‹ France et AngleterreChapitre 23 sur 100 · Cf. Guernon-Ranville et d'Haussez, op. cil · texte numérisé non relu

Cf. Guernon-Ranville et d'Haussez, op. cil

que cette expédition fût si pompeusement annoncée puisque l'Angleterre s'y oppose ^. » Et en effet, si Ton s'était bercé à Londres de l'espoir que la France, forcée de renoncer à l'alliance de Mehemet-Ali, n'oserait tenter Faventure avec ses propres forces, cette dernière espérance ne fut pas de longue durée 2. Placé soudain en face d'une réalité imminente, le gouvernement anglais hésita sur le parti à prendre, et chercha vainement une ligne de conduite assurée. Déclarer que l'Angleterre s'opposerait à la guerre était moralement impossible. Autant valait dire publiquement qu'on s'érigeait en protecteurs de l'esclavage et de la piraterie. Intervenir au nom de la Turquie et de l'intégrité de l'empire ottoman n'était pas plus aisé : les capitulations avaient toujours spécifié que la Porte n'était pas responsable des États barbaresques, et que les puissances chrétiennes pourraient leur faire librement la guerre. Devait-on se borner à demander des garanties pour l'avenir et des engagements sur le sort réservé à Alger? M. de Polignac ne paraissait nullement disposé à en donner, et il lui était vraiment trop facile de prouver que, d'après une expérience séculaire, le seul moyen d'assurer la sécurité de la Méditerranée était de ne rien laisser subsister de Tordre de choses établi à Alger. Fallait-il forcer le dey à se soumettre, ce qui couperait court à l'expédition, ou bien imposer à la France le concours des armes anglaises, et faire une nouvelle édition de la croisière internationale de 1824 ? C'eût peut-être été la meilleure solution, mais, d'autre part, le cabinet de Saint-James réfléchissait que l'entreprise française était hasardeuse, et le succès d'autant plus problématique qu'il lui était facile d'en accroître les difficultés. Ne valait-il pas mieux, après

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