Discours du 30 mai
gleterre, qui au mois de janvier précéJent venait d'arrêter définitivement avec le khédive la situation U^gale du Soudan, se prêta débonnairement aux petites finesses de notre gouvernement. De même, le texte élabore parles plénipotentiaires paraissait mettre les deux puissances sur un pied de parfaite égalité. La France s'interdisait d'exercer aucune action politique à Test de la ligoe de faîle qui sépare le bassin du Congo de celui du Nil. L'Angleterre s'obligeait pareillement en ce qui regardait les territoires situés à Touest de cette même ligne jusqu'au Tchad, avantage considérable, disaient les organes officieux du quai d'Orsay, car, d'après les conventions précédentes, ce les rives seules du Tchad nous étaient garanties, et rien n'excluait rëveutualité qu'un jour cette lisière fût tellement resserrée, que pratiquement son utilisation comme voie de tranïîit et de communication devînt impossible^ ))<El >L Delcassé^ défendant son œuvre, proclamait que la convention du 21 mars consacrait l'unité de l'empire colonial fiançais : « Le mérite singulier de ce traité, disait-il, c'est qu'il a fait une part équitable aux intérêts essentiels des contraclants, et que si l'amour-propre de l'un (TAngleterre) est plus particulièrement flatté, c'est peut-être l'autre (la France), en somme, qui a eu les avantages les plus concrets, puisque nous voyionsajouterà notre domaine des territoires doublement précieux ; précieux, d'abord à cause de leur étendue, ensuite et surtout, parce qu'ils font la soudure enlre les tronçons de notre empire africain, dont l'unité. de[>uis longtemps poursuivie, se trouve ainsi définitivement réalisée '-. )>
Nous n'avons garde de prétendre que le Baguirmî, le Kanem et le Ouadaï soient des biens à dédaigner, mais ces pays, déjà pénétrés par Tinfluence française ou assiégés par nos colonnes, nous étaient de tous temps réservés. D'aucun côté l'Angleterre ne pouvait tes aborder : en les abandonnant à notre action, elle ne sacrifiait rien et se bornait à reconnaître les faits accomplis. Pour nous, an