Michel, op. ciL, p
lion. A défaut de bateaux, on n'avait que la ressource de traverser à pied 300 à 400 kilomètres de marécages pestilentiels. Par trois fois, Ménélik avait recommandé aux membres de la mission de se munir d'embarcations, faute de quoi, elle courrait à un échec certain *. Aussi, sur la demande du chef delà mission, le département des colonies avait-il envoyé à Djibouti un chaland démontable en acier, avec ordre de Texpédier immédiatement sur les lieux 2. M. Lagarde, malgré des réclamations désespérées, le laissa pendant des mois à Djibouti sans s'occuper de le faire parvenir à destination. Lorsque les membres de la mission repassèrent à Djibouti pour rentrer en France, ils retrouvèrent sous un hangar, tout rongé de rouille, le chaland débarqué depuis un an.
Faute de bateaux, la mission devait renoncer à maintenir ses communications avec les hauts plateaux, mais on pouvait encore espérer qu'elle arriverait à Fachoda et y planterait son drapeau. Il fallait alors suivre la rive droite du Baro et du Sobat et ne pas mettre de cours d'eau infranchissable entre soi et le but h atteindre. « Puisque vous n'avez pas de bateaux, avait dit Ménélik à MM. Michel et Bartholin, coupez tout droit de Nasser à Fachoda. >' M. Lagarde donna à M. de Bonchamps Tordre impératif de prendre par la rive gauche * et celui-ci n^osa pas prendre sur lui de désobéir. Il en résulta que la mission, parvenue au prix de terribles épreuves au confluent du Baro et de l'Adjoubba, perdue dans des marais inextricables, se vit arrêtée par deux immenses nappes d'eau qu'elle n'avait aucun moyen de franchir. Force fut de revenir en arrière.
Ainsi préparée et soutenue, la mission Bonchamps était vouée à un échec inévitable : les conséquences de cet échec furent graves.
Assurément, il n'eût pas suffi, pour assurer le succès de notre politique soudanienne, que le capitaine Marchand, parvenu à Fachoda, trouvât en face de lui une petite