Voir Guernon-Ranville, op, ci7., p
LA QUERELLE d' ALGER LA CONQUÊTE 117
dont nous ne pussions faire part immédiatement à toutes ies autres ^)) Dès qu'Alger serait en notre pouvoir la France s'entendrait avec tous les États de la chrétienté en rue d'établir sur la côte d'Afrique tel système qui semblerait le plus sûr pour prévenir le retour des maux dont TEurope avait eu si longtemps à souffrir, c( mais pour qu'une pareille délibération fût loyale et portât ses fruits^ il était nécessaire que chacun arrivât libre de tout engagement antérieur. L'Europe serait ainsi la première intéressée à soutenir la résistance de la France et à l'encourager à ne prendre vis-à-vis de l'Angleterre aucun engagement isolé 2. »
M. de Polignac se chargea de rédiger la circulaire dont les grandes lignes avaient été ainsi arrêtées ^. Expédiée le 12 mars à toutes les cours, elle reçut à Londres un très médiocre accueil, car on y comprit immédiatement quelle force nous donnait l'attitude adoptée parle gouvernement du roi. En faisant de l'affaire d'Alger une question européenne, on déniait à l'Angleterre le droit de s'en occuper particulièrement. Or, c'était précisément ce droit qu'elle réclamait avec le plus d'instances, « car, disait le duc de Wellington avec une franchise qui touchait à la naïveté, nous sommes bien plus intéressés que n'importe quelle autre puissance à maintenir le statu quo dans la Méditerranée ». Aussi repoussa- t-on immédiatement la proposition de la France de soumettre le règlement de l'affaire d'Alger à un conseil européen, car c'eût été reconnaître que l'Angleterre n'avait sur la question ni plus ni moins de droits que les États du continent : « Voyez un peu ce qui arriverait, disait lord Aberdeen à M. de Laval, si quelques-uns de vos alliés, la Russie ou la Prusse, par exemple, étaient d'avis de faire d'Alger une colonie française. Vous ne manqueriez pas de vous prévaloir de leur opinion tandis
1. Bois-le-Comle, Rapports sur Va/faire d* Alger, septembre 1830 et mars 1833 {Documents inédits).