‹ France et AngleterreChapitre 80 sur 100 · R. de Gaiz, op. cit · texte numérisé non relu

R. de Gaiz, op. cit

moment que la France se heurtait aux mêmes rivaux à Touest, à Test et au sud, n'eût-il pas été au contraire plus habile de faire un bloc des diverses questions pendantes, et de terminer tous nos différends par une transaction générale oîi Ton aurait regagné à droite ce qu'on aurait perdu à gauche ? « Si nous voulons aller au Nil, disait un jour M. Deloncle, c'est pour y prendre des gages * », et M. Lebon, renchérissant plus tard sur les paroles de l'honorable député, déclarait « qu'en vue des grandes liquidations et des grands partages d'un avenir plus ou moins proche, il n'était point inutile de s'assurer de quelques objets d'échange, voire de quelques possessions supplémentaires ^ ». C'était là un système plausible ; peut-ôtre même était-ce le plus sage, et notre intervention sur le Nil eût été pleinement justifiée, n'aurait-elle eu pour but que de nous assurer par voie de compensation une situation prépondérante dans l'ouest africain. Mais alors il aurait fallu se garder de sérier les difficultés : nous aurions dû, au contraire, les aborder de front pour nous mettre en mesure de proposer le marché aux meilleures conditions.

Si pendant cette néfaste période 1894-1896, notre action en Afrique manqua totalement d'esprit de suite, de prévoyance et de décision, notre diplomatie en Europe compléta fâcheusement son œuvre. Non contente de négliger toutes les occasions de préparer soit un terrain d'entente, soît au contraire un terrain de résistance, elle parut s'appliquer à pousser l'Angleterre à bout et à provoquer de sa part les résolutions extrêmes. L'incident connu sous le nom de procès de la dette égyptienne eut en effet sur les événements une influence décisive. ^

Le jour même où l'expédition de Dongola avait été résolue à Londres, on avait décidé d'en faire supporter les frais par la caisse de la dette égyptienne. Or, cette caisse, créée en vertu d'accords internationaux pour

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