‹ France et AngleterreChapitre 81 sur 100 · Lebon, op. cit., p · texte numérisé non relu

Lebon, op. cit., p

garantir les intérêts des prêteurs, avait été, aux termes de Tarticle premier du décret de constitution, « destinée exclusivement au payement des intérêts et de l'amortissement de la dette». La prétention de l'Angleterre était donc insoutenable en droit, ce qui n'empêcha pas la commission de surveillance d'autoriser le gouvernement britannique à prélever, pour les frais de la guerre, 300 000 livres sterling sur les fonds dont elle avait la garde *.

L'incident souleva de vives protestations en France, où l'on trouva, non sans raison, que si l'Angleterre abusait déjà en maintenant l'Egypte en tutelle, elle abusait encore bien plus en faisant payer par le pupille les dépenses du tuteur. M. Berthelot, interrogé à ce sujet à la chambre des députés, déclara que la France ne pourrait jamais sur ce point s'entendre avec l'Angleterre *. Quinze jours plus tard, M. Bourgeois, qui avait remplacé M. Berthelot au quai d'Orsay dans le§ circonstances que l'on a racontées, fournit au sénat les mêmes déclarations, et exposa une fois de plus la thèse française relative à l'Egypte et au maintien des droits du khédive et du sultan ^.

Entre temps, un syndicat de porteurs français avait assigné le gouvernement égyptien devant le tribunal mixte du Caire, qui le 9juinrendit un jugement en faveur des demandeurs et condamna le gouvernement à rembourser à la caisse les sommes indûment détournées. Le 2 décembre suivant,la cour d'appel d'Alexandrie confirma la décision des premiers juges.

Cette bruyante opposition de la France, les paroles vives qui furent alors prononcées au parlement, les deux

1 . Cette commission comprenait six membres : un Français, un Russe, un Anglais, un Allemand, un Autrichien et un Italien. L'Allemand ayant voté pour l'Angleterre, son vote entraîna ceux de l'Autriche et dePItalie. Seuls, les commissaires français et russe votèrent contre, et quittèrent la salle par mesure de protestation.

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