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D'Haussez, Mémoires, t. II, p

LA QUERELLE d'aLGER — LA CONQUÊTE 131

partie contre laquelle aucune plainte n'a été portée ^ » Lord Stuart s'empressa de porter cette manière d'ultimatum au président du conseil, qui le reçut avec une indifférence hautaine. Comme il lui rendait le papier après y avoir jeté négligemment les yeux : « Quelle réponse dois-je transmettre? demanda l'ambassadeur. — Mais aucune, répliqua le prince. Cette note n'est elle-même qu'une réponse à nos différentes communications. — Cependant, insista lord Stuart, les usages habituels de la courtoisie autorisent mon gouvernement a attendre une réponse à sa note. — Sans doute, et je vous enverrai un accusé de réception. — Ce n'est pas suffisant, mon prince : je suis chargé d'une mission, il faut que je puisse en rendre compte. — Eh bien ! en ce cas, reprit vivement M. de Polignac, écrivez à votre cour que vous m'avez présenté votre note et que je ne l'ai pas lue ^, » — « Notre entretien tomba fort brusquement, raconte lord Stuart, car je n'étais guère satisfait de la réponse de Son Excellence^. » Il l'était si peu qu'il ne craignit pas d'aller s'en plaindre au roi. Dans une audience longue et mouvementée, dont plusieurs contemporains nous ont transmis les échos, il fit un dernier effort pour arracher à Charles X les promesses que ses ministres avaient refusées avec tant de persévérance. Aigri par ses échecs répétés, blessé dans son orgueil, et sentant sa situation compromise, l'ambassadeur, si l'on en croit des témoins bien placés pour savoir la vérité, oublia bientôt la réserve que lui commandaient ses fonctions et le rang élevé de son interlocuteur. Des récriminations violentes, des menaces même sortirent de sa bouche. Mais le roi, sans s'émouvoir, l'arrêtad'un mot sévère : « Monsieur l'ambassadeur, lui dit-il, tout ce que je puis faire pour votre gouvernement, c'est de n'avoir pas écouté ce que je viens d'entendre *. »

1. Note adressée par le chef du Foreign Office au prince de Polignac, 3 juin {Record Office y Londres).

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