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ARCHITECTURE : PERCIER ET FONTAINE

Percier( 1764- 1838) et de Fontaine (1762-1853), les deux architectes inséparables ; l'arc de triomphe du Carrousel est une œuvre délicate de dessinateurs raffines. Dans la cour du Louvre qu'ils étaient en train de relier aux Tuileries, ils se sont amusés, comme le fit parfois Philibert Delorme, à ouvrer délicatement une petite pièce d'architecture, ajustant les colonnes et les entablements, encadrant de délicats bas-reliefs entre les arêtes tranchantes de la con-

l-"i(,. (04. — I5i).sio.

La Nymphe Sai.macis.

(Musée , In Louvre) (Cliché llachelU.f

struction (fig. 650). Pour Louis XVIII, Fontaine a construit la Chapelle Expiatoire sur l'emplacement des sépultures de Louis XVI et Marie-Antoinette : " Ce cloître, forme d'un enchaînement de tombeaux ", symbolise à merveille la Restauration. Comme elle, il est un monument de regret, un ex-voto au passé. Solitaire en plein cœur de Paris, ce campo santo distrait l'àme du présent et l'enferme dans la tristesse des souvenirs (fîg. 647).

Mais les architectes de l'Empire ont moins construit de monuments que dessiné de meubles.

Ce sont eux qui, à la suite des peintres archéologues, ont apporté dans le mobilier laustere rigidité du style pompéien. En plein XVIII siècle, on avait fort critiqué les contournements de la rocaille ; qu'une ligne fit trop de détours pour aller d'un point à un autre, cela ne semblait guère raisonnable aux contemporains de Louis XV, ni honnête a ceux de Louis XVI.

Les pieds de table et les dossiers de chaise se redressèrent ; et, en plein règne de Louis XV, il s'était forme un style, dit style Louis XVI, qui conciliait l'élé-

FiG. 653. -^ Chaudet. — L'.\mol-r.

(Musée du Louvre.) (Cliché Hacheltej

FiG. 656. — David. - (Musée du Louvre.)

■ Les Sabines.

(Cliché Hachette.)

gance et la simplicité. Vinrent ensuite les néo-Grecs, qui tâchèrent de reconstituer le mobilier antique ; on consentit a être lourd pour être majestueux.

Alors les formes se font massives, nettes, avec des angles franchement accusés. Ce mobilier, dans un salon, semble protester contre la futilité mondaine ; on y discerne assez bien l'esprit d'une société nouvelle, le pédantisme d un archéologue et 1 autorité compassée d'un haut fonctionnaire. La porcelaine elle-même dissimule sa fragilité ; les vases de Sevrés, désormais plus prétentieux que des urnes, sont enveloppés d'or et sur leurs flancs montrent en petit de grands tableaux d'histoire. Cette époque de régimes fragiles eut la passion des formes solides ; jamais fauteuils n'eurent plus d'aplomb que ceux où s'assirent successivement les Directeurs, les Consuls, Napoléon et les derniers Bourbons ; c'est pourtant la même raison classique qui apportait tant de rigidité dans l'art et tant d'instabilité dans l'État.

Le nom de Louis David ( I 748-1 825 j domine toute cette époque de si haut qu'un artiste comme Vien, qui fut son maître, comme Regnault et Guérm qui ne furent pas ses élevés, nous paraissent maintenant dérivés de lui. Bien avant la Révolution, il annonçait l'art révolutionnaire ; il y eut toujours en lui l'autorité d'un chef d'école, un apôtre de . la manière sévère, de l'art difficile, moral, archéologique, et aussi l'intolérance d'un chercheur d'absolu. De très bonne heure, il

FiG. 657. — GÉRARD. —

Mme Récamier.

(Salons de la préfecture de la Seine.)

(Cliclié Neurdein.l

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