‹ France et AngleterreChapitre 12 sur 100 · Lamy, la France du Levant · texte numérisé non relu

Lamy, la France du Levant

grièvement compromise; <c que Fempire qu'il y avait exercé, cet empire où il trouvait un des plus glorieux et des plus féconds éléments de sa grandeur, était passé entre les mains des Anglais ^ ».

Pour défendre son influence menacée, la France n'avait plus que ses religieux et ses savaiits. C'était beaucoup, mais ce n'était pas suffisant, et les Anglais, constatant avec joie que nous n'avions plus la force, ne nous craignaient guère : « Je regrette que la Grèce n'ait pas choisi un prince finançais, écrivait à Wellington un de ses correspondants habituels, ancien diplomate des plus distingués et fort au courant des choses d'Europe ; les Français auraient été ravis. Ils auraient fait des fouilles ; ils y auraient expédié tous leurs savants. Les gens de lettres, dont l'influence sur l'opinion est énorme, les professeurs, les amateurs d'antiquité auraient trouvé là une mine inépuisable d'enfantillages à exploiter. Ils auraient été enchantés et le pays avec eux 2. »

Si l'influence de la France était sérieusement menacée dans la Méditerranée, en revanche celle de l'Angleterre y grandissait rapidement. Déjà le commerce du Levant était en grande partie entre ses mains. Sa position militaire était superbe : avec Gibraltar, Malte et Corfou, ses flottes avaient d'une extrémité à l'autre de la mer des points d'appui et des centres de ravitaillement de premier ordre. A Constantinople, où elle avait envoyé comme ambassadeur sir Robert Gordon, le propre frère du ministre des affaires étrangères, son influence sur le sultan était considérable. Depuis quinze ans, elle venait de faire devant Alger deux démonstrations sérieuses, en 1816 et en 1824, où elle avait paru à titre de mandataire de l'Europe. C'est avec peine qu'à la seconde entreprise, la France avait obtenu de joindre quelques vaisseaux aux siens.

1. Bois-le-Comte, directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères, Rapport sur la question d'Alger présenté au président du conseil, septembre 1830 (Documents inédits).

2. Sir J.-H. Frère au duc de Wellington, 8 mai 1830 (Papiers et correspondance de Wellington).

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