‹ France et Marie (volume 2)Chapitre 33 sur 47 · I,K TEMOIN · texte numérisé non relu

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rageanl le duelliste, il n'hësila pas à aller frapper donceraenl sur l'épaule de cet officier.

Marie, pendant ce temps, était demeurée en proie à la plus déchirante angoisse. Tant que Roger avait été là, sa présence Tavait pour ainsi dire distraite de ses paroles ; mais ses paroles, dès qu'il fut éloigné, prirent par le souvenir un sens nouveau et plein de menaces. Un homme veillait bien incessamment sur elle; une sorte de bon et invisible génie était bien sans relâche et par d'indéfinissables sentimens occupé de son sort; mais celte puissance, toute modifiée par de pudiques retenues, ne pouvait venir à son aide que passagèrement. Ce protecteur, c'était Francisque. On a compris que non contenl d'avoir fait connaître Texistence de Marie à M"^^ de Lavarennes, c'était lui qui avait réuni les deux dames sous le toit de la famille indigente, afin de faire naître pour elles l'occasion de se parler et d'épancher naturellement leurs

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peines dans le sein Tune de l'autre. 11 en devait faire résulter une lumière propre à éclairer l'avenir. Mais il était bien restreint dans tous les moyens de faire arriver sa pensée. Au moment où nous voilà, Francisque était informé de la cessation des visites de Gabrielie dans la retraite de Marie; el sachant aussi que l'orpheline ignorait la demeure de sa protectrice disparue , il venait de lui faire parvenir cet avis succinct :

« La dame que vous appelez Cécile ha- « bite les bords du lac. Vous reconnaîa triez sa demeure, située vers la gauche du « chemin de Bonneville, à son toit à l'ita- « lienne, aux quatre lettres d'or qui indi- « quent les points de l'horizon et à une •r grille de fer couverte à moitié par des « clématites. Si jamais vous pensiez à a vous rench'C là, demandez seulement la « maîtresse de la maison e{ respectez le « secret dont elle a voulu jusqu'ici entou- « rer son nom de famille. «

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Il en était ilonc à ce point de ses occultes services et de sa sollicitude infatigable. Il altendait avec une impatience assez pénible le retour de son envoyé pour savoir si du moins cet avis serait reçu. Francisque, depuis qu'à dater du débarquement sur les cotes Marie était l'objet de ses soins sans nul espoir de récompense, Francisque n'avait pas senti une plus vive et plus poignante inquiétude. H était plongé dans une méditation sans issue, quand il se sentit toucber familièrement l'épaule.

— Mon brave, dit le personnage qui l'interrompait inopinément , n'est-ce pas que je ne me suis point flatté d'une vaine espérance en supposant que vous voudriez rendre à un homme d'honneur le service de l'assister dans une affaire? J'ai besoin d'un témoin ; accompagnez-moi, à charge de revanche,

— Je ne me crois pas, dit Francisque, obligé de me commettre et de prendre part aux emporlemens du premier écervelé ([ui

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veut qu on lui rende ce qu'il n'a jamais eu : raison. Mais je suis prêt à soutenir une cause que je crois juste, du moment qu'elle m^est garantie par la présence de M. de Lavarennes. •

— Vous me connaissez ? dit Roger.

— Le guide de Béville, répliqua Francisque ; la sentinelle qui vous a remis le dernier billet de Georges.

— A la vie et à la mort, capitaine! Le temps presse, je crains de n'arriver pas le premier. Mais encore une marque de confiance à solliciter, reprit Roger en marchant : Je vous devrais le récit de ma querelle, n'est-ce pas? l'explication de mon bon droit et le nom de mon adversaire? Dispensez-moi de ces détails. En faveur de notre connaissance déjà ancienne, faites-moi un crédit tout entier. Si je tombe, vous remettrez seulement à leur adresse les deux lettres qui seront trouvées dans la poche gauche de mon habit. Et maintenant voici la maison où j'ai fait déposer les

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