INSTITUTIONS DE COLBERT
— ÉGLISE DES Invalidl;;.
iClU-hê Hachette.}
science à fonder une esthétique, selon les manières de penser de leur temps. Mais l'esthétique est un )cu philosophique qui ne peut guère aider les artistes. C>ette entreprise de l'Académie jette beaucoup de lumière our la pensée classique ; elle n*a pas du servir beaucoup notre art.
Les œuvres grecques et romaines avaient, disait-on, guide les Italiens à la recherche de la beauté Chez nous, le sol est pauvre en gisements d'antiques ; Colbert y suppléa de tout son pouvoir. A Paris, à Versailles, il ramassa d'innombrables statues et. a leur défaut, des copies. On ne pouvait
songer a posséder la colonne Trajane. A un moment, les professeurs et les élévej de l'Académie purent en copier les bas-reliefs, d'après der moulages obtenus a grands frais. Colbert se montrait même d'une telle àprete dans ses achats qu'une sorte d'émeute souleva le peuple romain, épouvanté, indigne de voir partir ces éléments de la richesse nationale. Ces œuvres pillées autrefois par les proconsuls romains, achetées maintenant par le Roi, transmettaient d'âge en âge, de Grèce en Italie, d'Italie en France, la mollesse élégante
de l'art hellénistique.
Mais préparer l'avenir ne suffisait pas. La gloire du Roi exigeait des chefsd'œuvre immédiats. On songea d'abord a terminer le Louvre, toujours continué depuis François I'.
On fit venir à grands frais Bernin. l architecte du pape ; il exécuta un projet, fit un buste de Louis XIV r u D ^ , ,- D I et prodigua ses jugements
FiG. 448. — Porte de Pahis a Lu i k. ' ° p i ■
(Cliché iijchciic ) sur notre art et l éducation