Bbcour^ de Manchester, 17 novembre
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lement de circonstances temporaires : elle a des raisons d'être plus durables. Je n'en suis pas surpris quand je pense à tout ce que nous avons fait contre ce pays depuis 4813. J'aurais sans doute les mêmes sentiments si j'étais français ^. »
L'aveu est précieux à retenir. Si un homme éminent comme le noble lord, un sage, philosophant à loisir sur les choses passées, a pu porter pareil jugement sur son propre pays, qui donc oserait le trouver trop sévère dans la bouche d'un Français? Loin de nous cependant la pensée de le prendre ànotre^compte. Nous ne croyons pas que la conduite de l'Angleterre lui ait mérité la haine de la France, et nous sommes convaincus qu'en France, il n'y a pas de haine contre l'Angleterre. Entre deux rivaux combattant tous deux pour la gloire et la grandeur de leur patrie, il ne saurait y avoir de haine. Tout au plus pouvonsnous reprocher à nos voisins trop d'âpreté dans la lutte, trop de rigueur dans les procédés.
Mais de l'histoire des deux pays, il ressort un enseignement auquell'heure présente n'est pas sans donner quelque actualité : c'est que la France et l'Angleterre, ayant k défendre des intérêts diamétralement opposés, sont, de par la nature des choses, et resteront rivales. Comme le disait jadis M. de Mettemich, « toute alliance entre elles ressemble à l'alliance de l'homme et du cheval. Rien de mieux que telle combinaison, mais il faut être l'homme et non le cheval. » Or, si l'Anglais revendique volontiers le rôle du cavalier, peut-on s'étonner que le Français ait peu dégoût pour celui de l'humble monture ?
Utique (Tunisie), 1903.