FRANÇAIS HB KANTES FRAI^CE. FRANÇAIS DB NANTES 29S
' f^anc (Targevf. La première pièce d*argent qui reçut le nom de franc fut monnayée par Tordre de Henri III, qui St une ordonnance à ce sujet en 1676.
Xe même prince fit aussi fn ire des demifrancs et des quarts de franc. C'est à cette pièce , qui fut continuée sous les règnes dft Henri lY et de Louis XIII , que notre franc a emprunté son nom.
Les francs d'argent de Henri III présentaient d'un côté la téte de ce prince avec kl légende BirncTS m franc bt M>L (onto) sBX , et le mUMsiine; au revers , une croix fleuronnée, au centre de laquelle se trouvnit un h avec ces mots , qu'on retrouve ordinairement sur ks pièces d'argent de France , bit
IS'OMEN DOMINI BE!VEDICTVM; au baS
se trouvait la lettre monétaire. Ceux de Henri IV et de Louis XIII n'en différaient que par la légendè, laquelle, au lieu d*étre placée autour du droit, ae lisait an -dessous du buste.
• Nous ne parlerons pomt ici de notre franc actuel ; ce que nous avons à en dire trouvera sa place à Tarticle Monnaie.
Français de Nantes ( Antoine , comte ) naquit en 1756 , à Beaurepaire en 0aufihiné. Dès les premiers symptômes de la révolution , Français , pav> tisan enthousiaste des idées de réforme, occupait à ^ante8 uu emploi assez élevé; il 8^ fit remarquer par la cha- 'knir de son patriotisme , et devint Tua des memlirfsde la municipalité de cette ville. Eu 1791, les électeurs de la Loire- Inférieure l'envoyèrent a 1 Assemblée législative, où il ne tarda pas à obtenir d'assez beaux succès par sa parole facile et brillante. Son travail le plus remarquable dans sa carrière législative est le projet de loi qu'il formula , le 5 mai 1792, contre les troubles excités
f»ar le clergé; on peut même dire qu'il ui dut la réputation dont il jouit dès lors parmi les patriotes. Cependant, après avoir partagé quelque temps les opinions dos girondins , il oublia ses anathèiDPs contre le parti démocratique, et, quoique non reclu, se prononça hautcnsent pour la Montagne, dans une assemblée qui eut lieu à Grenoble après le 31 mai. Tl empêcha ensuite le département de I isere de se joindre aux inanrgés qui maichaient contre la Con-
vention , en usant de toute l'influence qu'il y exerçait sur l'administration centrale. Il fut, en conséquence, atteint par la réaction thermidorienne , rentra en fonction après le 13 vendémiaire, et se vit enfin reporté à la représentation nationale en 1798. Devenu membre do Conseil des GîmHCents , il y Qguni dans les rangs de ropposittoo républicaine, qui renversa Merlin, en juin 1799, et ^mi les désapprobateurs du 18 brumaire. Le gouvernement consulaire parvint ocpenaaat bientôt à triompher ae sa répugnance pour la constitution de l'on VIII, et lui lit accepter une place de préfet. Sous l'empire , Français fut appelésoœessivement au oonaiil d'État et à la direction générale des droits reunis. Il ne se souvint plus de ses véhémentes philippiques contre les escloFfmdéeorétamerialêmtàianoMesâê, et se laissa taire comte^ grand oj^fieler de la Légion cVhonneur, commandeur de Vordre de la Réunion , etc., etc.
Ajoutons, toutefois, que dans cette position élevée il se montra constamment l'ami des lettres, et peupla ses burenux d'hommes qui les cultivaient. Plus d'un jeune poète, et notamment M. Casimir •Delavigne, qui lui en a témoigné sara* connaissance par des vers qui les bon<K rent l'un et l'autre , dut à ce bienveillant protecteur d'utiles loisirs et une existence assurée. En 1814, Français de Nantes adhéra a la déchéance de Napo* léon et au rétablissement des Bourbons, fut conservé par le roi sur la liste des conseillei's d'£tat , et continua même ses fonctions pendant les cent jours. La seconde restauration le fit rentrer dans l'obscurité de la vie privée jnsqu'en 1819 qu'il fut envoyé à la chambre des députes par le collège électoral de 1*1sère. Il vota du reste constamment avec le centre gauche, et sortit de la chambre en 1822. La révolution de 1830 rappela de nouveau à prendre part anx affaires publiques. On le nomma pair de France en 1831. Il est mort en 1S36 , laissant quelques écrits publiés sous le voile de I anonvme : 1^ Manuscrit de M. Jér&mê^ Piiris, 1896, in-8f; 2* Recueil de fadaises de M. Jérôme ^ Paris, 1826, '2 vol. in-8". Ces deux ouvrages sont plems d'esprit et d'originalité, mail lê ityte ea est fi>vl médiocxo-
Fbànçai8B,( langue). ¥oytt( Iak-
FfeÂ3iMii|siu « Teriîr tn fimc-fti*
Jm^dit Bouteillfir, en sa Somme rurale (Ht. I, tit. 84\ si est tenir terjre de pieu tant seulement. Et ne doivent cens, ne TMtes, ne dettes , ne servage , relief, 'iiïanitre dalle quékpnqua redevancer à vie n'n mort; mais les tiennent franchement de Dieu : et y ont toute justice basse, si comme de |reuf (querelle), de
Îilaiuui, de oogiHriflianoe de limple déit, à juger par leurs pers tenans en i4> leux qui sont de la cliasteilenie, et conjurent l^un aljeux Tautce sans seigneuB, joâ bftilHf , rèqoiÉiziiit au Migneui seo- . 'verain qu'il veuille an aide de droit lf4Be mettre leur jugement à exécution par •ses sergens: vt le seicneur doit faire 'Fadvest et devest de tous Içs alleux^ et »eB oonfarent Ton l^âutre, et bailler lettres de dérret qui tiennent et vallent séellées de leurs seaux , et en plusieurs .lieux pour faire vente de non alleux , il •n'y faut que la eognuatanee qu'an feit le vendeur par deFant aotaive ou tstbellion, et lettres sur ce lever; OU par devant gens sur son séel , s'il a séel tognu dont lettres s'en facent : et s'il •etoit appel (! de leurs sentences, selon aucuns lieux les friinrs-alleux le deffendent en armes et non autrement. Et selon le droict, il peut être relevé devant prudluimniea/ Maia l'usage des alleux doit <tro gardé en tattt que raison seroit. «
Le mot Iranc-alleu réel, jusqu'au seiaième eièole , ne s'appliquait , suivant Dumoulin, qu*à la terre sâlique, etsulvant Benedicti, qu'aux hérilatzes bourgeois; les alleux nobles étaient dcsiiiriés sous le nom dejiejs franco onj[ieJs de '/fane-nUgu. (Voyez Aubuk.) ' Franc aecube. Voy. Arghebs.
Franc-dktoir. Tenir une terre à franc'Cieooir, c'était occuper un bien ^^MMtr lequel l'hommage et les droite féch 'daux avaient été convertis en une modique prestation pécuniaire annuelle. Il y avait ainsi deux espères de trancsdevoirs, l'un noble, c' est-a-dire, subrogé à l'hommage; l'autre rtUttHeTy c'est-à-dire, subrogé à des cens, des eorvées , des banalités. Dans quelques coutumes , cependant , le Iranc-devoir •éMtit tottjobii esieiticneiBent noble. H
était de principe , en cette matière, que Icseign^UB «e poMVfti^ .€x,Uçr pour le ffaniHlevoir cpie oe qui «^pre^sf ment réservé.
France (campagne de) (*). — Après le desastre de Leipzig (18 et 19 oc^bre 1813 ) , Napoléon q« dissimulait pj^ que les coilisés ?aiqq|iavir9 tenteraient d'envabir la France, mais il espérait avoir plusieurs mois devant lui pour se jpettre en mesure de leur résister.
BcMranwt w M ^^bcjs de
son ariiiée, et croyant avoir ainsi obvié à tout péril immédiat, il vola vers Paris pour ie préparer à tetiir la campagne au printemps* U çoiçç^l^pi\t encofe sur les protestatItDS des f0i^Y^ra||»i alliés, sur les proppsitions d'un cotifgrès à >ianheim; vaines négociations qui avaient pour hvtt (j'eqdprqiir api ^vigilance ! *Déjà , cependant, les sqi^ verains alliée appelaient aux armes toute la population vigoureuse de leurs États, et réunissçii^pt leur^ troupes sur la rive droite du fleuve; déjà u|i jeonseii militaire, ras^nibl^il Francfort, discutait le plan d'invasion. Calculant que Napoléon avait au plus 70,000 hommes à opposer aux 280,000 que la co^ lltioQ pouvait lancer sur le territoire français vers la lin de décembre , on ne voulut pas laisser à l'actif capitaine le temps ûfi re|nplir ses cadres presque arides, et Ton décida une campagne d'hiver. L'armée du NoTd , générai ep rbef Bernadotte, devait traverser le Rinu entre Dusseldorf ft Cologne, coi]quérir la Hollande et la Belgique, puis pointer sur la France. La graoqe armt^ alliée, que le prince de Scnwartzenberg commandait sous la direction du czar de Russie, de l'empereur d Autriche et du roi de Peu8se« et l'arméa de Silésià, conduite par le feld-marécbal Blùcher, devaient franchir le Rhin : la première, à Tendroit où il sort de SMi$se ; la seeonde, entre lyiayençe $fn}sbôurg , opérer leur jonetibn aans les plaines de la Champagne et marcher sur Paris.
Au moment où ces hordes allaient
(*) Nous nous bornerons a donner dans cet article Texposé rapide des ppératimtt stratégiques de cette campagne. Pour l'appel ciation politique des événements et des cauftes qui les ameqèraat, nous r^vgjroos à •tide EMPfBié
FIANCE If^AI^CE.
fondre sur nos provinces, nous avions encore 300,000 soldats sous les armes ; mais plus des deux tiers étaient retenus eu Prusse , en Allemagne , en Ivspagne , en Italie, où les ordres de Tempereur n'étaient pas observés par ses lieutenants; le 17 novembre, Napoléon avait appelé sous les drapeaux 300,000 conscrits des classes de 1814 et des années antérieures , jusqu'à Tan XI inclusivemejit, et bientôt après il pvait anticipé sur la con>criptiou de 1810 ; mais peu de ces nouveaux soldats avaient rejoint , et il avait fallu d'ailleurs distribuer des garnisons dans un grand nombre de places. Les forces disponibles de l'empereur ne s'élevaient qonc féellement qu'au chiffre supposé par la coalition. Au premier bruit des projets de l'ennemi , il se hâta de répartir ses 70,000 hommes sur toute la ligne du Rhin, ht maréchal Victqr observa le fleuve dcuuis lîâle jusqu'à Strasbourg ; le marécnal IMarmont, depuis Strasbourg jus(ju*à Mayencc ; le général Sébasliaiii se tenait entre la Moselle et le connuentde la Lippe; le maréchal Macdonald garnissait l'intervalle entre Crevelt et Nimègue; le général Maison fut chargé de couvrir Anvers et de protéger la Beljiique. Deux corps de réserve étaient , l'un à Namur, sous le maréchal Mortier; l'autre à INancy, sous le maréchal Ney.
Invasion de la France. — Le plan de défense conçu par Napoléon avait en partie pour base la neutralité de la Suisse. Les alliés la violèrent indignement. Le 21 décembre, la grande arpiée, sur six colonnes , passa le Rhin aux trois ponts de Râle, de Schaffhausen et de Laulïenbourg.TJn mois après, Schwartzenherg avait exécuté la première partie du plan convenu à Francfort ; il avait atteint la Marné. Voici les directions que ces princi()aux corps suivirent, repliant prcsijue sans conil'attre les troupes françaises qui leur étaient opposées. Le coVps du prince héréditaire de lïesse-Homhourg. marchant par Zurich et Berne, aHeij;nit suc(îessivement Neuchàtej , Monbozon et Dijon , le 19 janvier. Le corps du comte de Giulay, s'avançant par Soleure et Arborg , entra le 3 à Montbéliard , le 5 à yesoul, puis §e dirigea sur Langres. Le
corps du général CoUoredo marcha par Arau , Arberg et Berne sur Neuchûtel. Là il partagea ses troupes, et poussant vers Langres avec la colonne de droite, il dirigea la colonne de gauche par Salins et Dôle. Celle-ci était composée de deux divisions : la division Wimpffen , qui devait gagner Châtilion-sur-Seine, et la division Maurice de Lichtenstein , qui devait investir Auxonne. Le corps du comte de Bubna et celui du comte Louis de Lichtensjein marchèrent par Soleure , Bernç , Fribourg. De là, Bubna poursuivit son mouvement par Lausanne, sur Genève; Louis de Lichtenstein continua le sien * par Neuchâtel , Pontarlier et Ornans , sur Besançon , qu'il investit le 6. Le corps du comte (le "VVrède alla d'abord bloqtier Huningue et Béfort , puis s'étendit par sa droite vers Cqlmar. Battu le 23 décembre à Sainte-Croioç par le général Milhaud , du corps d'armée de Victor, il ne put d'abord dépasser Rixheim. Mais le prince royal de Wurtemberg, quittant |e blocus de Béfort, où il avait relevé de 'Wrède , vint , le 31 , s'établir entre Sainte-Colombe et Ensisheim , sur la .ligne de Colmar.
Dès lors de Wrède marcha librement sur cette ville, l'occupa , força le général Milhaud de se retirer vers Baccarat, par la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, puis alla , par les deux rives de l'Ill , investir Schelestadt. Dans les premiers jours de janvier , le comte de Wittgenstein, qui était d'abord resté sur la rive droitenu Rhin, aux environsd'Altkirch, passa le fleuve vers Seitz , fit bloquer Strasbourg par une partie de ses troupes, et traversant avec le reste la chaîne des Vosges , vint former l'extrême droite de la grande armée. Le 19, il suivait la route de Nancy pour aller prendre son campsur la Marne moyenne. \>rs la même époque, le comte Barclay de Tolly , qui, avec une partie de son corps, avait relevé le prince royal au blocus de Béfort, ne laissa devant cette place que 2,000 hommes, passa le Rhin à Laurach , marcha par Mollam et Frahière sur Vesoul, oii le reste de sa division s'était rendu par Mont- . béliard et Villerexel , y arriva le 17, puis porta son quartier général à Langres.
FRANCK
i;UNIVERS.
VRANCS
Parlons maintenant de Tarmée française. En apprenant que l'ennemi avait passé le Rmn à Bâle, Napoléon avait ordonné au maréchal Mortier, qui était à Namur, de voler vers Reims et de couvrir la capitale en manœuvrant sur la route de Ràle ou sur celle de Metz. A Reims, Mortier reçut Tordre de marcher en toute hâte sur la route de Langres. Victor , après avoir pourvu aux garnisons de Strasbourg, Londnu , Brisach , Schelpstndt, Huningiie <'t Pipfort, s'était trouvé réduit à moins de 9,000 hommes. Ne recevant pas de renforts , il avait résolu, pour défendre les gorges des Vosges, de se concentrer sur Saverne et d'y attendre Marraont; mais l'armée de Silésle, se portant le 7 janvier sur la Sarre , empêcha la jonction
. des deux maréchaux. Victor rétrograda alors vers Baccarat. Sa retraite permit aux alliés, maîtres des débouchés de Colmar sur Nancy, de pénétrer dans le bassin de la ^^oselle. Tvry, pour les arrêter dans cette direction , n'avait que quatre régiments de voltigeurs ù peine organisés depuis quinze jours, deux
' batteries et 400 (-hevaux du dépôt général des remoutês. 11 tenta vainement une démonstration sur Épinal ; ses troupes furent repoussées par Tavantgarde du prince de Wurtemberg , qui, versée temps, sf* ra[)proch.iit de l'armée de Silésie, et par les eclaireurs de l lietman PLitot'. Victor essaya aussi de s'établir dans Épinal , Ramberviller et Saint- Dié; mais les généraux Cassagne , Briciie et Duhesine . qui se portèrent sur ces villes, lurent tous battus: Cassagne par les Wurtembergeois , Brirhe par les Cosaques, Duhesme par de Wrède. Malgré ces écluses , Victor n'eût pus encore abandonné la défense des Vosges; mais, apprenant que les troupes de Biiicher débouchaient par Château-Salins, il alla par Saint-IVicolas rejoindre ÎSry a rsancv. I>e Wrerie [)ut alors marcher librement sur Keufcbâteau , d*où il ouvrit la communication avec Tarmée de Silésie. Schwartzenberg, (jui n'avait plus devant lui que Mortier, naguère replié de Langrcs sur Çhaumont, envova contre cette dernière ville le comte de Giulay et te nrince royal de WurteniLt r;:, l'un par la route directe, l'autre par Bourbonne
et Montagny. H y eut au pont de C^ol-
gnes un engagement à l'avantage des Français; néanmoins. Mortier fut de nouveau obligé à la retraite , et gagna Bar-sur-Aube. Le 24 , tes deux corps ennemis s'avancèrent sur Bnr , l'un par Clairvaux, l'antre par le route de Çhaumont. Le premier fut vivement repoussé an village de /ton/oMei > le second au village de Colofnbey4es-deux- Égli.ses. Quoique vainqueurs dans ces deux combats livrés sur deux points différents, les Français n'eussent pu défendre Bar contre l'armée de Schwartzenberg ; ils se jretirèrent dans la nuit sur Troyes.
Blùcher n'était pas resté en arrière de Schwartzenberg. Dans ta nuit du 3t dé^ cemhre, l'armée de Silésie avait traversé le Rhin : le corps de Sacken, vis-à-vis de Manheim; le corps d'York et partie du corps de Langeron , à Kaub; la division Saint-Priest ( du corps de Langeron), au confluent de la Lahn, et par l'île de Niederwerth. Sacken poursuivit son mouvement par Turkheim; York par Lautereck et Cusel. Bientôt Sacken borda la Sarre de Sarralbe à Sarrebruck, York deSarrebruckàMerztrig.LelOjanvif r, ilsjetèrent des ponts. Marmont. qui s'était déjà retiré à Forbach , sur la rive gauche, se retira eneore sans combattre. Il prenait, le 12,. position sous Metz.
Ne pouvant einpécner York de s'établir le 13 a Lungevilie, sur la rive droite de la Moselle, et d'investir Metz , que Kellermann , trois jours auparavant , avait quitté avec le grand quartier général, les administrations et le parc d*artillerie , pour aller s'établir à Châlons-sur- Marne; apprenant d'ailleurs, par des reconnaissances qu'il expédia vers Pont-à- Mousson et vers Nancy, que l'ennemi avait déjà fait passer des troupes sur les ponts de Rouxières et de Frouard, il se décida, après avoir jeté dans Metz des vivres et la division Durutte. à se replier derrière la Meuse, sur Verdun. lïey, surpris par Tanivée de Sacken , qui continuait de s'avancer sur INanry, évacua cette ville et se replia, par Toul , sur Ligny , Bar-le-Duc et Saint-Dizier, où il donna rendez-vous h Victor. La £atalité voulut que dans cette retraite on ne ronii.-lt ni les ponts de Rouxières et de Frouard, ni ceux de
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V—cwilearB, &t Void et de Gommercy.
L'ennemi put donc poursuivre les trois maréchaux derrière la Meuse. Il entra le 18 à r^iancy. Le 20, le général Lié- TCO , 4|«i oommaDdaît Taffo gatidie , occupa TouU qui fermnit la route de Nancy à Bar. Le 21 Blùcher, que les corps de Saint-Priest et de Langeron avaient rejoint, laissant le générai York aux blocus de Metz, de Thionville, de Luxeiubourir et de Sarrelouis, forma le reste de ses troupes en deux colonnes : l'une, précédée d'une forte avant-garde aux ordrM des généraux WassiltscMlof et Scherbatof , se porta par Ligitjr et Bar-le-Duc ; l'autre, nynnt pour arrièregarde les troupes du général Aisusief, marcha par Vauoouleurs et Gondreoourt. Les trois corps français reculèrent encore. Bientôt Tarine^e de Silésie occupa Dominartin, Joinville et Saint- Dizier. Pour Macdonaid, renonçant à tenir téte au corps russe du général Winzingerode, qui avait passé le Rhin à Dusseldorf le l"*" janvier, il se retira de ^imègue sur Aix-la-Chapelle , puis sur Liège ; il allait continuer sa retraite sur Nainur, lorsqu'il reçut, le 19, de l'empereur, l'ordre de se diriger par les Ardennes vers (>hàlons-sur-Mnrne.
Ainsi, au 24 janvier 1814, la grande armée alliée, l'armée de Silésie, et partie de l'année do Nord Tsnus Winzingerode), bordaient la Marne et la Meuse, prêtes à marcher contre Paris. Elles présentaient un effectif de trois cent et quelques mille combattants, et dans ce total n'entraient ni le corps de Biilow en Belgique, ni celui de Bubna dans le bassin du Rhône, destinés à des entreprises collatérales. Pour repousser les masses qui le pressaient au centre, Napoléon n'avait guère plus de 80,000 soldats, alors répartis de la manière suivante : 7 ou' 8,000 hommes en trois divisions, dont une à Auxerre, sous le général Alix; l'autre à Pont-sur-Yonne, sous le général Montbruu; et la troisfème à Montereau , sous le général Pao> thod , défendaient la vallée de TYonne.
La haute Seine était gardée par Mortier, qui, abandonnant Chaumont et fai.<;ant nier sur Arcis la division Dufour, avait lui-même gagné Troyes, où une réserve de 18 à 19,000 hommes s'oriranisaitsous le générai Gérard. Les trois corps de JNey,
de Marmont et de Vlotor, réimlf à Vi-
try-le-Français , couvraient la vallée de la Marne : ils venaient d'être renforcés par 7,000 hommes de la garde, sous le maréchal Oudinot; enfin, nous avons vu que Macdonald, rappelé de Namur, s'avançait par Mézières et Châlons. i\Ialgré son énorme Inlériorilé numérique, Napoléon ne voulut point abandonner le système d'offirasive, auquel il était redevable de ses plus beaux succès.
Après avoir donné pour la défense de la canitale des ordres dont au( un ne fut suivi après son départ (*), il quitta Paris le 25 , arriva le 36 à Châlons , et prit aussitôt le commandement des troupts rassemblées sur ia Marne.
Opérations sur PAtAê et k» Seine, Les deux armées de Blûeher et de Schwnrtzenbergcommunîquaient,avons* nous dit; mais elles n'avaient pas encore effectué leur jonction. Napoléon Tcsotut d'en profiter pour les vaincre Tune après l'aiitre, de livrer d'abord bataille il la principale, et, dans ce but, de marcher sans délai, par Saint-Dizier, Joinville et Chaumont, surLangres, où Il comptait trouver la tête des troupes de Schwartzenberg. Le 27, à neuf heures du soir, il entra dans Saint-Dizier, d'où le général Milhaud avait chassé le matin la division de cavalerie du général russe Landskoi. Le lendemain, il marcha par Vassy-sur-Montiérender, mais sans que les reconnaissances qu'il envoya dans diverses direetions rapportassent aucune nouvelle de l'ennemi; d'autre part, les habitants disaient qu'une armée avait tout récemment traversé Joinville, et s'était dirigée par Doulevent sur Troyes. Na poléon se douta que c'était l'armée de Blùcher, et qu'elle allait passer l'Aube au village de Lesmont. Abandonnant alors ses projets contre Schwartzenberg, il crut devoir se mettre à la poursuite de Blùcher, et se flatta , sinon d'empêcher toutes les divisions du général ennemi de passer l'Aube , d'entamer du moins son arrièregarde. En conséquence de ce plan, les corps de Ney, de Victor, de Marmont et
(*) Voyez dans la brochure du £;éncral Pelel sur les fortifications de Paris (i ii4 i) , les ios* Intctions laissées par l'empereur au roi Joseph , au conseil de régence et SU ministre de la guenre (pag. 69-87).
■ de Gérard, Vaimncèrent te S0 par )a
route âe Brîpnne. Ordre avait été expédié à Mortier de se rapprocher au plus vite; malheureusement, l'ofOcier d'étnt-
' major qui portëitlei dépiSflhiM Ait pris, et ^liScher comprit par leur lecture te
• danger qui lë menaçait. Croynnt n'avoir paç trop de toutes ses forces pour se menirer avee 'I9|ipo1éoii, fl m Mta de roppéler Saoken , qui se préparait à passer l'Aube, et fit couvrir ce mouvement rélro|j;rade par la cavalerie de Pahlen. De son côté, Schwartzenberg, apprenant Tarrivée de Napoléon à Mo«* tiérender, dirigea plusieurs de ses divisipos vers Joinville et vers Bar-^^iir-Aube
Jour soutenir Biûcher au besoin. Penanlcelemps-là; rarméefrahçatse continuait son mouvement; vers midi , elle aperçut l'ennemi en position entre Mézières et Jirienne. On passa quelque tempf à s*obcerver; enGii, vers quatre heoves , l'action s^engagea. Elle fut fort vive, et dnra jusque vers minuit; mais la victoire demeura indécise. Bliirher ordonna à Sacken et à Palhen de liler en silence par la route de Bar-sur-Âube. jNapoléon, resté mnître de la ville et du château, dont la vue réveilla en lui bien des souvenirs, et où Tennemi avait mte te feu avant dese retirer, alla s'étàblfr à Pertiie avec le quartier général. Le 30, au matin, lorsqu'il sntquel ennemi s'était retiré sur Bar, il supposa que Blùcher o^oaait couHr les chances d*an nouveau CQlll^, et donna ordre de le poursui- \re. Vainement Grourhy et Victor s'élancèrent-ils sur ses traces; couvert par la cavalerie d'Alsu^ief , il parvint à leqr échapper, et se concentra vers Trannef, position dnns laquelle il demeura immobile toute la journée du 31 , pour y ;itt^udiq les instructions et les renforts de Se|iwartaenl»erg. L-armée française oc-»
cupa Dienville, la Rothière, Petit-Mesnil, !n Giberie, la Chaise et ]NTorviîliers. Le prince généralissime fut d avis qu'il falteif offrir la batailte à Napoléon , qui , de son odté , voulant tenter le sort des armes, avait fait ses dispositions. Il dirigea , en conséquence , ies cor()S de Giulay, de Barclay-de-Tolly et du prince de Wurtemberg sur Trannes^ et envoya de Wrèrle et Wittgenstein iTiauœuvrer JUT notre liane (Jroit. Blùclier, ainsi soutenu, attaqua le 1" f^vfier à midi, pt
remporta la vtetèire. La mriheonuii
journée de la Rothière coûta aux Français .54 bouches à feu et 6,000 hommes; les alliés y perdirent à peu prèsautantde nonde. Quoique soutenne par ites trou* pes épuisées de fatigues, et contre des ennemis quatre fois plus nombreux , elle n'amena pas de-deroute; mais le résultat de cette premièee débite ess^ji^ sûr te •ol de te patrie fut décisif, en ce quMI ûxa In guerre dans le bassin de la Seine, êt donna l'offensive aux alliés. Quoi qu'il en soit, le calme et l'ordre avec lesquels l'armée française rétrograda sur Brienne empêchèrent Rliirher de croire que ce fût une retraite prononcée. Au lieu donc d'ordonner la poursuite des vaineus, il se contenta de coucher sur te champ de bataille abandonné par eux. Les corps français , après une courte halte à Brienne, se remirent le 2, avant le jour, en marche sur Lesmont et snv Eosnaj^ et de là se porterait ràr Troyes sati être sérieusement poursuivis. Cepen* (Innt ni Bliicher ni Schwartzenberg ne restèrent inactifs. Bliiciter continua son mouvement vers la rive gauche de te Marne; Schwartzenberg envoya Collor reffo, Giulay et le prince de VVurtemberg s'établir devant Troyes, pù Napoléon venait d*entrer; BâTclay-de-Tolly se poster à Lusigny, fiUtof menaeer
Sens, et S*\slavin occuper Piney. Dès lors, il n'exislait plus de comiuunicatioo entre les deux armées alliées , et chacnp^ allait agir séparément. Le 4, Tarméf française tenait les positions suivantes: la vieille garde était à Troyes même, oà Mortier, après s'être porte Iti 30 j^nvj§f sur Arcis, avait cru devoir rentrer 99 plus vite, dès qu'il avait su que l'ennemi occupait Bar-sur-Seine; la jeune garde était à Ppnl-|:Jub^rt, le cpj-ps ^e Victor à Pont-Sainte-Marjc, celui d# (Gérard 9 Sa int-Parre aux Tertres; les divisiottf Briche et Lliéritier à Bouranton, Lapbreoel e^ Saiot-i\Iauf ; çeij^ çles généf raijx Pîré et t>efrafice à/Crency et | Tennelière. Sur ces entrefaites , arrivg la nouvelle de la (iéfcclion du roi d^ Ps.ipics. Enfin, les vétérans de Tarmé^p n'apprirent pas saijs douleur r<>nve|^ ture du congrès de Châtilloo (voyez «jç vx Kmpiuk). La j)aix, sans aout^, et, ni indispensable; mais la recevoir, au Ijeu dq li} çpiKiuénr!... Lj5 ^, ,§c!jwa|r|r
FRANCK
FltAircK
zenberff opéra un monvément général.
Pour obliger l'empereur d^abandonner Troyes , il menaça ses derrières. A cet «Éét, Coltoredo et le prince Maarioe de
Lîchtenstein s'avancèrent par la routé de Bar-sur-Seine, le prince de Wurtemberg par ceiie de Bar-sur-Aube; Giul^ ntAlia Mir Troyes entra ke t^oslei « Vandoetivres et àe Pioey; de Wrède se porta sur Vandœuvres; les autres corps allèrent s'établir à Cbaource, Bar-suv»
Seine fRicey* Parques , Prasiain et Mn* UnMi'hùWoir éu même jour, Napoléon apprit , par une dépêche de Maodonald , que le f;énéral York , comme nous le verrons tout à l'heure, venait d'entrer h ChAloee. Cette nouvelle, jointe aa mouvement otfensi f de Schwnrtzenberg, décida Tempereur a quitter Troyes pour se retirer le 6 a ISogeut, où devaient se fendre les régiments envoyés par SoiiH des frontières d'Espagne, et les nouvelles levées de Paris. Le 7, h deux heures après niidi , lacrande armée aliie^ entra dans Troyes, «roù Mortier n*étaft sorti qu*à la pointe du jour. Le premier soin (le TVnpoléon fut de pourvoir à la défense de la Seine, de l'Yonne et du Lping, entre ISogent, Montereau et j^uxerre. Il en chargea Oudinot et Vîo« tor, leur Inissa a cet effet 21.000 hommes, et se hâta de ni;irclier lui-même avec sa garde , Maruiont et iSey , c'egtt-dire 1&,000 hommes, sur la Marne, d*où Blùclier menaçait Paris. Mais, avant de le suivre, retournons ù IMncdonald , que nous avons laissé se dirigeant de Liège vers Cliâlons.
OpératUms sur la Marne. — T^e général Yoi k, entré le 30 janvier dans SaiHt-Dizier, trouva la Marne dégarnie par les mouvements de l'armée française sur PAube; il aurait surpris Châlons, et se serait emparé du grand parc d'artillerie que cette ville renfermait, si l'empereur n'edt hâté la marche de Macdoriaid par les ordres les plus pressants. Macdonald y entra le H 1 , et s'il neparvint pas à s'y maintenir, du moins • eut-il le temps de faire évacuer le parc. Grâce aux habiles dispositions qu'il sut
ftrendre, la marche d'York sur Cliàlons ùt considérablement raie/ aie, et ce général n'arriva sous les uïurs que le 4 février. Un combat sanglant, qui vers onze heures s'engagea suf tpm
points , dura jusqu'à In nuit. Une ré* sistanee plus longue ne pouvait qu'attiréf de nouveaux malheurs sur la ville ^ (}pnt «n grand nombre de maisons étâieMt déjà devenues la proie des flammes. Macdonald permit aux niagistrats, qui l'en suppliaient, de traiter avec York. Les iwftilttés fàrent «uinendoea, à éondhtion que la ahuie serait évacuée le lèodéi main à six fieurrs du matin. En conséquenee. les troupes françaises sortirent mChmons le $ ; après avoir fait sauter le pont, elles se diriaèrent éurÉpernay; Oli Macdonald établissait son qViartrei^ général le 6. Bliicher, qui était le 5 à Sommepuis, avec son avant-garde 1 Fère-Champenoise, résol«t 4e i^ëveitff Macdonald à la Ferté-sous-Jouarre , et de lui enlever le pan*. A cet effet, l'armée de Silésie s'avança par les deux léuteiqiii'mènentdeCfaAions à laFerté.' Bliicher en personne suivit la petit* route par Bergères et Montmirail, précédé par Sacken ; Y ork eut ordre de •nivre la grande, qui longe la Mame^ de passer cette rivière à Château- Thierry, et de rejoindre Sacken à Montmirail, où deux nouveaux corps, ceux de Kleist et de Kapzewitsch, arrivant par Châlons et par Nancy, devaient entrer en ligne le 10. Ce projet fut exécuté avec une telle lenteur, que non-seulement Macdonald, détruisant les ponts derrière lui , atteignit, le tJO* sans avoir étécoupé ni entamé dans sa retraite, Mcaux , où son faible corps fut renforcé de (i.ûOû hommes, mais qu'encore son adversaire ae trouva maladroiteinint attiré dans une position qui devait, les jours suivants . permettre à Napoléon de remporter les plus brillants succès.
Dans la nuit du 9, Bliicher apprit que Napoléon s'avançait sur la Âfarne. S voulut lusMlôt concentrer ses troupes :
c'était s'y prendre un peu tard; d'ailleurs il laissa encore , on va le voir, cer^ tains corps tvop éloignés. York et Sà« cken reçurent ordre de revenir à Montmirail; la cavalerie fut placée dans les environs de Sézanne ; Blucher lui-même, seul à Vertus, y attendait Rleist et Ka» zewitsch , et ne comnuiniquait aVM Y'ork et Sacken (jue par le faible corps d Aisusief , posté isolément à Champ> Aubert. Le lO ap matin, toute farmée fr^oçaiifi, ^qI MPMicait |iar dea
chemins de traverse presque impraticables, était réunie en avant de bé- $ame. L'empereur reoomiut bientôt quMl pouvait vaincre successivement les corps épars de son adversaire, et attaqua d'abord Alsusief. il le battit à plates coutures, et le fit prisonnier à Champ'Atibertt et, dès le soir, dirigea une partie de ses forces sur Montmirail^ où les deux corps d'York et de Saclien devaient se réunir ie lendemain 11. Il sy porta lui-même au point du jour avec le reste de l'armée, et remporta une nouvelle victoire. Le feu n'avait cessé qu'p huit heures : les Français bivouaquèrent sur le cbamp de Datallle des i(aincus, qui étaient en pleine retraite sur Château-Thierry, et le 12, au lever du soleil , ils s'élancèrent sur la route de cette ville. Ils rencontrèrent bientôt les troupes d'York rangées en arrière du ruis.'^e:iii des Caquerets, ci disposées à leur tenir tête. Napoléon les battit encore, et donna dans les bulletins le nom de ChdieaU'TMerry à cette glorieuse journée. A minuit, les alliés avaient évacué la ville. Le 13, de srand matin, iis marchaient en toute hâte, York sur Ffsmes, Sacken sur la Père-eo-Tardenois , et le i^ros de leur armée se troura hors d'atteinte avant qu'on eât rétabli les ponts pour la poursuivre.
Des cinq corps de farmée de Silésie, eelui du centre ^tait anéanti; ceux de la tête désorganisés , rejetés au delà de la Marne; restait l'arrière-gardc commandée par ie général en chef. La population des campagnes gardait une ai»
titude menaçante.
Biùcher étnit resté, depuis le 10, immobile à Vertus, entre Bergères et tltoges. Pourquoi n'avait-il pas, dès le 11, attaqué Marmont qui occupait ce dernier village? On ne sait. Il s'ébranla enfin, le 13, avec les corps de Kleist et de Kapsewitsch, pour se porter sur Montmirail , et obligea Marmont à se retirer. MaisTempereur, instruit de ce mouvement, envoya dans la journée les divisions Friant et Saint-Germain prendre position entre Montmirail et Vertus, et lD!*méme, le lendemain 14, 8*^ porta * avec le reste de ses troupes. Il rencontra l'ennemi à l'aii.rcha)n/js, et lui infligea une nouvelle défaite, hlùcber repassa la Mamo 1« 15, ot alla s'établir au delà de
Châlons, où il fut rejoint le 16 par les débris de ses divers corps battus les jours précédents.
Napoléon, qui, dès le 20 novenibre (•), avait prescrit au prince Eugène, vicenroi d'Italie, de repasser les Alpes avec son armée, qui était forte de 80,000 hommes, et d'aj^ir immédiatement sur le Rhin, base d'opérations des alliés, avait, vers le 20 janvier, puis le 0 février, réitéré formellement cette injonction (**). Il faut avoir le courage de le dire, bien que ce soit détruire une de nos illusions nationales les plus chères, le prince Eugène, cédant à de funestes influences, était dé|à entré en négociations avec les puissaneea étrangères ; il n'obéit pas aux ordres de son souverain, de son [tère (***). Et cependant , de quelle utilité n'eût pas été la diversion opérée par cette armée, si, se-
(*) Sur ce fait , qui n'étail pas eocore vena
à noire connaissniice quand nous avons publié la biograpliie d'EtaïK^ft Napol^ow, et doul rexactilude est garaniit- i^ar le général d'Anlhouard, qui fut alors rnai^é de por, ter au viri'-roi U's iii>trn('tioiis de rempemirvoyee le Spectateur militai rc , année 1827, I. II, p. 4^7 1 et l'amiée iS j t > n^ars et avril. (**) Le nûnistre tle la guerre au prince wee' roi d' Italie.
Paris , g f«^mVr i8t4.
^ Le ministre de la guerre réitère à S. A. I. k vice-roi , Tordre de rempereur de se porter sur les Alpes aussitôt que le roi de !Vaples anrait déclaré la guerre. S. A. I. ne doit laisser ancane garnison dam les places dllalie, et doit venir avec tout ce qui est Français sur Turin et Lvnn , soit par FeiMStreiiM,soit par ie Moul-Ceuis.
5/^11^ .* le duc de Futei Bon à transmettre de suite.
Signé : Cahbackrès.
Le prince Eugène répondit de Volta, le 16 février à b heures du maliu : « Monsieur le m duc de Feltre, je reçois k rinstanl^ même « voire lettre du 9 de ce mnis, dans laquelle « vous me faites part des intentions de S. M. « à régard de ramée sous mes ordres , dès M que le roi de Naples se seVa déclaré contre «r la France. Vos instructions sont enlière- « ment conformes à celles que l'empereur m'a w adressées, il y a enviroD quinae jours, (wr « une lettre chiffrée..... >•
(***) Discours prononcé par le cén/ ral Pelet à la chambre des pairs, dans ia séance du a4 man x84x*
nUNCE
FKANGB
oondéeparle patriotisme énergique des populations de In Lorraineet de l'Alsace, elle, était venue prendre en queue les eoiiaiii»att moment où NapoleoD avait jeté la détordre dafik leurs rangs , et remporté sur eux d'aussi brillants avantages. Sans aucun doute^ elle eût sauvé la France, et nous n'aurions pas àgéuiir sur des malheurs dont notre paysressent aujourd'hui encore les funestes effets.
Dans cette courte expédition , comparable aux plus belles journées de la.
campagne d^talie, rarmée de Silésie , coupée en deux tronçons aue séparaient la Marne, Reims 'et Cnâlons , avait perdu 2â,000 hommes ; mais elle reçut des renforts de Tarmée du Nord , qui commençait a entrer en ligne dans le bassin de la vSeine. ISiipoléon, rappelé sur la Seine par les propres de Schwartzenberg , lut forcé de iàclier prise.
'Winzingerode , à qui Macdonald avait laissé le champ libre, étnit entré à Namur le 30 janv ier. Il s'y reposa jusqu'au 6 du moiis suivant, puis marcha sur Avesnes, qui, le 9, ouvrit ^es portes sans résistance. De là, avant d'aller rejoindre, derrière Châlons , Tannée de Silésie, il enleva Laon, se porta sur^owsons^ place très-importante en ce qu'elle est située sur l'Aisne et sur les routes de Compiègne et de Clhlteau-Thierry , et roccupa le 14. Quant à Bulow,'^iI avait eu à lutter contre Maison qui , avec de faibles dépôts et des villes sans garnison , était venu à bout d'arrêter sa marche. Arrivé à Laon , en évitant les villes, il s'empara de la Fère, mauvaise place , où il trouva un matériel de M millions (24-27 février). Bliicher pouvait donc se joindre aux deux corps de l'armée du Nord. Toutefois, comme Maison , avec 8,000 honnnes , tenait toujours Tancienne frontière , une dépécne de Blûcher.qui enjoignit à AVinzîngerode de se rapprocher au plus vite, l'obligea d'abandonner sa conquête, et Mortier reprit bientôt jiossession de Soissons. Dès lors, Pans fut couvert de ce côté; mais le péril , conjuré sur un point, allait renaître sur un autre.
Suite des opérations sur la Seine, — Oudinot et Victor allaient être contraints à se replier sur la dernière ligne de défense de la capitale. Au 9 février, Victor occupait, sur la rive
gauche de la Seine, Romilly, Gelanne,' îiaint- Martin- le -Rosnay et Pont, gardant ainsi les trois routes de Troyetl à Nogent. Oudinot était à Provins; le général Pajol observait la rive droite du fleuve depuis Bray jusqu'à Mon* tereau, où se tenait le général Pacthod ; le général Delort était au Fossard. Sur l'Yonne, le général Alix occupait Sens, les généraux Montbrun et Coetlosqiiet Pont, le général iMoreau Auxerre. Les ponts de Joiguy et de Villeneuvele-Roi étaient depuis le 1*' fêvrier au pouvoir des Cosaques de Platof. Schwar^ zenberg, après une halte de quelques jours à Troyes, s'ébranla le 10. Le prince royal de Wurtemberg, suivi de Biancbi et du prince Maurice de Lichtenstein, se porta vers Sens; AVittgcnstein et de VVrede s'avancèrent contre Nogeul. Attaque des le 1 1 par les Wurtembergeois, le général Alix, malgré d'héroïques efforts, fut obligé d'évacuer Sens ; il rallia Montbrun etCoetlosquet, et rejoignit avec eux Delort, que les Cosaques avaient replié sur Montereao.
P<ijol, qui avait le commandement en chef de toutes ces troupes, plaça Alix au Fossard , Delort entre Montefeau et Égligny, Montbrun à Moret; mais bientôt il vit le prince de Wurtemberg se porter de Sens snr Bray, et Bianchi menacer Montereau ; il détruisit alors le pont de cette ville, et alla, le 14, s'établir au CbAtelet. L'avant-garde en* neniie courut de Montereau sur Moret, que I\Iontbrun évacua trop précipitamment, et s'empara de / ontainebieau, qui n'était pas défendu. Platof, pendant ce temps, occupait MontargiSy Grez, Nemours, et Liclitenstein Juxerre. De son côté, Victor, apprenant que de Wrède et Wittgenstein s'avançaient vers lui , avait , le 10 , concentré ses forces sur Mâron, Saint-Aubin et Nogent.
Le lendemain 11 , voyant l'ennemi maître du pont de la Chapelle, il laissa le général Bourmont a logent avec moms de 2,000 hommes, et passa sur la rive droite de la Seine avec le reste de ses trouoes, qui occupèrent Melz, Meriot et Plessts-Mériot. Nogent^ ville ouverte, ne put tenir. Le colonel Voirol, qui remplaçait Bourmont iirièvement blesse au grnou, ayant, [jendjiit deux jours eutiers , arrêté près de 30,000
m FÉASCE L'UmVfiRS. FRANCE
hommes, évacua r.ptte place lé liJ, ajprès avoir fait sauter \ i\ pont, et se retira par hi rott te lie Provins.
Schnvartftiiberg , en af^prebiut) le 11, ta lAéfiiiDe d'AIsnsief et la situation critique des nutre^ corps de Blùdïer, avait dirige Barclay de Tolly sur Méry, et Diebitsch sur Plancy, pour s'interposer entre Victor et Napol^ii', et pour établir au plus tôt la conimnniration entre les deux armées; d'autre jKnrt, il avait enjoint à Wittgeiisleiu de passer la S&m à Pont, de marcher «ar Pbnt sur Villenoxe, étà de Wrède, de gagner Provins par Bray après avoir passé le ponl de celte dernière viUe avec tout ie eM'pa austro - bar«r€i%. Lë 13, tout edi mouvements furent exécutés; \ek troupes franrnises ai>andonnèrent Villenoxe et Provins. Vainement Oudinot, pour arrêter les progrès de l'ennemi , fit-il occuper Saint-Sauveur et Cuterelles, il fut replié, et s'en alla, ainsi que Victor, prendre position à Nangis. iVlacdouald, quittant Meaux, les rejoignit le lendenUBin avec tout son corps. Le 14, les trois maréchaux résolurent de se replier sur la rivière d'Yores, ligne OÙ ii serait plus facile de se détendre 9i*a« milieu des plamet de h Brie. £A ooiMéc|Oenoe, lé 15, Victor s'établit Chaulnes, sa p;auche à Fontenay, sa droite à la for^ de Sénart; Oudinot à Guignes, ses ttvant^{x>ste8 à Mormant^ ion quartier général à Ouzouer-le-Vougy; Macdonald à Soiers. En même temps, Pajol se replia du Cliàtelet sur Cruinagel. Ces mesures rej>andireiit l'alarme dams la capitale; alarme d'autant plus vive, que, p.ir l'effet d'un malentendu, le iirand parc d'artillerie passa la Mprne, et fui un instant placé dans les nrdins du château de Bvey. Toutefois, les maréchaux français effectuèrent leur retraite sans être inquiétés ; car, le même jour, les souverains alliés, réunis.a JNo-
3ei|f., décidèrent « par suite de la défaite e ^Iticheretda nouveau mouveîDelitdfl Kapoléon, que Bianchi, Wittgenstein et Wurtemberii feraient halte, et que les autres corps de la grande armée reprendraient leurs aneiennee positions sur la Seine et l'Yonne.
Le 14, à l'issue du glorieux combat de Yauxcbamps, Mapoleun apprit les ■OttÎFeftux dangers^ aena^ieotPiyrig.
Il résolut aussitôt d'arriver hvant Vennemi des bords de la Marne à ceux de ITères. 15 , de arand niatin , ii partit de Montmlreif sa {larde, et avHfidans la soirée du tO à Guignei. U eut hâte de pousser en avant, animé de l'espoir de mettre à protit la separatioa dies forces aBiées divisées par la Sclbe et l'Yonne en trois parties inégales sur lesquelles ton avait prise par Montereau. Ce point pouvait devenir le nœud d'une de t es manœuvres fécondes dont l'empereur avait dooné tant d^emplea» Ii avait laisse Marmont à Étoixes pour tenir Bliicher en respect, et posté Groudiy à la Ferté-sous-Jouarre, pour renforcer a« besbio, soit Marmotst-, soit Mortier, qui, de Villers-Coterets, observait WInzingerode et Bulow, soit enfin le générai Vincent, qui, de Château^ Thierry, couvrait lairoute de Paris à Chàloiis. Toute l'armée eut ordre de se tenir prête à marcher et à combattre le lendemain 17. A la pointe du jour , le général Alix se porta de Melun sur Fontainebleau, et réoccupa celte ville; Pâ»
jol, partant de Saint-Gf rmain de Lavis, chassa les^ Wurtembergeois /lu Chàte* let, des Écrennes et de l'incluse. Ëu tma» temps, Tempereur se dirigea de Guignes sur INangis. Il rencontra au vHlage do Mormans l'avant-garde de Wittgenstein, et la battit; après c|aoi| nos colonnes vtetbrieuseB continuèrent leur marche, Oudinot sur Provins^ Macdonald sur Donnemarie , Victor sur Montereau. La garde im|)eriale, fatiguée de ses marches précédentes, éemiBura à Nangis. Oudinot alla bivouaquer à ^Iaisonrou:;e et à Vauvilliers, et obhgea Wittgensteiii à évacuer precipitannuent Provins. Macdonald poassa jusqu'à Maigneux, Jaulney, Vil* lenaux et Moutigné. Victor, après avoir battu à f 'aljouaii la division bavaroise
i^arnotte, atteignit Salins a deux lieues e Montereau. Le même jour, Marmont |«mportà à MonimiraU un avantage marqué sur le corps volantde Diebitsch, qui se retira vers Pont-Saint-Prix.
Schwartzenberg,a lu nouvelle des échecs de Mormans et de Valjouan, replia soii armée sur la rive gauche de la Seine, et y attendit les mouvements ultérieurs de X^apoléoa. Or, l'empereur fit dès la nuit du 17 tou0 ses préparatifs ponir atta^néSr