LA QUERELLE D*ALGER — LES PRÉLIMINAIRES
janvier à mars 4830, les récriminations du cabinet de Londres portèrent bien moins sur les projets de la France en Afrique que sur Talliance franco-égyptienne. Mehemet- Ali était déjà la terreur des hommes d'Etat de Londres. Dans la puissance qui s'élevait sur les rives du Nil, ils voyaient le début d'une ère nouvelle pour Tislam. C'était la rupture imminente de l'équilibre oriental, le démembrement de l'empire ottoman, le début de la crise finale qui ferait crouler tous ces organismes vermoulus, amènerait les Russes jusqu'à Constantinople et expulserait l'Ânglelerre de la Méditerranée, car entre la Russie, l'Egypte et la France, il n'y aurait plus place pour personne. Aussi, toute la politique anglaise en Orient était-elle dirigée contre le gêneur qui avait surgi brusquement sur ce coin de terre. On cherchait à l'isoler, à l'enfermer dans ses anciennes limites; on soutenait le sultan contre lui. Chacune de ses démarches était épiée ; chacun de ses mouvements suivi et contrôlé. Le Levant fourmillait d'agents britanniques. « Ils prennent des renseignements, disait plaisamment Henri Heine, sur chaque Bédouin, et môme sur chaque chameau qui traverse le désert. Combien de sequins Mehemet-Ali porte dans sa poche, combien d'intestins ce vice-roi porte dans son ventre, on le sait exactement dans les bureaux de Downing-street*. »
Voir Mehemet-Ali s'allier à la France et étendre son empire de l'Asie Mineure au Maroc, c'était donc pour l'Angleterre la pire éventualité qui pût survenir. Jamais elle n'y donnerait les mains et dès le premier jour elle prit nettement position ^, Au duc de Laval qui était venu