LA SCULPTURE: MICHEL COLOMBE
Vui. 32Ô. Le CA1.VAIKK
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ques, non assimilés ; l'artiste les juxtapose sans fa(;on aux fioritures flamboyantes. Les figures, au contraire, ne rappellent en rien l'art »^ I T i j étranger. Cette mise au tombeau
iLM' àjÊÂàwS ^^^ ""^ scène tranquille; une cer-
^Ê^ffUmmrS^^ taine placidité et comme une impuis-
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<de l'artiste et donnent a ce drame une paisible majesté. L'art italien accentue volontiers la mimique jusqu'au paroxysme, ici, au contraire, point de violences ni de grimaces ; la douleur morale n'agite point les saintes femmes, et le poids du cadavre ne provoque pas chez les porteurs l'attitude de l'effort. Les robustes figures de Solesmes sont parentes des petits bonshommes que Fouquet peignait gentiment et avec un peu de mollesse. La plus belle, celle de Madeleine, rappelle une de ces filles des champs dont le peintre fit de petites saintes. Elle pleure discrètement, un peu à l'écart, comme une modeste servante. Cet art, sans effort vers la vérité ou la beauté, est d'une douceur sereine.
Un nom domine l'art tourangeau à ce début du xvr siècle : Michel Colombe est d'un pays et d'un temps qui recueillaient avidement tous les motifs de décoration italienne pour les insérer même en des monuments gothiques ; mais il sculptait encore ses figures a la manière française, en artiste qui ne raffine point son modelé et qui ne s'embarrasse point de subtilités anatomiques. Le Saint Georges tuant le Dragon, qu il a taille avec soin pour le château de Gaillon (fig. 323), manque de souplesse et d élan ; le marbre invite â des formes plus nerveuses que celles
Fig. 327. — Le calvaire
DE Pl.OL'UASTEL.
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FiG. 328. — Ci.AUui; DE France ;
ÉGl-ISE DE SaINI-DKNIS
(Cliclic Mieuseiiient.)
de ce preux tout raide sur son gros percheron. Dans le tombeau de hrani^ois II de Bretagne a Nantes, l'architecture générale reste celle du Moyen y\ge :
sarcophage aux flancs sculptes portant deux gisants étendus et les mains jointes. Mais pourtant, au premier aspect, il est évident que nous ne sommes plus aux temps gothiques ; sur les parois, on a élague les branchages touffus du style flamboyant ; des bas-reliefs italiens décorent délicatement les julastrcs ; l'ornementation reste riche, assez atténuée toutefois pour laisser aux lignes et aux plans une netteté qui est deja classique. Des pleurants, il ne reste plus que de petites figures exclusivement ornementales ; des apôtres les ont remplacés. Mais ruitoul. quatre grandes statues allégoriques, les Vertus cardinales. Justice, Force, Tempérance et Prudence, qui se dressent aux angles, n'appartiennent point au personnel du Moyen Age. Les princes et les rois qui font désormais édifier leur mausolée l)rcfereronl de belles divinités, éveillant des idées de gloire, a cette hideuse pensée de mort, partout présente sur les tombeaux gothiques. Bientôt ils feront graver sur les flancs du sarcophage les images de leurs exploits et des trophées de victoire. Ce n'est pas seulement l'architecture et la sculpture qui changent de style ; une allégresse païenne vient se substituer a la mélancolie des sentiments chrétiens.
Les vertus cardinales sculptées par Michel Colombe ne sont pas encore, par leur costume et leur type, tout a fait antiques ; pourtant elles ne sont plus du Moyen Age ; leur robustesse élégante, la majesté tranf|uille de leur altitude, annoncent un monde
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