POUSSIN ET SON TEMPS
Fio. 43^. — PoLssiN. — Orphée et Eurydice. /Musée .Yii Louvre.) (Cliché HachetleJ
dans ses compositions. Il ne travaillait pas pour le luxe des princes ou des églises. Ses tableaux ne doivent pas, comme ceux de Flandre, décorer une galerie princiere ou des autels jésuites ; ils ne sont pas, à la manière hollandaise, des prodiges d'habileté et d'exactitude ; ils n'étonnent jamais et ne donnent pas de leçons de peinture. Mais ils apportent comme une discipline et associent toujours l'intelligence au plaisir des yeux. Mesures a la dimension de notre champ visuel, en sorte qu'un seul regard puisse contenir la composition entière sans perdre un détail, ils doivent être examinés, analysés dans la solitude du cabinet. Comme nos grands auteurs du XVil" siècle. Poussin enfermait en des œuvres brèves des sentiments qui flottaient, mcertains encore pour n avoir pas trouvé leurs formes parfaites. La robuste poésie de ce raisonneur s épanouissait sous le ciel de Rome pour passer ensuite dans l'âme française.
La dévotion des archéologues et des artistes ne suffit point à expliquer ,- ,- r, t d
... . ... . . h iG. 43o. — PofssiN. — Les Bergers n .\rc.-\die.
1 mvincible attraction de (Musée du Louvre.) iCliclie Hachette.)
FiG. 430. — Poussin. — L enfance de BAi:(:iirs, iSlii^ée Condé. à Chantilly.) (Cliché llnchelie.)
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1 Rome sur 1 homme du ' Nord. De tout temps, le Celte et le Germam ont rêve a l'Italie et se sont laisses prendre a son charme ; les Allemands de Barberousse et les Français de Louis XII ont conserve la nostalgie de cette terre aimable, ou ils goûtaient une volupté qui s'épanouit mal sous leur ciel plus hostile. Aussi les pays dont les artistes font le voyage d'outre-monts devront-ils attendre longtemps pour trouver des portraitistes exacts de leurs aspects : la vision des paysagistes transalpins restera troublée par les souvenirs de Rome ou de Naples. Parmi ces poètes que fait naître le contact du Nord et du Midi, Claude Gellee est un de ceux qui ont le mieux savoure la chaude lumière du ciel méditerranéen. Claude Gellee, dit le Lorrain (1600-1682), a vécu a Rome, dans un milieu cosmopolite, ou des hommes de toute nation s'appelaient du nom de leur terre natale. Ignorant et d'esprit simple, il n'a pas médité sur les souvenirs historiques qui montent du sol romain. Son œuvre ne satisfait aucune curiosité d humaniste, et ses compositions, malgré leur noblesse, parlent peu a notre classicisme raisonneur. Ses paysages montrent la douceur éclatante du ciel méridional. Dans son émerveillement, il voit des architectures de féerie. Parfois, c'est un port : le soleil, avant de disparaître au bord de 1 Océan, darde ses rayons d'or qui, de chaque coté, caressent des façades de marbre et accrochent des étincelles aux crêtes innombrables des petites vagues. Ail-
FlG. 437. l'OL'.SSIN. — I . 1 •
OioGÈNE JETANT SON ÈCUE....E. ^^"''S' ^ ^«t Une plainc. et
isius(e du i.ouiTc.) (Cliché iLuheiiej les sombres massifs des