‹ France et AngleterreChapitre 75 sur 100 · Texte du Time · texte numérisé non relu

Texte du Time

portion de la vallée du Nil. Les vues du gouvernement britannique sur cette question ont été nettement formulées au parlement par sir E. Grey, il y a quelques années, sous l'administration de lord Roseberry, et ont été en leur temps formellement communiquées au gouvernement français. Le gouvernement actuel de Sa Majesté adhère entièrement au langage qui fut en cette circonstance employé par ses prédécesseurs *. »

A ne s'en tenir qu'aux documents publics et officiels, il semble donc bien certain que l'opposition de l'Angleterre fut toujours irréductible, et que par conséquent, en combinant le plan d'ensemble de 1894, les ministres français préparaient de gaieté de cœur un conflit inévitable.

Cependant, des indices, voire même des faits qui bien que peu connus n'en sont pas moins certains, laissent supposer que l'intransigeance de la Grande-Bretagne s'exerçait surtout en paroles et en démonstrations bruyantes, propres à satisfaire Topinion et à ménager toutes les éventualités futures, mais qu'au fond de la pensée de ses hommes d'État, il y eut pendant quelques années de l'indécision, de la timidité et même quelque velléités d'entrer en arrangement. Il est notamment assez caractéristique que la déclaration comminatoire de sir E. Grey fut quelques jours après sensiblement atténuée par le chef du Foreign Office, lord Kimberley. A la suite d'une démarche de l'ambassadeur de France, M. de Courcel, lord Kimberley rectifia les dires du sous-secrétaire d'Etat sur deux points importants. Il n'avait pas dit, affirma-t-il, que la sphère d'influence anglaise couvrait toute la vallée du Nily mais que les sphères d'influence anglaise et égyptienne couraient tout le cours du Nil. On pouvait ainsi admettre que l'adjonction des mots v sphère égyptienne » laissait la porte ouverte à des négociations et à des arrangements ultérieurs ; et en substituant le terme cours à celui de vallée, on laissait en dehors de toute revendication les affluents du fleuve, notamment le Bahr-el-Gazal.

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