‹ France et AllemagneChapitre 20 sur 48 · EDGAR QUI NET · texte numérisé non relu

EDGAR QUI NET

caractère de la littérature et de l'esprit allemands aux approches de 1830. Il était en partie à refaire et Quinet songeait à entreprendre cette tâche. Il allait s'y consacrer bientôt. Les chapitres du présent volume seront le fruit de ses efforts. Il se proposait de donner une description vraie de l'Allemagne et d'en tirer un enseignement pour ses compatriotes, en réveillant chez eux les qualités politiques et patriotiques que la Restauration avait endormies. Dès 1828, en même temps que des Considérations sur Schelling, il méditait un traité sur le Courage civil.

La nomination de Quinet par le gouvernement français comme membre d'une mission archéologique en Grèce l'éloigna pendant un an de l'Allemagne et des préoccupations qui l'avaient absorbé jusque-là. A son retour, il jugea le pays avec l'avantage du recul, en quelque sorte, et avec l'indépendance d'un esprit qui n'est plus directement engagé dans les faits. Bientôt les événements de 1830 précipitèrent le cours des forces historiques qui travaillaient à la transformation de l'Allemagne, et firent apparaître en France l'impuissance du parti libéral. Quinet vit les États rhénans, après s'être une fois de plus tournés vers la France libératrice, subir, découragés et humiliés, le refus de Louis-Philippe, puis se courber sous la domination du Nord uni à l'Autriche. Il comprit que les sympathies allemandes pour la France, liées au succès du mouvement libéral, allaient céder peu à peu et disparaître devant les progrès du nationalisme agressif, nourri des vieilles haines de voisin à voisin et de l'hostilité des Teutons contre les Latins. Les plus tristes conséquences pouvaient

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