I- RANCI
palais Pitti ; mais la fierté, l'ostentation de force de la construction toscane ne pouvaient plaire chez nous.
Salomon do Brosse construisit un hôtel de plan franc^ais, entre cour et jardin , les façades surmontées de hautes toitures sont égayées par le simple dessin des fenêtres et la beauté de l'appareil ; sans montrer la richesse ornementale du nouveau Louvre, l'aspect d'ensemble est d'une élégance très fine (fig. 372). Comme la royauté, la noblesse et la bourgeoisie font maison neuve. Pour être auprès de la «"égente, Richelieu avait habite le petit Luxembourg ; pour être auprès du roi, il fit construire le Palais Royal. Le quartier du Marais et l'Ile Saint-Louis se couvrent d'hôtels. A l'intérieur, des galeries décorées de stucs et de peintures ; sur les façades, l'ordonnance un l)eu froide des ordres antiques. L'architecture bourgeoise, a son tour, se pare de cette décoration jusqu'alors réservée a la majesté royale. Les hôtels du Marais qui ont subsisté conservent une sorte de dignité triste, aujourd'hui que, dans leurs cours, il n'entre plus de carrosses, mais 'les camions. Sur ces façades, que les architectes dessinèrent en observant les règles de Vitruve, des annonces de commerce s'accrochent maintenant aux corniches effritées et aux pierres qui se délitent (fig. 377-378).
Ces riches bourgeois avaient aussi " maison des champs " ; ils y pouvaient traiter plus largement leurs hùtes. Ces maisons n'ont plus
MO. 578. — Palais Cardinai. (BinLiOTiiÈyeii
NATIONALi;l, a PaIUS.
(Cliché llachetlc)
IIOTLLS ET "MAISONS DES CIIAMl'S'
F-'io. 379. — Fontaine du jardin
DU l,LXK.MBOlR(i. A pABIS.
(<:iUhê Hachette.)
conservé trace de la construction féodale visible encore dans le château du XV'I siècle. Ce sont des édifices de plan carre, régulier ; la façade, ornée pourtant de pilastres et de frontons, doit son élégance aimable au dessin des fenêtres et aux belles toitures. Des bâtiments latéraux s'avancent pour encadrer une avant-cour ; l'edifice semble venir au-devant du visiteur pour le conduire au seuil de cette demeure accueillante. Quelle différence avec les palais italiens fermes et défiants ! Sur la façade arrière, le jardin est la comme un décor de fête permanent ; des fleurs ou des arbustes taillés mettent sur le sol un dessin de lourdes guipures ; des jets d'eau filent sur des bassins plats; puis des allées partent en étoile, et les arbres se rangent de chaque cote pour amuser les yeux sans leur fermer I horizon. Les gravures de Perelle et d'Israël Silvestre nous renseignent sur l'existence pour laquelle ces châteaux ont ete aménages ; on y voit carrosses et cavaliers accourir et passer la grille de l'avant-cour ; puis dans les jardins, autour des bassins et des parterres, des gentilshommes et des dames échangent
des saluts et des propos •i cérémonieux. C est pour
recevoir que M. de Maisons a construit, au bord de la Seine, le château qui porte son nom, et que Fouquet aeleve le château de Vaux ; c'est pour faire plus magnifiques ses réceptions que le roi de France créera Versailles (fig. 381 a 385).
La première moitié du
IMG. 38o. - HÔTEL DE Ville de Lyon. ^^"' ^'^^'^ ^^^ ''^•^^1^
(auhé iiachcitc) paf Une extraordinaire
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FR.tNCE
renaissance catholique.
Des ordres religieux nouveaux ou renouvelés rega?!nerent pour le catholicisme un peu du terrain perdu depuis la Reforme.
Ces sentiments chrétiens trouvèrent leur expression dans l'architecture, la sculpture et la peinture ; mais ils n'apportaient rien
Fio. 38i. — ("-iiAii;.Mt DE Cany.
(Cliché llaclicKc.)
d'autre qu'une ferveur rajeunie ; le catholicisme acceptait les transformalions de l'art depuis le contact avec l'Italie et l'antiquité. On se contenta de refréner doucement l'exubérance païenne qui s'était emparée des arts plastiques et qui pouvait choquer un christianisme réfléchi. Les Jésuites qui, dans leurs collèges, réconcilient la théologie chrétienne et la pensée antique, enseignèrent d'elegantes combinaisons. Partout ou ils dirigent, dans l'enseignement et
iMO
383. — CiiAiiiAi' i)i: iMaisons-Lai 1 II ii iCIUhii LMchitccte.)
FiG.382 — Gkii.ledelaoaliiui d'Apoi.i.os. au Musr.E
ou LoiVKE. PHOVKNAM
i)f CHAI eau i>e JMaisons- Lai n 1 TE.
^f.7iV;i(' /• \rcliiUilc )
dans l'art, ils ont trouve pour leur catholicisme un langage classique.
Ils ont fixe les formes architecloniqucs qui devaient remplacer le style
- ClIATEAL- DE DaMPIERRE.
(Cliché Hacltetlc)