En ce sens voir la Pall Mail Gazette, 12 juillet
LA OrESTION DL NïGEÏî LE PARTAGE DL BASSÏ^ 21 'i
continua la lutte. Aussitôt les Anglais Tadoptèrent comme ils avaient fait pour son père, et au début de 1901 une
communication officielle de la Royal Niger company annonça le départ pour Yola d'une expédition destinée au Bornou : h F^dei-Xllnh^ y lisaii-on^ qui reconnaîl tanlorité du gfMiVPrnement de la Nigeria ,seplentrifmale, a envoyé un messager pour demander Tappui des Anglais en vue doccuper effectivement la province de Bornou. Si ce r^^sultat était atteint, il serait possible que d'immenses (lébouchés fussent ouverts it notre commerce sur la Benûué. » Quelque temps après, on apprit que le major Mac [ntosh s'était rendu au camp de Fadel-Allah; celui-ci Tavait fort bien reçu; il s'était plaint à lui d'avoir été chassé de son pays par les Français et poursuivi sur le territoire britannique, et demandait en conséquence la protection des Anglais. Le Times\ commentant ces nouvelles, soutint qu'il serait de bonne politique de reconnaître le fait accompli, et d'installer l\ Kouka le fils de Rabah en qualité d'émir, sous la surveillance d'un résident anglais. Le procédé pouvait *Hre habile, mais il était assurément peu amical. Si nous avions recueilli sur notre territoire, et couvert de notre protection un chef esclavagiste en guerre avec les Anglais, ceux-ci n'auraient pas manqué de protester avec indignation. Aussi les pourparlers entamés par les autorités de la Nigeria furent-ils sévèrement jugés en France. Des complications auraient pcuttHre pu en résulter, si un nouvel événement de guerre n'avait coupé court aux intrigues de nos voisins.
Fadel-Allah, après avoir profité de son séjour sur la zone d'influence britannique pour reconstituer sou armée et ses approvisionnements, reprit la campagne. De nouveau il apparut sur la rive droite du Chari : battu et repoussé, il fut poursuivi par la colonne du capitaine [>angeville qui surprit son camp le 23 août lUOl. Fadel-Allah fut tué dans le combat. Le lendemain, les chefs survivants vinrent faire leur soumission ; le dernier vestige de l'empire de Habah t'iaît anéanti.
A cette nouvelle, des protestations assez vives s'élevè-
rent en Angleterre. Non seulement on y soutint que Fadel-AUah, ayant fait sa soumission au major Mac Intosh, était protégé anglais, mais on nous reprocha aigrement la violation de frontières que nous avions commise en poursuivant et en tuant ce chef sur le territoire anglais. Nous nous bornâmes à répondre que tant que le territoire anglais ne serait occupé par aucune force capable d'empêcher nos ennemis de s'y réfugier, de s'y ravitailler, et d'y constituer des bases d'opérations d'oîi ils s'élançaient périodiquement pour renouveler chez nous leurs déprédations, nous serions obligés de faire notre police nousmêmes. Le cabinet anglais insista : il voulut même associer à sa réclamation rAllemagne dont nos troupes avaient également traversé le territoire, mais le gouvernement de Berlin refusa de le suivre dans cette voie. Après quelques semaines de récriminations le cabinet anglais finit par comprendre l'inanité de ses plaintes, et M. Chamberlain lui-même, interpellé à la chambre des communes, fut obligé de reconnaître notre bon droite Mais ce dernier incident démontra une fois de plus la nécessité pour les Anglais d'occuper les territoires dont ils revendiquaient la suzeraineté. Déjà leur expédition de 1901 sur Yola avait abouti à la prise de possession de TAdamaoua, où un nouveau sultan avait été intronisé sous la tutelle d'un résident britannique. En janvier 1902, une autre mission commandée par le colonel Morland se dirigea sur le Bornou. Elle n'eut pas fort à faire pour débarrasser le pays des quelques bandes de pillards qui y étaient demeurées, et peut-être alors les Anglais ne trouvèrent-ils pas mauvais que nous nous fussions chargés du gros de la besogne en abatlant la puissance de Rabah et de son fils. Le colonel Morland arriva sans encombre à Kouka où il installa comme sultan un descendant de l'ancienne famille régnante. Il y laissa une petite garnison et reprit sa route vers Yola. L'armée suivante, la même opération fut faite dans le Sokoto. Désormais le Bornou, le Sokoto