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CHAPITRE III LART MONARCHIQUE DE LOUIS XIV

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LA PROVINCE. — RÈSULT.VrS DE LŒUVRE DE COLBERT ; PROGRÈS TlXHNlyUE ET CENTRALISATION.

LE " Siècle de Louis XIV ", tel que les historiens le célébreront, ne fut pas un résultat spontané. La prospérité artistique a ele préparée, organisée par instruction ministérielle. Dès que Colbert tient en main la surintendance des bâtiments , il s emploie, de toute son activité, à susciter en France des artistes pour les mettre au service du roi. il veut, par des monuments, fixer celte gloire qui survit aux civilisations et domine les siècles comme les ruines grandioses de Rome et de l'Egypte. L'art français classique tendait alors a oublier son piiys et son temps. La monarchie 1 y ramena. Sculpteurs, peintres, architectes, rêvaient d'antiquité ; il leur fallut l»enser a Louis XIV. L'Etat, en re anche, se charge de leur éducation. Colberl devient protecteur de l'Académie royale de pein- 'i5 .

FRAXCE

Kir,. 445.

La colonnade du Loivre.

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ture et de sculpture et peut intervenir dans l'enseignement des élevés ; il envoie les meilleurs d'entre eux en Italie, et pour eux fonde a Rome l'Académie de France. Les pensionnaires du Roi y travaillent pour lui, achèvent leur apprentissage et exécutent, pour les parcs et les galeries royales, des copies lorsqu'on ne peut acheter les chefs-d'œuvre originaux. Ainsi le Roi est le Mécène presque unique des artistes francjais, et l'organisation habituelle de notre art se fixe en des institutions d Etat.

L'esprit autoritaire et pratique de Colbert a marque chacune de ces institutions, il faut réaliser rapidement, pleinement, ce que peut rendre le génie français. 11 n'est pas juste de dire qu'elles soumirent notre art à l'Italie. Depuis plus d'un siècle que nous cherchions à introduire chez nous la manière de Rome ou de Bologne, c'est Colbert qui fit le plus puissant effort oour nous affranchir de ce tribut. 11 pensait jalousement que l'art de France, comme le luxe, doit être un produit de la main-d'œuvre française. 11 ne sest pas contenté, comme François I' ' , d'acheter des fruits a l'Italie, il voulut obliger notre sol a en produire. Par ordre, les Académiciens, sous la direction de Le Brun, s'occupèrent a chercher, d'après les chefs-d'œuvre de l'antiquité, de la Renaissance et de Poussin, le j^rocede le plus sûr pour atteindre la beauté et a constituer le Manuel du peintre et du sculpteur parfaits. De modestes praticiens ,. . ^ ,. c .... i,.. , . u .,

, ' l-io. 440.— PoKTE Sain I Di^MS, A Pakis.

s appliquèrent avec con- iciu-hé iiachetw.)

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