‹ France et Marie (volume 2)Chapitre 25 sur 47 · II · texte numérisé non relu

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el cachée. Et elle n'a de prolecteur et d'espérance que moi.

— Vous êtes au moins coupable d'une dissimulation bien longue!

— Ecoulez. Vous savez comment je fus lié à votre sœur : c'est à elle que je dois la vie. Quand il fallut nous choisir un lieu d'exil, je la prévins que les derniers momens que je m'étais cru réservés sur la terre avaient été employés à pourvoir à l'avenir de Marie. Si nous choisîmes Genève, ce fut pour être à portée de sa résidence et pour la faire venir près de nous si cet arrangement convenait aux deux dames. Je partis seul. J'arrivai calme et sans embarras près de Mii^de Ghavigny; mais je la trouvai, à mon grand étonnement, dans une situation d'esprit à bouleverser nos projets d'avenir.

Pendant qu'il s'était accompli à son insu tant d'événemens pour nous, le temps n'avait point marché pour elle. Je reconnus qu'elle était dans les mêmes illusions que durant la vie de mon père; et bien plusl

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je trouvai clans ses mains un leslanienl et l'ordi'e exprès de ce pauvre père d'épouser sa pupille et la fiUe unique du seul ami qu'il avait trouvé dans l'exil. Je me sentis frappé d'étourdissement et presque de remords.

Je compris que l'orpheline avait dû compter sur un état et un époux; et que lui retirer brusquement tout espoir et appui , c'était la réveiller pour l'abandonner dans un désert. L'état de sa santé commença à justifiera mes propres yeux le retard que je mis à lui découvrir la vérité, afm de lui épargner une émotion dangereuse. Le hasard et la délicatesse me furent complices; et je revins ici pour demander conseil à Gabrielle. Là, quedirai-jePje manquai d'occasions qui m'auraient été offertes par un caractère plus ouvert, par des effusions de franchise et de confiance excitées à propos. Je manquai surtout décourage, parce qu'il me semblait, à travers les fautômes que la dissimulation et la solitude faisaient grandir, que j'avais trahi Gabrielle eu me liaat à

son sort quand j'étais promis à une autre , comme j'avais trompé Marie en disposant d'une main qui lui appartenait par ordre de mon père. Incapable de faire naître cette occasion de parler, je l'attendis. Elle ne vint pas. Il survint au contraire, vous le savez, des souffrances et des considérations qui éloignaient naturellement encore l'époque d'un rapprochement entre deux jeunes femmes. Entin je reçus de Marie une lettre où, prête à partir pour aller s'ensevelir dans un couvent du Milanais, son pauvre cœur s'ouvrait tout entier à moi et me faisait, avec la candeur la plus déchirante et la plus adorable, l'aveu naïf de toute son affection. J'avoue qu'ici j'aurais dû recourir à Gabrielle : ici je ne cherche plus d'excuses. Qu'est-ce que cette timidité et cette fausse honte capricieuse et romanesque? Étais-je donc ému déjà d'un intérêt mystérieux ou condamnable.^ Ne pouvais-je donc point renoncera l'attrait d'une situation intéressante et me résigner à descendre

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