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TRANSACTION ENTRE LIDEALISME ET L'ACTUALITÉ

FiG. 652. — HoUDON. — Buste de Napoléon.

(Musée de Dijon.} IClichi llachetle.)

théon, dut changer en un Louis XVIII ventru, porteur de la Charte, le Napoléon césarifié du projet primitif. Entre deux tableaux modernes commandés par les circonstances, ces peintres classiques revenaient a l'atelier pour lisser les membres ronds dun Leonidas ou d'une Psyché. Ainsi les Conventionnels, tout en décrétant des mesures provisoires, trouvaient le temps d'ajouter un article a leur Constitution idéale. Apres 1815, tous ces Davidiens eurent enfin des loisirs pour cultiver la beauté pure. Mais alors ils se trouvèrent à bout de souffle ; c'est que les événements les avaient portés et non pas contrariés dans leur élan. La théorie parait chose bien débile quand la passion ne l'anime plus.

L architecture a coutume de chômer en temps de guerre civile ou étrangère ; la Révolution ni même l'Empire n'ont eu le temps de beaucoup construire. La Révolution vécut de provisoire ; elle abrita ses assemblées en des salles de rencontre et, pour ses grandes fêtes, se contenta d'édifices en bois et de statues en plâtre. A mesure qu'il s établissait, le régime moderne s'installait dans les palais dévastés de 1 ancien régime. Napoléon utilisa les demeures de la monarchie, sauf Versailles, que des souvenirs sinistres rendaient inhabitable. Il rêvait d'un immense palais pour le roi de Rome, s'elevant sur la colline où se dressera plus tard le palais du Trocadero ; mais Percier et Fontaine eurent à peine le temps d'en établir le projet. De l'Arc de l'Etoile commencé par Chalgrin en l'honneur de la Grande Armée, 3ii

l'ir,. (')53. — CiiiNARi).

Mme RÉCA.MiER. iMiisée de Lyon.) {Cliché llachellc.)

en 1 806, il ne vit guère plus que les fondations ; l'édifice ne fut achevé que trente ans plus tard, et les cendres de l'Empereur, que Ion rapportait de Sainte-Helene, passèrent sous l'arc triomphal. Son effigie, au haut de la colonne Vendôme, eut beaucoup à souffrir des révolutions, comme la statue de Louis XIV qu'elle remplace.

L'Empire n eut que le temps d'achever une église en temple antique vouée à la Gloire, mais la Restauration vint pour dédier à Marie-Madeleine ce pastiche de la Maison carrée de Nimes (fig. 649).

Les monumentscommencés, interrompus, continués, transformés, depuis Louis XVI jusqu'à la fin de la Restauration, sont tous ambitieux comme des reconstitutions de l'antique. Le sérieux tourne a l'affectation d'austérité ; l'ordre toscan ne parut pas toujours assez sévère ; par delà l'art grec, on remonta vers l'Egypte, son architecture de tombeaux, ses murs massifs, ses fleurs de lotus et ses tètes de sphynx. Quand l'architecte montrait moins de zèle archéologique, il se contentait de placer des façades pleines derrière un péristyle ; on mit des colonnades devant les églises, les hôtels, les théâtres et autour de la Bourse. 11 y eut des colonnades à 1 Odéon, au Théâtre- Français, où Talma, en costume romain, donnait alors des leçons d'histoire a Guérin et à Lethiere ; il y en eut même pour les Variétés ; entre deux maisons des boulevards, ce petit théâtre glisse un péristyle étriqué, comme s'il était, bien avant Offenbach, voué aux parodies de l'antique. Pour les nombreuses églises qu'elle construit, la Restauration reprit le type le plus ancien de l'architecture chrétienne, celui qui se rapproche davantage de la construction antique, la basilique. ELlles ne pouvaient mettre sur leurs façades des péristyles aussi ambitieux que celui du Panthéon ou de la Madeleine ; mais toutes ont au moins quelques colonnes. Quand Brongniart entreprit la Bourse, il ne trouva rien de mieux que d'abriter les agents de change dans un temple périptère (fig. 648). On appliquait alors le précepte d'André Chénier, et, pour des usages nouveaux, ou s'efforçait de faire des œuvres antiques.

Les meilleurs monuments de ce temps sont sans doute ceux de

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