FOCS L'UNIVERS
nu ou couvert de peaux de cerfs, d'ours et de loups, de costumes de femmes ou de baladins. Comme les Saliens , les
diacres dansaient dans l'église le jour de Noël; les enfants de chœur à la Saint- Jean, et les sous-diacres à la Circoncision.
Un écrivain du douzième siècle fait mention de ces danses, et ajoute qu'il y avait certaines églises où les évèques et les archevêques jouaient aux des, a la paume , à la boule et autres jeux , et dansaient aven leur clerpé dans les monastères et dans les maisons épiscopales. Ces divertissements, où les rangs ■ecclésidsti(|ues étaient intervertis pour quelques heures , s^appelaient la Uoerté (In (Icennbre. T.esjeunes rlrres, les sousdiacres et les diacres. oliiciaient publiquement et solennellement. Ils s'emparaient des hautes stalles, et les chanoines devenniPHt le bns-rhrnur. La veille dos Innocents, les jeunes clercs disaient parmi eux un évéuue, l'amenaient en triomphe dans Tégliseï avec la. mitre, la chape, 1rs gants, la crosse et les autres ornements épiscopaux : il donnait la bénédiction au peuple , après quoi on le conduisait en procession à travers la ville.
On lit dans l'histoire d'Autun , qu'à la féte des Innocents, supprimée en 1595, on conduisait à Tabbaye de Saint- Martin, qui était obligée de recevoir ce cortège avec les cérémonies d'usage, un enfant de chœur , crosse et mitre, qui contrefaisait l'évêque des Innocents, ainsi qu'un chapelain représentant le roi IlfTode. Après les vêpres, le roi Herode et plusieurs autres suppôts de l'église , tous habillés cléricalement , montaient sur un théâtre élevé à cet effet dans la nef, et y représentaient le massacre des Innocents, le martyre de saint Sébastien, ou quelque autre sujet de cette espèce.
Les mêmes fêtes , désignées sous les divers noms de Fèfe des Innocents, des fous, des soà-diacres, de l'âne, etc.,
manuscrit de la fètc des fous et que Ton conserve à Snis , représentent les bacrhanales, (.«'•ros, Cjibele tl le-i antres sujets du même genre. Au cinquième &iccle, saint Angu&lin pariait déjà des cérémonies païennes usitées MOL cdendca de janvier.
subsistèrent h Provins jusqu'au ditseptièuie siècle, à Châlons-sur-Marne jusqu*en 1583 , h Nancy jusqu'en 1445, etc., et dans tout le Midi , au moins jusqu'à Tapparition du protestantisme (*).
La persistance de semblables abus contribua même puissamtnent à provoquer plus tard une terrible réaction, et à frayer la route aux nouvelles doctrines religieuses. Mais ces plaisirs de oourte durée étaient vivement sentis, et prodigieusement chers au peuple et au clergé, par cela même qu'ils étaient entremêlés de longues et périodiques douleurs : la peste, la famine, les subsides, la guerre, etc.
Maintes lois le pouvoir séculier entreprit de les supprimer. Mais il éprouva, presque toujours , une énergique résistance de la part des habi* tants et des chanoines (**\
Fox-Ampuoux, ancien marquisat de Provence, auj. du dép. du Var, érigé en 1719 en faveur d* Antoine <r^/6er^, président au parlement d'Aix.
FoY (Maximilien-Sébastien) naquit à Ham, le 3 février 1776. A l'âge de 15 ans, il entra comme aspirant d'artillerie à l'école de la Fère, fut nommé souslieutenant en 1792 , lieutenant d'artillerie la même année , et fit , en celte qualité , les campagnes de Tarmée du Nord sons Dnmouriez. Nommé capitaine en 1703, il servit avec distinction sons Dampicrre, Custines, Houcbard, Jourdau et Pichegru. Il lit les campagnes de 1795, 1796 et 1797 , à l'armée de Rhin et Moselle, et se distingua au passade du Lech, et à l'assaut de la téte de pont de Huningue. Il lut nommé chel d'escadron en 1798 , et , après avoir servi quelque temps à l'armée d'Angleterre , il passa à l'armée de Suisse, sous les ordres de Schaueubourg , puis à celle du Danube , sous
(') Oïl jKHit ronsullt r à rt; sujet nu ouvrage assez rare, intitulé : Mémoires pour servir à rHist(»irc' dv l i l ètf dts Fous, qui se faisoil autrefois dan« pltisicnrs églises i par M. Dutillot, h Lausanne, 17/if.
(•*) Voyrz les vifs débals entre Gilles Vivien, Ii.t Ik lier es lois, lieiilenanl général du sénéclial Otiilkume de Nriilac, et les chanoinee de Niroes, dans V Histoire de t^^iêe dt NioMft par M. Gennain,t. I, p. 4H etsuiv.