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WATTEAU ET SES IMITATEURS

FiG. 537. — Lancret. — La Camaroo.

(Collection de l'Empereur d'Allemagne ) (Cliché Société photuf^raphique Herlin, l'aiis.)

Watteau n'a pas résumé la seulement les séductions de son art nerveux et caressant. Ce caprice de poète symbolise l'œuvre entière du peintre ; a tant de conversations galantes ' il n'est pas de conclusion plus naturelle que cette traversée vers l'ile d amour. Le Pans et le Versailles de la Régence auraient pu voir ici mieux qu une fantaisie gracieuse.

A cette société dans laquelle hommes et femmes n'avaient pas de distraction plus chère que d'essayer leurs armes de séduction, cet embarquement vers Cythere et les menues cérémonies du départ montraient la raison profonde des relations mondaines.

Mais, si les hommes du XVIII siècle ont beaucoup aime Watteau, c'est presque toujours sans l'avouer franchement. En chacun d'eux raisonnait un théoricien classique, féru d'antique et de psychologie, et ils ne trouvent rien dans leur doctrine qui ne soit opposé a leur secrète tendresse.

Watteau ne pouvait être vraiment imite que par des Flamands mal francises ; il fut copie par Lancret et Pater, son compatriote. Au cours du .XVI 11' siècle, on les distingue aisément parmi les autres peintres de fêtes galantes et de bergeries. Leur paysage conserve dansia fantaisie la justesse de l'effet et le sens de la réalité. Leurs petites figures sont de peintres qui jamais n'ont songé à modeler les formes du corps humain ; ils font jouer la lumière sur les plis du satin, allongent les silhouettes, affinent les extrémités en pointes nerveuses, s amusent des jolies grimaces de leurs bergers ou

FiG. 538. — Lancret. — L'hiver.

(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette.)

comédiens, comme autrefois Brueghel ou Téniers s'égayaient du grotesque de leurs magots en haillons.

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FiG. 539.

La place de i.a Concorde, a Paris.

(Uichi Hachette.)

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