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LI.AVDI. Cl.l.LLi:. LE LOKKAIN

Riai)Js arbres font paraître plus léger et plus limpide le lointain illimitf. Il n y a d'ombre et de solidité qu'au premier plan, au l)ord

du cadre ; au centre du tableau, gnent, s'allègent, pénètres par la

Fio. 43«. — PorssiN. — Apollon a.moureix

DE Daphné.

iMusi:e du l.uiivre ) (Cliché llachetU)

fs objets, a mesure qu ils s'eloiumiere et comme embrasés par l'atmosphère en feu. Ces paysages ont ete amoureusement contem|)les ; on les a copies, plagies. Le Lorrain, avec sa couleur, apportait partout un peu de rayonnement d'Italie ; même chez de médiocres imitateurs, on retrouvait un reflet de ce lumineux i souvenir qui jamais ne s'efface chez l'homme du Nord, quand il a, une fois dans sa vie, franchi les Alpes.

Entre la radieuse Renaissance et le Soleil de Louis Xl\ , la première moitié du XVIh siècle parait un peu dans l'ombre. Dans ! ce demi-jour pourtant s'est fixé cet esprit classique dont la disci- ■ pline s'imposera désormais a toutes les foi mes de notre activité ' intellectuelle. La génération de Louis XIII parait sacrifiée parce que les magnificences qu'elle rendait possibles n'ont ete réalisées que pour Louis XI\\ La monarchie qui faisait alors la France si grande demandait peu aux artistes. Elle a interrompu les fastueux caprices de [" Fontainebleau, et Versailles n'est encore qu'une jolie maison de brique.

Les artistes travaillaient surtout pour la bourgeoisie et pour les ordres religieux, bâtissant des hôtels et des églises et les décorant de tableaux chrétiens ou mythologiques.Sous les voûtes un peu ramassées de Saint- Paul ou de Saint-Nicolas-

Vu,

Po

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— Le Dklcge.

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usée du

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et

{Cliché Hacheile.)

Fio. 440. — Claiide Lorrain. —

Le (^ampo Vacciso.

(Miiséi- du Louvre.) iCliché ll.icliclUi

du-Cliardonnet, respirent

toujours l'âme sérieuse et la foi robuste de ce temps ; en d obscures chapelles restent enfouis des peintures maussades et des tombeaux sans faste. Ces images dénuées de magnificence et de raffinement ne manquent ni de force ni de sincérité. Comme on pardonne volontiers à qui impose l'estime de ne pas chercher à étonner, ni même à plaire !

On peut aus: 1, sur la place Royale et dans les hôtels du Marais, retrouver par la pensée cette bourgeoisie amie des artistes. Jamais sculpteurs et peintres ne furent plus employés que ceux de cette époque en apparence peu productive. Ils allaient d'hôtel en hôtel, attachés pour plusieurs années à la décoration d une galerie. A lire leur biographie, il semble même que la société demandait a 1 art plus que 1 art ne pouvait encore donner ; la culture de luxe, l'admiration de l'antique, le raffinement du goût étaient chez les amateurs encore plus que chez les professionnels. On voit des lors la société parisienne diriger et accélérer le mouvement de l'art.

Paris prend dans la vie intellectuelle cette extraordinaire prépondérance qui a tant contribué à unifier l'art français. 11 concentre

la vie intellectuelle du pays ; les artistes comme les écrivains viennent s'y fixer. Combien le quartier des Augustins en a-t-il vu errer dans ses rues étroites !

Les plus favorises obtiennent brevet royal et logement au Louvre, dans la galerie du bord de l'eau.

Quelques-uns portent avec I-.G. 441. - Claude Lorrain. - ç^^^^^ |^^^ ^j^,.^ nouveau

Lavis a l encre. j* a j • • i

(Musie du Louvre ) (Ciiciu' Hachciu) d Académiciens. Les ap-

FiG. 442. — Claude Lorrain. — Port de mer au soleil couchant.

iMiisec du Louvre) [Cliché Hachette )

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