LES PORTRAITISTES ; NATTIER
y>r,. 56i. — Van Loo. — Halte de chasseurs.
(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette.)
entier "(fig. 549 a 553).
Les pastelsde Perronncau,
aussi élégants, aussi habiles,
de couleurs encore plus
fines, n'ont i)eut-etre pas
la même flamme de vie m-
tericure. Ce sont les terres
cuites de Houdon qui
continueront la série des
figures commencée par
La Tour.
Les propos trop francs
de La Tour scandalisèrent
souvent ses modèles aristocratiques, le Dauphin ou
la Pompadour ; sa vision
perçait le majestueux décorum derrière lequel se cache l'héritier d'un
trône ou la favorite titulaire. Natlier (1685-1766), au contraire, contemple avec respect les princesses qui posent devant lui. Ce portraitiste n'est pas indiscret, et même il consent à montrer non pas les personnes qu'elles sont, mais les personnes qu'elles voudraient être. Il dégage cette élégance de mode que toute femme réclame à son coiffeur et a son couturier. La mode ne reussitelle pas ce miracle d'uniformiser les traits du visage comme les lignesdu vêtement ? Nattier a donc fixé le visage de style Louis XV.
Aussi n'est-il pas facile de distinguer les unes des autres les innombrables filles de France qu'il a souvent représentées. Le ' portrait
Nattier " ne caractérise pas des personnes, mais le type collectif d'un
temps ; des couleurs tendres, un visage rose sous une perruque poudrée, des lignes douces et rondes, une meinière charmante de mêler
Fig. 562. — Tocqué. — Marie
Leczinska.
(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette.)
Fio. 563. — Chardin. — Le gobelet d'augent. (Miisiie du Louvre.) (Clichi llachelle.)
la majesté mythologique et la gentillesse mondaine (fig. 557, 558, 560). Torque,Roshn, beaucoup d autres, qui furent aussi d admirables costumiers, ont peint avec complaisance des robes à paniers, des satins a ramages et de gracieux visages, dans une lumière égale et un peu froide (fig. 562).
A la fin du XVI1> siècle, on avait pu concilier la peinture de Rubens et l'art classique. L'influence discrète des petits Hollandais suscita une peinture nouvelle, pure de tout mélange classique. Enfermer une scène intime dans un petit cadre, tirer agrément et poésie d'images exactes, rendre avec des couleurs atténuées des valeurs d'une extrême délicatesse, contempler d humbles objets usuels avec autant de respect que des héros antiques, voila ce qu'enseignaient les tableautins de Metsu et Gérard Dou, alors fort admirés. Le XVIH' siècle aussi a donc connu la peinture d'intimité et de nature morte. Desportes et Oudry deja furent d'excellents peintres, mais un peu a la manière flamande de Snyders et de Fyt, dont les poissonneries et les gibiers font penser aux ripailles de quelque fabuleux Gargantua ; leurs peintures concilient habilement la sincérité et la virtuosité, et un peu de rhétorique vient relever parfois leur réalisme.
Il est un style moins éclatant et plus nuancé : celui 1 I I n 1 • • FiG- 564. — Chardin. — Le tailleur
de ces Hollandais qui, avec ^^ pu rres.
une simple couleur de terre (Collection de Canay.) (Clichi Hachette.)
J.U.-aiMEON CHARDIN
FiG. 563. — Chardin. — La mère