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Incident Gotteron, séance du sénat du 20 mars

déclara nettement : « La responsabilité de cette situation incombe bien moins à rAllemagne qu'à la France, qui n*a jamais voulu appuyer les initiatives émanées de Berlin. »

Enfin, si Ton persiste à refuser toute force probante à des articles de journaux, même officieux, il est difficile de n'attacher aucune valeur aux incidents qui, plus récemment encore, en 1899, ont de nouveau ému U monde politique. Ces derniers incidents sont jusqu'ici restés profondément secrets. On ne niera pas cependant que, par l'intermédiaire du souverain d'une nation voisine, agissant officiellement en vertu d'un mandat nettement défini^ une proposition formelle nous fut transmise, aux termes de laquelle la question douloureuse qui depuis vingt-neuf ans divisait la France et l'Allemagne devait être tranchée d'une manière également honorable pour les deux parties. Ce germe de discordes une fois arraché, rien, ajoutait-on, ne s'opposerait plus à ce que les deux grandes puissances du continent convinssent d'une action commune pour contre-balancer l'envahissement des Anglo-Saxons. On ne niera pas non plus l'émotion soulevée à Paris par cette communication inattendue : peut-être même y trouvera-t-on l'explication de certain voyage très subit de notre ministre des affaires étrangères, qui provoqua en son temps d'innombrables commentaires ^.

A l'auguste intermédiaire qui avait auprès de nous rempli l'office de porte-parole, la réponse du cabinet français fut « que dans l'état actuel des choses, il ne semblait pas y avoir lieu de suivre l'afifaire ». Loin de nous la pensée de blâmer les hommes qui en 1896, en 1898 et en 1899 ne voulurent ou n'osèrent répondre aux avances qui leur étaient faites. Pour les Français et les Allemands la situation était bien différente, car s'il est toujours facile au vainqueur d'oublier sa victoire, il est malaisé et cruel pour le vaincu d'arracher de son cœur le vivant souvenir d'une blessure ineffaçable ; sans doute également, le juste

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