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SCULPTURES DES TOMBEAUX

à Moulins, par François Anguier (fig. 399). Les autres sont modestes, mais toujours graves d'inspiration. S ils ne possèdent point le charme raffine de la statuaire des Florentins ou des sculpteurs français du xvi- siècle, les attitudes et les visages expriment des sentiments profonds avec une sincérité qui tient lieu d'éloquence. 11 y a plus de conviction que d'elegance en ces sages portraits et ces mains jointes. Le sculpteur n'a pas su toujours alléger le costume Louis XllI, d'allure si cavalière

quand il est de laine ou de soie, mais lourd et massif quand il est de pierre ou de bronze ; c'est a peine si quelquesuns, comme autrefois Germain Pilon, ont songé à jeter un grand manteau sur les épaules de leurs figures, de manière à simplifier un équipement trop compliqué et assouplir une vertugade trop raide. Images franches et sans virtuosité d'une bourgeoisie sérieuse et de foi robuste.

Tous les portraits ne furent pas pour les tombeaux ; une mode venue d Italie, continuait à se propager : celle des bustes-portraits. Ce sont naturellement les grands personnages, lé roi et ses ministres, qui apparaissent dans ces œuvres de marbre ou de métal. Dupre et Warin, qui gravèrent des médailles avec une élégante exactitude, ont aussi apporte une minutie aiguë à ciseler des bustes de bronze (fig. 391 a 394). Mais on ne se contentait pas de portraits ainsi réduits. Depuis Henri IV, nos

Fig. SqS. — Jean Warin.

RlCIIEMEr.

(Clichc Hachette.)

FiG. 394. — Jean Warin. — Blste

DE RiCHEl.lEr (BiBLIOTHÈQlE

Mazarise, Paris).

(Cliché Hachille.)

3g5. — Bartiiklemv Priklk Makif. de Barbanço.n-C.asv.

(Musée de Versailles I {CAichù Mieiiseiiwiil.l

rois ont tous eu leur statue. Pour traverser le Ponl-Neuf, achevé sous son règne, il fallait passer devant un Henri IV de bronze, monte sur un clieval fondu en Italie. .Aux angles du piédestal, Franclieville avait assis de longs corps contournes, tourmentés, selon la tradition de Micliel-Ange. A l'Hôtel de Ville, termine par le roi, se trouvait sur le tympan de la porte centrale un Henri iV équestre, basrelief de bronze sculpté par Pierre Biard. Le fils de ce sculpteur exécuta un Louis XI 11 pour la place Royale ; le roi de France montait encore un cheval d'Italie. Au Louis XIV de la place Vendôme, il sera enfin donné d'en avoir un d'origine fran<;aise. A l'entrée du pont au Change, se dressait un monument où trois figures de bronze, par Simon Guillain. représentaient Louis XI 11 en soldat, Anne d'Autriche en costume de cour, tournes vers le petit Dauphin. Dans chacune de ces statues se retrouve une sincérité robuste et un peu [~ lourde, habituelle alors quand l'art ne se laisse pas guider et perdre par le brillant idéalisme florentin (fig. 398).

C'était alors une chose nouvelle que cette glorification de nos rois par la statuaire, suivant un rite romain, puis italien. Henri IV, Louis XI 11, Louis XIV, Louis XV n'ont pas, comme leurs ancêtres, des tombes monumentales à Saint-Dcnis. Ils n'ont pas laisse d effigie étendue sur une dalle, ainsi que les rois du Moyen Age ; il n'en est même pas resté, comme pour les Valois de la Renaissance, une image vivante, mais agenouillée devant Dieu ; les statues royales ne glorifient maintenant que la royauté ; elles se tiennent sur les places publiques, comme des idoles ou des symboles d'un culte nouveau. I •;

Ki(i. 3q6. — Pierre

1"UAN<:I1EV1LLE. — OrPHÉE.

(MiisOe ilii l.oufic).

(Cliché llaehelle.)

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