XXIV EDGAR QUI NET
dangereuse d'autrefois. La liberté sera le résultat d'un patient effort qui devra se prolonger au delà de la génération présente. L'égalité et la justice devront leur triomphe à une transformation profonde du cœur
' humain. Une révolution morale est la condition
■ préalable de la révolution politique. La notion même de révolution se transforme : elle ne signifie plus destruction, mais édification d'un ordre nouveau à force de persévérance dans la volonté et de sagesse dans l'enthousiasme ; elle n'est plus crise tumultueuse, mais marche ordonnée vers le mieux. L'idéal qui sert de base à cette œuvre de construction sociale n'est pas toujours conçu clairement par les masses : elles ont besoin d'être éclairées, soutenues, enflammées par les hommes de génie, à qui il est donné de comprendre le rythme du progrès et à qui il est enjoint de répandre autour d'eux le courage moral. La seconde idée dominante, c'est que chaque peuple apporte sa contribution propre à l'œuvre totale de la civilisation et joue un rôle nécessaire dans l'évolution de la race. Car les nationalités d'aujourd'hui formeront l'humanité de demain, quand les ambitions et les haines seront oubliées et que tous les groupements ethniques et nationaux coopéreront au progrès dans la paix. D'où l'utilité de tracer les traits distinctifs du caractère allemand et du caractère français, de noter leurs variations, d'observer leurs phases d'ascension ou de déchéance, de dégager leurs ressemblances et leurs différences, leurs antagonismes et leurs sympathies. D'où le devoir de veiller à ce qu'une nationalité n'écrase pas l'autre, à ce que l'une ne développe pas à l'excès ses