‹ France et Angleterre: Cent années de rivalité coloniale. L'affaire de MadagascarChapitre 23 sur 31 · RÉSULTATS OBTENUS PAR M. DE VILERS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OBTENUS PAR M. DE VILERS

Tuii des monuments les plus néfastes de notre histoire coloniale ^ Aussi n'y reviendrons-nous pas. Il nous suffira de rappeler comment les Anglais, profitant habilement de l'inexpérience africaine des hommes qui occupaient alors le pouvoir en France, leur persuadèrent de trancher, d'un trait de plume, les principales diflicultés qui divisaient les deux pays sur le continent noir.

Dans l'Afrique occidentale, l'Angleterre consentit à nous laisser des pays situés fort loin de son rayon d'action, que nous avions conquis de haute lutte, sans faire tort à aucune puissance européenne, et pour lesquelles nous dépensions, depuis des années, notre or et notre sang. Par contre, nous recevions défense de pénétrer dans toute région même vierge et indépendante, où personne n'était jamais allé, mais que l'Angleterre jugeait pouvoir être, un jour, à sa convenance. A Zanzibar, nous renoncions à une sorte de condominium consacré par un traité en règle. Enfin, à Madagascar, les Anglais reconnaissaient formellement notre protectorat avec ses conséquences, notamment en ce qui touchait les exequatur des consuls qui devaient être demandés par l'intermédiaire du Résident de France.

En définitive, si, par ce traité, on voit très clairement ce que les Anglais nous enlevaient : dans l'ouest des espérances légitimées par nos brillants succès et par leur propre abstention; dans l'est, des droits acquis, on distingue moins bien ce qu'ils nous concédaient, car il est vraiment difficile de considérer comme une concession, le fait de déclarer qu'ils s'abstiendraient dorénavant de contester la validité de notre établissement dans des pays conquis depuis longtemps sur des peuplades indépendantes, régulièrement occupés et administrés par nos soins, et où eux-mêmes n'avaient jamais eu ni droits ni intérêts.

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