‹ FranceChapitre 173 sur 244 · LOUIS DAVID · texte numérisé non relu

LOUIS DAVID

Fir,. 662. — David. — Mori de Bar a.

^\/i(St'e d'.\vi^niiii ) (Cliché llaclwltc )

tion et de l'Empire. La réalité devient si émouvante, SI pleine d'etonnements que l'art ne peut l'ignorer ;la France entière fut remuée trop profondement pour que l'idéalisme ne fit pas des concessions a 1 histoire contemporaine. Les Conventionnels demandèrent à David d'immortaliser quelques scènes révolutionnaires ; Napoléon n'était pas homme a céder ses peintres aux conquérants antiques. Il protégeait " les beaux-arts, à la manière de Louis XIV, pour que sa gloire en profitât. Dans les concours qu'il institua, un prix récompensait le meilleur tableau d'histoire ; mais un autre était décerné a un ' sujet honorable pour le caractère national . C était designer 1 épopée napoléonienne. Dans les salons de 1808-1810, l'armée impériale, empereur en tête, fit irruption, et la cavalerie de Murât repoussait les hommes de Léonidas et de Romulus. Les uniformes chamarrés, les attitudes violentes se mêlaient aux pâles nudités. Mais David, Gérard, Girodet, ni même Gros, en montrant les hommes de leur temps, n'ont voulu renoncer â la majesté classique ; ils donnaient aux députes de la Constituante et aux soldats de la Grande Armée

les dimensions gigantesques réservées jusqu'alors au personnel héroïque.

Sous le costume moderne, ils s'efforçaient de faire deviner le robuste modèle et les proportions du canon antique. Sous plus d un shako de grognard, il serait possible de retrouver un profil grec ; le bas de soie des hauts fonctionnaires de l'Empire, au lieu des jarrets nerveux de

FiG. 663. — Girodet.

(Musée du Luuvrc.)

Atala au TO.MBEA' (Cliché Hachette.)

style Louis XV, faisaient deviner la " rotule des Atrides " et la lourde musculature des statues romaines. Dans le tableau de la Distribution des Aigles, David, pour montrer une figure en plein élan, a costumé en hussard le Mercure de Jean de Bologne.

Enfin, les pemtres de Napoléon purent, sans mvraisemblance, lui prêter la face nette et glabre d'un César et le front lauré d'un imperator.

Les sentiments qui agitaient

le monde contemporain n étaient

FiG. 664. — David. — Mort de Marat. pas non plus tels qu ils dussent

(Musie moderne de Hruxelles.) dépaVSer Un lecteur de Plutar-

(Cliché Neurdein.) l 'Ki '^ , . /r • 1 l 1

que devenu peintre otticiel de la Convention et de l'Empire. Les paroles ei les actions prenaient facilement une tournure héroïque. David a pu passer du Serment des Horaces au Serment du Jeu de Paume sans quitter les hauteurs glacées où se respire le stoïcisme. Quand, un peu plus tard, il abandonnera Léonidas au défile des Thermopyles pour suivre Bonaparte au défilé du Saint-Bernard, son àme restera comme exaltée de vertu lacedemonienne. Mais surtout, les plus grands de l'école. Gros, David, ont su conserver l'habitude qui donna tant de sérieux à notre art classique : ils ne sont pas de simples anecdotiers, et, dans leurs compositions, ils mettent une ' pensée " ; les batailles et les histoires de la Révolution ou de l'Empire ne semblent pas être événements de même nature suivant qu'elles sont racontées par Swebach ou par Gros, par Boilly ou par David. Dans l'art de David

FlU. 005. — {JÉRARD. — l'ORlRAir UV PEINTRK ISABEY ET DK SA riLl.E.

(Musée du Lituvi-e.) (Cliché Hachellc.)

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