‹ France et Marie (volume 3)Chapitre 5 sur 31 · KIM.ET U'VT% MORT · texte numérisé non relu

KIM.ET U'VT% MORT

seul me retenait ici. Mais, Monsieur, je suis le tuteur...

— De sa fille. Oui; les papiers de votre pauvre camarade me l'ont fait savoir. Eh bien, vous n'avez, ce me semble, à choisir qu'entre deux partis : ou vous unir à une expédition qui se prépare pour la France, projet hasardeux, peut-être encore loin d'éclore et peu convenable au repos que vous avez le droit de chercher; ou rentrer sans éclat , mais peut-être sans danger, dans notre pays avec votre pupille. Bonaparte n'a point de vengeance à exercer sur les émigrés; il en laisse aborder grand nombre sous le nom à' amnisties j ne demandant que des admirateurs de plus, et peut-être des laquais. Je ne sais s'il nous a fait l'honneur de nous comprendre, vous et moi, sur cette liste exceptionnelle de mille personnes, et qu'il nomme permane?ite; mais, à l'aide des bassesses empressées qui se pratiquent déjà départ et d'autre, un honnête homme comme vous peut êlre inaperçu.

M. (Je Lavarermes se lit donner les lettres arrivées. L'une était de son fils, encore au Prytanée sous le nom de son oncle maternel, M. Priai; et l'autre était de son beau-frère.

M. Priai rassurait le Comte sur tous les dangers que son retour aurait pu autrefois faire naître. Il lui parlait, avec réserve pour les préjugés du transfuge, du nouveau gouvernement; mais aussi avec un secret orgueil de cette sécurité qui renaissait de toutes parts. Il l'invitait positivement à revenir; lui disait que si la faible somme qu'il mettait à sa disposition ne suffisait pas pour faire honneur à ses engagemens , il pouvait disposer librement de sa bourse. Comme les deux beaux-frères avaient été long-temps divisés, et que 31. Priai, qui n'était point gentilhomme , craignait toujours de voir se cabrer la vanité aristocratique, il ajoutait enfin, pour lever tout scrupule et vaincre toute hésitation de la part du Comte, que son (ils, son cher Roger, libre

ttlI.I.ET d'un mort. 31

de quitter Paris aux vacances, serait vers le 1 0 septembre à la ferme de Warengeville. Une réunion si souhaitée, l'idée seule de presser son entant sur son cœur, pouvait tuer le Comte ou le sauver. Elle le sauva. Son bonheur toutefois ne fut n êlé d'aucune ingratitude; la joie n'essuya pas toutes ses larmes; et, rempli à la fois d'espérance et de deuil, s'il trouva en peu de jours la force et la résolution de partir, il les dut à la profonde envie de remplir son devoir envers Marie.

— Nous partirons, dit-il au Colonel.

— Je le savais; le bâtiment est déjà retenu.

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