‹ France et AllemagneChapitre 17 sur 48 · XXXIV EDGAR QUI NET · texte numérisé non relu

XXXIV EDGAR QUI NET

il opposa obstinément son programme : séparation de l'Eglise et de l'Etat, instruction laïque et obligatoire, réalisation complète de la liberté, de l'égalité et de la fraternité par la république démocratique. Il fallait renverser une fois pour toutes l'obstacle que la mentalité catholique mettait sans cesse aux mœurs de la liberté, en enlevant les institutions à l'influence et au contrôle officiels du clergé, mais sans porter atteinte au principe intangible de la tolérance religieuse. Il fallait préparer les générations futures à l'intelligence éclairée et à l'application judicieuse des institutions de liberté, en fondant l'école laïque, sous l'égide de la morale rationnelle et du devoir civique. Car le peuple a le droit de prendre une part de plus en plus large au gouvernement. Non pas que Quinet se leurrât du principe douteux : vox populi, vox Dei. Il croyait le peuple capable à la fois de bons et de mauvais entraînements. Le peuple a besoin d'être guidé. Il faut que, de période en période, s'élèvent des voix hautes et éloquentes, qui expriment la forme contemporaine de la vérité. Mais le contrepoids de la droiture et de la générosité populaires est indispensable d'autre part pour retenir les classes dirigeantes sur la pente de la corruption. Quinet adjure la bourgeoisie française de ne pas compromettre l'avenir du pays en s'enfermant dans un égoïsme de popolani grassi. La proclamation de la république doit être le couronnement de l'œuvre de progrès politique. Sans doute, Quinet le sait, les lois ne font pas les mœurs ; mais il ne faut pas non plus dédaigner l'influence des formes extérieures degouvernement sur la complexion des esprits. Que la France

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