‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 55 sur 198 · FOURCROY · texte numérisé non relu

FOURCROY

FOCRtROT

ttofnphï*èS àe l'amiral, Charles IX « prit

f)laisir de rendre ses yeux témoins de eur supplice, où il assista avec tant d'avidité, qué de su^plédr au délaut du jour par des Ûùttmeânx qu'il fit approcher du gibet pour voir là grimace des mourants, ce qui fut remarqué comme une diose de mauvais augure et indigné de son caractè^é (*). »

iPasquier a remarqué aussi que les fourches pntihulaires de Montfaucon o«it Dorlé niailieur à ceux qui s'en sont métes , et it ajoute': « Dé notre temps , Jean Monnier, lieutenant civil de Paris, y ayant fait mettre la mnin pour les rép:\rer, s'il n'y finit pas ses Jourscomme Marigny et Remy, y m âu moins amende hoitdrable. »

FouhCROY ( Antoine -François de) naquit à Paris, le 15 janvier 1755, de Jean-Michel Fourcroy et de Jeanne Laugier. Sott }pm ekerçaît l'état de pharmarien , en vertu d'une charge qu'il avait dans la maison d'Orléans ; la cor-

ftoratiun des apothicaires ayant obtenu a suppression générale de ces sortes de charges, il perdit le peu de fortune

?u'il avait , et la première jeunesse de 'ourcroy fut atteinte par les malheurs une le monopole des privilégiés faisait q>fouver à sa famille. Il en conserva un souvenir d'autant plus vif, au'un tempérament délicat lui avait aonné, dès l'enfance, une extrême sensibilité. Il btilla peu dans ses premières études, et quitta le collège d'Harcourt à quatorze ans, un peu moins instruit qu'il n'y était entre ; il se passionira ensuite pour la musique et pour la poésie , se mit à composer des pièces de théâtre, et eut un moment la fantaisie de se faire comédien. Toutes ses mesures étaient prises, mais heureusement le mauvais succès d*un de ses amis qui l'entraînait dans cette périlleuse carrière et qui voulait le faire débtiter après lui , l'en dégoûta et le guérit pour Jamais de la folle pastionquî l'avait sédutt quelques instants.

Ses vues se tournèrent alors vers le commerce. Il prit des leçons d'écriture, étudia les changes et accepta un emploi dâaa lè bureau d^un obmmis du sceau , ami de sa famille. H se fit bientôt , du

(*) Arch. curieuses de ThiAt* de Frayée, I. VUI , p. 33; et 338.

produit de ses honoraires et des leçons d'écriture qu'il donnait en ville,' un revenu de 9 francs par Jour. Mais, au bout de deux ans, outré d'une injustice qu*cik lui avait faite en te privant, en lavpur d'un nouveau venu , d'un avancement auquel il avait des droits incontestables , il sortit du bureau pour n'y plus reparaître; et il retomba, pour la troisième fois, dans l'incertitude et les

f>erplexités d'un jeune bomme sans brtune et sans état.

Par bonheur pour lui, Vicq-d'Azir s'était mis en pension chez son père.

Cet homme illustre avait depuis longtemps reconnu la trempe d'esprit ae Fourcroy. Ses conseils , son exemple , la juste célébrité qu'il s'était faite do bonne heure, les facilités et les secours qu'il offrait à son jeune protégé, achevèrent de le déterminer a embrasser bi carrière de la médecine. Il se mit à étu* dier avec ardeur l'atiatomie de l'homme et des animaux , la chimie, la botanique et rhistuire naturelle. Deux ans après, il publia une traduction d'iw ouvrage de Ramazzini sur les maladies des arfisans, qu'il enrichit de notes et d'éciaircisseincuts puisés dans les lumières d*une chimie toute nouvelle.

Ce premier essai parut sous les au»^ pices de In Société royale de médecine, instituée en 1776, sur la demande et d'après le plan présenté j)arVicq-d' A zyr, qm' en fut créé Secrétaire perpétuel.

Cette socit lé était une sorte d^académie et connue tin ministère de la médecine. La nature de ses fonctions lui donnait presque l'importance et Tautorité d'un corps politique. L'ancienne faculté crut voir, dans cette institution, une atteinte portée à ses privilégies j ceux de ses membres |}ui siégeaient à 'la «ociété furent traités par elle de rebelles et d'hérétiques. Bientôt le schisme devint général, et ee ferment de discorde alla jusqu'à troubler le repos et corrompre l'équité de ce corps ai respestablt d'ailleurs.

Ce fut dans ces circonstances que s'ouvrit un concours dont voici le sujet et l'origine : un ancien membre de !• Faculté, le docteur Diest, avait institué un legs pour la réception gratuite d'un Jeune médecin tous les deux ans.

îi'époque d'un de ces concours étant

M8 mmaioY L*umv£RS. fookcrot

arrivée en 1 778 , Fourcroy se présenta et réunit tous les suffrages ; mais la fàealté ne vit en lui qu'un protégé de

Vicq-d*Azyr; elle se \)Uit h hnniiîier, dans sa personne , toute la société, et il fut rejeté d*une Toix unanimè. Bucquet se récria contre cette injustice; il tenta de faire rougir ses confrères d'une semblable partialité, et leur proposa de faire les fonds pour la réception de Fourcrov (*) ; ta faculté consentit seulement a le recevoir usque ad meliorem fortiinam : c'était la formule usitée.

Mais Fourcroy refusa à son tour« et il trouva, dans la générosité de ses amis , plus qu'il ne fallait pour suffire à tant de dépenses : il fut enfin reçu en 1780.

Il n'était pas seulement médecin ; Il était aussi devenu un chimiste de premier ordre. Élève de Roux, de Maquer et surtout de Bucquet, il avait ouvert des cours particuliers de chimie, et il y attirait une foule prodigieuse. En

1784, la mort de Maquer laissa vacante la chaire de chimie du Jardin du roi : c'était Buffon qni devait nommer à cette place; Fourcroy se mit sur les rangs, et il fut choisi. Il entra , Tannée suivante, à l'Académie des sciences, où on le plaça dans la section d'anatotnie, pour le faire passer ensuite dans celle de chimie, à laquelle il appartenait plus naturellement.

La chimie cependnnt aîlnit prendre une face nouvelle par le chanprment

Ïu on faisait subir à sa nomenclature, •a première idée de ces innovations était due à Bergmann , qui entretenait souvent M. de Alorveau sur cette ma- - tière. Lavoisier recevait alors chez lui les hommes les plus éclairés , Condoreet«Monî;e, Berlhollet, Vicq-d'Azir, Baunié, Vandermonde , Poulletier de la Salle, etc. De ces excellents esprits, il avait composé une sorte d académie, à laquelle il soumettait, depuis 1778, ses belles expériences sur l'acide nitrique, l'acide sulfurique, l'acide carbonique , l'air atmosphériaue et l'eau. En

1785, Fourcroy Ait aomis à ces confé»

renées ; de 1780 à 1787 , on y jeta les fondements de la nouvelle nomenclature, et, dans le courant de l'année

{*) Le diplôme de docteur coûtait aUm fku d9 6ooo livret.

17S7, Fourcroy publia le résultat de ce beau travail.

Deux ans après commença pour lui une nouvelle carrière. Appelé, en 1789, à faire partie du comité des électeurs de Paris , il fut élu , en 1792 , septième suppléant de Paris à la Convention nationale. Après avoir travaillé Jour et nuit, pendant dix-huit mois, à l'extraction et à la puniication du salpêtre destiné à la fabrication de la poudre , dont la France , attaquée de tous côtt's h In fois, faisait alors une si grande consommation, il fut appelé, en 1793, à siéger dans TAssemblée , et devint aussitôt Tim des membres les plus actifs du comité d'instruction publique. C'est à lui que l'on dut l'agrandissement du Jardin des Plantes, la formation d'une commission des arts pour sauver de la destruction une foule d'ouvrages d'art et de chefs-d'œuvre. Il réussit a arracher des prisons Desault, chirurgien de l'Hdtel-Diea ; il parvint à soustraire Chaptal à l'accusation de fédéralisme en le faisant apjx'lt r, de Montpellier à Paris, pour l'euiptover à la fabrication du salpêtre. Il prît la défense de Darcct, et eut le bonheur de le sauver. 3Iais ses efforts furent vains lorsqu'il vo«ilut détourner le coup qui devait frapper Iavoisier; et, par une révoltante injustice, la calomnie a osé lui fiiire un crime de son impuissance. T-'lcouîons-Ie lui rnt'jue S I \prinicr sur les soupçons qui ont plane sur lui , soupçons qui ûrent le tourment de sa vie : « On m*accuse de « la mort de Lavoisier ! moi, son ami, « le compagnon de ses travaux , son a collaborateur dans la chimie moderne, « son admirateur constant, comme on « peut le voir dans tous mes ouvrages « écrits avant ou depuis la révolution; « moi ! n.î tu Tellement doux, non enci vieux, sans ambition; moi, qui, de « tous se.s confrères et ses amis , Tai le «plus défendu, le plus regretté, le « plus pleuré, le plus loué publiquement « et dans toutes les occasions. Rlle est « troç absurde cette calomnie pour « avoir fait qudque impression sur ceux « qui me connaissent de près ou de loin : « mais elle laisse du louche dans quel- « ques esprits peu accoutumés à réflé- « chir; elle a fiiit plaisir à des hommes « qui «se repaisseot 4c méclianoetés , à

rtfomcBOT PBANCE* PMfMatMr M

« quelques bomiues jaloux de mes suc- « oès et de la portion de gloire que j'ai « acquise daDS la carrière des sciences,

« Te l'ai trop méprisée pour y r<*pon- * dre; mais j'ai été peiné de voir que « personne , parmi ceux qui me con- « naissent, parmi ceux quepai instruits, «« servis, avancés, n'ait pris ma défense; « ils l'ont, sans doute, méprisée comme « moi ; peut-être ont-ils bien fait. Il y « a des choses si atroces dans Tâme dea « méchants qu*on se refuse à les envi- « sager , à les combattre. » A cette justiûcation pleine de candeur, dans laquelle on entend le langage de la vérité , ajoutons Topinion d un savant célèbre, Cuvier. « Si dans les sévères re- « cherches que nous avons faites, dit-il, « lors de la lecture de sou eluge bisto- « rique à l'Institut, nous avions trouvé « la moindre preuve d'une si horrible « atrocité , aucune puissance humaine « ne nous aurait contraiut de souiller « notre bouche de son éIoge> »

Au 9 thern)idor, Fourcroy fut appelé au comité de salut public ": il y resta étranger à tout parti, à toute intrigue, cl ne fil usage de son pouvoir que pour protéger plus efUcaoement les établissements scientifitfties et littéraires. Non content d'orijaniser l'école polytechnique, qui n'était alors que l'école des travaux publics, il fit créer trois écoles de médecine, et donna la première idée de l'école normale. Lors de la rédaction de la constitution de l un m, ce fut lui qui fit comprendre Pinstruction publique et l'Institut dans l'acte constitutionnel. Après In session conventionnelle, il entra au Conseil des Anciens, y siégea pendant deux ans, reprit ensuite ses cours publics, et rédigea son grand ouvrage, intitulé Système des connaissances chimiques j le plus grand monument élevé a la gloire de la chimie française.

Six semaines environ après la révolution du 18 brumaire, il reçut du premier consul l'invitation de se rendre au Luxembourg. Le soir même, le conseil d'État était assemblé dans une salle du château ; Fourcroy fut retenu par Bonaparte, qui lui (il prendre place au conseil , et le consulta sur les affaires qu*oa jr traitait. Bientôt après, Fourcroy liit nommé directeur général de

l'instruction; ce fut lut qui créa let lycées, et sa sage administration rendit les écoles florissantes. Ces fonctions lui furent enlevées lors de la création de

l'université impériale, à la tête de laquelle fut placé de FonUines. Aapoleou avait voulu , en faisant ce choix , faire . une concession aux partisans de l'ancien réi;ime. Mais Fourcroy espérait être revêtu de cette dignité , et il y avait des droits. Déçu dans ses espérances, il se crut disgracié. Sa gaieté naturelle l'abandonna; sa santé, déjà altérée |)ar l'agitation des affaires, les devoirs de ses places, les méditations et les veilles du cabinet, devint de plus en plus < bancelante. Il mourut le lU décembre 1809, frappé d'une attaque d'apoplexie, au moment ou l'empereur le nommait directeur général des mines.

Fourcroy fut un des professeurs les plus distingués dont puisse s'honorer la France. «Il était né, dit M. Pariset, pour le talent de la parole, et ce ta- Mit, il l'a porté au plus haut degré; ordre, clarté, expression, il avait toutes les parties d'un orateur consommé; ses leçons tenaient de Tenchantement. A peine avait-il ouvert la bouche , le eoHjr était saisi par les sens et l'esprit captivé par l'attente.

Les phénomènes les plus subtils, les théories les plus alratraites et les phis compliquées prenaient, h mesure qu'il parlait, une évidence et une simplicité qui jetaient daus la surprise et le ravissemait. Sonélocution vive, facile, variée, élégante, et pourtant familière, semblait se jouer avec les obstacles, et taisait tomber, pour ainsi dire, * en courant les voiles sous lesquels la nature s*est enveloppée. Tout cet éclat, soutenu par les accents d'une voix sonore et flexible, et par le jeu d'une physionomie qui se prétait a mille expressions, et qui s'animait du feu de la parole , donnait à ses démonstrations tout le prestige , et j'oserais presque dire toute la passion d'une scène dramatique.» Il savait distinguer sur les bancs les plus éloignes de son amphithéâtre l'esprit diflicile qui doutait encore, celui qui ne coniprenait pas; alors, il variait ses expressions, la langue semblait multiplier pour lui sesrichesses, et il ne quittait une matière

<|ue lorsqu'il voyait tout sou nombreux auditoire égaieinent satisfait. Aussi, quelque lieu qu'il choisit poar Mtootfvtt ee lieu u'étatt jamais assez vaito paû( Taffluence de ses auditeurs.

f ourcro); avait laissé deux enfants : \p wmle ^ WmùToy, otlGcinr d'artilleiM, est mort (sur kl diamp de bataille à Lut/.en ; sa fille, madame Floucaud, a épouse un ancien receveur général. Les places qoMl occupait dans les établissements scientifiques ont été remplies par les plus dignes de ses élèves. U. Tnénard lui a succédé à Tlnstilut, M. Lau-

Sier au muséum d'histoire naturelle, [. Gtf'Jjame à Técole polytechnique.

On a de lui : 1"* Traite des maladies des aîiisans, Paris ,1787, in-12; 2» Leçons U àUUfù e nutuPcUe et de chimie j 1781 , 3 vol. io-r; iMtf., n$9, 4 vol. Wt^" ; ibid., |7M, & vol. in^8"; ibid. SOUS le titre nouveau de Système dp.s COnriaissances chimiques, et de leur application oitx phénomènes de la nature et de l'art, 1801 , 6 vol. in-4'' ou Il vol. in-s"i 3° Collection de mémoires de c/iimiey Paris, 1784, in-S^ 4" /' //•/ d(i recoHJiuiùre et, d'employer les niédifiamenii dans ks mamdlies fui «Moquent le corps humain y Paris, 1785, 2 vol. in-8°; 5** Knùomologia Parisi/'nsis, sive çatcUo^us msectorum qua: in ayro BmrMmst reperiuntur, ateundum me* ^(Mpliiw Geoffraeanam in sectiones, gênera et specifs distributus , l isô 2 vol. in-12 : Fourcroy a ajoute plus dt; trois cents espèces d'insectes a celie^i

Îte Geofifpoy avfit déorttes dans son iatûire des Insectes; 6"* Jnalyse de • Feausuljuremed'hngkien, \:*iu \Sy 1788, in-S"; }" Essai sur le phiogistique et lei aekkty 17è8, in-r ; la Médedm éclairée par les sciences physiques, 1791, 4 vol. in-a" ; 9° la Philosophie chimique, 1793, in-S"; ibicL, 179â; ibiiL , 1 806 ; 10" Procédé pour extraire Im soude du sel marin, 1795, in-4'^; 11" Tableaux synoptiques de chimie, 180.3, in-fol. atlantique. Il a travaille avec Lavoisier, Guyton-Morveau etBertholkt, à la Méthode de nomenclature chimique, Paris, 1787, in-8*. Il a enrichi de plusieurs de ses travaux les Mémoires de PAcadémia des sciences et d^autrea reeneils. F^nnix» (Gharkfl), auteur da sy8«

tème social dit sociétaire ou phahnsiérien, était fils d'un marchana de draps da Basançoa. Il naquit dons cette villa le 7 avril 1772 ; et quand il eut quitté le collège, son pere le plaça au comptoir de son ma^^sin. Plus tur'd, Fourier travailla auoaagaivaioaBt coKima aimple coramia daaa upa mai«ui da Rouen , chez un négociant en denrées coloniales de Marseille, chez un courtier de commerce de I.yon , et anftn dans une flsaison américaine à Paria« Après huit mois d'une douloureuse maladia, il mourut le 8 octobre 1837.

Le premier écrit qui soit sorti du sa plume ast un articla intitoM du Triumvirat continental, et inséré au Rnlletin do Lvon du 25 frinwire an xn, article dans legueJ il basait réquilibre européan BUT l'aliianoa de la Frànoe, é» la Bussiact de r Autriche, et que Napoléon ne crut pas, dit-on , indigue de f?on attention. C'est la seule fois que Fourier soit entré dans le domaine de la politique proprement dite; il eut toujours soin dans ses autres publications de s'en tenir coniplélement en dehors.

Ku 1808, it fit paraître, sous le titre de Théorie des quatre moiu»emmteeêdee destinées générales, le programme de son crand système d'économie sorîale, qu'il ne développa que quatorze ans plus tard (en 1822) clans le Traité ifaesoeiation domestiqiie agpieole . A ces deux ntivrai^es,qui reniV-rment véritablement toute sa docti ine, il ajouta, en 1829, le Nouveau monde industriel et sociétaire, OU kwentlon du procédé f^lndustrlf attrayante et naturelle, distribuée fn séries passionnées ^ et, ea 18d5^, ta Fausse industrie.

Dana ces divera ^rfts, on trouva la re|)roduction des mêmes idées aouvenft dans les ménies termes. Le premier eut peu (le lecteurs à son apparition; il est vrai qu'on y est tout d'abord effrayé par le luxe "de néologisme aue l'auteur y déploie. Fourii r a besoin oc créer des noms pour ses liardies conceptions, de former une nomenclature pour sa science nonvella, daa hiéroglyphes mdme pour acê formules aymboUqttea , où, pour nous servir de comparaisons qui lui sont familières, «« tout est exact comme « les flgures géométriques , harmooiq[ua « eomma les tons da la gamine » nuancé

loinuiyi fUJUCR. fmm

«coipme les couleurs du prisine. » Dès le début, il anjionce «qu'il apporte une

« invention qui vn délivrer le genre hu- « mnîn du chaos civilisé. » Il ne se dissimulQ nas robstacle q^n'il rencontrera dans « rôr^eil scientiliquc; » mais il a tia confiance que les esprits, en apprenant sa (térou verte, « tressaiUiroi]ltaai||a de ce (ju'enfin I honinie a su

« Dércil>t'r au destin ses angtisfrt secrets (*). »

Fourier mus déroule ensuite ies destiQ^ de 1,'iwivfHra, dont ii doit la lévé* latipci tm plua hardis mIcuJs de Pa«

nalo^ie. Il nous apprend que notre piauete, sur laquelle doivent s'opérer encore une suite de créations, aura une « carrière végétante » de 80,000 ant, divisée en phases inégales d'enfance, de jeunesse, d'âge niùr, de vieillesse, de d^répitude^ que pendant la période b^iir^use qui doit oonopreadce tes sept muUjÀlA«i de la durée totale, el qvm va hâter sa découverte , la terre aura son maJi^immii pormal de population, trois niiUiardad'habitaots,dontla vie moyenne sera dtî 144 ans, et la tailli de 7 pîedi. ^iles ::ont bien briibntes . s.ins doute, les peintures que nous fait Fourier de rélat du globe à cette époque dliarmo- • «jf . A la place d'araiées guerrières dévastant les États , il nous montre des armées industrielles canalisant les fleuves, rej^itaut i^s déserts, et finissant par porter la euUnre jusqu'au pôle boréal , dont les glacet te londent à la cbaleur d'une couronne rayonnante, qui doit être le résultat naturel de la « restauration des cli matures » par le mnlNMittneBl. Puis Fourier nous la promet à nous-mêmes cet âire d'or, en nous dévoilant le dogme de la transmutattoa des âmes huniiiiaes par périorles alternatives d*aistenee tntramondaine et extramondaine, formant comme les jours et les nuits d'une vie immortelle. Le système de Fourier embrasse, comme voiÉ, UDe eoomogonie, laquelle en fornie mime la inse. Toutefois, la critique, qui ne sanrait !e suivre sur ce terrain, doit la séj)arer, comme il l'a fait lui-même, de sou plan de réforme so« .

eioia»

Forcé toute sa vie, |)Our subsister, de louer ses services à des marchands,

O T^WM d«i ^iTsmouTemcmi,

fourier n'en vou^pas moins uneavçrsign profonde l'une professiôn qu*il délmit « l*art d'acheter trois fr. e6<|ui en vaut

« six, et de vendre six fr. ce qui en vaut «trois.» Dans tous ses ouvrages, il poorsoit leconunerce des plus sanglants reproches. Il ne le dépeint qu'accompagné du triste cortège de I accaparement, de l'agiotage, de la falsilication, de la contrebande, ûfi I9 banqueroute ; enfin, il le dépimce comme tendant à imposer à l'Europe le joug d'une féodalité industrielle, par la concentration du sqI et dos capitau)^ dans les mains d*égoîstes spéculateurs. Il faut, sans doute, faire la part de l'exagération dans la peinture qu'il fait de notre civilisation, qui n'est à ses yeux « qu'un « cercle viciei^ d'abus dans toutes ses « parties; « mat; il faut convenir qu'on trouve (I:ins ses écrits des pages qui forment un foudroyant réquisitoire contre |e$ vices et (es travers de la société. Cest, du reste, un homme profonde* ment convaincu que Fourier. Point de doute dans son esprit, point de lacune dans son système. Il embrasse tout, il a tQut prévu. Il vient, au moyen «du « procédé d'association attraya'nte, pré- « senter au sauvage et au barb;ire comme « au civilisé la double amorce tie triple Q produit et de charme irréi^istibieC*;. » l[ nous promet pour résultat % d'opéta rer ralTranchis^ement des nègres et « des esclaves de plein ure avec les maî- « très, l'accessioa générale des sauvages «à Tagriculture et des barbares aux « moeurs policies , rétablisseutent uni- « versel desuuites de relation en langue, o monnaie, mesures; enfin, l'avéneinent « du genre bumain à l'unité sociétaire « qui est sa destinée (**)■ »

Impatient de la solution immédiate du grand problème social , Fourier rû[upt avec Ijçs réalités du présent. Sa bouuUmte imagiaatioo s*ac^mmodemal de la pénible marche du progrès des siècles. C'est d'un seul bond qu'il veut faire arriver la rac^ humaine à la félicité dont sa nature lui semble susceptible. Il part de ce princi{>e que 1^ myt" tècfs de Tovdl^ moral s'^ip^iquent par

{*) \iiiiLa àt}. i a^fociAtion domestique i^ricola.

Le mvfm wmk iadviiM.

POURIEH LTJNIVERS. POlîillEft

les mêmes lois que les phénomènes de l'ordre physique, arrive à cet autre, que le plaisir et la douleur sont les signes de la vérité et de Terreur, puis prend l'essor normal des passions pour hase du système qui doit conduire l'homme ù la perfection. «Il ne s'agit, du reste, « nous dit-il , que rrappliquer au nK>nde «I social b théorie de IVewton sur le n monde matériel.»

Dans le nouvel ordre social uue veut établir Fourier, il ne réetame rabolttioD d'aucune instîtatioa , la renonciation à aucune jouissance. II ne détruit point les cultes : sa théogonie compose avec eux; il ne demande pas un nivellement général: selon lui, l'égalité est un poison politique; il ne totichn point au droit de propriété: il ne prêche pas la communauté, mais bien l'association; il respecte l'hérédité: seulement, il en rend les droits moins exclusifs. Disons cependant que, pour étendre le cadre de la famille, il parait bien près d'eu briser les liens. Il admet trois buts d'attraction : le désir du luxe, le besoin de se grouper, la tendance à l'unité. La propriété d'attraction industrielle dont jouit , selon lui 2 Tordre sociétaire quMl réalise en imagination, repose sur un mode de composition qui lui est particulier : l'organisation en » aéries pas- « siontielles ou séries contrastées, riva- * Usées ^ engrenées. » En effet, pour composer son plan , il emploie les passions , et les combine comme l'ingénieur les rouages d'une machine. Dans ce mécanisme social, les individus se réunissent volontairement en groupes d'après l'analogie des penchants. De la réunion de plusieurs groupes gradués naissent les séries, dont se compose cnOnla pluUange, c'est-à-djre , la commune sociétaire. Dix-huit cents individus s'y livrent avec passion aux diverses industries, qui sont pour eux rendues attrayantes et faciles par la liberté du choix, le travail en commun, la division parcellaire du travail, Vallernance des ionctions. Le produit se divise en trois parts : la première forme l'intérêt du capital; la seconde, le salaire du travail matériel ; la troisième, le prix du talent. Enfin, chaque spécialité est rémunérée non' en raison oirecte de son utilité, maifi en nison inverse de Tattrait na-

turel qu'elle présente au travailleur.

L'école de Jb'ourier a pris un certain développement depuis la chute de celte de Samt^Simon, sans être toutefois sortie encore du rôle spéculatif. Jusqu'à son dernier jour, Fourier se berça de l'espoir de trouver !m capitaliste qui hii fournit le moyeu d'exécuter le colossal devis de son pha/anslère , ce « Versailles populaire» (comme on Ta détîni), ou le plus pauvre sociétaire, celui qui n'aura gue le minimum, connaîtra plus des jouissances de la vie que n'en connaît, dans l'ordre actuel, le plus riche potentat. L'essai malheureusement demandait des millions, et le « candidat » de Fourier ne se présenta pas. Une tentative d'exécution fut pourtant faite de son vivant et sous sa direction , à Condésur-Yesgre (Seine-et-Oise). Un député du département, M. Dalary, fournit un domaine au centre duquel on cortimença l'érection de l'édifice sur le. plan général de Fourier; puis survinrent, dans i'exér cution des détails, des difficultés que la fondateur avait trop légèrement crues résolues; enfin, les fonds manquèrent, et tout fut arrêté, hn 1832, Fourier, aidé de quelques-una^e ses disciples, créa un journal destiné à la propagation de ses doctrines, le Phalanstère , journal qui ne put alors se soutenir pliis de deux ans , mais qui depuis a reparu sous le titre de la Phalange, et subsiste en« core aujourd'hui. C'est le drapeau autour duquel se rallient ses adeptes. Une scission cependant s'est opérée daus leur sein. Elle parait être née de la divergence des opinions sur les conditions matérielles à remplir pour la fonnation d'un premier établissement. C'est ainsi que les fouriéristes purs, à la téte desquels II faut mettre Victor Considérant, paraissent blâmer, comme étant assis sur des bases trop étroites, Tessai de commune sociétaire qui se fait en ce moment sur Templacementde l'ancienne abbaye de Cîteaux, près de Dijon, et la colonie pliaLmstcrienne partie de France l'an dernier pour aller s'établir dans l'île Sainte-^larie, sur la côte du Brésil.

Des honnnes au cœur droit, aux idées généreuses, ont épousé les opinions de Fourier. i\ous ite saurions partager leur confiance en la possibilité plus ou moins prochaine d'une réalisation complète de

FOtJRIER FRAI^CE.

POURIER

sa théorie. Nous croyons que la persévérance avec laquelle'ils poursuivent la solution du problème social, pourra hâter le perfectionnement de plosieun d'entre les institutions humaines; mais nous devons avouer que , dnns une question d'aussi immense conséquence , nous avons plus de foi aux réformes progressives qu'en celles qui s'improvisent.

FouRTER (Jean-Baptiste-.Toseph, baron) naquit à Auxerre en 17G8, d'une famille originaire de Lorraine. Son père était tailleur; son grand-oncle, Pierre Fourier, réformateur et général de l'ordre des Prémontrés, honora le clergé par de grandes vertus, et mérita bien de l'humanité en joignant aux trois vœux d'un ordre de religieuses qu'il înslitun, celui d'enseigner les enfants des pauvres. Orphelin à huit ans, Fourier fut placé a l'école militaire d' Auxerre. "Une profonde intelligence se développa chez lui de très-bonne heure; il se livra surtout avec ardeur à l'étude des mathématiques; et après avoir deux ans porté la robe à l'abbaye de Saint-Benottsur-Loire, résolution qu'il n'avait prise que parce qu'on lui avait fermé à lui roturier la carrière du génie et de l'artillerie, il se vit appelé comme professeur de mathématiques à l'école où il avait été élevé. T.nrsqu'on institua à Paris l'école normale, Fourier y fut envoyé par son département, et il ue tard i pas à y prendre rang parmi les plus liautes cnpneités. A l'ouverture de l'école centrale des travaux publics , depuis éçole polytechnique, Lagrangeet Monge le dési&nèrent pour être attaché à l'état-major de cet établissement, qiie l'Europe a tant envié à la France. Ses conuaissances variées et profondes lui valurent, autant que la protection de Monge, la faveur d'être mis au nombre des snvnnts qui devaient accompagner Bonaparte en Kgypte. Pendant cette croisade tout à la fois scientifique et militaire, son rôle ne se borna pas à être trois ans secrétaire per[)étup| de l'institut d'Égypte : des soins politiques vinrent se mêler à ces travaux. Fourier, doué de beaucoup de réserve et de finesse, et possédant, outre son savoir, le talent de parler et de persuader, fut chargé des fonctions délicates de commissaire auprès d'un dfvan formé des

T. VIII. Ib* UvraUoii. (Dici. liwcY

principaux oulémas du Caire et des provinces. Pendant l'abspnrc <iii général en chef, l'académicien se trouva même, à peu de chose près , le gouverneur d'une moitié de l'Égypte; singularité qui ne devait pas surprendre à une époque où Tadroite politique du conquérant inscrivait en tête de ses proclamations et de ses lettres : « Membre de l'Institut et « général en chef de l'armée française «en Orient.» Plus tard, l'administration de la justice en £gypte fut aussi confiée à Fourier. Les savants français, pour leurs excursions en haute Egypte, s'étant divisés en deux sections , il fut désigné pour être le chef d'un de ces bataillons, et si son zèle fut surpassé, ce ne put être que par celui de l'mfatigable Denon. Lorsque MourAfI offrit de traiter aven Kléber, par l'entremise de la belle Silty iNelicah, ce fut lui qui conclut avec cette femme le traité d'alliance. Dans ces grandes scènes de donleurqui survinrent, ensuite l'armée d'Egyjpte emprunta encore sa voix pour exprimer sesregrets unanimes sur lesrestes sanglants de Kléber. Peu de mois après ces tristes obsèques, on apprit au Caire le destin de Desaix. L'orateur de l'armée d'Orient eut encore à célébrer k mémoire du jeune héros au lieu même oij il avait honoré celle de Kléber, et il s'en acquitta avec non moins d'éloquence. Le premier consul voulant récompenser un homme qui avait rendu d'aussi éiiiinents services, le nomma suocessivement préfet de Grenoble, membre de la Légion d'honneur, et baron avec dotation. Fendant quatorze années, sou administration active et sage ne parut pas souffrir de ses travaux scientifiques. C'est cependant à cette epo(]ue de sa vie qu'appartiennent ses-immenses et admirables investigations sur les lois de la propncration de la chaleur dans les corps solides. L'Académie ayant eu la complaisance de proposer |[>récisément en prix : la ThéO' rît- n'irifhématique de la chaleur , son premier mémoire obtint l'avantage. En 1815, lorsque iNapoléou s'avança vers Grenoble, Fourier fit publier, Iè5 mars, une proclamation pour faire respecter le gouvernement du roi , et sortit de Grenoble à l'arrivée du vainqueur. Dans cette circonstance difficile, il fut pré^

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