‹ France et Marie (volume 2)Chapitre 22 sur 47 · I- i: C H A I» K « O ÎV . 1 7t · texte numérisé non relu

I- i: C H A I» K « O ÎV . 1 7t

Marie j)leiirail, el allait, pour toute réponse, errer au bord des précipices, ou s'asseoir tout un jour au pied de quelque vieux mélèze. Là, le feuillage aride de cet arbre, quand il était traversé parla brisedu nord , lui rappelait les bruits lointains de cette mer qui l'availfSi'amenée d'exil en France, Elle eut mieux aimé la voix de Roj;erî

Madame de Lavarennes venait de mettre au jour un fds. Son mari, uniquement occupé de soins affectueux , n'avait depuis long-temps laissé pénétrer dans son ame que le sentiment qu'expliquent à la fois tant de douleurs et d'espérances. Cet inégal partage des peines entre les deux auteurs d'une même existence le blessait, parce qu'il ignorait l'inégalité des récompenses et des joies. Les cris de l'heureuse victime avaient brisé son front, ému ses entrailles , et la nature ne lui semblait qu'atroce et injuste.

180 CH4PITKE XIV.

Quand son beau-frère Arthur, qui devait présenter l'enfant au baptême, lui dit, en s'applaudissant du sexe de son neveu : — Souvenez-vous, mon ami, que voilà le plus beau de vos jours..

— Ma foi, interrompit Roger, je ne m'en serais pas doute. Personne n'aimera mieux, j'espère, la créature devenue intelligente qui répondra à nos caresses , vivra de nos soins et reconnaîtra sa mère; mais s'il faut pour manifester une ame tendre, chérir déjà cette petite masse de chair rouge, oublier les tortures qu'elle a coûtées, et sentir de frénétiques instincts de tendresse, je crains bien de n'être qu'un mauvais père; car si la présence de ceci a développé aujourd'hui en moi plus d'amour, j'avoue que je ne l'ai ressenti que pour votre sœur. Je m'explique mal les angoisses que la maternité impose, et en général la douleur. Elle me paraît un luxe de malveillance bien stérile contre la condition humaine. J'ai toujours compris Futilité de la mort ; jamais celle de la souifrance.

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