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LE STYLE CLASSIQUE

FiG. 3ii. — Église Saint-Etienne in-.MoNT, A Paris.

(i.lklie ll^nheltc )

générale n'est plus commandée par

aies accidenls du terrain ; ['«difice développe librement sur un sol plan ses membres symétriques ; la beauté architectonique consiste de moins en moins dans l'agrément des détails et le pittoresque imprévu de leurs dispositions ; elle réside surtout dans l'art des proportions et l'unité de l'ensemble. Le château ne se distingue plus de l'hôtel urbain. Quatre corps de bâtiment, dont un plus petit formant galerie, dessinent un quadrilatère a angles droits. Pour orner les façades plates, les architectes appliquent les princ'pes de l'architecture romaine telle qu ils commencent a la connaître par Vitruve, les ruines antiques et les monuments italiens ; disposer sur la façade, de manière a encadrer les fenêtres, des colonnes ou pilastres qui portent des entablements et des frontons ; superposer autant d ordres qu'il y a d'étages : l'ordre toscan ou dorique pour le rez-dechaussée, l'ordre ionique pour le premier étage, et pour le second des colonnes composites ou des cariatides. Dans l'intervalle des colonnes, s'il y a place, des niches sont ménagées pour loger des statues.

Cette ornementation générale se répète indéfiniment tout au long d'une façade ; la monotonie est rompue seulement par des pavillons en saillie et portant une toiture plus haute. Dès lors, l'architecture se réduit au dessin et à la science des proportions. Les éléments décoratifs des palais de France ne changeront plus guère ; la différence est petite d'un édifice à l'autre, ou même d'une époque a une autre époque. Si l'on i53

FiG. 3 12. — Fatade

DE LA CATHÉDRAf-E DE TOfL.

(Cliché ■• Monuments Hisloriques ".>

omet raménagement intérieur, l'histoire de l'architecture française tiendra presque entière dans la manière de disposer des colonnades sur des façades. C'est limitée a ces moyens qu'elle créera pourtant des styles varies et de formes toujours pures ; a mesure qu'il restreint l'invention décorative, l'art de bâtir doit davantage a la mesure et au calcul.

Trois hommes ont, au milieu du XVl' siècle, représenté brillamment cette architecture, qui est déjà l'architecture classique française, Pierre Lescot, Jean Bullant et Philibert Delorme. Pierre Lescot fut charge par François 1' de refaire le Louvre. Il eventra celui de Charles V, édifia l'angle sud-ouest de la cour carrée, deux corps de bâtiment qui serviront de modèle à bien des architectes ; ils sont à l'origine de ce nouveau Louvre toujours en construction pendant plus de trois siècles ; à tous ceux qui viendront successivement ajouter un pavillon, une galène, une façade, les bâtiments de Pierre Lescot imposeront plus ou moins leur physionomie. " Cette face de maçonnerie est tellement enrichie de colonnes, frises, architraves et toute sorte d'architecture, avec symétrie et beauté si excellente, qu a i peine en toute l'Europe ne se trouvera sa p^^ 3^3 vierge seconde " (Androuet du Cerceau) ; les conti- ki l'Enfant; église nuateurs s'efforceront parfois d'être plus riches deSaist-Galmier

O U (LOIRF.).

, (ClUlic llnchctlcl

plus

majestueux ; ce Louvre initial où se sont unis les génies de Lescot et de Goujon reste pourtant la plus brillante et l'une des plus gracieuses inspirations de la Renaissance (fig. 289).

Jean Bullant montrait même plus de soumission aux formes antiques, employant le premier " l'or-

Fio. 3ii- — Le ji'BF, DE Saint-Étienni

DU-MoNT, A Paris.

(Cliché Hachette.)

F"io. 3i5. — ToMBKAU DE François

■: Bretaonk; cathédrale dk Nanii:s.

(Cliché Hachette )

LESCOT. liVI.l.ANT, DELORME

dre colossal* ; a Kcoucn, au lieu de diminuer la colonnade à la dimension des étages, il la grandit a la taille de la fa(^ade ; au lieu de su|)er|)oser des colonnettes, il plante de hautes colonnes qui montent du sol au faite, d'un seul t e nan t.

Phi-

libert Delorme est aussi un admirateur enthousiaste de l'antiquité ; il en a étudie les traiies et mesure les monuments. Au château d'Anet, aux Tuileries, à Fontainebleau, il n'a pas seulement tire des ruines quelques formes ingénieuses et décoratives, il a vraiment retrouvé cette harmonie des proportions qui fut l'âme de l'architecture grecque. Pourtant ses conceptions ne sont pas seulement d'un dessinateur, mais bien d'un bâtisseur ; dans son livre de l'architecture, s'il se préoccupe beaucoup de la mesure des colonnes et des entablements, il aime â exercer son adresse sur des difficultés de maçonnerie, escaliers â double vis et voûtes en spirale ; il songe a la commodité et apporte toute sa sollicitude a faire des cheminées qui ne fument pas. Sa puissante intelligence a su dominer les deux âges artistiques, le Moyen Age et l'Antiquité, et choisir librement, sans idolâtrie, dans les traditions de nos maîtres maçons et dans les ouvrages de Vitruve. Il ne veut pas copier, mais adapter. Il compte parmi les architectes, si nombreux chez nous, qui vont des lors se plaindre d'être sacrifies aux modes étrangères. Il se flattait même d'avoir créé un ordre français en élevant des colonnes baguées de place en place pour dissimuler les jointures des tambours.

La cathédrale s'est aussi laissé pénétrer par l'art classique. Durant le XVi' siècle, les églises conservent encore leur consti-

FiG. 3lÔ. — ViEHIJK

d'Oi.ivet.

(Musée du Louvre J (Cliché Hachette.)

Fk;. 317. —

(Colombe. —

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