in-S": 8" Mémoires de Joseph Fouché j duc d'Otrante j miJiistre de la police générale j Paris, 1824, 2 vol. iu-S". Un procès y intenté par les enfants de Foa* ché à l'éditeur de ces mémoires, a prouvé qu'ils n'étaient nullement au* thentiques.
FutCllEU DE ClIAllTRES { Fulcke-
ffus Camotensis), historien des croisades, né en 1059. Il était prêtre, et habitait sa ville natale, lorsqu'en t096 il partit pour la première ex|^)édition des Français en Palestine , avec Etienne, comte de'Rlois et de Charhu s , et Robert , duc de Norniaiulie. Attaché a Baudouin en qualité du chapelain, il le suivit dans toutes ses expéditions, et résida ensuite haUtuellement à Jérusalem, où il mourut en 1127. C'est à cette année que se ternu'ne son Histoire de Jcru.Knlem. Cet ouvrage comprend la plus grande partie des événements de la croisade depuis le conrile de Clermont, tenu en 1095. Il est d'autant pli;? important , que l'auteur n'y rapporte que ce qu'il a vu lui-même ou ce quil a aj;»pris de témoins oculaires. Si Jiotre historien est le môme 'ce qui paraît assez certain) qu'un Foucher de Chartres dont parle Gilon de Paris dans son poêmeC*), il eut lui-même une part glorieuse aux événements (jn'il a racontés, et niania l'epée aussi liu ii que la plume. Le |)oete, en effet, iiou?. ie représente connue un guerrier intrépide , qui , au siège d'Autioche , exhorte les autres pnr ses paroles et ses exejnples, escalade les murs, ^orge les sentinelles, et entre victorieux dans la ville.
Ikldurius ille
HaUM Carnoti » proceres pr«crd«r«
HoQ linwt, invicta; prop«raiw ad nmnia vllto » «te*
On a deux éditions de Thistoire de
Foucher. La première a été publiée par Bon^ars dans son recueil des historiens de la croisade; la seconde, plus ample et plus correcte, par Ducfaesne, dans le
(*) Voyez Slart., t. m . Aneodol., p. ait.
4* volume des historiens de France. Une troisième édition, revue sur les manuscrits, paraîtra incessamment dans la collection des historiens des croisades, publiée par 1* Académie des inscriptions et belles-lettres.
FouKT. Le fouet était appliqué, dans notre ancienne jurisprudence, dans une fotde de cas, soit comme peine principale, soit comme accessoire d'un châtinient plus rigoureux. C était une peine infamante, à laquelle les vilains seuls pouvaient être condamnés.- Elle eonsistait à être battu pul)li(jiieinent de verbes ou de cordes {iar la main ihi bourreau. La marque ou nélrissiirc avec un fer cliaud accompagnait toujours cette flapelintion.
Le fouet appelé sous la custode différait du fouet proprement dit, en ce qu'il était inflige dans Tintérieur de la prison par les mains du questionnaire ou du geôlier. On ne l'employait qu'à l'égard des enfants au-dessous de 1 âge de puberté. Gomme il n'emportait pas la note d'infamie, il était moins considéré connue une peine que comme une
correetioi!.
Depuis la révolution , la peine du fouet a entièrement disparu de nos codes.
FouoERAY, ancienne seiiineurie de Bretagne (aujotird'hui du département d*ine-et-Vilaine ) , érigée en marquisat , en iG4 t. en faveur de Henri de laCapelle de 1.1 Pvoelie-(iiffart.
Fol (lEKKs , petite ville de l'ancienne Bretagne, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département d'IUe-et-Vi* laine.
C'était autrefois une place forte trèsimportante; Henri II, roi d'Angleterre, s'en empara en 1161, et c'est alors que fut détruit l'ancien château, sur l'emplacement duquel Raoul de Fougères Ht con.struire celui dont les ruinei>subsist£nt encore aujourd*huL Henri II s'en empara de nouveau en 1173; elle toniha au pouvoir lie Jean sans Terre en 1202, et de du Guesclin en 1372. Les Anglais ]^ entrèrent oar surprise en 1449, et cet événement fut le signal de la guerre dont le résultat fut l'évacuation du territoire français par les armées de cette natiofi. Fougères fut repris peu de temps après par le duc de Bretagne.
VOU«iEEBS L'UN
Le vieomte de la Trémouille , commandant Tannée française, se rendit
maître de cette ville , après neuf jours de siège, le 2S Juillet 1488, et cet événement fut le prélude de la bataille de
Saint' Jubin du Cormier , où le même générai battit le duc de Bretagne, le prince d'Oranue et le duc d'Orléans (depuis Louis XII), ligués contre le roi. £n(in le duc de Mercœur, l'un des chefs de In ligue, s'empara de Fougères le 28 mars 1588, et il ne le rendit au roi qu'en lâ98.
D'imposantes ruines, reste de Tanti-
que château qui dominait Fougères, sont tout ce qui reste aujourd'hui des fortifications de cette ville. magnifique donjon , construit en 1383 par le connétable de Glisson , fut démoli vers
Avant la révolution , cette ville était le chef lieu d'une sénéchaussée, et le siège d'une justice royale et d'une maîtrise dos pnux et forêts. Elle possède aujourd'liui un tribunal de première instance et un collège communal. On y compte 7,677 habitants.
FouctÈhes (barons de). Fougères était le çhef-lieu du rongerais, canton situé sur les confins du iMaine et de la JSormandie, et divisé en trois territoires, le Désert, le Coglais et le P^andelais. Les autres villes du Fougerais étaient /ram (Ëutramiuiu) et Bazouges (Basilica).
La baronnie de Fougères était une
des premières et des plus anciennes de Bretagne, et se trouvait placée sur le même rang que les anciennes comtés et vicomtes de la province, toutes ces terres étant également des apanages donnes a des puînés des anciens souverains du ^ays. Elle donnait droit à l'un des premiers sièges, parmi les (lairs de Bretagne, aux états de ce duché.
Méen fils puîné de Juhel Béren-
ger , comte de Rennes , eut en apanage I baronnie de Fougères , vers 97S. Ses successeurs , Jffred /*•" ( 1020 - 1048 ) , Méen If (1084), naoul /" (lf24), Méen IH ( 1 138) et Uenri /"(Il 54) , se signalèrent surtout par leurs libéralités envers l'Église.
Raoul II (ll.'>4-1196) fut le premier qui s'intitula baron de Fougères par la grâce dt Dieu. Cette ambition de l'in-
dépendance Fentratna tour h tour dans
le parti d^Eudes et de Conan, compétiteurs au duché de Bretagne. Trompé dans ses espérances , et voyant les forces de Henri d'Angleterre prêtes à fondre dans son pays, il se fortifia d'abord dans sa résidence ; mais sa ville fut la première que les étrangers assiégèrent, et après s'être défendu avec un courage opiniâtre, le baron fut forcé d'abandonner la plaee , qui fut pillée et rasée par les vainqueurs. Cependant, loin de se laisser abattre , Raoul rassemble quelques seigneurs du pays, exerce de cruelles représailles sur les Anglais , relève les ruines de Fougères , emporte Dol et Combourg, et présente enfin la bataille à Parmée de Henri II. Mais les forces étaient trop inégales ; après une sanglante défaite, il n'eut que le temps de se jeter dans la tour de Dol, et y fut réduit à capituler. Rendu à la liberté, il n'en usa que pour chercher aux Anglais de nouveaux ennemis. Réconcilié enfin avec Henri, il assista en 1185 à l'assise du comte Geoffroy , et fut nommé à la pi emière dignité du pays , au sénédialatde Bretaizne. II nreonipagna, en 1 190, Phili[)pe-Aiii;iiste et Richard Cœur de Lion a la terre sainte, et y mourut.
Son fils Geoffrol I" (1196-1229) hérita de ses talents militaires et de sa haine contre l'Anglais. Jean sans Terre,
Sour le punir de sa longue résistance et e ses liaisons avec la cour de Philippe- Auguste, entra en armes sur ses terres. Mais il ne put v exercer que d'inutiles ravages, et dut battre en retraite.
Raoul /// (1222-1256) rendit d abord hommage à Louis IX, en 1230, lorsque Pierre Mauclerc eut appelé les Anglais à son secours; puis il rentra sous l'obéissance du duc Jean le Roux, avec la permission du roi de France.
Après sa fille unique Jeanne (12r>6- 1269), et son petit-fils Hugues XI II de Lusignan (1269-1303), Gui, frère de ce dernier, posséda la baronnie de Fougères, que la cour des pairs lui enleva par un arrêt de confiscation de 1307, pour s'être allié aux Anglais. Yolande, sœur de Gui, étant morte en I314« Philippe le Bel se fit restituer Fougères par le duc de Bretagne, qui s'en était emparé, et en investit Charly de France son fils.
Celui-ci, devenu roi de France, donna cette barannie à Philippe de France, comte de Falois, lequel la céda , en 1322 , à Jean son fils, et celui-ci la donna, en 1328, après ravénementde son Ipère à la couronne, à son oncle Charles de France, comte de Falois et d'Jlençon, dont les trois fils, Charles, Philippe et Pierre, la possédèrent successifement.
Jean lll d'Alençon ayant été fait prisonnier à la !>ataille de'Verneuil, vendit Fougères au duc de Bretagne Jean / afin de payer sa rançon, et depuis, cette baronnie ne revint a la France que par la réunion de la Bretagne. Depuis ct^tte dernière époque, elle lît toujours partie du domaine du roi.
En 1534, François Y* étant au camp devant Pavie , la céda au maréchal de Montjean, pour en jouir durant sa vie.
Henri II la donna au même titre , en 1547, à Diane de Poitiers. Pendant la ligue , Mercœur s'empâra de Fougères (1588), que le traité d Angers fendit au ^ roi au bout de dix ans.
Louis XV engagea ce domaine au duc de Penthièvre, en 1753. Louis XVI enfin aliéna à perpétuité , à titre d'affeugement (1784), le château de Fougères, avec dépendances , à M. de Pommereul.
FouGÈBBS (prise et combat de). Le 24 mars 1449, François de Surienne, aventurier aragonais au service de l'Angleterre, obligé de pourvoir par la violence à la subsistance de ses routiers , sVmpara par surprise de la ville et du château de Fougères. Cette ville était alors riche et marchande , et elle avait profité des longues misères de tous îei pays voisins. Les aventuriers y pilldreht jusqn'niix églises, tuèrent beaucoup de bourgeois , violèrent beaucoup de femmes, et, y tenant garnison, se mirent à infester tout le pays. Le duc de Bretagne réclama aussitôt le secours du roi de France, qui envoya demander en Angleterre réparation dé cette violation des trêves. On y désavoua Surienne , mais on ne restitua point Fougères.
Dès lors les hostilités recommencèrent.
Le duc de Bretagne , dirigé par le connétable de Richemond, assiégea Fougères pendant un mois , avec 8,000 combattants; r Aragonais se rendît enfin, et passa au service de France.
— Le territoire de cette ville fut , le IS novembre 179S, le théâtre d*un oonibat mémorable entre les républieains et
les Vendéens.
Ceux-ci avaient traversé la Loire , et la majeure partie de leurs cbefe s'étaient décides à s'approeber des cdies de la
Manche, pour se mettre en mesure de recevoir les secours promis par l'Angleterre. On marcha aonc sur Dol par Emée et Fougères. Quatre mille républicains seulement défendaient ces deux villes peu éloignées. Leur avant-garde légère, abusée par la faiblesse apparente d^une colonne royaliste , s'avança pour combattre , tomba dans le piège qu'on lui avait teiuiu, et fut taillée en pièces. A cette nouvelle, le reste de l'armée républicaine se rassemble, sous le commandement de l'adjudant général Brière, autour d'une batterie placée en avant de la princinale route de Fougères , et soutient d^anord le choc avec valeur , gnke aux canonniers de Paris ; mais Bientôt elle fut forcée de s'enfuir vers Fougères. Les ennemis s'en étaient rendus maîtres , et les fuyards , poursuivis avec acharnement , furent alors massacrés sans pitié.
FouLcoiE (Fulcoius) , l'un des plus féconds et des plus célèbres poêles du onzième siècle, naquit à Beauvais, vers Tan 1020, de parents nobles , et fixa sa résidence à Meaux , d'où sa réputation s'étendit par toute la France et jusqu'en Italie. Il mourut dans cette ville vers 1083. L'abbé Lebeuf a inséré une notice sur Foulcoie dans le tome II du recueil de ses Dissertations sur l'histoire de la ville de Paris. Ses poésies, dont la bibliothèque du roi conserve un exemplaire , sont divisées en trois tomes , le premier composé de pièces diverses de peu d'étendue*, le second, de vies des saints , de légendes mises en vers ; le troisième , d'un long poëme, ou plutôt d'un dialogue en sept livres, entre l'esprit et l'homme.
FovLLBTODBTB, ancienne seigneurie, du Maine (aujourd'hui du département delà Sarthe), érigée en vicomte en 1G35, en faveur de Sébastien de Jiroco de Pe» re£s..
FovLo.N (Joseph-François), né à Saumur en 1715. Cet homme , qui fut une des premières victimes des v engeances
f64 WOVÙV L'UNIVERS. fOULQVBS D*A»I01T
populaires au début de la révointidn, avait rempK la fonction d'intendant ^énéml des armées de Soubise et de Broglie pendant la puerrede sept nns, celles d'intendant de la guerre et de la marine , 80U8 le ministère de Belie-Tsie, et d*in- Icndniit des finannes en 1771.
Il était conseiller d'État lors de la retraite de INecker, le 12 juillet 1789, et reçut ce jour-là le portefeuille de contrftleor générai ; mais il ii*eat pas le temps d entrer en exercice.
Peu de temps avant d'être appelé au ministère, il avait remis au roi un mé- •moire où il l'invitait à choisir entre les ^eux voies ouvertes devant lui : anéantir la révolution ou la consolider, et où il se prononçait pour la première. En matière de tinances, il professait ou'- ▼CTtement Topinion que la hnnqiipronte était le véritable moyen de rétablir le crédit public. On Taccusait en outre d^étre un des sociétaires du pacte de fa* mine (voyez ee mot) , dont son gendre Berthier (voy. ce mot) était un des principaux ai^ents. On assure qu'un jour que Ton pariait devant lui de la misère du peuple, il dit : « Eh bien ! si cette canaille « n'a pns de pain, elle innngcra du foin; « les chevaux en ui.Hiizeot bien. »
Saisi de terreur après la chute du ministère, Foulon avait fait répandre le bruit de sa mort , et s'était réftiizio ;i Viry, dans une propriété de son ami Sartine. Des paysans le reconnurent , Farrétèrent , et le conduisirent le Vt juiHet au premier district de Paris. Se Sotjvenant de son infâme propos, ils lui avaient attaché à la boutoiuiière un bècRfuet d*ortîes, et sor le dos une botte d\e foin. Les âetcteurs , auxquels il fut l'émis par les envoyés du distrir't, voulaient le faire conduire secrètement à l'Abbaye. iMais le bruit de son arrestation 8*etant répandu, la Grève fut bientôt couverte d'une immense multitude, qui Taisait entendre des cris de mort, et due l'on es.sayait inutilement de calmer. TOot à coup la masse s'ébranla , força la garde, et la salle des électeurs fut envahie. Cepend,'mt In FiiVf lté survient au moment où le peuple a nommé des juges qui dofrent dédder du sort de rbukm. Il parle longuement en sa faveur, et annonce en terniinfint qu'il va Uixe conduire le prisonuier à l'Abbaye.
On applaudit ; Foolon se crut sauvé et applaudit aussi. Cette indiscrétion irrita la multitude ; unc'fotile nouvelle se précipita sur celle qui remplissait la. salle. Dans cette horrible confusion , la table sur laquelle était Foulon fut renversée; on lp tr:iînn sur la plare; là, on le pendit à un réverbère, et sa léte fut promenée au boMt d'une pique dans Paris.
L*argent et les bijoux qu*il avait sur loi furent en grande partie remis à l'hôtel de ville. Le malheureux était âgé de 74 ans.
Foulons. Ces artisans formaient, à ré|)oque où la draperie (voyez ce mot)
était florissnnte, une corporation nombreuse et puissante. Plus de 300 fou- Ions, maîtres et ouvriers, allèrent audevant du convoi qui rapportait d*Afrique n Pnris le corps ne saint Loui<;. Il nous reste sur les foulons plusieurs statuts, un entre autres de 12ôG ou 12.57, qui est plus ancien que tous les règlements des autres métiers. Ils en avaient reçu un de la reine Blanche, qui ne nous est point parvenu.
Au temps d'Étîenne Boîleau , la profession était franche et pouvait se transmettre à la veuve ; à la même époque, ce nVtait pas le prévôt de Paris qui ostoit et metloit à volonté les prud 'hommes de la corporation ; les prud'hommes cux-niôines se renouvelaient tous les six mois et proposaient leurs successeurs. Cette disposition, était particulière à ce métier.
En 1T89, l'apprentissage était de trois ans ; les jurés seuls avaient le droit de faire des apprentis.
Suivant la coutume d'Anfou , le seigneur bas justicier, en vertu du droit de foulage , avait le privilège d'cUiblir dans sa terre un moulin à foulon , et de contraindre ses sujets etagers , demeurant dans rétendue de trois lieues de son moulin , à y apporter letirs draps, à peine de douze deniers d'amende pour chaque aune de drap, outre le droit de foulage, sMls étaient convaincu s d'avoir fait fouler leurs draps ailleurs.
Foulques d'Anjou. Foulques dit le Roux , qui fut comte d'Anjou, de 888 à 938 , était fils â'/ngelger et arrièrepetit-fils de Tortidf, l'auleur'^e sa race, tiardi, actif et entreprenant, mais ea
PÔULQUBS D'ANJOU FRANCE. FOtJLQUliS D'ANJOU 255
. même temps soiiple' et dissimulé, il réunit les deux comtés de deçà et delà Mayenne , territoire dont Cliàteauneuf et Angers étalent les capitales. Il fut I implncnblo ennemi des Bretons et des INortiiauds de filqig et de Normandie.
Fovlques If son fils, dit le Bon, hérita de cette profonde antipjthie. Il fut
aussi téméraire on niissi jmi.ssant que son père, s'il est v rai qu'il osa répondre «n jour à Louis d'Outre mer, qui le raillait de son habitude d'assister aux offices en habit clérical et de chanter au lutrin : «Un roi illettré n'est qu'un « âne couronné. » Ce langage n'était pas celui d'un courtfsam Foulqijcs II mourut en 058, le jour et dans l'église de Samt-lNlartin de Tours, ce grand et lucratif pèlerinage pour lequel les comtes de Bhis et d^Anjou ont tant rompu de lances.
Les comtes d'Anjou disputaient à leurs rivaux de Blois et de Normandie la Touraine et le Maine , aux Bretons , le pays compris entre Angers et Nantes. Plus u!:ts et plus disciplinables que les Bretons, plus vaillants que les Poitevins et les Aquitains, les Angevins rem- (H>rtèrent au midi de grands avantages , s'étendirent de l'autre coté de la Loire, et poussèrent jusqu'à Saintes. Ils succédèrent à la prépondérance qu'avaient eue un instant les comtes de Blois et de Champagne.
" Quand le roi Robert fut obligé de quitter Berthe . veuve et mère de ces comtes , Foulques Nerra (ou le Noir) lui fit épouser sa nièee Constance (*). »
Ce sei^neur , qu*on doit regarder comme le vrai fondateur de la puissance des comtes d'Anjou , était lils de Geoffroi GriseoonêUe , et petit-Uis de Foulques IL II était arrivé au pouvoir en 987. Dans toutes les cruorres contre ses voisins Eudes I", de Blois, Conan le Fort, comte de Rennes, Gilduin, vicomte de Blois et de Saumur, la fortune avait favorisé ses armes ; son frère, Bouchard, était comte de Paris, et possédait les chdteaux importants de Melun et de Corbeil ; aussi le bon Robert était-il bien faible en &<Se d'un pareil
OMichelet, Histoire de France, t. Il, |k xa3t
seigneur. Aognei de Beaavais , un de
ses seigneurs , qui essayait de rappeler Berthe, fut mipunément tué sous ses yeux |}ar douze gentilshommes, vassaux et émissaires de Foulques. Le roi ne put que porter ses plaintes aux évéques.
« Fulbert, évêqur de Chartres, écrivit à Foulques une lettre ou il ie désignait comme auteur de ce crime. Foulques, déjà fort mal avec l'Église pour lesDiens qu'il lui enlevait chaque jour, partit pour Rome avec ime forte somme d'argent , acheta l'absolution du pape, lit an pèlerinage à Jérusatem, et ratit, au retour, Pabbaye de Bcaulieu , près de Loches; un prélat (un cardinal ) !n consacra au refus des évéques. Toute la vie de ce méchant homme fut une alternative de victoires signalées, de crimes et de pèlerinapes ; il alla trois fois à la terre sainte. La dernière fois, il revint à pied , et mourut de fatigue à Metz (1040). De ses deux femmes, »l avait relégué l'une à Jérusalem , et brillé l'autre comme adultère. Mais il fonda une foule de monastères : Beaulieu , Saint^Nfcotas , et Roneeraf d'Anrs , etc. ; et bâtit force ch^lteaux : Montricharii , Monthazon , l\lirebeau, Château -Gonthier. On montre encore à Angers sa noire Tmtr-du- Diable (*).»
Le dernier pèlerinage du comte est assez célèbre par les curieux détails des pratiques religieuses au prix desquelles il croyait se réconcilier avec le ciel. Cette fois il n'avait pas trouvé de meilleur moyen fîf réparer ses crimes que de se faire traîner tout nu , et In corde au cou, sur une claie, à travers les rues de Jérusalem , en criant de tontea ses forces , pendant ifsit deux valet» le fouetlaieut jusqu'au sang : « Seiarieur, « ayez pitié du traître et parjure Foul- « ques (**)!» •
(*) Idem, p. i54.
(**) Il faut lire jiussi dans la Chronique de Saint-Florent, dans celle de Tours et dans le Gestn Com. atulegav. (D. Bouquet, t. X, p. 25r)-7.()4 et 283), la sainte et bénigne as' tuce à laqiidle ce prtnee eut recours, afin d'être admis à réfrlisp du Saiut-Séptilcre : « lx)r8 oflrit le comte, ejnuit somme d'or pôW le laisser entrer; mais ne voulurent consentir (les Sarrasins), sinon que iecomie feist ce qu'ils disoient l'aire faire aux antres princes cliréiien^. Le comte, pour ie désir
^66 VOV&QmBi D^AirJOir LlTNtVERS. FOULQUES B*AH10V
Foulques IF, le Rechin ou le Querelleur, suecéda, en 1060, avec son frère, Geoffroi III , le Bçirbu, à son oncle maternel , Geoffroi II éil Martel, fils de Foulques r^erra.
qHll «voit entrer, leur promist «pill feroit tout ce qu'iUvoiiJroient. Lors lui dirent les Sarrasins , que jamais ne souffreroieul
qu'il y enlrast , s'il ne juroil de p sur le
sépulehre de son Dieu. Le coonte, qui eust mieux aimé mourir mille morts (si possible lui fusi) que l'avoir feist , voyant touUefois que •ntranent ne lui serait permis de entrer à veoir le sainct lieu, auquel il avnit si charitable aff«'ction. pour la visilatiou duquel il e.oloit jiar tant de périls et travaux , de lointain pays là arrivé , leur accorda ce faire; et fiisf convenu par entre eux qu'il y entrcroit le lendemain. Le soir se reposa le comte d'Anjou eirson logis , et an lendemrin matin print une petite fiole de verre assez plaie, la(|uelle il remplit de pure , nette et redoleute eaue rose (ou vin blanc selon l'opiaiou d'auscuns), et la mit en la braye de ses chausses^ et vint vers ceux qui l'eii'îtrrc lui avoient promise , el après avoir payé telles sommes que les pervers infidelles lui demanderait, fttst mis au vénérable, de lui tant désiré , lieo du sainct sépulchre, auquel Noire-Seigneur, après sa triumpbaule passion, reposa; il lui iusl dict qtie aecomplist sa promesse « on que on le mesiroit dehors. Alors le (omtc soi-disant prest de ce faire, destacba uik; c^gmlletle de
sa braye , et feignans p , e.spandit de
cette claire et pure eaue rose sur le sainct sépulchre; de quoi les payens cnidant pour vrai qu'il eust p. . . . dessus , se priurenl à rire et h moquer, disant Tavoir trompé et abusé; mais le dévost comte d'Aujmi ne snugeoii en leurs moqueries, eslani en grands pleurs et larmes, prosterné sur le sainct &épuldire.»
QuesUn i^itw arictis vesica pur-
jgata atque mundata et optimo vino repieta , que etiam ÎMer ejtts femora posîla est et cornes discaldoÊÊU ad te^lchrum redit et sic ad lifntum cum socîis omnibus inlravit et fusis muitis lacrpnis peroravit. (Kecueil latin ei-dtesstts dté.)
La môme Chronique raconte un autre trait non moins remarquable, et qui achève de peindre l'esprit et les mœurs du temps.
« A donc s'approcha le comte pour ce sainct sépulchre baiser, el lors la clémence divine montra bien qu'elle avoit le boa zèle du comte pour agréable , car la pierre du sépulchre qui dure et solide estoit , au baiser du oomle devint molle et flexible comme
Suivant le testament du comte, Geof^ ^ froi J'atné, outre le Gatinais qu'il tenait
de son père, Geoffroi Ferréol , comte de Châteaii-T.andon , eut la Touraine, et Foulques l'Anjou avec la Saintonge.
Les deux frères, après avoir combattu ensemble contre le duc d'Aquitaine , ne lardèrent pas à se brouiller et se faire ouvertement la guerre. Deux fois l«) plus jeune parvint h s'emparer de la personne de sou ennemi, et, la seconde fois, il l'enferma au château de Cliinon oij il le laissa, suivant les uns, jusqu'à la fin de ses jours, suivant les autres, pendant 38 années.
L'emprisonnement do Geoffroi attira cependant à Foulques de graves embarras. Sous prétexte de délivrer le prisonnier, le duc d'Aquitaine Itii enleva Saumur (1069); ensuite le roi de FrnncQ et le comte de Biois le menacèrent de leurs armes ; mais il vint à bout de gagner le monarque en lui cédant le Gatinais i et le comte, en lui faisant homm;iL'e du comte de Tours. D'un autre côté, il s'empara des seigneuries d'Amboise et de la Flèche, remporta des avantages signalés sur le comte de Poitiers et sur le duc de IVormandie.
Foulques n'était plus jeune en 1089; mais ce guerrier, ce politique habile, cet homme cruel et ambitieux aimait les femmes avec passion ; et il était di5;posé à faire pour elles des sacrifices
3u'il n'eût pas faits pour des raisons 'État. Robert de Normandie, ayant à défendre son liéritage contre son frère (juilhume le Roux et contre les Mnnceaux révoltes, eut recours à l'assistance du comte d'Anjou. Celui-ci , quoi«
3oe déjà marié deux ou trois fois , puis ivorcé pour cnusp de parenté, lui répondit r « Jeletiarantirai le comté du Maine a et je te servirai en fidèle ami , si tu « fais la chose que je désire, .l'aime Ber- « trade , fille du comte Simon de iMont- « fort , qui est élevée par le comte et la « comtesse d'Évreux , son oncle et sa « tante; fais- moi obtenir sa main. »
Cette négociation réusait au gré de
cyre chauffée au feu. Si mordit le comte dedans et en apporta une grande pièce à la bouche sans que les infidelMs a*en apperj^ sent, et puis après, tout i aOB ailO i Visita les autres saincts lieux.
FOULQLKS FRAI^GE. FOULQtES
Foulques ; mais , après plus de trois ans de mariage , la belle comtesse s'échappa d*auprès de son mari pour rejoindre, à Orléans, le roi de France, auquel elle avait inspiré autant d'amour que ce prince indolent pouvait en ressentir. Philippe et Bertraae se marièrent sans scrupule; et Foulques, après de courtes hostilités , crut devoir sacrifier son amour à son ambition. Il se montra un des plus assidus à faire i>a cour à Bertrade. « On le voyait souvent, dit Super, à ses pieds, recevant ses ordres avec tout le respect d'un mortel pour une déesse : tant ce sexe a le pouvoir de séduire ee-ux mêmes quM! a le plus ' cruellement outragés. » Bertrade avait d'ailleurs mis toute son adresse à se réconcilier et à réconcilier Philippe avec son premier mari. Cette réconciliation Alt m^e manifestée d'une manière assez scandaleuse par la visite aue le roi et sa femme firent au comte le 10 octobre 1106. lis furent reçus à Angers, avec de grands honneurs, par le clergé, aussi bien que par le peuple et les seigneurs. Les deux époux s'assirent à la même table , couchèrent dans la même chambre , également empressés à plaire à rartificieu.se princesse.
En 1103, le comte d'Anjou, excité par Bertrade , voulut déshériter son (ils aîné Geoffroy IV, issu de son premier mariage avec Ermengarde de Bourbon , êdin d'avantaiier le fils qu'il avait eu de cette femme. Pour defeinire ses droits, Geoffroy prit les armes contre son pere, et le força, par ses succès, à révoquer ses dispositions testamentaires. Foulques perdit en lui son plus ferme ap|)ui , lorsqu'il fut tué en 1106, au siège deCondé, par une flèehe que Bertrade est accusée d*avoir dirigée. Le comte d'Anjou mourut en 1109, Iai«;snnt une fort mauvaise réputation. L'auteur du Gesta Comilum Andegaven^ium fait de lui ce portrait:
« Il donna dans plusieurs vices : la gbur> « mandise, l'ivrotinerie, la luxure, l'oia siveté ; ce qui fut cause que ni lui , ni «ses officiers ne rendirent la justice, « et qu'ils se livraient même à des in- «justices criantes. On vit de son temps « se former, dans la Tourainc et l'An- « jou , des bandes de voleurs qui couc raient impunément le pays. Semblable « à son frère le Barbu , il commençi
T. vm. 17* LbfraUon. (Digt. snc
« mal, vécut mal , et finit très-mal. » Orderic Vital dit la même chose, cl ajoute quMl partageait avec-les voleurt les prises qu^ils avaient faites. Cet au-
teur attribue au comte l'invention des souliers à la poulaine, qu'il aurait imaginés pour déguiser la difformité de ses pieds. Foulques n'était pas illettré, car nous possédons de lui une chronique latine sur les événements de son temps.
Le second fils de Réchin, Foulques F, avait passé son enfenoe à la cour de Philipue F*", où il remplissait les fonctions de sénéchal , héréditaires dans sa famille. A la nduvelle de la mort de son frère atné, le roi le renvoya vers le comte son père; et, pour garantir sa sûreté pendant le voyage , il le confia au duc d'Aquitaine (*) , qu'il chargea de le conduire à Angers; et ce duc, au lieu de le remettre à Foulques Réchio, le conduisit à Poitiers, d'où il ne le relâcha qu'après que le comte d'Anjou lui eut cédé certains châteaux en litige (**).
Foulques le Jeune, en 1110, prit pour femme Ehremberge, fille d'Hélie, comte du iViaine , dont il eut quatre enfants : Geoffroy, Hélie , Sibylle et Mathilde.
Foulques donna, en 1 1 11, asile à Guillaume Cliton, fils de Robert, duc de Normandie, que Henri T', roi d'Angleterre, avait fiiit prisonnier. Ce prince, irrité d'ailleurs contre Foulques, qui refusait de lui faire hommage du comté du Maine, entra a main armée dans cette province. Le doc d'Anjou lit d*abord bonne contennnce ; mais Robert de Bellènie, son principal appui, étant tombé entre les mains de l'ennemi, il désespéra de résister avec avantage, et demanda la paix; elle fut conclue pendant la première semaine de carême de l'an 1113 , et cimentée par les fiançailles de Mathilde avec Guillaume Atbeling, fils atné de Henri.
(*) Guillaume dit 1« Vieux, comte de Poi-
tnu et (lue d'Aquitaine. Il était OOUSin isstt de germaio du roi Philippe I'''.
(••) C'est Orderic Vital (ch. ii) qui aliiibue ceUe déloyauté au duc-comle.
(***) Foulques le Jeune devint à la fuis comte d'Anjou, du chef de son père, et oomle du Maine , par son beatt-père qu'il perdit en xxxo.
t'GL., BTC.) 17
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C^peHilâiH bientôt nm gU«rr« suj-viot 9nt(g U^nri 1*' Lptiis Qros; peitii- 91 !, ^$par poUtA)U« que par compassion pour Robert, avait élevé la voix en faveur de ce prince; puis, dans Timpo^sit^ili^é de ne faire euleudre, avait êotrcpri9 ipeltre Guillaume Cliton en possession de la Normandie. Foulques d'Anjou, fiiiRiié par Tinvestiture de la c)iarg,e de seuecliai , jj^f ït p^rt a cette honitrdSle quereUe, ft il fiil uo de oeux faiseCreut surtout reioarquer. Il battit
t)rès de iVlorlain, en décembre 1118, e roi d'Ani|j;le(erre ; mais ce prioce, ai^qu^ 1^ brav<HJre ducomt^ d Anjou n*avwt pMfà, édiappé, et qui connaissait la puissance de Foulques el i'asceii.dant
Îue lui donnait, dans le royauiue de rance, sa charge de gr«^u(j ^énéchal, fit plus grands el^forU pOMf l6 détacher de ia coalition, et le mariage <le leurs ettfants , Guillaume Atlieling et Mathiide, les^^ue4s, ainsi que nous lavons vu , ayaieat été fiancés en 1113, s'effectua dans la ville de Lisieux, au mois de juii) 1119. Atlieling, peu de temps aupoiavant , avait rç^^ le s^rmeat <|e8 seigneurs ; mais , par uo évâacment tragique, le naufrage de la Blanche -Piet, Mathilde devint veuve snns rnfants 9U bout de quelques mois de nian.ii^e x'). " Peu de temps après la mort d,e $.on
?;9n^re, Fouluues, devenu veuf de sa èmme Khreinberge, passa dans la terre sainte, pour demander des consolations au tombeau de Je^us-Christ, et voir de près cet Orient dont on &isaU de inerveilleuv récits. Il marqu^ de croix son écu , sa cotte d'armes, son heaume , la selle Qt le mors de son cheval^**); il partit L'opulent et magoiQque coip^ a'AqJou appan^t dans la pauvre JérMfa* lem, accompagné d'un grand notnbre de cbevaliers. Foulques , dau.s ia lorce 46 râge (***), moins remarquable euflore {)ar &a figure par sa taille qv^e par rélégaiioe de ses msviièrtt, fixa igs
(•) Orderic Vital (liv. xii); Guillaume de Mabnrsbiiry (liv. v); voyez Jfomuuupe
(Henri I--^).
(•*) Orderic Tilal , p. 7%.
Guillaume de Maluie^ibiirv se trompe braacoup, ^u«nd fl dit que Foulques avait ans; il nVn avait que 38, Tovet ÎWrt 40 vérj/Ur Us d<Uc4, '
regard^ #s peuples, o^tre f 0 4ouîn une pensée qui q'eut pourtant Ra réalisation que oeuf plus tard, çt toucha sans doute le cœur de Mélisande, la fille du roi de Jérusalem. Cette princesse était jeuoe alors, mais elle n'mblia pas le comte, oii plutôt apa ptfe l'en fit ressouvenir.
Foulques, à son retour (1131), accpmpagu^ Lopi§ le Gros daiis son expé- ^\\on çofitre le oQmta d*Auvergue , et y comin^da Tavant-garde- Trois 99% après, irrité contre le roi d'Angleterre,
Îui refusait de lui rendre la dut de [atbîlde , jl prit le parti de donner sa seconde fille en mariage à Guillaume Cliton , et lui assigna pour dot le comté du Maine. A la soUtcitaiion de Henri, le pape rompit cette union , et excpinmunia le comte qui avait l^lé lîps lettres du légat. Pendant qu'il bravait ainsi les foudres pontificales, il amena de nouve;^u {^ça troupes a hQH,^ le tîrps, et railla , fji 1134, à cha^s^r If» Alkpiands de la Champagne, a|, en 1I2€, à réduire le comte d'Auvergne.
Euiin, Cliton et son beau-père ay.mt cécjé, Henri d'Angleterre songea à remarier Matiûlflesa (ille , veuve sans en> fants de l'enipereur Henri V; et il lui choi.sit pi ur époux le fils du comte d'Aujuu, Ceojjroy, que les grâces de sa personne avaient fait surnommer te Bel, et à qui l'habitude d'orner son chapeau d'une touffe de ^enét avait valu le second surnom de PluntqgeMt, Le mariage de (ifKiffroy et de Mathilde eut lieu Tan 1137. FOUI911/8S ne le céda pas au monarque anglais en magnificence et eu geuerosité. I^es fêtes ^^rèrent trois somaines; l'enthousiasme de Henri , dans cette aircoostance , fut tel , que des hérauts parcoururent les places et les rues de Rouen, et publièrent à liaute \oix : « De par le « roi Ueuri , que nul homm ict pré* « Siut, habitant ou étranger, riche on « pauvre , noble ou vilain , ne soit assez « hardi que de se dérober au.x réjouis- «sances royales; car, quiconque ne « prendra point sa part des divertisse-
(*) Cette branche de gi^nêt , qu'on troure nir un des casques de celte tanuiie , iudiqiie fwtpui FAïqoii du piidi de la Lom, oà œt arbuite croit ea (mde abQii4sooe,
fOVLQUi^ PB M«U1LLY FRANCE. FQULQUËii 1>1à ^ËtlLLY 260
p mmX» et des jeux sora coupiiUt « à'Qtkaw envers kqo seigneur ! »
Detu( iM uprés ce mariage , qui issu* rait à soi itwi^WKlMm la eouroaiie A n-
gleterre , restée en leur possession depuis le douzième jusqu'à la fin du quatorzième siècle. Foulques quitta dô nouveau ses belles et fertiles contrées pour les plaines arides de la Palestine. Depuis SQn premier pèlerinage en 1121 , Baudouin avait subi du nojubreu&es VMÎMitiidti, et aenti le beiein de s'at* tacher un homme puissant, un vaiUant guerrier qui lui prêtât secours contre ace ennemis du dehors et du dedana.
JBn conséquence , il avait envoyé propMer au comte d'Anjou et du IVIaiM, au grand sénétiial héréditaire de France, la main de sa fille Melisande, et la oectitude de lui succéder au troue.
Foulques accepta pour la dot de sa fiancée les deux villes maritimes de Tvr et de Ptolemaïs, qui formatent la moitia du royaume de sou beau-pere.
Bawtooia se aarvéeut que deux ana au mariage de Foulques et de sa fille. Le comte d'Anjoii lui succéda en 1 131, JM cessa d'avoir les armes a la main, at moorut en 1144^ selon Topinion molivée des auteurs de ï'.4rt de vérifier les dates, et contre celle de Guillaume de Tyr, qui place sa mort deux ar»s plus tôt. Il laissait deux fils, iiaudouia çt Amaury, qui régnèrent aucceaalveaBeat, toujours au inèiiey dea ttouUea et dea dangers.
FouLQUBs Ds iSBuiLLY. « Sachiés <pt mit et cent et quatre vins et dis nit ans aprèa rioearnatlon Jhesu-Crist, au tens Innocent l'apostole de Rome, Phelippon , roi de France , et Kicbart , roi d'Engleterre , ot un saint homme en France qui ot non Foulque de Nulli. Cis Nulli siet entre Laigui sur Marne et Paris. Il estoit prestre et tenoit la paroisce de la ville. Cis Fougues com- BMnça à parler de Nostre-Seigneur par France et par les autres pais d'entour et nostre sires fist maint espert tniraele pour lui. La renommée de cil saint iomme ala tant qu'aie vint à Panostole l^went , et Tapostoles li manda qu'il sermonast de la croix par s'autorité (*). « dette croisade, à laquelle le curé de (*) Villdiardouin , De la conquête de Cons-
Neuilly entraînait encore une fois la France, était la quatrième. Depuis Tan^ Bée UM ce fatveat eotbousiaste exerçait , par rékxHiamia ou au moiaa par
rimpetuosité de ses prédications , un prodijiieux empire sur la multitude. On racontait des conversions étranges obtenues par son aèle dans les classes que Topinion publique flétrissait de ses derniers mépris. Il s était surtout attaché à convertir les usuriers et \m iUles de Joie , et , après lew avoir fiiil abandonner leur métier, il mettait sa gloire à les réhabiliter aux yeux du monde.
Ainsi , il avait sollicite et obtenu d'Innocent III une indulgence pléoière en fevior de eeui qui épouseraient dei courtisanes (*). Plusieurs disciples se mirent sous sa direction pour prêcher d'abord a Pans , puis dans les provineei soumises aux reia de France et d'Angleterre. Fn 1198, Foulques parla devant Richard Cœur de Lion , et l'exborta a se défaire au plus tôt de ses trois méchanttts lllles : Superbe, Cupidité, et Luxure. Richard se contenta de répondre devant tous ses barons : « Eh a bien, pour me conformer aux vœux de € cet hypocrite , je donnerai mes trois « filles en mariage : Superbe, aux tem- « pliers ; Cupidité , aux moines de Cî- « teaux; et Luxure, aux prélats de mes « églises (**). » Mais le moment était veno où Foulques devaii abandonner ses prédications morales pour se borner au texte de la délivrance de la terre sainte. La mort de Saladin , l'avéocment d'un jeune pape plein de génie al d'ardeur, la nonvaUa de la mort de Henri de Champagne, roi de Jérusalem , et dti danger des chrétiens enfermés dans Acre, ranimaient la eltfétienté.
Ces nouvelles exhortationa engagèrent une foule de seigneurs à prendre la 4 croix ; mais le curé de Neuilly ne vit pas le résultat de la croisade, jjeja affaibli par râge, il tevint à Neuilly, après avoir arroniptî sa mission, et y mourut en 1201. L'église de son village a possédé son tombeau ju&qu a la lin du dernier siède {'**).
(*) Raynaldi, Annal «éd., t. XIH» ann.
iigS , p. X9, s 3S; &%ord. Chronique de
Saint-Denis.
(*') Kocer de Howeden.
('**) Lebenf, Hi&t. du dioc. de Paris, K ^
2C0 FOL'QUEAIT DE PtJSSY L'UNIVERS.
FoLQUKAU DE PussY ( Pierrc-Jacaues) naquit à Orléans, en 17^8, d'une ntmiile honorable. Il avait à peine S2 ans lorsqu'il fut nommé bailli de Che- ▼îlly. Appelé à Paris par son oncle, il. de Matbagon, receveur des domaines et bois de la couronne , auquel il devait succéder dans cette niace , il adieta la charge de maréchal aes logis de la reine, et se lit recevoir avocat au parlement. Lorsque les étals {généraux furent convoqués , en 1789, il publia im ouvrage intitulé : Idées sur l'administration de la Justice dans les petites villes et bourgs de France, Ce livre dévoilait et criuauait les abus , appelait la suppression des justices seigneuriales, et indiquait en même temps un plan de formation d'autres tribunaux , plan qui depuis fiit mis en pratique. Lorsque les charges furent abolies , le besoin de se créer une autre existence, et le désir de prêter son aide au mouvement social, le firent iournaliste. Il s*associa le comte de la Plâtrière , l'abbé Robin , et obtint du comte d'Artois le privilège d'un journal de l'opposition, ayant pour titre le Coun ier national. Mais bientôt la cour lança une lettre de cachet contre le rédacteur de ce journal ; on espérait trouver dans ses papiers les communications qu'un des ministres du roi avait livrées : la pr^ence d'esprit de madame Fouqueau de Pussy put les soustraire aux agents de police. Quoi qu'il en soit, cette lettre de cachet fut la dernière qui fut lancée; quelques jours après la Bastille était démolie.
Fouquenu de Pussy se retira ensuite à Sancerre où il venait d'être nommé juge; plus tard, ses compatriotes le rappelèrent pour remplir les mêmes fonctions à Orléans. Il fut membre du conseil de la commune, administrateur des hospices civils et militaires, des prisons, puis commissaire du directoire exécutif.
Dans toutes ses fonctions^ M. Fouqueao de Pussy donna des preuves d'humanité , de dévouement et d'amour pour son pays (*).
Il fut, sous le consulat, présenté par ses compatriotes comme candidat à la iléputation; mais lorsque le premier
(*) Toyet Dov» yATRiOTiQuu , tom. VI,
consul se fut fait empereur, Fouqueau de Pussy, qui avait été camarade de r«t-sous-lieutenant d'artillerie , déseSpâ*ant de la liberté de sa patrie, donna
sa démission de ses fonrtions administratives , et reprit sa profession d'avocat qu*il exerça jusqu'en 1816, où il mourut âgé de 58 ans.
FouQUET (Henri), né à ?\Tontpellier en 1727, fit son éducation cl)ez les jésuites , et , dès lors , il se lit remarquer par son penchant pour l'étude delà médecine ; mais son père le fit entrer dans le commerce , puis l'envoya , peu de temps après, à Paris, où il fut attaché, en qualité de secrétaire, h un personnage dont il pouvait se faire un protecteur. Il devint ensuite secrétaire général de i'iatendauce du Koussilloo • et revint enfin dans sa ville natale , où il céda sans retour à son ancienne inclinntion. Dcjn îvi^éAt 32 ans, il ne craignit pas de se livrer aux premières études de la médecine ; mais il y porta la sagacité d*un esprit déjà formé, dans la capitale, par I:i fréquentation assidtiedes cours au jardin du roi et des bibliothèques publiques. Il fut reçu bachelier en 17à9, et soutint , à cette occasion , une thèse sur les propriétés et les maladies de la fibre. Après avoir exercé la médecine avec succès à Marseille pendant quelques années, il se fixa, en 1766, à Montpellier, et, dès l'année suivante, il publia son Essai sur le pouls. Peu de temps après, il fut nommé médecin de l'hôpital militaire de Montpellier ; il fournit à V Encyclopédie plusieurs articles sur l'art médical; publia une bonne traduction des ^fémoires de IJnd sur les ûèores et la contagion ^ et une autre de Touvrage de Dimsdale, strr IHnoculaiim de la petite vérole; il ajouta à celle-ci un mémoire qui contribua beaucoup à répandre la pratique de ce préservatif. Il remplaça, en 178S, à l'École de médecine , Imb'ert et Barthez , retenus à Paris par d'autres fonctions, et pendant trois ans il enseigna la physiologie; il fut ensuite appelé à remplir la chaire vacante par la mort de Sabatier, et cette nomination fut approuvée généralement.
Lorsque les écoles de médecine furent réorganisées, il professa, dans celle de Montpellier , la médecioe clinique « et le
FOVOITBT FRANCE* MNWIT Ml
mode d enseignement qu'il adopta fut aossttdtsum dans les universités étrangères. Peu après, il rendit rnnipte de cette méthode dans son discours sur la clinique, et il y joignit, à l'exemple de Syitenham , le Tameau des observth 'êlons recueillies eUms ses leçons. Fouquet était médecin des salles militaires à l'hospice civil de Montpellier, et on le regardait comme Toracle de l'école de cette ville , lorsque la mort le frappa le 10 octobre 1806. On a publié, en 1807 et 1808, deux X'/ogre.v différents de ce savant praticien , qu'on a quelquefois appelé VHippoeraie moderne , parce qu'il s'identifinit . pour ainsi dire, avec ce modèle pour lequel il montrait une constante vénération. Ses principaux ouvrages sont : 1* De fibrm narurOf viribus et morhls In corpore animafi, Montpellier, 1759, in-4»; 2" de corpore cribroso Hippocratis, seu de textu mucoso Bormvti, iM.y 1774, in-4° ; 3" Prœlectiotves medicx deeem in Ludovicseo Monspeliensi^ ibid., 1777, in- 12; 4" fessai sur le pouls, considéré par rapport aux a/Jections des priti' cipaux organes, ibid., 1767, in-8"; .5" Df uonnul/is morbis ronvulsivix œsophafpiy ibid., 1778 , in- l" ; 6« Disaertaliô medica de diabela, ibid. , 1788, in-8«; 7** Observations sw la constilviion des sir premiers mois de Van V, 1798, in-^" ; 8" Discours sur In clittique , ibid., 1803, in-4°.
FouQUET (Nicolas), marquis de Belle»
Iste, dernier surintendant des finances sous Louis XIV, fameux par sa fortune et sa chuie, naquit, en 1615, d'une bonne famille de Bretagne. Son père , François Fouquet, vicomte de Vaux , avait été maître des requêtes SOUS Louis XIII, et conseiller d'État.
A rage de 20 ans, il acheta une charge de maître des requêtes , et à 85 ans , pendant la guerre civile de 1 050 , relie de procureur général au parlement de Paris. Vendu , dans ces importantes fonctions, au cardinal Mazarin, son dévouement , joint aux services d'un frère abbé intrigant et audacieux , le fît nommer, en 16.52, surintendant général des fînances.
Il avait toutes les lial)itudes du grand monde; sa facilité pour le travail était jrare , et ses v^eç étendues ; car on as-
sure qu'il eut l'idée première de tous les encouragements à donner au commerce,
à l'industrie, à la marine , et que Colbert ne fit qu'exécuter ses plans. Mais son godt pour le plaisir était désor* donne , et il avait apporté à l'administration une absence de principes et .un désordre déplorables.
Après avoir secondé et imité le cardinal dans ses voleries^ il ne voulut pas, après la mort du premier ministre, permettre au jeune roi de voir clair dans les affaires de finances, et, au sortir de chaque travail fait avec lui , il le renvoyait avec l'esprit dérouté par des comptes embrouillés à dessem. Son luxe extravagant, ses mauvaises mœurs, ses tentatives pour séduire tour à tour tontes les grandes dames de la cour, par des présents magnifiques (^), étaient déjà des indices assez frappants de sa mnuvnise administration. Aussi Fouquet savait-il qu'il courait des dangers; il n'ignorait pas que Mazarin lui-même avait été sur le point de lui faire rendre gorge et l'avait , en mourant , desservi auprès de Louis XIV; mais il coujptait pour résister, sur ses nombreux amis, sur ceux à qui il accordait des pensions (il en donnait , dit-on , plus que le roi), qu il achetait au prix demandé, ou qu'il
gagnait en les invitant à ses fêtes ; enn, sur sa place de Belle-Isle en Breta- "^ne, qu'il avait fortifiée , et où il entretenait une petite garnison. De plus, sa charge de procureur général lui garantissait qu*il ne pourrait être jugé que par te parlement.
Il aurait peut-être réussi à se u)aiiitenir , si Mazarin n'avait donné au roi son propre intendant Colbert. Cet homme austère , exact , clairvoyant et, de plus, ambitieux, dévoila au roi les mensonges du surintendant. L'épreuve dura plusieurs mois; Fouquet trompant , Louis paraissant trompé, et Colbert l'empêchant de l'être. Cependant le roi était impatient de se délivrer de Fouquet. Un intérêt de cœur vînt hâter ce dénomment. Cet homme présomptueux, pour lequel avait été fait le vers :
Jamais «nrintfndant ne trouva lit cruellr»,
avait osé porter ses vues jusqu'à madc- (*) Voyci plus bas, p. aCa , note (*), coi, a.
nwMte dt It ylNiêl^B , ft Itrf oflHr
S00,M9Kvres; car il s« vantait d'avoir dans son coffre-fort le tarif de toutes les vertus. Louis , personnellement offensé, ne différa plus sa vengeance; H résolut même de frire périr le eoupabto. Mais comme on ne pouvait , en sa qualité de procureur général , le faire juger par une commission extraordinaire, on fit en «©rte qu*il rmon^l à sa charge du parlement.
Par un artifice peu honorable , Colbert l'engagea a la vendre ; il lui parla de rembarras de Louis XIV , qui n'avait pas un écli dans l'épargne ; du mérite et de rhonneurqui lui reviendraient s'il faisait au roi le sarrifice de sa plare; des obstacles qu'elle mettait d'ailleurs aux bonnes inteatiom du roi , ifuî avait le dessein de le nommer premier ministre. Enfin, Fouquet, à qui I^ouis avait soin de montrer plus d'amitié et de eonflanoe que jamais , tomba dans le piège. « Le roi , dès le soir même, dit « à Colbert : Tout va bien ; il s'enferre «lui-même; il m'est venu dire. qu'il « porteroit à Tépargue tout l'argent de « sa charge (*). »
A peine l'imprudent eut-il , nn mois d'aortt 1661 y fait porter a Vincennes 1,400,000 livres, montant du prix de sa charge , que le roi lui demanda de loi donner une fHe à Vaux. Ce château maijnilique avait coûté 18, 000, 000 , et surpassait de beaucoup, par ses merveilles, Saint «Germam et Fontainebleau.
Le grand roi le sentit et fut irrité.
L*ambitieuse devise du surintendant :
Quononascendam (où ne mouterai-je point?) ne servit pas à l'apeiaer. Les courtisans remarquèrent que partout, dans les armes de Foncjuel , l'écureuil était peint, poursuivi par une couleuvre , emblème héraldique de Colbert.
La féte , d*aillear8 , fut si resplendissante, que le roi en fut surpris. Il voulait faire arrêter le maitre du ciiàteau « an milieu des hautbois et des violons, dims un lieu qui se pou voit dire une preuve parlante de la dissipation des finances (**). >. La reine mère lui persuada de différer encore ; mais en
(*) Mémoires de l*ibbé do Choisy.
(•*) Idem.
lorMM ie èe pMais enteté, Lflvii
demanda è Fouquet de l'accompiignsr à Nantes où il voulait aller tenir les états provinciaux , et le surintendant , quoique malade de la fièvre, partit en effet avec In cour, en disant à set amis:
.le nie fie au roi, je me flatte que je <« n'ai rien à craindre; si quelqu'un est « menacé, cela regarde Colbert. »
Mais enfin, le 6 septentbre^ en sortant du château, où s'était tenu le conseil, il fut arrêté par d'Artagnan , commandant des mousquetaires, et conduit aussitdtvu château d'Angers. En même temps on etpëdia des courriers , avec des ordres pour faire mettre le scellé dans toutes ses maisons Parmi ses papiers , qui compromirent une fouie de femmes (") et de filles (car il y «d avoit peu à la cour , dit madame de Motteville , qui n'eussent sacrifié au veau d or), on trouva, oubliée derrière une glace, une ancienne tnstruettoa dans laquelle il prescrivait à ses amis tout ce qu'ils devaient faire pour le sauver, si Mazuriu le faisait arrêter.
C*en fut asset pour qu*on Taocnsât d'une conspiration contre TÉtat.
Bientôt l'acharnement avec lequel il fut poursuivi, dans un procès qui dura trois ans, excita en sa faveur un intérêt universel Enfin, après avoir violé
(*) Ou U'ouve daas des mémoires sur la Bastille la leiu« saramte dé nadame Searraft
à FoiiqtH't :
<< Je lie vous connois point assez pour voua « aimer; et (^iiand^e vous connoitrois, peut- « être vous aimerois-je moins. J'ai toujours « fui le vire, rt ruiturolleineiit je hais le [té- « ché; mais Je vous avoue que je hai> encore «davantage ta pauvreté. J*ai reçu Vitt dix « milir ('( us; .si vous voulez encore en ap- « porter di.x mille dans deux joun , je verrai « ce (pu' j'aurai a fan e, »
(••) Pelissou, premier commis deFooqiMt, fut otifVrinr à la l'.iislille , mais il déjoua toutes les (uuiatives iailes pour lui arracher les ae- OMts de ion ouitre, et publia ^our si diiwie, dana sa priitm mèute , trw wiélaaif si regardi'.<; comme son chef-d'univre.
La FoMlaiue ioiplura la grâce de l'aocusé dans une él«(;ie toudiaole; madame de 8évi;;né, d^ns une suite de lettres à M. dePompouue , rendit compte du procès de ce cher €t mallieiireux nmi avec la plus tendre sollicitude. Saint - Évremond , madeaMisalle de Scttdéiy, HénauU, ae pronoaeèrent pour loi.
toute?? les formes de la justice, toutes les garanties dues à un accusé , la chambre de l'Arsenal , présidée par le chancelier Séuuier, pt ronipDsfV de 22
1 'liges, prononça son arrêt le 20 deceinire 166 t. La majorité ne le trouva pas coupable de crime capital. Il fut condamné, pour abus et malversations, au bannissement perpétuel et à la contlscation de tons ses biens.
Le roi qiu , pendant fout proc^ , avait cherché a dominer In conscience des juiïes, et servi la haine «le le Tellier et de Colhert , a^gr.iva la sentence , de sa propre autorité , en commuant le bannissement en prison perpétuelle, « vu qu'i! pouvoît y avoir grand péril à « laisser sortir ledit Foucpiet, à cause « de la connoissance particulière qu'il « aVoit des affaires les plus importantes « de l'État. » Le malheureux surintendant fut conduit de In Bastille au donjon de Pignerol, sous la garde spéciale de Saint-Mars , qui devint plus fard le gediier de Lauzun et de rhomme au masque de fer. Il y demeura enfermé jusqu'à sa mort , arrivée en 1680. La charge de surintendant des financei fut supprimée, et Colbert administra les deniers piililir-? , aveC le titre de contrôleur général.
(Pour leslilsde Fouquet, voy.BELLE- ISLB.)
FouQiiiER-TiN VILLE (Antoine-Quentin ) est tri.slement célèbre par In cruauté qu'il déploya dans ses fonctions d'accusateur piinlic auprès du tribunal révolutionnaire de Paris.
TI naquit en 1717, d'un cultivateur du village d'Hérouel , en Picardie, fit ses études à Saint-Quentin , et vint ensuite étudier le droit à Paris, où il ncheta une charge de prntMirenr nu Cliàlelet. Soit mameur , soit mauvaise conduite, il ne tarda pas à se voir dans on grand embarras, forcé de vendre sa charge, sans pouvoir cependant acquitter toutes ses dettes.
Lorsque la révolution éclata , il e\}^ embrassa la cause avec beaucotip d*ardeur. S'il faut en croire son Mémoire justificatif, il professait les principes de la liberté bien avant 1789 , et il prit les armes dans la journée du 14 juillet, ^eu de temps après, il fut nommé commiftsalrê de son district (SaSht-Merl^),
et il en exercn les fonctions pendant quatre mois. Après le 10 août, il fut nommé Tun des directeurs du ]uti d'ao* cu5;ntion au tribunal du 17 noiU!^ Plus tard, il devint sui)stilut de l'arcMsateur public près le tribunal criminel du département de Paris. Enfin , lors de la création du tribunal i^volutiotmaire, il fut nommé nccusateur public auprès de ce tribunal (mars 1793.)
Loin de ^eealer detavit ces twrlbles fonctions, qu'il detrait exercer pendant plus d'un an, Fouqnier-Tlnville semble les avoir recherchées avec avidité , comme s'il se fût senti fait pour exercer un ministère de sang. TOutAfbIs, il ne lai'vsa paraître tout son cynisînc que dans les derniers temps , lorsqire la division qui éclata parmi les principaux membres du comité de salut publie lui eût pour ainsi dire laissé lé ( hnmp libre. On cite de Itii des propos et des actes qui font frémir. L'accusation était devenue une monomàniecheecet homme :
non-seulement il requit leâ rigueurs do tribunal contre 1rs étiiiLTrés, les royalistes, les constitutionnels , les feuillants, les girondins, les dantomStés , les hébertistes , mais ce fut encore lui qui, après Ie9 thermidor, constata l'identité et demanda le supplice des membres du tribunal révolutionnaire , décrétés d'accusation à cette époqat , et q«'tl avait toujours eitcités contre les prévenus, souvent m^me trompés par des mensonges ou influencés par des moyens violents. NMmpoHe contre qui il portait la parole , il lui faltâlt du sang, fAt-ce celin' d'un ami. P. rsonne, plus quebi, n'aurait dû être las de ces exécutions en masse qui déshonoraient la républioue ; jusqu'au dernier moment , il en demanda la rfiiitinuation , alors même que Robespierre était parvenu à préparer l'esprit des terroristes les plus àchamés à son projetd*amnillit1e, alors même que les thermidoriens victorieux annonçaient , pour un moment, la fin du régime de la terreur.
Le 9 thermidor, aunTrament oi^ avait lieu à la Convention la lutte qui , SOit qu'elle se terminât en faveur fies triumvirs , soit qu'elle tournât contre eux, devait arrêter l'effusion du sang, Fouquier-Tinville pressait l'exécution des condamnés du Jour, liorsqué Robes-
984 rov^mm-TnnriiJJS L'UmVERS. fovrbisskubs
pierre eut été décrété d'accusation , rouquier,coMolté par le commandant
du poste de la gendarmerie du palais, qui était d'avis de surseoir à revccution, répondit: « Nul changement pour «otfff •* il faut que la justice ait son 2om8. » Et en même temps, il ordonna de ne pas perdre un moment pour traîner à réchafaud les quarante-deux infortunés qui venaient d*étre oondam* n(s à sa réquisition, et qa*un délai d'une heure aurait sauves.
Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que, peu de jours après le 9 thermidor, Fouquier parut devant la Convention pour la féliciter de victoirp, et que Barrère, en qualité de rapporteur du comité de salut public, le proposa pour accusateur public près le nouveau tribunal révolutionnaire qu*il s'agissait de former. Nous devons ajouter, du reste , que la proposition fut mal aceueillie.
Bientôt ( 14 thermidor — l*' aoilt 1794) , Fouquier - Tinville fut décrété d'accusation. Il essaya d'abord de se justiûer en chargeant Robespierre, avec qui, cependant, il n'avait aucuns rapports, ainsi qu'il lui fut facile de le prouver lui-méuie. Puis, les événements ayant pris une autre direction, il profita des attaques portées par les tnermidoriens contre plusieurs des anciens membres du comité de salut public, pour se mettre à couvert derrière ce qu'il appelait les ordres de ce comité. La vérité est qu'il avait profité de l'anarchie qui avait régné pendant six semaines avant le 9 thermidor , pour se conduire à sa guise. Le procès qui lui était intenté avait évidemment uuecouleur politique autant que judieiaire; mais , si les theruiidoricns essayèrent vainement de faire retomber sûr les montagnards la responsabilité des mauvaises actions commises par Fouquier- Tinville, sa culpabilité ne fut pas moins prouvée par les débats. Il fut convaincu d'avoir fait périr une fonle dMndivîdus de l*un et de l'autre sexe, et de tout âge, sous le prétexte de conspiration ; d'avoir fait juger, en trois ou quatre heures , jusqu à soixante et quatre-vingts pernounes; d'avoir fait encombrer des charrettes, préparées le matin, de victimes qui n'étaient pas désignées, et
contre lesquelles les jugements , signés en blanc, ne contenaient aucune disposition ; d'avoir requis et ordonné l'exécution de plusieurs femmes qui s'étaient dites enceintes. Le procès dura 41 jours ; SOO témoins à charge et 200 témoins à décharge furent entendus.
Fouquier termina sa défense par ces paroles pleines de fausseté autant que d*im(radeur : « Je n*ai été que la hache « de la Convention ; punit-on une ha- « che?» Condamné à mort ( le 7 mai 1795 ), il fut promptement exécuté.
Pendant qu'il marchait au supplice, des gens du peuple le couvraient de malédictions : « Tu n'as plus la parole, » lui disaient-ils, par allusion à ce qu'il disait lui-même aux mallieureux qui voulaient se jostifler. Il était âgé de 48 ans.
Quoi qu'il ait pu dire pour sa défense, Fouqiiier-Tinvilîe est seul responsable des crimes qu'il a commis. Il est vrai que les trahisons et les oons-
riirations des émigrés et des royaisles obligèrent la Convention et le comité de salut public d'avoir recours à l'arme affreuse de la terreur , pour préserver la France du sort de la Poioqnc; mais il est faux que la Convention ou que le coinite de salut public ait Jamais autorisé la conduite de Fouquiêr-Tînville. L'absence d*unité dans le gouvernement donnait à l'accusateur public , comme à beaucoup d'autres fonctionnaires, une espèce d'impunité, dont il fit le plus horrible usage. On a dit que, pendant le fort de la terreur, l'instrument du supplice fonctionnait de lui-même. Cela n'est malheureusement que trop vrai ; mais cela n'excuse pas Fouquier, puisqu'il était le principal rouage de cet horrible instrument.
Four banal. Voy. Banalité.
FouBBissEURS. Cette corporation était fort ancienne , et de bonne heure avait, comme toutes les professions qui se rattachent à l'art militaire , atteint un assez haut point de développement.
Le Livre de la taille de Pans , sous Philippe le Bel , nous montre qu'en 1292, Paris renfermait 35 fourbisseurs.
La même profession n'est exercée aujourd'hui dans la capitale que par 40 mdividus patentés ; et cependant 500 ans se sont écoulés depuis le règne de Philippe Je Bel; la population àe la ville a
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VOVHIIISSEUES FRANGE. nHTEOilS (prtibnUrfffw) S6S
plus que triplé; retendue de sa superficie a plus que dëciuplé.
Le métier de fonrbissnir était fort lucratif. Car ces artisans ne se contentaient pas de monter , de nettoyer et d'émoudre les armes; ils fabriquaient des épées, des dagues , des hallebardes, des pertuisanes, et toutes espèces d'nrmes blanches, ainsi que des fourreaux.
Leurs premiers slatuts recueillis par Étienne Boileau furent amendés en 1290. A partir de cette époque, le métier, qui auparavant était frnnr . dut être acheté au roi, et le prix de la maîtrise , pour tout autre que pour les fils de maître, fut fixé à in sntis parisis.
On trouve d'nilipurs , dans ces deux règlements, quelques articles assez curieux. Ainsi , le fourbissenr ne pouvait travailler aux jours de fête , à moins que quelque homme notable n'eût besoin <i que ou li esmausist (aiguisât) la « pointe de son coûte! ou la pointe de « l'espée. — Ttem que nus fourbeeurs, « est-il dit plus loin, ne puisse vendre « au diemenche fors que deux four- « beeurs au tour, .si corne il escherra, « por ce que le diemenche est jour de « repos, etc. Item que nus mesfres ne « puisse donner eotigié à son varlet, se « il ne treuve raison aperte por quoi « il le doit fère., au dit et à Tesgart dés « quatre mestres-gardes du mestier et n de drus varie/, du dit mestier (*). — K Item que nus mestre du dit mestier « ne puisse prendre ap«entiz por moins « de quatre livres de Paris, et à yii anz « de servîse. — Que nus mestres ne « puisse nieitre varlet en euvre se il n'a « einc soudées dérobe sns lui (si le va- « let n'a une robe de cinq sous sur lui) « por leur ouvreuers tenir noitement « (pour les ouvriers tenir netteuieiit) « por nobles genz, conter, barons, clie- « valiers et autres bonnes genz qui au* « cune foiz descendent en leurs ou- « vrouers, etc. »
Parmi les fourbisseurs , maîtres et valets, qui promirent par serment de garder fidèlement la nouvelle ordonnance de 1290, et dont les noms et l'origine sont inscrits au bas de l'aete (**),
(*) Cetle disposition favorable aux otjvriers travaillaiit ches les maîtres ne ae n^nve pas
dnns Irs niilrcf? slatiifs.
(**) Livre des métiers p. 36; et siiiv.
on remarque beaucoup d'Anglais, d*A1* lenuuids et de Flamanos, plusieurs Normands, et même deux artisans nommés Symonet Richart de Satalie, qui, sans doute, avaient été emmenés de l'Orient par les croisé.
Henri II confirma ces anciens sta> tuts, amendés pour le style et la forme, sous Charles IX, et coritlrmés de nouveau en 1666. D'après les derniers règlements , l'apprentissage était de six ans, le brevet codtait 43 livres , et la maîtrise de 500 à 800. Le patron de la communauté était saint Jean-Baptiste.
FOUBCHBS PATIBULA1BES. — De
nombreuses fourches patibulaires s'élevaient jadis au milieu des cliamps , ordinairement près des routes et sur un monticule. Elles consistaient en des piliers de pierre soutenant des traverses rie bois auxquelles on attachait les criminels, soit qu'on les y exécutât, soit
3u*on y exposât leurs cadavres à la vue es passants, après une exécution faite ailleurs. C'était un signe de haute justice, et la qualité des seigneurs hauts- Justiciers était indiciuée par le nombre des piliers. Les simples gentilsiiommes en avaient deux , les châtelains trois, les barons quatre, les comtes six, les ducs huit; le roi seul pouvait en avoir tant qu*il le jugeait convenable.
Les plus célèbres de ces espèces de gibets étaient les fourches de Montfaucon , près Paris ; elles existaient dé^à au treizième siècle. Sur le sommet d'une butte, située à l'extrémité du faubourg Saint-Martin, à l'ouest de la route de Pantin, aujourd'hui la rue de l'Hôpital Saint-Louis (*) , on voyait une masse de quinze à dix-huit pieds de haut , composée de dix ou douze assises de gros quartiers de pierres brutes bien cimentées et formant un carré long de quarante pieds sur trente de large. On montait à cette plate -forme par une large rampe de pierre dont l'entrée était fermée par une porte solide. Sur trois cdtés du carré s'élevaient seize piliers carrés, hauts de trente-trois pieds, formés de pierres d'un pied d'épaisseur, semblable à celles de la base. Ils étaient
(*) La butte où le gibet était ctabli se trouvait entre la rue des Morts et celle de la butte Chaumont.
266 FOURCHES (patîbalaires) L'UNIVERS- FOURCHES fpafîidïalrM)
unis prtre eux, à moitié de leur bDiiteiir et au sommet, par de doubles poutres de bots qui supportaient des chatiies dé fer de trois pic Is et denaide long. Pour y suspendre les condamnés , on faisait usage de longues échelles perpétuellement dressées. Au centre de la masse de pierres était une cave destinée à servir de ( linriiier, et non loin du gibet une croix de pierre, construite, dit-on, par ordre de Pierre de Craon.
Les corps des suppliciés devaient y rester jusqu'à perte entière du squelette, et, pendant les temps de troubles, connue par exemple sous le régne de Charles IX , on les voyait 8*y balancer ordinairement au nombre de cinquante à soixante. Ces fourches furent même souvent insuflisantes ; on voit dans 'es comptes de la prévôté, qti'eu 1416 on dat construire un autre gibet à peu de distnnce, au delà de Téglise Saint Laurent; enfin, en 1467 , une troisième partie, appelée le yibet de Montigny, s'éleva dans les environs de Hontfaucou.
Il paraît qu'on cessa de mener les patients à ce dernier gibet, vers Fan 1637. Cependant on voyait encore des restes des piliers en 16Gi , puisqu'il en est fait mention dan:s un bail daté de cette année. En ilVA enlin , on transporta derrière la Villette ce qui subsistait eneore de l'ancienne construction , et la voirie qui s'y était établie.
Le gibet ne servait plus alors à l'exposition des coupables; on ny suspendait |>lu8 de eadttvres* Mais oonrnie il était toujours le signe de la haute justice royale, on éleva encore quatre piliers en pierres de grès, reunis au sommet par des pièces de bois, et disposés en carré dans un enclos d'un den)i-arpent , faisant Tanfiile nord de l'embranchement de In route qui va de la barrière du Combat vers Pautin, avec celle qui conduit à la voirie actuelle. Une partie de cet emplacement était affectée à la sépulture des s(ip[iliciés, qu'un horrible cortège ( le bourreau et ses aides ) y SBMnaît au milieu delà nuit, à la lueur des flambeaux.
Lorsque l'Assemblée nationale, jïar un décret du 21 janvier 1790, eut admis les condamnés au tris4e droit de la sépulture ordinaire, Tenclos des four*
ches patibulaires devint inutile. On nè tarda uas à en démolir les piliers. Les ihuraifies qui Fentouraient orlglnah^ ment étalent tombées en ruine, et chacun en avait emporté lei matériaut suivant ses besoins.
De grands personnages ont figuré à l'ancien gibet de Montfauron. Cette liste d'ill(istrpi> suppliciés offre les noms de plusieurs intendants des finances.
On y mena Pieire de la Brosse , favori de Philippe le Hdrdi , le 80 juin 1378 ; Enguerrand de Marigny y fut pendu sons Louis X ; après lui Gérard de la Guette, favori de Philippe V, y laissa sès ossements sous Charles Iv; leur successeur, Pierre Kemy, sieur de Mon* tigny , eut le m^nie sort sous Philippe de Valois. On prétend même que Marigny et Remy avaient été viciimes d'une espèce de fatalité qui s^attache quelquefors aux inventeurs de stip[)lires. Tous deux auraient donné ordre de réparer les fourches patibulaires, et les auraient ensuite étrennées eux-mêmes.
Ce gibet reçut encore, en 1408, le corps des deux écoliers voleurs dont l'affaire tint en guerre pendant un an les deux juridictions civile et ecclé* siastique, et dont l'Université, le clergé, vainqueur s du prévôt , allèrent en procession ddVndre les squelettes. En 1409 on V hissa le corj)S de Montaigu, grand maître de la maison et administrateur des nuances de Çharles VI. Trois ans ne s'étaient pas écoulés que le cadavre de Desessarts , de celui-là même qui avait arrêté Montaigu et succédé à ses fonctions, lui succéda aussi à IVIontfaucofi. Semblançay, pendu en 1.527 , fut le dernier de ceux dont nous ayons à enregistrer les noms parmi les financiers qui finirent leurs jours sur ce triste théâtre.
I.e corps de l'amiral de Coligny , assassiné à la Saint-Bar théleniy, v lut pandtt par les pieds. Charles IX alla l'y voir en personne , » et comme quelques-uns de sa suite, dit Papyre Masson , feiffnoient de ne s'en approcher à cause delà puauteur du cadavre : « L'o- « deur d'un ennemi mort, repriMl, « est douce et agréable. > Le même auteur raconte que lors de l'exécution de Briquemaut et Cavagaes , pendus aussi à Montfaucon après le massacre, oomme