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LES EGLISES DE LA RENAISSANCE

par Pierre Sohier (fig. 304), montre celte combinaison du flamboyant et du décor italien. Les pmacles de I abside prennent des formes de vases pansus, avec des torsades, des arabesques sculptées qui alourdissent de leur richesse l'élan des lignes gothiques. A l'intérieur, des anses, des consoles s'attachent aux nervures des voûtes comme une pesante végétation.

Mais, dans cette décoration trop riche, il est un principe latent de régulante et de symétrie qui simplifiera peu a peu ce style exubérant. Un peu plus tard, Pierre Lemercier (fîg. 310), construisant Saint-Eustache de Pans, reîte un architecte du Moyen Age ; mais les membres de cet édifice gothique, piliers et arcs-boutants, sont habilles a la mode classique. Le xvr siècle ne fut pas grand constructeur d'églises ; son originalité fut médiocre sur ce point, et c'est seulement au siècle suivant que les innovations

passeront du décor à l'ossature même de l'edifice.

Notre langue littéraire a subi la même transformation ; nos écrivains, pour imiter davantage le latin, chargèrent leur orthographe de lettres étymologiques et leur vocabulaire de mots d'emprunt ; mais il fallut une assimilation plus profonde pour retrouver la régularité rationnelle de la syntaxe classique.

iMG. 321. —

Sai.nte Marthe ;

ÉGLISE DE Sainte-

Madeleine,

a Troves.

{Clicltc lUuhetle )

FiG. 323. — Michel Colo.mbe. — Saint-Georges tuant le Drago.<.

iMusce du Louvre.) (Ctichc Hachette.)

FiG. 32^ — 1^ ■ 1 ; : ,

FIOTRE DU SÉPULCRE DE iiOLESMKS (<:iulic llachllc I

La sculpture tenait de trop près à la vie religieuse pour interrompre brusquement son évolution normale.

Sur tout le sol de la France, l'art italien a rencontre des sculpteurs qui travaillaient aux tombeaux des grands seigneurs ou taillaient pour le peuple les figures des saints usuels. Au cours du X\' siècle, quelques motifs répondaient particulièrement a la sensibilité chrétienne : les groupes pathétiques qui montrent les derniers moments de Jésus, le Christ en croix, la Vierge de Pitié : la Mère douloureuse pleurant sur le cadavre qu'elle tient sur ses genoux, lugubre téte-à-téte ou se résume la tristesse de la passion. Enfin la déposition au sépulcre est un spectacle tragique qui offre des ressources merveilleuses ; un cadavre, les riches costumes bourgeois de Nicodeme et de Joseph d'Arimathie, les attitudes et les faces douloureuses de la Vierge et des Saintes Femmes. Ces groupes apparaissent dans bien des églises, et dans les plus humbles ; souvent ils ont été exécutés par des ouvriers de campagne, qui taillaient la pierre un peu lourdement, sans prétention a l'eleg-.nce ni à la correction. Rarement admirables par leur adresse, ces œuvres r- - sont toujours émouvantes par la

piéte' qui les anime : naïves et mornes figures attentives autour du mort, que l'on distingue mal, au fond d'une chapelle basse aussi sombre qu un tombeau !

Avec celui de Ligier-Richier à Saint-M^hiel (fig. 331). le plus illustre de ces sépulcres " est a Solesmes (fig. 325). Il remonte sans doute aux dernières années du x\'' siècle et fait voir plus d'un pilastre à la fa(;on d'Italie.

Mais ces emprunts restent pla-

Fl(J. i-ib. — Si. l'i i.cHi; 1)1, DE Soi.ES.MES.

(Cliché llachelte.)

I AlJliAVK

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