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LA SCULPTURE AU XVIII» SIECLE

des Hollandais. Dans quelques œuvres simples de Moreau et de quelques inconnus, on croit voir passer cette clarté douce et sans chaleur qui plane sur la vieillesse apaisée de Rousseau et ses rêveries de promeneur solitaire. Mais, avant de retrouver chez leurs successeurs le fleuve ou la forêt, il nous faut, pour un temps, revenir, sous la conduite de David, au musée des antiques.

La statuaire du XVlll' siècle n*a même pas eu besoin d'échapper aux théories académiques pour complaire au goût mondain. Sans rester étrangers a cette élégance spirituelle qui est alors la FiG. 592. — BoccHARDON. — marquc de l'art parisien, les sculpteurs LA.M01R. n'ont jamais tout a fait oublie l'Olympe

"'m^^i^ZZ' majestueux de Le Brun et Girardon. La

statuaire offre moins de prises aux caprices de la mode, parce qu'elle répond de moins en moins a une nécessité de l'existence générale. Au Xlli siècle, elle donnait figure humaine a Dieu et aux saints ; un peu plus tard elle étendit des images-portraits sur la dalle des tombeaux. Puis la monarchie avait peuplé ses parcs de formes mythologiques et dressé l'effîgie des rois sur les places publiques. Au XVIII'- siècle, aucune de ces coutumes nest plus assez impérieuse pour s'imposer à la sculpture et en déterminer le style ; aucune, d'autre part, n'a complètement disparu, et les mêmes sculpteurs s'emplo.ent, suivant les occasions, a représenter la Vierge, une baigneuse, ou le roi Louis XV. Mais, d'ailleurs, comme le ' peintre d'histoire ", le sculpteur travaille le plus souvent sans fin déterminée. Exposer son œuvre au public, dans le prochain salon, est son objet im-

FiG. 593. — Guillaume

OLSTOU. — Marie Leczinska.

(Musée Jii Louvre )

(duhé Hachelt.)

Fl(j. 5u4. — PiGAl.l.E. — ToMBEAf DL' MARÉCHAL DE SaXE. Te.MPI.E

Saixi -Thomas. Strasboiîrg.

(Soui'elte Suc. photuffraphiqiie A.G.,lierliii )

médiat. La plupart des statues qui naissent ainsi chaque année ne résultent plus d'un besoin collectif ; elles visent seulement la générosité des amateurs et de l'État.

Moins influencée que la peinture par l'esprit mondain, la sculpture a conservé davantage le respect des traditions académiques. On y suit mieux la continuité d'un style, et on n'observe point parmi les statuaires cette diversité qui faisait, des lors, d'un salon de peinture une exposition fort variée. Les marbriers du XVMl' siècle, malgré les différences de tempérament ou de métier, se sont appliqués à rendre un type de beauté analogue. Ce type ressemble fort à celui qui évolue dans la peinture décorative de Le Brun à de La Fosse, puis a Le Moyne, à Boucher, et jusqu'aux nymphes fringantes et capitonnées de Fragonard. En sculpture aussi, la race des héros s'est affinée ; les formes se sont allongées, assouplies, et les draperies se sont mises à froufrouter. Il y eut même, des le premier tiers du siècle, une sculpture aux formes entortillées, au modèle tourmenté, par contagion de la rocaille. Les Adam, Michel-Ange Slodtz, ont reçu d'Italie leur style agité ; il remontait à Correge et avait déjà été illustré par Bernin.

On le comprend, et on l'excuse presque dans la statuaire religieuse, devant ces costumes ecclésiastiques, ces robes lourdes sur lesquelles il faut faire souffler une tempête pour y creuser des plis.

Leurs nombreuses statues ne

FiG. 595. — PiGALLE. — Tombeau

nu MARÉCHAL d'HaRCOURT.

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