Tantet, op. cit
LA yUEm'ION DU MGEK PREMIERS ÉTABLISSEMENTS 221
a conviendra de les éloigner dt* Gorée ^ jj Toute espèce de itdnégation est sans valeur en présence d'un pareil document.
Quant au cabinet britannique, sa conduite officielle fut des plus correctes. Cependant, Tétrange obstination de ses représentants en Afrique n'est pas sans faire naître quelques doutes sur sa parfaite sinciîrUé, et il est bien difficile d'admettre que MM. Meic Carthy et Brereton eussent osé persévérer pendant sept mois dans leur altitude, se mettre presque en état de révolte contre leur gouvernement, s'ils ne s'étaient senti des alliés dans la place, et s'il^ n'avaient trouvé un appui sérieux dans la presse et l'opinion publique. Déjk le monde colonial anglais blâmait ouvertement les stipulations « trop bienveillantes udes traités de t814 et 18iîi, et s'élevait contre les négociateurs qui nous avaient permis de recouvrer notre bien : « Ils ont laissé, écrivait-on, notre puissante, ambitieuse cl entreprenante rivale nous devancer et se fixer en toute sécurité sur la côte d'Afrique. Les suites de cette folie et de cette négligence ne peuvent manquer d'être fatales aux plus graves inténHs de notre pays ^, n C'étaient là autant de syraplôroes qui devaient fortifier les officiers et fonctionnaires britanniques dans leur déloyale attitude. Au surplus, ce n'eût pas été la première fois que le ministère anglais des affaires étrangères et le Colonial ^^flice se fussent montrés en désaccord, ou plutôt que le premier eût lâché la bride au second, sauf à le désavouer ou à le soutenir selon les circonstances» C'est un procédé de gouvernement qui n'est pas rare dans l'histoire coloniale de rAngleterre. Nos voisins en ont tiré de précieux avantages, toutes les fois que leurs concurrents du jour manquèrent de vigilance et de ténacité : il est heureux pour le développement de notre Afrique occidentale que tel n ait pas été le cas en 1846.
t, LL^ttre citée par M, Tanlei, op. cit.
2. il. Queen, Cité par M, Mtickler-Ferrymann, dans son ouvrage Impérial Africa.
L'avantage était assez léger d'être rentré en possession de nos comptoirs sénégalais, et s'il avait fallu nous contenter de cette maigre base d'opérations, notre expansion africaine aurait été singulièrement compromise. On ne s'en tint pas là heureusement, et nos officiers de marine surent poursuivre et compléter l'œuvre des diplomates de 4814. Au hasard de leurs croisières et de leurs escales, ils multiplièrent le nombre de nos points d'attache et établirent en maint endroit des postes d'occupation autour desquels se développèrent plus tard nos colonies de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du Dahomey et du Congo.
C'est dire que cette expansion ne fut le résultat d'aucun plan étudié à l'avance et méthodiquement suivi ; en fait, dans Thistoire des origines de notre empire colonial, les calculs des hommes d'État entrèrent pour beaucoup moins que le caprice d'un colon audacieux, ou l'initiative intelligente de tel officier. De là, dans notre domaine, ce manque d'homogénéité, ce défaut d'équilibre que nous avons déjà eu occasion de signaler ; de là également, l'incroyable lenteur de notre action sur la côte africaine. Pendant plus de cinquante ans, à part les efforts énergiques du général Faid herbe au Sénégal, on ne peut y signaler aucune entreprise de grande envergure. Deux raisons d'ordre général déterminèrent cette longue stagnation : en premier lieu la complète indifférence de la nation et de ses gouvernants qui, de 18^3 à 1880 environ, dédaignèrent toujours de s'occuper de nos lointains comptoirs ^ Ce fut ensuite l'orientation générale de notre
1. Cette indifférence s'explique en partie par Topinion qu'on avait (les contrées de la côte occidentale d'Afrique qui passèrent longtemps pour déshéritées et peu exploitables, tant à cause du climat, qu'en raison de leur disposition géo^^Tapliique. On croyait fermement à la légende des fameuses montagnes de Kong, que Ton traçait parallèlement au rivage entre les bouches du Sénégal et celles du Niger, de