FRANCE. FOUS
ùu £ol]«s superstitions; mais il n'y put réussir, puisque lotmtemps après lui on en trouve encore des traces. Un acte de 12(45 , tiré des archives du chapitre de Sens, fait voir qu'à cette époque Odon, évâ^ue de cette éfdise , f>robioa les travestissements , et réprima quelquesunes des dissolutions qui acconipagnaient toujours cette féte ; niais elle ne fut pas tout à ùiit défendue; elle dura encore plusieurs siècles; on voit qu'en 1444 la faculté de théologie, à la requête de quelques évéques, écrivit une lettre à tous les prélats et mpîtres pour condamner cette féte et rabolir.
Cependant les actes des conciles qui se tinrent en 14C0, selon d'autres en 1485, ne |)arient encore que des abus qu'il fallait en retrancher. Il y est dit seulement que, pour éviter le scandale, tous ceux à qui il est prescrit d'assister à TofCce de la Circoncision doivent être Têtus d'une manière convenable à leur di^té ecclésiastique, et chanter le plus mélodieusement qu'ils pourront , sans dissonance ; que chacun doit ren)plir son devoir avec décence , surtout dans l'église ; qu'aux vêpres on ne jettera sur le préchantre des fous que trois seaux d'eau au plus; qu'on ne doit poi/it conduire des hommes nus le lendemain de Ifoâ ; mais qu'il fout seulement les mener au puits du cloître, et ne jeter sur eux qu'un seau d'eau , sans leur faire de mal ; que tous les contrevenants encourront la peine de suspension. Ce*
fiendant il est permis aux fous de faire lors de l'eclise toutes les autres cérémonies d'usaj^^e, pourvu qu'il n'en arrive aucune injure ni aucun dommage à personne.
<• Malgré la censure de la Sorbonne, la fête des fous subsista donc encore longtemps. Des actes des chapitres généraux de Sens, des années 1514 et 1517 , donnent la permission de la céléhrer. II paraît cependant qu'en 15! 1 uii prechantre des fous, appelé Dissard, s*était permis de se faire tondre la barbe à la manière des comédiens , et de jouer quelque personnage dans la féte de la Circoncision ; car cela lui fut défendu , parlant à sa personne , et la féte des foua n*eut pas lieu cette année.
« Ou trouve encore, à différentes datas t des permissions données pour la
célébration de la féte des fbua, tantôt
défendue et tantôt permise, avec des modifications qui tendaient toujours à en diminuer l'indécence et l'obscénité; mais elle ne cessa tout à fait que vers la fin du seizième siècle. »
Ce n'était pas, d'ailleurs, seulement dans les cathédrales et dans les collégiales que se célébrait cette féte. Cette impiété avait aussi pénétré dans les mo* nastères des deux sexes. Il existe une lettre curieuse que ^'euré écrivit à Gassendi, en 1()45, pour se plaindre de ces désordres. YoUà comment il parle de la Féte des Innocents chez les cordelière (l'Antihes :
« I\i les religieux prêtres, ni les gartt diens ne vont au chœur ce jour-là.
« Les fipères lais, les frères coupe-chou « qui vont à la quête , ceux qui travail- « lent à la cuisine , les ujarniiton? , les « iardiniers, occupent leurs ulacesdaos « réglise. Us se revêtent d ornements « sacerdotaux , mais tout déchirés s'ils « en trouvent, et tournés à l'envers. Ils « tiennent dans leurs mains des Hvres « renversés et à rebours , où ils font « semblant de lire avec des lunettes dont « ils ont ôté les verres, et où ils ont « agencé des écorces d'orange , ce qui « les rend si difformes et si epuuvan- « tables , quMI faut l'avoir vu pour le « croire, surtout après qu'avoir soufQé « dans leurs encensoirs, qu'ils remuent « par dérision, ils se sont fait voler de •« la cendre au visage et 8*en sont cou* « vert la téte les uns des autres. Us ne « chantent ni psaumes ni cantiques, (t mais ils poussent des cris semblables K à ceux des pourceaux, de sorte que les « bétes brutes feroientaussi bien qu'eux a l'office de ce jour. » Le même jour, dans plusieurs couvents de femmes, les religieuses, habillées en pensionnaires, obéissaient aux pensionnaires travesties en professes. Ces processions bizarres , ces grotesques mascarades , avaient sans doute été instituées pour faire diversion à la monotonie du clottre, à l'époque de confusion, de désordre et d'abrutissement , qui suivit la mort de Charlemagne. Dans ces fêtes, qu'un edt dit une désénération des <antmiifef , des ealenaet, et des hipercih les (*), on se montrait quelquefois demi- Les diptyques qnl lenfannent l'office